Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
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Loes de Walleron
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Date d'inscription : 19/11/2016
Rang : Maîtresse de l'Ordre Jedi
Localisation : Hapès, Taanab, Corellia ou autre
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Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Dim 11 Déc - 19:16
LOES DE WALLERON




Nom : De Walleron
Prénom : Loes
Surnom : Lou, Louise Dustmade, Maîtresse Walleron
Sexe : Féminin
Espèce : Humaine
Date de naissance et âge : +113, 45 ans
Monde d'origine :

Groupe(s) : Ordre Jedi
Rang : VI – Maîtresse de l'Ordre


COMPÉTENCES / FORCE / SABRE-LASER


Compétences (sur une échelle de 1 à 6) :
- Armes à distance, 2 : habile de ses mains et habituée à voir d'autres personnes s'en servir, Loes pourrait aisément utiliser un blaster, que ce soit un pistolet ou un fusil. Néanmoins, elle ne s'est jamais particulièrement entraînée à le faire – elle en a même rarement tenu un elle-même. Elle sait donc viser et tirer, mais ses compétences s'arrêtent là.
- Escrime, 6 : Loes est passionnée d'escrime. Bretteuse experte, elle est sans aucun doute l'une des meilleurs de l'Ordre Jedi le sabre à la main. Bien qu'elle se soit donné un rôle diplomatique, elle reste un Jedi Gardien et aurait pu devenir maîtresse d'armes si elle l'avait désiré.
- Armes lourdes, 1 : Loes ne s'est jamais servi d'armes lourdes et se tient le plus loin possible de ces engins de mort et de destruction. Elle sait comment ce type d'armes fonctionne, mais c'est tout.
- Arts martiaux, 4 : Forte et agile, la Maîtresse de l'Ordre s'exerce depuis des années pour rendre son corps capable de se défendre même sans sabre et sans la Force. Elle maîtrise les bases des arts echanis et s'intéresse particulièrement aux danses de combat, aussi élégantes qu'efficaces.
- Pilotage, 1 : Si elle sait démarrer un vaisseau, le conduire à rythme normal, passer en hyperespace selon des coordonnées vectorielles pré-enregistrées et le faire atterrir, Loes est incapable quand il s'agit d'effectuer une manœuvre inhabituelle, de naviguer dans un passage difficile ou de conduire en situation de combat spatial. Le manque d'expérience aux commandes d'un vaisseau constitue un obstacle auquel elle n'a pas de temps à accorder. Elle recourt donc toujours aux services d'un pilote.
- Furtivité, 1 : Absolument incapable de passer inaperçu pour de nombreuses raisons, Loes n'en a en outre jamais eu l'utilité. En temps que protectrice ou diplomate, être remarquable voire intimidante constitue un immense avantage, et elle n'a donc jamais vu l'utilité de passer inaperçue dans une foule, ou même de se déplacer dans le silence le plus total.
- Communication, 5 : Loes de Walleron est une oratrice inspirée, cultivée et convaincante. Elle aime discourir, même si elle n'est pas érudite en littérature. Capable d'improviser une diatribe, d'imposer sa parole même dans une grande assemblée et de représenter une certaine autorité même aux yeux de grands de cette galaxie, c'est une porte-parole idéale pour l'Ordre Jedi, bien que sa facilité à gagner une place de choix où qu'elle aille tranche aux yeux de certains avec les difficultés que l'Ordre rencontre pour trouver un refuge satisfaisant et faire admettre son arbitrage aux grandes puissances. En somme, Loes n'a rien d'une communicante, mais elle dispose d'un charisme « naturel » dont elle a conscience et qu'elle sait employer à bon escient.
- Stratégie, 5 : Peu férue de doctrines militaires et d'histoire juridique, Loes de Walleron a pourtant une facilité déconcertante à évaluer une situation, à jauger des rapports de force, à prévoir la tournure des événements et à échafauder un plan pour tourner les choses à son avantage ou à celui de l'Ordre. En matière diplomatique, elle suit toujours les mêmes principes simples nécessaires selon elle au triomphe des Jedi et à la pacification de la galaxie, mais envisage des plans très audacieux pour les réaliser et trouve même bien souvent des idées qui échappent aux autres diplomates de l'Ordre.
- Informatique, 1 : Loes de Walleron sait fabriquer des holocrons grâce à la Force : manipuler l'informatique ne lui est que très rarement utile, hormis dans le cadre d'une utilisation « normale ». Elle interagit avec les ordinateurs et les IA sans le moindre problème, mais elle est bien incapable de programmer ou de reprogrammer quoi que ce soit.
- Mécanique, 2 : Brillante, la Maîtresse de l'Ordre n'a jamais de mal à identifier comment fonctionne un objet technique ou une machine dont les mécanismes ne sont pas cachés. À ce titre, elle saura retrouver l'utilité d'une pièce et réparer un objet démonté. Pour autant, si elle décortique très bien les procédés qu'elle observe, ce n'est pas une bricoleuse dans l'âme et la Force lui permet d'ailleurs de se passer très facilement de solutions techniques dans la plupart des problèmes qu'elle rencontre. Elle ne s'est donc jamais versée dans la mécanique.

Don inné : Empathie
Pouvoirs :
- Rang I : Tous.
- Rang II : Forme de prédilection : Niman
Forme de base : Djem So
Forme de base : Shien
Spécialisation de base : Zez'kai
Cécité
Déflexion de Force 1
Guérison de Force
Lumière de Force
- Rang III : Spécialisation acquise : sabre simple
Spécialisation acquise : Zez'kai
Appel de Force
Déflexion de Force 2
Réseau de Vie
Stase de Force
Esprit de Bataille
Aura de Force
Guérison de Force 2
- Rang IV : Forme de prédilection confirmée : Niman
Forme de base confirmée : Djem So
Vague de Force
Chaleur de Force
Protection de Force
Transe de Guérison
- Rang V : Forme de base confirmée : Shien
Spécialisation confirmée : sabre simple
Spécialisation confirmée : Zez'kai
Projection de Force
Fabrication d'Holocron
- Rang VI : Maîtrise ultime : Niman
Absorption d'énergie
Morichro


PROJECTION HOLOGRAPHIQUE


Malgré sa taille moyenne, avoisinant le mètre soixante dix sans tout à fait l'atteindre, il est difficile de ne pas remarquer Loes de Walleron, que ce soit à cause de sa chevelure rousse – blond vénitien, diraient les plus pointilleux des observateurs, car elle flamboie peu la plupart du temps – ou bien parce qu'elle dégage une aura d'assurance et de sagesse nettement perceptible. Cette aura tient de la Force, bien sûr, mais pas uniquement. Quand Loes de Walleron entre dans une pièce, on ne manque pas de se tourner vers elle, et souvent de lui manifester une marque de respect, même discrète. Impressionnante, elle l'est par son maintien droit et sa manière d'occuper l'espace de ses gestes amples, précis et judicieux.

La Maîtresse de l'Ordre Jedi tient en sainte horreur la gesticulation. Que nul ne voie là-dedans de la fainéantise, bien au contraire : loin d'être lente à l'action, elle a fait de l'efficacité gestuelle le cœur de son entraînement, que ce soit au sabre-laser ou à la parole. Ainsi, quand elle se bat ou quand elle discourt, Loes de Walleron ne laisse aucun de ses mouvements au hasard. Tout est calibré, minuté et parfaitement synchronisé. Toutefois, elle a si parfaitement intégré les exigences de synthèse et d'efficience nécessaires à la parole publique comme au maniement du sabre qu'elle ne se fatigue même plus à les appliquer. Ses pas sont assurés et souples, soutenus par toute l'attitude de son corps.

Outre cette tenue générale, Loes est une femme très belle, qui laisse certes tout juste derrière elle les années de sa plus grande vigueur physique mais à qui la Force a conservé la jouvence. Bien qu'elle ait plus de quarante ans, on lui en donne rarement plus de trente. Son regard bleu, profond et empreint d'une dureté étonnante, trahit cependant sa maturité et l'expérience dont elle dispose. Ses traits sont doux sans être effacés, et son visage exprime très facilement ses émotions… ce qui ne signifie pas qu'elle ne sait pas contrôler ces dernières. Étrangement lisible pour tout le monde, même les espèces peu habituées aux mœurs et façons humaines, son air constitue à la fois une raison apparente de faire confiance à Loes, mais aussi un excellent masque, qui peut cacher derrière un beau sourire un plan très rationnel.

Loes n'ignore pas ses atouts et elle s'en sert, mais jamais si sa tromperie peut faire souffrir son interlocuteur. Par exemple, un air avenant, un sourire, des gestes apaisants ou un mensonge par omission peuvent rassurer quelqu'un facilement, et ainsi faciliter l'obtention de ce qu'elle attend de lui. En revanche, jamais elle ne séduira sans un minimum de sincérité dans la démarche, par exemple. Pourtant, Force sait que la Maîtresse de l'Ordre Jedi ne manque pas d'appas… Elle a certes son lot de cicatrices, en particulier sur les bras, le haut des jambes et le tronc, mais la plupart des observateurs ne voient pas cela. Sa poitrine n'est pas particulièrement opulente, mais elle est ferme. Tout le reste de son corps, endurci par plus de trois décennies d'entraînement quotidien, est capable d'une puissance difficile à soupçonner.

Forte et souple, la Jedi s'avère parfaitement à l'aise avec son corps, capable de performances d'athlète sans la Force, et de véritables prouesses physiques avec. Bien qu'elle ne pratique pas l'Ataru, le Zez'kai et la maîtrise de plusieurs formes des arts Jedi lui ont appris à se servir à bon escient de chaque partie de son corps et à réaliser des figures acrobatiques fort impressionnantes pour des néophytes en arts martiaux. Loes de Walleron aime beaucoup les danses les plus énergiques et elle s'y prête à l'occasion, lorsqu'elle en a le temps et qu'elle préfère se défouler plutôt que méditer.

Malgré la maîtrise impeccable qu'elle a de son corps, elle se trouve particulièrement inefficace lorsqu'il s'agit de se faire discrète. Depuis sa jeunesse, Loes a toujours fait preuve d'une grande détermination et d'une capacité peu commune à mettre les pieds dans le plat – fort heureusement, elle a appris le tact au fil des ans. Cette attitude décidée provoque des échos corporels non négligeables et, comme nous le disions plus tôt, on la remarque toujours, même quand elle essaie de faire en sorte que non. Cela constitue un atout formidable quand il s'agit pour elle d'imposer sa voix, mais aussi un défaut très handicapant pour peu qu'elle tente de passer inaperçue.

Finalement, Loes de Walleron entend incarner l'adage selon lequel « les Jedi ne sont pas un Ordre de reclus ». Remarquable, presque majestueuse, elle a une allure indéniablement noble – beaucoup diraient même héroïque.

ÉQUIPEMENT


On s'étonne surtout du fait que Loes de Walleron dispose de deux sabres lasers. L'un, une lame simple qu'elle porte ostensiblement quand il s'agit d'afficher son appartenance à l'Ordre, est en fait sa toute première arme, forgée alors qu'elle n'avait qu'une dizaine d'années, il y a trente ans. Le cristal est bleu, de la couleur des Jedi Gardiens, et la longueur de la lame standard. Seule la poignée s'avère légèrement plus courte et plus fine que d'ordinaire, adaptée à des mains de très jeune fille. Néanmoins, dans la poigne de la bretteuse d'expérience, ce sabre se révèle toujours une arme redoutable.

Plus inhabituel est son double sabre-laser à la longue poignée qu'une couche protectrice de phrik protège d'une destruction par un autre sabre, bien qu'il ne vaille mieux pas parer trop longtemps la lame d'un Sith avec. De couleur verte, signe d'engagement diplomatique pour l'Ordre Jedi, les deux lames semblent légèrement plus fines et plus stables que celles d'un sabre standard. Misant sur la fiabilité plutôt que sur la puissance destructrice de son équipement, Loes de Walleron a en effet choisi un émetteur de parade haut de gamme, légèrement moins fort mais beaucoup plus fiable que le modèle de base, rendant impossible une désactivation inopinée de ses lames – hormis peut-être par de la cortose – mais rendant également leur activation quasiment immédiate. Elle peut ainsi réagir plus rapidement face à une attaque surprise et alterner entre lame simple et lame double dans un même enchaînement, ce qui permet de rendre plus imprévisible son style de combat certes très performant mais aussi très « classique ». En revanche, son sabre aura plus de mal à transpercer des matériaux résistants comme les alliages de cortose, de phrik ou de beskar ou bien à faire fondre une porte blindée, par exemple.

Ses sabres sont à peu près la seule chose qui mérite une description technique. Lorsqu'il faut adopter l'apparat Jedi, par exemple durant une mission diplomatique officielle ou pendant une séance du Conseil Jedi, Loes de Walleron porte simplement des bures blanches et noue ses cheveux en un large chignon, laissant des mèches libres sur le devant. La plupart du temps, elle revêt des habits confortables, sobres et assez élégants tout de même, bleus foncés, noirs ou verts sombres qui passeraient très bien dans les milieux les plus chics de la pègre, se contentant de rappeler son appartenance à l'Ordre par une cape brune à capuchon. Dans les situations où elle risque de croiser le fer, elle préfère ne pas avoir de manches, jugées trop encombrantes. Toutefois, bien sûr, si la température l'exige, elle en mettra – quoiqu'il n'est pas impossible qu'il faille la morigéner longuement pour ça.

Outre l'armement et l'habillage, elle porte souvent à la ceinture le nécessaire du Jedi : respirateur, corde-grappin, comlink, datapad pour prendre quelques notes et récolter des informations.


DOSSIER PSYCHOLOGIQUE


Le tempérament de Loes de Walleron n'est ni sans complexité, ni sans contradiction – du moins à première vue. En apparence, c'est une personne très réfléchie, pertinente, aux avis fondés et bien tranchés. Déterminée et courageuse, elle hésite peu quand il s'agit de prendre une décision, et elle s'assure en tout temps de la cohérence de son action. Elle a même la faculté rare de pousser les indécis à l'acte, parfois sans même avoir besoin de les confronter – ce qu'elle fait sans hésitation si c'est nécessaire.

Autrefois, on qualifiait souvent Loes de « grande gueule ». Bravache, ne reculant pas devant un défi digne de ce nom et ne se laissant jamais écraser dans une conversation, elle prenait un très grand plaisir à avoir le dernier mot et à faire reconnaître aux autres qu'elle avait raison. Aujourd'hui, si elle n'est plus aussi rentre-dedans qu'auparavant, elle a conservé cette difficulté à refuser un argument qui lui paraît peu fondé mais aussi cette facilité à se tailler une belle place dans la discussion. Elle ne peut se contenter de suivre le fil, en particulier dans le cadre de négociations : elle fait toujours partie des éléments moteurs des débats au Conseil, et s'efforce de faire de même avec ses interlocuteurs étrangers à l'Ordre.

De cette facilité au discours et de son assurance générale, Loes de Walleron a tiré une véritable autorité, que certains qualifieraient de naturelle. À cela s'ajoute sa célébrité comme diplomate, combattante et pilier sans faille de l'Ordre Jedi, si bien que nombre de notables impériaux et rebelles la considèrent avec les égards dus à un chef d'État étranger. Dans l'Ordre Jedi lui-même, nombre de jeunes Padawans et Chevaliers la considèrent comme un modèle, d'autant plus quand ils ont appris de ses cours ou de son holocron.

Observante scrupuleuse du Code des Jedi, Loes pourrait être classée plutôt du côté des traditionalistes de l'Ordre, qui désapprouvent les liaisons trop fortes et cultivent un stoïcisme rigoureux. Cela peut sembler d'autant plus étonnant que la Maîtresse de l'Ordre n'a pas toujours défendu cette position, loin s'en faut. Jadis, son don d'Empathie la poussait naturellement à partager avec les autres et à créer inconsciemment des liens très forts, à tel point qu'ils pouvaient devenir dangereux. C'est en grande partie pour maîtriser ce don, s'épargner des souffrances et épargner des souffrances aux autres qu'elle a fini par modérer ses relations avec ceux qu'elle apprécie.

Toutefois, elle continue de se servir de son Empathie, notamment dans le cadre de son activité diplomatique où les relations personnelles peuvent s'avérer très utile, mais aussi dans sa fonction de Maîtresse de l'Ordre. Bien qu'elle se refuse désormais à trop de familiarités, à part avec ses amis de longue date, ses anciens apprentis et son ancien amant, elle demeure très avenante et met un point d'honneur à être accessible à n'importe quel membre de l'Ordre lorsqu'elle réside au Temple, du novice qui débarque au Grand Maître. Se lier à presque tous les Jedi lui permet non seulement de ne jamais perdre de vue de qui elle défend les intérêts, pour qui elle œuvre quotidiennement, mais aussi de savoir rapidement quand il y a un problème au sein de l'Ordre, ce qui lui donne un statut de médiatrice presque évident pour tout le monde. Aimable avec tous, même s'il lui arrive de se disputer avec de vieux maîtres bougons au comportement de moine, ou au contraire avec les jeunes impulsifs, il ne serait pas excessif de dire qu'elle est respectée et appréciée par la très grande majorité de l'Ordre. Jamais méprisante avec personne, pas même avec le pire des Sith, elle trouve toujours de la valeur dans les autres et met souvent longtemps à être gênée par leurs défauts, pour peu qu'ils n'aient rien d'évidents. Il en faut beaucoup pour qu'elle dise de quelqu'un qu'elle ne l'aime pas.

Loes de Walleron n'est ni des grands aventuriers combattants de l'Ordre, ni des Maîtres pince-sans-rire. Modérée dans son comportement autant qu'elle peut être inflexible dans ses positions, elle sourit très facilement, part souvent dans un bel éclat de rire, mais ne cache pas non plus ses pleurs ou sa contrariété quand il y a sujet à souffrance. Bien qu'elle soutienne que les émotions doivent être maîtrisées, elle sait pertinemment qu'il n'y a rien de bon à les étouffer. Il faut les vivre, tempérer ses pulsions, modérer ses passions, sans les réprimer ni s'y jeter à corps perdu. En somme, là où les plus jeunes veulent souvent suivre leurs passions, où les plus vieux ont tendance à les nier, elle est plutôt partisane de leur apprivoisement. Face à la perte d'un proche, certains sombrent dans la mélancolie, d'autres tentent de l'oublier, de nier le drame ; elle le pleure, puis se console une fois son deuil fait, conservant avec tendresse les souvenirs chéris. À l'inverse des Jedi d'antan, elle ne s'interdit pas d'être émue ; du reste, l'Empathie l'en rend souvent incapable. Toutefois, elle sait que trop d'ouverture, surtout dans son propre cas, représente un danger mortel pour elle comme pour les autres.

La perspective de causer directement des souffrances à autrui rend la Maîtresse de l'Ordre très peu encline à faire un usage d'une violence qu'elle ne puisse pas compenser. Elle a très peu tué dans sa vie en comparaison de beaucoup d'autres Jedi, mais ces meurtres, toujours légitimes, lui ont pourtant fait chaque fois l'effet d'un terrible échec. Même si elle peut partiellement s'en protéger, elle ressent facilement la douleur de ceux qui l'entourent, en particulier si celle-ci est aiguë. La mort proche provoque dans sa perception de la Force un déchirement brutal puis une aspiration violente qui la déséquilibre et la hante pendant des jours et des jours avant de cicatriser. Si elle le peut, elle ne fera que blesser légèrement l'ennemi, généralement en retournant ses propres armes contre lui. De même, s'il lui arrive de faire prisonnier des blessés, elle prendra de son temps libre pour les soigner, en particulier si les lésions sont de son fait.

Beaucoup s'étonne d'ailleurs qu'une femme que la souffrance touche tellement soit devenue une bretteuse hors pair et une diplomate si virulente. De fait, Loes aime se battre, par le verbe ou l'épée. À l'instar des Echanis, peuple pour lequel elle cultive un intérêt de longue date, elle trouve dans le combat non seulement une satisfaction liée au dépassement de ses limites, à l'amélioration de ses compétences, mais surtout un mode d'expression très profond, un moyen de jauger une personne et d'établir avec lui un rapport de force véritable. C'est la raison pour laquelle elle n'hésite pas à tirer la lame parfois même avant de négocier quand elle se trouve dans une situation particulièrement délicate. Une fois qu'elle a prouvé à ses futurs interlocuteurs qu'elle domine le terrain et qu'ils n'auront jamais raison d'elle par la violence, elle impose ses vues bien plus facilement. En somme, à l'inverse d'une interprétation très répandue de la philosophie Jedi, elle ne voit pas l'affrontement comme un dernier recours, mais justement comme un premier contact très enrichissant – tant que l'on n'en vient pas, évidemment, à la mise à mort.

Elle voit dans l'escrime l'un des grands devoirs du Jedi, avec la maîtrise de son pouvoir et le contrôle de son tempérament. Les Jedi qui refusent de se battre, ou qui ne le font qu'au travers de la Force représentent à ses yeux les deux grands écueils de l'Ordre : d'un côté, une non-violence qui nuit considérablement à l'influence des Jedi et qui cache souvent un désir de fuir le monde pour se contenter de le contempler de loin ; de l'autre, une attitude de jouissance vis-à-vis d'un pouvoir pourtant très dangereux, bien plus qu'un sabre-laser, le chemin le plus direct vers la voie des Sith en somme. Pour Loes, les Jedi ont hérité d'un très grand pouvoir dont il serait presque criminel de ne pas se servir par peur de l'excès ou du Côté Obscur. Néanmoins, à aucun moment ils ne doivent se délecter de cette puissance innée et la considérer comme une fin en soi. L'escrime, par sa dimension physique, codifiée, ramène les Jedi aux problèmes du commun des mortels. Le combat ne fait miroiter aucune omnipotence, aucune omniscience, aucun désir d'absolu : bien au contraire, il fait éprouver l'adversité avec une grande force, d'autant que le sabre constitue le premier des adversaires de par son maniement délicat. Nul doute à ce sujet : si Loes n'avait été diplomate, elle serait devenue maîtresse d'armes au Temple.

D'ailleurs, son point de vue sur la position que doit occuper l'Ordre Jedi dans la galaxie, s'il n'est pas inédit, est particulier et ne laisse pas d'étonner un certain nombre d'observateurs. Opposante farouche à la retraite et à l'inaction qui tentent certains maîtres fatigués par les conflits et les difficultés diplomatiques, elle entend prouver que l'Ordre Jedi, dont on sait la puissance et le rayonnement en temps de paix galactique, peut rayonner plus encore en temps de guerre, a fortiori lorsque les Sith sont impliqués. En effet, les Jedi ont pour vocation le maintien de la paix dans la galaxie. Lorsque celle-ci est dominée par un grand régime pacifié, les Jedi deviennent des forces de police de luxe, proches des cercles de pouvoir et souvent intégrés dans les institutions. Pour Loes de Walleron, une telle position, loin d'être enviable, est une situation de soumission qui montre ses écueils au moindre affrontement : d'agents de la paix, les Jedi sont devenus soldats lorsqu'il s'est agi de combattre les Sith pendant la Guerre des Clones, et l'on a retourné leur implication dans les rouages politiques contre eux en les accusant de complot. La situation actuelle d'affrontement généralisé entre deux blocs impériaux et une république déclinante est périlleuse pour un Ordre dont la vocation serait de rejoindre le moins mauvais régime pour lutter contre les Sith.

Certains dans l'Ordre se posent la question : faut-il soutenir la république mourante, conformément à nos idéaux, ou bien doit-on opter pour la solution pragmatique et proposer nos services à l'Empire Galactique ? Une telle interrogation semble absurde aux yeux de Loes. L'Ordre Jedi ne rend pas de service, ni de comptes : il doit garantir l'équilibre des forces galactiques en tant qu'arbitre, et seule la Force devrait lui être supérieure. En somme, l'Ordre Jedi ne doit pas s'insérer dans un État, mais il doit incarner la justice galactique, le magistrat suprême dont la puissance impose la consultation par les belligérants. Pour ce faire, les Jedi doivent avoir des contacts dans les hautes sphères de l'Empire et de l'Alliance et disposer de leviers suffisants pour intéresser ou obliger les grands régimes à négocier en passant par eux, tout en n'étant pas exposés à des représailles. L'accord conclu pour obtenir un refuge en territoire hapien a mis les Jedi à l'abri des grandes flottes galactiques du mieux qu'il était possible, mais il a aussi remis en question l'indépendance de l'Ordre, notamment en introduisant la reine d'Hapès au Conseil. Non que Loes n'aime pas la Ta'a Chume Djo, avec qui elle négocie volontiers, mais les intrigues hapiennes notoires ne sont pas pour la rassurer et la demande d'asile n'a fait que souligner la faiblesse de l'Ordre. En ce qui la concerne, le refuge hapien est un refuge temporaire, qui isole les Jedi et les subordonne autant qu'il les préserve. Or, la galaxie a plus que jamais besoin d'un Ordre Jedi présent et puissant, pour mettre fin à la guerre et à la puissance des Sith. Loes de Walleron a choisi de consacrer le reste de sa vie à cette entreprise, pour laquelle elle a été élue Maîtresse de l'Ordre.

DERRIÈRE L’ÉCRAN


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S'agit-il d'un double compte ? De qui ? Patience, ce sera pour plus tard Smile
Comment avez-vous connu ce forum ? J'étais un collègue sur SWE Smile


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Thème de Loes
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Loes de Walleron
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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Sam 24 Déc - 10:53
HISTOIRE


Les bibliothèques Jedi ont toujours été des lieux fascinants, aussi bien pour les membres de l'Ordre que pour les heureux savants extérieurs admis à chercher dans leurs vastes fonds. Maintes fois déplacées, perdues, dispersées, redécouvertes, rassemblées, reclassées, les archives de l'Ordre Jedi, les plus anciennes encore disponibles et sans doute les plus volumineuses de la galaxie, contiennent des informations s'étalant sur plusieurs milliers d'années et touchant à tous les domaines imaginables, allant de l'agriculture dantari à la diplomatie avec les Hutt, en passant par des études sur la psychométrie, les effets des bâtons de la mort sur l'esprit des Nikto et l'escrime echani. À vrai dire, les données compilées par l'Ordre au cours de ses millénaires d'existence, même si beaucoup ont été perdues, demeurent en bonne partie méconnues de tous, même du Maître Archiviste.

Ayant eu droit à plusieurs salles sécurisées à part dans le nouveau temple d'Hapès, les holocrons, classés par dangerosité, forment la pièce maîtresse de la collection. Chacun, alors même qu'il peut souvent tenir dans la paume d'une main, peut contenir une quantité d'informations virtuellement illimitée. Néanmoins, même si un holocron suffirait à les contenir tous, il est d'usage pour les maîtres illustres et qui ont fait l'effort d'apprendre à concevoir ces mystérieux objets de façonner le leur, d'y intégrer leur enseignement sur des points divers et d'y insuffler leur présence par la Force, afin de rendre leur création capable de dialoguer avec ceux qui la consulte et de se protéger elle-même des curieux mal intentionnés. Si le Grand Holocron, sans aucun doute l'un des artefacts et l'une des sources de savoir les plus précieux de la galaxie, accueille les réflexions et les rapports jugés cruciaux pour l'avenir de l'Ordre Jedi, tous les chercheurs Jedi ne peuvent travailler en même temps à sonder ses abysses de connaissances. Avoir de nombreux holocrons s'avère doublement pratique en ce que plus de Jedi peuvent accéder au savoir de leurs aînés en même temps, et que les contenus sont bien plus faciles à inventorier et à classer pour les archivistes.

Classés par grandes périodes de l'Ordre, et à l'intérieur de ces périodes par ordre alphabétique des maîtres qui les ont créés, les holocrons ont tous été entrés dans une large base de données permettant des recherches thématiques. À tous, les archivistes successifs ou bien les maîtres eux-mêmes ont adjoint un descriptif plus ou moins succinct du contenu et un récit souvent assez long de la vie de leur créateur, à destination notamment de tous les chercheurs qui ne seraient pas sensibles à la Force.

Sur l'étagère de la période la plus récente de l'Ordre, temporairement étiquetée « Guerres impériales : refuge hapien » ne reposent que quelques cubes très récents. Parmi eux, celui d'une certaine « Maîtresse Loes de Walleron ». Le datapad précise que l'holocron contient des considérations sur le bon usage du sabre-laser et sur la pratique à très haut niveau de la forme VI, Niman, qui viennent s'ajouter aux célèbres réflexions du maîtres d'armes Cin Drallig présentes dans le Grand Holocron. Néanmoins, le principal intérêt de l'objet réside dans les commentaires sur le don rare d'Empathie de Force et l'exposition de principes diplomatiques censés garantir indépendance, persévérance et autorité à l'Ordre Jedi en temps de conflit généralisé. Outre un résumé très bref de ces points, une courte autobiographie de maîtresse Walleron accompagne l'objet.

Les monstres n'ont qu'à bien se tenir : +113 - +123

Longtemps, les murs du temple d'Ossus et les rires de mes compagnons novices furent mes premiers souvenirs. Aussi loin que remonte ma mémoire, j'ai toujours eu ma place dans l'Ordre Jedi, comme on a toujours une place à la table familiale. La Force s'agitait au-dessus de mon lit de toute petite fille, je la serrais déjà dans mes petits poings. Chaque jour, je me levais avec l'idée joyeuse que de grands héros allaient m'enseigner à soulever des fruits en méditant, à renvoyer des cailloux avec ou sans bâton. Je me souviens, j'aimais admirer les différences de leurs peaux, lisses, crevassées, collantes, écailleuses, tigrées… Tous avaient pourtant le même panache, le maintien sûr, les gestes tendres. Mast Gurrid, Maître Qodu Muturr'a, la chevalière Jan Muuktarr, madame Hitoshi Clara – elle refusait qu'on l'appelle « maîtresse » - le Padawan Lupo Dredreyon… Ils sont morts aujourd'hui, mais comment oublier leur regard bienveillant et leurs fausses mises en garde quand ils nous voyaient jouer aux héros destructeurs de monstres dans les jardins du Temple. Tous savaient bien que réprimer les rêves d'enfants n'apportait rien de bon. La frustration, la responsabilité, l'humilité des héros qui s'ignorent appartenaient aux adultes.

À sept ans, j'avais toujours vécu baignée dans la Force, et je sentis à peine que l'entraînement proprement dit commençait. La plus jeune de mon groupe, je n'en étais pas pour autant la moins avancée, et la rigueur de ma vie dut monter d'un cran. À cet âge, le corps grandit et se renforce, l'esprit s'affermit et commence à prendre des risques. Pour la première fois, on m'obligea à apprendre : le Code, d'abord, qui formula les règles qu'on m'intimait de suivre depuis toujours, comme on enlève le voile pour inaugurer une statue déjà finie. Avant de leur donner les moyens de faire des prouesses avec la Force et l'épée, mieux vaut enseigner aux enfants qu'on ne fait pas de prouesses en vain. La révérence avec laquelle ces bons instructeurs traitaient notre pouvoir me fascinaient, et je m'appliquais à l'imiter avec toute l'application maladroite dont est capable une enfant de cet âge. Il s'avéra rapidement que la Force se pliait facilement à quelqu'un qui aimait s'y plonger comme moi, et que batailler contre des chimères dans les jardins m'avait taillé le corps pour brandir un sabre. La lecture et les leçons m'ennuyaient cependant au plus haut point, et je me suis très tôt attiré les foudres de mes maîtres pour mon manque d'attention et d'assiduité.

Reconnaissons à ces pauvres Jedi que rien dans leur formation ne les préparait à la turbulence de gamins trop vifs pour rester plus d'un quart d'heure derrière un pupitre. Non contente d'essayer de me soustraire aux cours les plus soporifiques, j'emmenais à chaque évasion réussie quelques compères dans mon sillage.

Je ne savais pas à l'époque que ces novices plus grands que moi trouvaient toujours mes idées bonnes et me suivaient sans broncher alors que j'enfreignais tous les règlements parce que la Force les y invitait. Dans ma tête – et dans la leur, d'ailleurs – ça avait sûrement à voir avec ma crinière rousse et mon petit air assuré. Disons-le honnêtement, fuir le cours de maître Shssakkarrk sur « Être Jedi et citoyen » avait vraiment l'air d'une excellente idée, pour des gosses qui ne demandaient qu'à se servir de leur pouvoir naissant. D'ailleurs, les années n'ont pas pu effacer ma conviction que, malgré toute la patience et la tolérance de maître Shssakkarrk, sûrement dues à son sang-froid de Trandosien, ses leçons fumaient la même naïveté ennuyeuse que celle des bonnes gens qui font un procès aux dirigeants cyniques. Aller courir ailleurs, se bagarrer dans la boue et se muscler l'esprit en soulevant le truc le plus gros qu'on puisse trouver me semble toujours plus enviable aujourd'hui que d'assister à une conférence interminable sur le droit ou non d'un Jedi de se faire une opinion politique et de s'insérer dans le débat public. Heureusement, ils ont arrêté de donner ce genre de cours aux novices quand le vénérable Shssakkarrk a rejoint la Force.

Même si je me suis régulièrement fait taper sur les doigts, on pourrait pas dire que j'ai eue une enfance malheureuse. Les seuls mauvais souvenirs que j'en garde, c'est quand l'Ordre accordait des congés à mes amis pour qu'ils puissent voir leur famille. Pendant quelques jours, je restais quasiment toute seule, et je sentais cette douce conviction d'être exceptionnel chez tous ceux qui revenaient. Alors, et seulement alors, j'avais l'impression d'être une parmi les autres aux yeux de nos maîtres, de n'avoir rien d'impressionnant qui puisse me rendre digne d'une attention exclusive. À chaque départ, je les jalousais plus sans jamais l'avouer, sentant de manière chaque fois plus forte la joie qu'ils éprouvaient en retrouvant leur famille chérie.

Les maîtres, à qui rien n'échappaient, me mirent en garde contre mes pensées envieuses. Au retour de mes camarades, j'essayais par tous les moyens de me rendre plus indispensable, pour compenser le manque de possession affective. On m'intima de renoncer à désirer ce type de relation vain en travaillant ma méditation. Hormis ceux qui encadraient les tout petits novices, les Jedi vivaient décidément à mille lieues des préoccupations d'enfants. En moins, ils voyaient de plus en plus un danger pour les autres, que je liais à moi toujours plus intensément.

L'un d'entre eux, cependant, semblait compatir à mes douleurs sentimentales. C'était un Padawan Twi'lek, Dendis Surool, un apprenti très prometteur qui, pour une raison que j'ignorais, s'était pris d'affection pour moi. Depuis mes cinq ans, il m'apportait à chaque retour de voyage une babiole de venue de l'autre bout de la galaxie. Dans ma cantine personnelle, j'avais conservé tous ces bibelots que je ressortais quand je me retrouvais seule. Nul doute qu'un psychomètre y aurait trouvé matière à lire, tant j'y avais mis de l'attachement. Hélas, ils ont été ensevelis sur Ossus lorsqu'elle fut ravagée par le Sith Unique.

Quelques jours à peine avant mes dix ans, au principe de l'an 123 après la bataille de Yavin 4, je devins la Padawan de Dendis, qu'on avait fraîchement adoubé. C'est un âge très précoce pour avoir son propre maître et je voyais cela à l'époque comme la reconnaissance de mes compétences. En réalité, les maîtres craignaient déjà que je ne fisse des dégâts parmi mes camarades avec ce don d'Empathie que je ne maîtrisais pas, d'autant que mon corps montrait les premiers signes de la puberté. On me confia à Dendis aussi parce que ce dernier, excellent bretteur mais humble et obéissant, manquait de l'assurance et de l'esprit d'initiative propre au Jedi idéal. Mon maître était un Jedi Gardien formidable, mais aussi un homme très doux, très attentionné, qui n'avait pas le panache des héros et ne désirait pas l'acquérir. Il me prit volontiers sous son aile, malgré le tracas que cette responsabilité immense lui causait.

Longues et tortueuses sont les voies de la Force : +123 - +130

Nous commençâmes très doucement. Nous nous connaissions déjà très bien, et le lien qui unit habituellement un maître et son élève s'était déjà tissé entre nous, mon pouvoir particulier aidant. On resta au Temple d'Ossus pendant quelques mois, le temps que j'apprenne le nécessaire qu'il me faudrait pour sortir armée, puis on nous donna notre première mission en tandem. À vrai dire, je ne me souviens plus très bien de ce dont il s'agissait : probablement assurer la sécurité d'un petit officiel de l'Alliance en territoire neutre. C'était surtout un prétexte pour me faire quitter Ossus pour la première fois et me former à la fréquentation du vaste monde.

La première année de mon apprentissage se déroula merveilleusement. Dendis et moi étions deux individus très complémentaires. Malgré mon jeune âge, j'avais du répondant et un soif d'aventure qui faisaient cruellement défaut à mon maître et, aussi étonnant que cela puisse paraître, ma présence le forçait à prendre rapidement des décisions et des initiatives, s'il ne voulait pas que je précipite moi-même les événements d'une façon ou d'une autre. En échange, mon attitude me valut de nombreux exercices difficiles censés m'enseigner l'humilité et les dangers de la témérité, solutions qu'il préférait nettement à de ronflants sermons. Outre cela, Dendis Surool était très bon escrimeur et m'enseigna à merveille les bases du Niman, qu'il considérait comme la forme essentielle, mais aussi du Djem So, qui devait me servir à canaliser mon énergie ; il m'aida aussi, bien entendu, à progresser sur les voies de la Force et à éviter les écueils les plus évidents dans ma pratique.

Entre chacune de nos missions, nous rentrions quelques semaines au Temple, où je retrouvais mes amis, toujours novices pour la plupart, à qui je racontais mes aventures, mes hauts faits et ceux de mon maître, et à qui je montrais tout ce que j'avais appris. J'adorais ces retrouvailles, mais de plus en plus d'entre eux devinrent Padawan au cours de l'année, et seuls quelques-uns étaient encore au Temple de façon permanente à la fin.

Cette situation idéale et cette délicieuse complicité avec mon maître continua jusqu'à la fin de l'année 124. Alors que nous devions obtenir la libération d'un notable de Ryloth que des Gamoréens maladroits avait pris pour captif, mon imprudence contraignit mon maître à sortir sa lame et à tuer l'un des kidnappeurs, puis à en estropier un second, tout ça pour protéger ma propre vie. La mission fut finalement un succès, mais je sentis les jours suivants la culpabilité de Dendis peser sur son esprit comme une chape de plomb. L'Empathie aidant, la même pesa bientôt sur le mien. Il se fit bien moins enthousiaste et plus mordant avec moi. Dendis Surool était d'une trop grande tendresse pour supporter d'avoir tué en vain, ou d'avoir mal conduit mon apprentissage. S'il ne fit jamais savoir clairement qu'il me tenait pour responsable – et peut-être n'en avait-il pas conscience – son amertume me contamina très vite, me rendant petit à petit sa compagnie mais aussi le simple fait d'user de la Force insupportables. Pourtant, Force sait que j'aimais mon jeune maître !

Au bout de deux mois, à l'aube de l'an 125, alors que nous rentrions au Temple après une autre mission, j'en vins à le confronter directement, à lui asséner avec l'indélicatesse de la pré-adolescente que j'étais que je ne pouvais plus souffrir sa présence permanente. Loin de le remettre d'aplomb et de le pousser à parler, je ne le blessai que plus, et il accepta mes reproches avec son agaçant excès d'humilité habituel. Le Conseil des Jedi nous reçut et donna finalement à mon maître une mission au long cours, à remplir en compagnie d'autres Chevaliers, bien trop délicate pour qu'une aussi jeune Padawan que moi puisse l'accompagner. En attendant son retour, on m'assigna au Temple où, me dit-on, l'on trouverait à m'occuper.

Être séparée de mon maître, seule au Temple d'Ossus puisque tous mes amis suivaient désormais leur instructeur respectif, me troubla profondément. Les premiers jours, je me questionnais longuement sur mon attitude égoïste, et je me jurai de ne plus chercher l'aventure ni me servir de mon pouvoir. Honteuse d'être la cause directe des douleurs de mon adorable maître – mon grand frère, car c'était qui il était à mes yeux – je songeai même à quitter le Temple en catimini, convaincue que tous les Jedi savaient quel mal j'avais provoqué.

Je ne pensais pas si bien juger, car les maîtres que mon cas préoccupait fort me prirent rapidement en charge, ne me laissant pas sombrer dans une fâcheuse mélancolie. Pendant les premiers mois, on me chargea d'une mission qu'on me présenta comme fort importante : seconder les professeurs qui enseignaient aux novices. Je devais notamment faire la démonstration des mouvements de base du Shii-Cho et m'assurer que ces poupons de toutes races les exécutent correctement. Plusieurs fois par semaine, Maître Furr, un vieil instructeur, me recevait en privé, m'apprenait à résorber ma peine, à trouver le réconfort dans la Force et, bien sûr, continuait à m'apprendre les mouvements du Niman et du Djem So comme s'il avait été mon propre maître. Les derniers mois de l'année, il m'emmena même avec lui rendre service aux habitants d'Ossus, souvent des agriculteurs et des commerçants pourvoyant aux besoins de l'Ordre. J'appris à soigner des blessures et à résoudre des litiges simples, activité dans laquelle je me montrai particulièrement douée.

Début 126, Dendis revint au Temple, et je me jetai dans ses bras. Tout ressentiment avait disparu, et on se raconta l'année que nous avions passée chacun de notre côté. Il me félicita sincèrement pour me progrès et me promit de ne plus jamais me laisser si longtemps derrière lui. Si seulement cela avait pu être si simple… Si seulement on ne nous avait pas donné notre prochaine mission…

Nous avions fait ça à plusieurs reprises déjà : escorter un diplomate allié en espace impérial pour promouvoir le projet Ossus semblait du menu fretin. Quand ces pirates nous sont tombés dessus, nous n'avons pas vu le coup venir. Tout d'un coup, nous nous retrouvions au milieu du chaos, à courir vers les capsules de sauvetage, à fuir pour nos vies. Pendant qu'il défendait l'ambassadeur, Dendis m'envoya ouvrir le passage vers les modules de survie. Mon sabre transperça un poitrail, trancha une jugulaire, et le monde s'effondra. Je sentis la vie fuir par les plaies béantes que laissait la brûlure de ma lame. Je sentis des vies entières disparaître. Vous entendrez peut-être des maîtres dire que chaque vie est un monde. Ne vous dites pas que c'est un vieil adage sans valeur : c'est une réalité, et je ne m'en étais pas rendu compte avant d'en détruire deux en quelques secondes. Je n'avais que treize ans et, dans la fougue de la jeunesse, la frénésie du combat, le désir de montrer à mon maître que désormais, je savais bien faire, j'ai tué.

Nos capsules de sauvetage se sont écrasées en plein forêt, et nous avons dû survivre tant bien que mal pendant trois jours. L'ambassadeur avait été blessé. Nous avons essayé de le soigner, mais il est mort lui aussi. Il lui aurait fallu du bacta, du repos et une nourriture décente. Nous n'avions rien de tout cela, et mon maître avait à peine plus de connaissances en guérison par la Force que moi. Avant de mourir, notre protégé fit cependant jurer à mon maître de porter au Moff de l'endroit l'accord qu'il voulait faire adopter à l'Empire.

Ce Moff nous reçut avec beaucoup de fraîcheur, accueillant avec scepticisme notre histoire de piraterie et de défunt diplomate. On nous reconduisit avec la politesse la plus insultante : celle qui fait comprendre à son destinataire qu'il n'obtiendra rien et qu'il n'a aucun moyen de faire changer d'avis. Le retour sur Ossus fut moins glorieux encore. J'étais bouleversée par le double meurtre que j'avais commis, et le Conseil réprimanda mon maître pour avoir porté le message en personne, risquant par là de compromettre la neutralité des Jedi aux yeux de l'Empire. Je crois que ce fut le premier instant où j'eus horreur de ce prétexte de neutralité, justification de toutes les inactions.

Pendant plusieurs jours, je me questionnai sur le sens de la dernière strophe du Code. « Il n'y a pas de mort, il n'y a que la Force ». Beaucoup y cherchaient consolation, mais j'avais du mal à ne pas y voir un mensonge, tant j'avais ressenti clairement l'annihilation de mes victimes. Je me fis la promesse de ne plus infliger de souffrance que je ne pusse guérir, et d'apprendre à protéger plutôt qu'à blesser. Les semaines qui suivirent, j'appris les bases du Zez'kai avec le Maître d'Armes de notre Ordre, mais aussi les fondements du Shien, un style proche du Djem So que je connaissais déjà en partie.

Finalement, le Conseil me reçut, seule, et me révéla qu'on n'avait pas vu d'Empathie aussi puissante que la mienne depuis des siècles, au bas mot. Tant que je ne prenais pas conscience des liens que je tissais par instinct, que je comprenais pas comment estomper mes perceptions et éviter d'enchaîner tous ceux auxquels je tenais, j'étais un danger pour tout le monde et le monde entier était un danger pour moi. J'avais un pouvoir très inhabituel que Dendis Surool ne saurait jamais me faire canaliser malgré toute sa bonne volonté, mais il se trouvait dans les rangs des maîtres une femme qui avait longuement étudié le don d'Empathie, du moins en théorie.

C'est ainsi que je fus à nouveau séparée de mon maître pour entrer en apprentissage auprès de Maîtresse Dall Arr'sil, une Consulaire Bothane versée dans la diplomatie, que Maître K'Kruhk lui-même avait formée. La guerre Sith-Impériale éclatant, nous reçûmes une mission à peine quelques heures après nous être rencontrées. Dendis Surool, pour sa part, était envoyé avec d'autres pour enquêter sur les pirates qui nous avaient surpris.

Jusqu'ici, j'avais escorté des diplomates, protégé leurs arrières, je leur avais ouvert des chemins, mais je n'avais jamais été diplomate moi-même. Ma nouvelle maîtresse se montrait beaucoup plus distante avec moi que ne l'était Dendis, mais son enseignement n'en était pas moins efficace. Nos premières missions consistaient surtout à prendre le pouls de l'Empire et de l'Alliance, à évaluer s'il était plausible de faire avorter la guerre avant que la galaxie ne se transforme en bain de sang. Rien de bien héroïque, ni de bien passionnant à vrai dire, d'autant que la récolte d'informations s'avérait beaucoup plus difficile que prévue. Néanmoins, ces voyages en compagnie de Maîtresse Arr'sil eurent l'immense avantage de me faire voir les mécanismes de mon pouvoir. Sans relâche, elle me montra comment je jetais instinctivement des ponts à tous les individus que je rencontrais, parfois même avant de leur parler. Tant que j'agissais d'instinct, la Force faisait de moi un parasite émotionnel, fermement arrimé à tout le monde et communiquant mes sentiments autant que leurs leurs se déversaient en moi.

Si mon pouvoir constituait un avantage évident en diplomatie, car j'appris que la diplomatie était bien plus une affaire d'intérêts et de personnes que d'idées et de nations, il me fallait cependant le maîtriser, et toutes ces petites délégations frustrantes eurent au moins ce mérite de m'entraîner activement à empêcher ces liaisons réflexes, à comprendre les mouvements que j'exerçais dans la Force pour me rendre capable de les arrêter et de les reproduire consciemment.

En 128, le Conseil eut enfin les preuves de l'implication des Sith dans l'acte de piraterie que nous avions subi, mon maître et moi, et de fort soupçons quand à leur culpabilité dans le sabotage du projet Ossus sur Wayland. Plusieurs Consulaires, dont ma maîtresse et moi-même, furent déployés auprès des Moffs impériaux les plus favorables à l'Ordre Jedi afin de les convaincre de peser au Conseil des Moffs en faveur d'une alliance entre l'Empire et les Jedi contre les Sith. Ces ambassades n'avaient rien à voir avec les précédentes, durant lesquelles nous nous contentions d'atterrir, de recueillir des informations pendant quelques jours, puis de repartir. Désormais, nous restions plusieurs mois sur chaque planète, rencontrant des fonctionnaires impériaux à plusieurs reprises, puis éventuellement le Moff lui-même, qui généralement finissait par nous assurer de son soutien. Deux ans de ce manège passèrent fort rapidement.

Quand les troupes impériales prirent Coruscant, puis que les Sith attaquèrent notre maison sur Ossus, nous étions dans la Bordure Extérieure, mais nous comprîmes très bien en sentant s'éteindre les vies des nôtres, jusqu'à ce déchirement atroce. Lorsque la lame d'un Sith m'arracha Dendis, je crus mourir avec lui, et peut-être l'eus-je été sans la distance colossal qui estompait notre lien. Je sentis sa douleur, la brûlure qui lui perça le cœur, et la souffrance qu'il ressentit de tous ceux qui tombaient avec lui. Je n'y étais pas, mais j'ai vécu le massacre d'Ossus, au plus profond de mon être.

Un Jedi protège et sert, même loin des siens : +130 - +133

Je restai en état de choc pendant plusieurs jours, tandis que ma maîtresse, elle-même très affectée, travailla à nous cacher en attendant un signe des survivants, notamment de Maître K'Kruhk. Celui-ci finit par la contacter par la Force, l'avertissant que les restes de l'Ordre s'étaient rassemblés sur Taivas. En revanche, il nous demandait de demeurer dans les territoires périphériques de l'Empire et d'oeuvrer à rallier les réfractaires à l'hégémonie Sith, qui venait de renverser l'empereur légitime Roan Fel.

Pendant deux années encore, nous errâmes de planète en planète, mettant en contact les nébuleuses résistantes et les Chevaliers Impériaux dispersés dans le nord galactique. Pendant deux ans, je pansai la déchirure qu'avais laissé en moi la mort de mon maître Dendis et peaufinai à chacune de nos haltes mes talents martiaux, tant à la lame qu'avec mon simple corps et la Force. Si ma maîtresse conservait toujours avec moi une distance cordiale, elle devint néanmoins beaucoup plus chaleureuse. Après tout, nous étions chacune pour l'autre la seule Jedi présente dans les parages.

À la fin de l'année 132, Maîtresse Arr'sil m'amena sur Taanab, un monde agricole de la Route Perlemienne, étrangement éloigné de nos destinations habituelles de la Bordure Extérieure. Alors que je m'en étonnais, ma maîtresse m'expliqua simplement que le monde avait une importance alimentaire cruciale pour beaucoup de systèmes des Bordures Médiane et Extérieure, et que son gouverneur se trouvait justement être un partisan discret mais fidèle de la maison Fel et un allié de longue date de l'Ordre Jedi à l'ancien Conseil des Moffs.

Avant d'aller plus loin, il faut savoir que je m'appelais à l'époque Louise Dustmade, patronyme courant pour les orphelins et les bâtards. Je n'avais jamais connu que ce nom, même si la plupart m'appelait tout simplement « Lou ». Si je m'étais déjà interrogée sur qui était mes géniteurs et sur quelle planète j'étais née – détails que connaissaient probablement l'Ordre, du reste, puisqu'ils avaient ma date de naissance précise – mais jamais au point de demander à mes maîtres. Comme je le disais, l'Ordre Jedi, puis Dendis, avaient toujours été ma famille, la seule qui comptait à mes yeux.

J'étais donc bien loin de me douter de ce qui m'attendait en étant accueillie au palais du gouverneur Cornelis de Walleron. L'homme était un cinquantenaire affable, veuf, manifestement très populaire et en retour très soucieux des intérêts de son peuple. Son fils unique, Engel de Walleron, avait un peu moins de vingt-cinq ans et servait dans l'armée impériale comme commandant en second d'une frégate. Il nous reçut avec discrétion et courtoisie à la fois, se montrant très ouvert à la discussion. Nous voulions obtenir de lui qu'il entre en contact avec les forces dispersées de l'Empire Fel et s'engage à leur apporter du ravitaillement le moment venu. Évidemment, le gouverneur de Walleron ne voulait pas s'engager sans la garantie qu'on protégerait sa planète du feu des Sith, mais je sentais qu'il cachait quelque chose.

Je découvris la chose en question bien assez vite. Trois jours après notre arrivée, il me rendit personnellement visite, et me révéla tout. En 114, alors que la planète faisait partie de l'Alliance, son peuple avait émis le désir de rejoindre l'Empire, séduit par son programme de « Victoire sans la Guerre ». Cornelis de Walleron, bien qu'opposé à cette décision, avait dû obtempérer et négocier un traité favorable à la planète qui pût lui permettre de revenir sur ses pas et de réintégrer l'Alliance, assisté en cela par un Chevalier Jedi qui avait tôt fait de repérer la sensibilité à la Force de sa très jeune fille. Craignant que les Chevaliers Impériaux ne lui prennent son enfant pour en faire l'une des leurs et lui forcer la main, le gouverneur de Walleron avait signé avec l'Ordre Jedi un contrat stipulant que l'enfant deviendrait un Jedi, et reviendrait sur Taanab au terme de sa formation pour choisir si elle devait rester auprès de sa maison, ou bien continuer de servir la Force. Je l'avais écouté avec un malaise croissant, sentant une étrange excitation chez cet homme vigoureux, jusqu'à ce que son regard aux mêmes couleurs que le mien ne vienne se planter dans mes yeux et qu'il me dise : « Alors, que veut-elle ? ».

Apprendre que j'étais née Loes de Walleron, fille cadette du Moff de Taanab, ne me fit certainement pas autant d'effet que ce brave homme ne l'avait escompté. Sans doute avait-il attendu cet instant pendant des années, car je sentais sa joie sincère à ma vue. En revanche, avoir été abusée par l'Ordre pendant si longtemps et avoir fait l'objet d'un contrat me dégoûta d'abord, d'autant que le gouverneur – mon père – précisa qu'il était prêt à soutenir les restes de l'Empire si je reconnaissais ma maison et la servais.

Laissée seule, j'eus tout loisir de me sentir trahie par tous. J'étais un pion, un simple pion dans le jeu des Jedi et de cet homme qui n'avait pas hésité avant de me confier pour vingt ans à cet Ordre de duplicité. L'envie pure et simple de quitter l'endroit avec armes et bagages me traversa sérieusement l'esprit. Le doute m'envahissait, et ma Maîtresse ne venait pas. Peut-être me laissait-elle la possibilité de recouvrer la liberté.

Puis soudain, je compris. Je compris que le choix que mon père me proposait n'était pas celui que j'avais à faire. Ce que j'avais à choisir, c'était de jouer le jeu ou non. Soit j'acceptais qu'on me considère, au même titre que tout Jedi et tout diplomate, comme un grand atout dans le jeu galactique, soit je refusais ce sacerdoce que j'avais appelé de tout mon cœur durant ma vie entière. Certes, on s'était joué de moi, mais je n'étais pas mal aimée pour autant. J'avais senti la joie et la fierté sincère de Cornelis ; je connaissais l'affection que me portait Maîtresse Arr'sil, malgré sa discrétion émotionnelle. Elle me mettait à l'épreuve.

Prenant moi-même l'initiative de négocier avec le gouverneur en personne, je le convainquis d'accepter notre requête, en échange de quoi je le reconnaîtrais finalement comme mon père et reprendrait le nom qu'il m'avait donné, Loes de Walleron, à la place de Louise Dustmade. Je demeurerais Jedi, mais m'engageait à le défendre s'il le fallait. En apprenant que l'affaire était conclue, Maîtresse Arr'sil se montra très fière de moi. Le premier jour de l'année 130, à peine quelques semaines avant mes vingt ans, elle fit de moi un Chevalier Jedi, puis m'envoya sur Taivas faire mon rapport et faire valider ma promotion.

Nulle alliance sans arbitrage, nul arbitrage sans Jedi : +133 - +138

Mon arrivée dans le Temple Caché de Taivas, duquel nous étions restées éloignées, me choqua profondément. Dissimulés sous la terre, les Jedi ne voyaient même plus le ciel et ses étoiles, auxquelles ils devaient pourtant apporter la paix. Je pris pleinement conscience que l'Ordre ne vivait plus dans la galaxie qu'à travers des gens comme moi, qui voyageaient sans trêve dans des mondes au bord de la guerre. Ossus avait été un carnage durant lequel bien des nôtres avaient perdu la vie, et le peu de Chevaliers qui restaient au Temple était très insuffisant pour faire mieux que protéger et encadrer les Padawan, dont la plupart avait été sauvée.

Le Conseil me reçut avec beaucoup de chaleur et de soulagement, voyant d'un très bon œil le choix que j'avais fait et les rapports que je leur fis. Ils confirmèrent ma nomination au titre de Chevalier sans discuter et me remercièrent pour tout ce que je faisais pour l'Ordre. Mais alors que je m'attendais à repartir immédiatement retrouver Maîtresse Arr'sil, mes nouveaux ordres tardèrent à venir. Sans doute le Conseil, en vénérable institution, prenait-il le temps d'examiner scrupuleusement la quantité d'informations que je lui avais fournie avant de se décider.

Je demeurai dans cette triste enclave pendant plusieurs semaines, qui me suffirent non seulement à apprendre quelques techniques auprès de maîtresse T'ra Saa, mais aussi à retrouver certains de mes amis et à sympathiser avec les Padawan qui stationnaient ici, désœuvrés. Les jeunes s'entraînaient sans relâche pour passer le temps, et organisaient des défis entre camarades. Allant assister à l'un de ces affrontements, je remarquai l'habileté au sabre d'un jeune Zabrak très énergique. Allant le féliciter pour ses compétences, je fis sa connaissance. Ce garçon vigoureux âgé de treize ans répondait au nom de Terum Dao. C'était un novice qui, depuis trois ans, n'était pas sorti du Temple Caché et n'avait pas trouvé de maître. Son tempérament bouillonnant et sa soif d'aventure avait écarté de lui tous les maîtres potentiels, qui pouvaient tous trouver des apprentis moins va-t-en-guerre. On craignait de voir celui-ci sombrer pour peu qu'il faille affronter les Sith, une fois dehors. Il ma confia sans honte sa frustration, son ardent désir de quitter ces lieux de fuite et d'ennui.

Nous convînmes donc de devenir élève et maître, et le Conseil accepta notre demande rapidement, peu de temps avant de me renvoyer à l'extérieur pour fédérer les soutiens de l'Empire Fel dans la Bordure Extérieure. Terum accueillit ce départ avec un enthousiasme débordant que je n'eus pas le cœur de réprimer. À vrai dire, je trouvais ce jeune homme bien plus mesuré que je ne l'aurais été en pareille situation. J'espérais seulement qu'il serait à la hauteur de ce qui nous attendait dehors.

J'eus vite l'occasion de me rendre compte que je n'avais pas élu n'importe quel Padawan. À peine avions-nous quitté Taivas que ma maîtresse me fit parvenir un message de détresse qu'on lui avait envoyé. Un jeune Chevalier Impérial du nom de Vilad Mandac, que nous avions déjà croisé au cours de nos pérégrinations, demandait du soutien sur Borgo Prime. Nous le retrouvâmes aux prises avec un groupe mercenaire engagé par les Sith. Alors que je m'attendais à devoir protéger Terum, celui-ci sut parfaitement se débrouiller, secondant Mandac tandis que je repoussais les assaillants, sectionnant des tendons, renvoyant leurs tirs dans les bras et les jambes, les étourdissant avec la Force.

Vilad, jusqu'alors en mauvaise posture, fut surpris de nous voir arriver, bien qu'il me reconnût vite et fît le lien avec ma maîtresse. Comme nous, le jeune homme, de quelques années mon aîné, sillonnait les mondes du nord impérial pour rallier les bonnes volontés et reprendre contact avec ses frères et sœurs d'armes. En mission au moment de la prise de Coruscant, comme j'étais en mission lorsque les Sith avaient assailli Ossus, Vilad Mandac était resté caché, continuant de servir l'Empire Fel avec discrétion. Néanmoins, les Sith avaient des agents partout et risquaient de lui tomber dessus à nouveau.

Étant donné que nous poursuivions des objectifs similaires, nous nous mîmes à voyager ensemble. Maîtresse Arr'sil avait été envoyée pour trouver la flotte alliée et à terme servir de liaison avec les vestiges de l'Alliance, mais cela nous laissait, à mon apprenti et moi, la lourde tâche que j'assumais auparavant avec ma préceptrice. Demeurer en petit groupe nous donnait un avantage certain en cas de coup dur et une vie sociale nettement plus enviable.

Malgré des divergences de point de vue quant à la Force et à la place qu'il fallait lui accorder dans nos vies, Vilad et moi partagions beaucoup d'avis. Pour lui comme pour moi, ne pas se servir de la Force constituait un acte coupable et nous nous accordions sur le fait que les puissants devaient user de leur puissance au service d'une cause noble, et non craindre leurs dons ou au contraire s'en délecter. J'admirais la très grande détermination de Vilad, sa verve lorsqu'il s'agissait de défendre l'Empire, son sens du sacrifice, mais aussi son infinie gentillesse lorsqu'il venait à se reposer. Alors que je remplissais ma mission avec le plus grand des enthousiasmes, je me rendis compte qu'il éprouvait pour sa part une très grande lassitude à vagabonder ainsi loin des siens. Sans que nous n'ayons prévu cela, nous ne nous séparâmes pas avant deux ans, devenant très intimes, chacun appréciant tous les aspects de la compagnie de l'autre.

Allant de planète en planète, ne restant jamais au même endroit plus de quelques jours afin d'échapper à la vigilance des Sith, rencontrant des notables, des Moffs secrètement rebelles, des fugitifs fidèles à la maison Fel… Notre couple offrait un symbole fort non seulement aux personnes que nous convainquions de rejoindre la cause, mais aussi à Terum, que nous formions ensemble aussi bien dans les arts de nos Ordres que dans la philosophie avec laquelle il fallait aborder le monde.

Au cours de l'année 136, les nouvelles du retour prochain de Roan Fel sur le trône impérial mirent cependant fin à ce périple haletant et, il faut le dire, infiniment plaisant. Encore aujourd'hui, je remercie la Force de m'avoir permis de poursuivre, dans ma jeunesse, les deux grandes aventures que sont le voyage et l'amour. Nous nous séparâmes plusieurs semaines durant lesquelles je rentrai sur Taivas avec Terum pour faire notre long rapport sur la situation. On y demeura quelques temps, et je suivis encore une fois quelques cours de maîtresse T'ra Saa sur les pouvoirs de Guérison et de protection. Je pouvais apprendre seule, mais les leçons d'une ancienne maîtresse n'ont pas de prix, et je ne compte plus les moments où ses conseils m'ont sorti de situations fort périlleuses.

Terum et moi quittâmes le Temple dès l'annonce du débarquement de l'empereur Fel sur Bastion reçue. On nous y envoya rejoindre Maîtresse Arr'sil, qui devait encourager l'empereur à s'associer à l'Alliance, bien qu'elle n'ait pas pu prendre contact avec leur flotte par ses seuls moyens. Nous ignorions alors que l'équipage de Cade Skywalker, suivi de plusieurs Chevaliers Impériaux, arriverait à peine un jour après notre départ au Temple Caché avec une proposition d'alliance de Roan Fel, mais cela facilita considérablement notre propre entreprise.

En arrivant sur Bastion, je retrouvai Vilad. Et alors que je pensais devoir faire valoir les services que j'avais rendu à l'Empire en Exil réunifié pour accéder aux négociations et rencontrer l'empereur afin de lui proposer l'alliance que le Conseil nous avait chargés, Maîtresse Arr'sil, Terum et moi-même, de lui apporter, j'eus l'agréable surprise d'être reçue rapidement au côté des autres émissaires.

Je garderais éternellement le souvenir de cet homme à la puissance renouvelée, trônant dans son palais fraîchement reconquis, entouré de sa garde rouge, qui acceptait, presque magnanime, les alliances que toutes les forces libres venaient lui proposer. Le temps d'une audience, je compris ce que majesté voulait dire, et je compris pourquoi mon amant ne me serait jamais aussi dévoué qu'il ne l'était à cet homme, l'empereur. Dans ce Roan Fel renaissant, il n'était pas dur de voir le pouvoir.

Très peu de temps après l'entrevue, tous les Jedi présents sur Bastion ressentirent puissamment l'attaque des Sith contre le Temple Caché. La mort de Maîtresse T'ra Saa, avec qui je m'étais liée, me heurta par sa puissance, mais le choc me submergea bien moins que lors du trépas de Dendis Surool. Je la sentis s'évanouir dans la Force, dans une triste apothéose, mais ce sentiment ne m'empêcha pas de rejoindre les rescapés de l'Ordre à l'assaut de Coruscant, suivant les troupes alliées de l'Empire.

Lors de la bataille, on nous assigna, Terum et moi, à la protection d'un vaisseau auxiliaire de l'Alliance, dans lequel notre présence fit forte impression. Abordés par des soldats de l'Empire Sith, nous défendîmes l'équipage, et notamment les marins qui s'occupaient des manœuvres subluminiques, auxquels commandait Plo Tan'ith, alors simple enseigne. Je conserve peu de souvenirs mémorables de cette grande bataille autres que la rencontre de cet admirable Kel'Dor. Là-haut, nous ne savions que peu de choses des événements qui se déroulaient en bas, mais nous contribuâmes à notre part à la victoire décisive que l'on arracha finalement à l'Empire des Sith.

Pourquoi servir un maître malade si l'on se refuse à le soigner ? +138 - +148

La débâcle qui suivit la mort des deux empereurs ne nous laissa pas oisifs un instant. Après la bataille gagnée, encore fallait-il mettre fin à la guerre, et de manière durable si possible. Alors que Marasiah Fel recevait le trône de son auguste père, je soutins, comme beaucoup d'autres, Maître K'Kruhk dans sa participation aux discussions qui engendreraient bientôt le Triumvirat de la Fédération Galactique.

Si je ne fis jamais partie du Triumvirat à proprement parler, je n'étais pas dupe, déjà à l'époque. Une alliance durable entre des régimes si différents et aux intérêts si divergents que l'Empire Fel, l'Alliance Galactique et l'Ordre Jedi ne pouvait tenir que par les liens qui unissaient personnellement les notables de chacun des blocs. En 138, je connaissais déjà beaucoup de personnalités d'importance et j'entretenais de bonnes relations avec la plupart. Par les liens que j'entretenais depuis des années avec des centaines de notables, de Moffs, de Chevaliers Impériaux, de citoyens et militaires divers, je contribuai à fonder solidement le Triumvirat, et je dois avouer que je croyais cette association possiblement pérenne, à l'époque.

Pourtant, le retour de la paix et de la puissance impériale me sépara de Vilad. Nous nous retrouvâmes une dernière fois sur Coruscant, nous avouant finalement notre amour seulement pour y mettre fin. Ç’avait été une belle chimère, mais le Chevalier Mandac avait une autre femme à servir, infiniment plus grande et plus importante que moi, cette jeune diplomate Jedi, cette vagabonde qui n'incarnait rien. Depuis ma rencontre avec Roan Fel, je n'avais pas douté un seul instant que cette idylle finirait ainsi, mais cela ne m'empêcha pas d'en souffrir. Je passai le reste de l'année dans le nouveau chantier de reconstruction de l'Académie d'Ossus, à m'occuper de l'apprentissage de Terum.

Toutefois, il semble que la Force ne m'ait pas créée pour rester en place. Dès l'année 139 entamée, le Conseil m'envoya, au même titre que d'autres diplomates, courir la galaxie pour récolter des dons afin de rebâtir notre Temple le plus vite possible. Je me montrai particulièrement douée à cet exercice, mais il faut avouer que les bonnes volontés ne manquaient pas. En outre, j'étais pleinement consciente de l'immense potentiel symbolique que pouvait cristalliser ce Temple neuf. Le projet Ossus avait servi de casus belli à l'Empire. Aujourd'hui, ce nouveau projet Ossus pouvait servir de casus pacis, de première grande entreprise commune. En rebâtissant le sanctuaire des Jedi, on célébrait une concorde nouvelle en lavant l'affront de la guerre Sith-Impériale et les méfaits des Sith. Il ne s'agissait pas simplement de faire la recruteuse de donateurs.

Cette mission ne dura que quelques mois, tant les dons affluaient aisément, et nous fûmes bientôt de retour au Temple, pour participer à l’œuvre. Ainsi, j'étais présente lorsqu'Iyanna Arienal, une ancienne prophétesse Jedi, revint d'entre les morts. Même si je participai aux festivités que Maître K'Kruhk fit donner en l'honneur d'une très antique camarade, je dois dire que j'en vins très vite à ne plus partager ni la liesse ni l'interprétation de son retour comme un signe d'espoir. J'ai toujours placé la sincérité en très haute estime entre Jedi, mais Maîtresse Arienal ne l'entendait visiblement pas de cette oreille. Elle ne répondit quasiment à aucune des questions que l'on pût lui poser. Pourquoi arrivait-elle après la bataille, après que l'Ordre Jedi eut traversé tant de périls, eut échappé tant de fois à la destruction. Où était-elle lorsque Luke Skywalker avait reformé l'Ordre, lorsque les Vongs avaient déferlé sur la galaxie et enfin qu'avait-elle fait pendant que tant de nos pairs perdaient la vie dans la dernière guerre contre les Sith ?

Le Code nous enseigne de nous garder des émotions fortes et des passions de toutes sortes, mais je trouvai rapidement le goût qu'Iyanna Arienal entretenait pour le secret au mieux inquiétant, au pire franchement à craindre. Une prophétesse et une aînée qui ne partageait pas son savoir avec les siens commettait à mes yeux un crime. Je n'hésitai pas à faire part de mes doutes à Maître K'Kruhk, mais celui-ci n'en tint guère compte. Maîtresse Arr'sil modéra également cette étonnante défiance de ma part, moi qui étais d'ordinaire si bienveillante avec les nouveaux venus. Le secret pouvait servir à préserver ceux qui n'étaient pas prêts à l'entendre.

Début 141, mon Padawan et ami Terum Dao, âgé de 21 ans, fut envoyé régler seul un différend commercial complexe entre le gouvernement central de l'Alliance, réticent à accorder des droits exceptionnels à quelque système que ce soit, craignant de faire face à une vague de requêtes auxquelles il ne pourrait pas répondre, et une planète frontalière qui n'aurait d'autre choix, faute de ces droits, de solliciter l'aide de la Mission Impériale et à terme de prêter allégeance à l'Impératrice. Il revint victorieux au bout de quelques mois, étant parvenu à débloquer, à force de négociations, une voie de ravitaillement strictement alliée pour la planète, évitant les troubles entre l'Empire et l'Alliance d'un côté et les frictions internes à l'Alliance de l'autre.

Pour son succès, on adouba Terum Dao. Pour l'avoir brillamment formé, on me fit Maîtresse Jedi, à 28 ans seulement. Vilad vint sur Ossus en personne nous féliciter, mais il repartit le lendemain, après une nuit blanche, très douce mais fugace. Je quittai moi-même le Temple peu de temps après. Malgré le désengagement progressif de l'Ordre de la plupart des affaires politiques, le Conseil craignant vraisemblablement qu'on l'accuse de prendre parti – mais n'était-ce pas là justement le rôle de la tierce force que nous incarnions ? - on m'envoya continuer les activités de liaison entre les régimes nouvellement alliés. Ces anciens ennemis avaient beau avoir enterré la hache de guerre, ils nourrissaient de grands ressentiments l'un envers l'autre, et chaque acte qui pouvait aller contre les intérêts de l'autre menaçait de dégénérer en crise politique.

Jusqu'en 144, j'usai de l'autonomie et de l'autorité que me procurait mon nouveau titre afin de créer et entretenir plusieurs projets visant à lier par des intérêts politiques, économiques et stratégiques les membres du Triumvirat. Le nom de Walleron ne fut pas non plus inutile, et l'influence que j'avais sur mon père Cornelis, que je visitais régulièrement, me permit d'utiliser les ressources agricoles de Taanab comme levier dans certaines négociations, voire comme caution.

À l'époque, j'avais le désir naïf que tous les régimes abandonnent à terme leur souveraineté particulière et s'assemblent en un tout uni par des échanges et des intérêts semblables. Hélas, sans plus de bonne volonté des intéressés et d'aide de la part de mes pairs, c'était irréalisable. Pour m'assister, je pris une nouvelle Padawan en 143, une Cathare d'une dizaine d'années nommée Nadaai. Très puissante dans la Force, la jeune fille faisait cependant aussi preuve d'un très fort caractère. Le Conseil avait constaté l'efficacité de mon enseignement avec Terum Dao, alors il accepta de me confier cette nouvelle enfant que je rencontrai lors d'un passage au Temple.

Contrairement à Terum lorsque je l'avais pris en apprentissage, Nadaai était incapable de se débrouiller seule dans des situations difficiles, et accusaient de nombreuses lacunes dans son maniement du sabre, qu'elle avait trop violent et trop instinctif. En même temps que je l'emmenai sur des missions délicates, je lui enseignai les principes du Niman, son exigence de précision et de persévérance dans le travail, afin de tempérer ses élans colériques qu'elle contrôlait à grand peine.

Si le début de l'apprentissage de Nadaai fut finalement un relatif succès, mes efforts pour mettre en relation et en coopération les dirigeants des deux régimes, notamment les gouverneurs des systèmes frontaliers, et pour imposer l'arbitrage des Jedi même dans des affaires internes en reçurent pas le soutien escompté. La frilosité du Conseil à s'investir dans les affaires intérieures de l'Alliance et de l'Empire m'agaçait, d'autant qu'on ne me la justifiait que par la conviction que cette « ingérence » vaudrait à l'Ordre des soupçons de partialité… Pour ma part, je considérais que l'Ordre avait le devoir d'intervenir lorsque l'un ou l'autre régime commettait des injustices manifestes, se mettait lui-même en danger ou bien risquait de faire entrer ses intérêts en opposition avec ceux de son voisin.

Je pris conscience du danger que courrait l'Ordre à ne rien risquer durant la longue affaire des enquêtes sur la disparition des enfants sensitifs. En 145, les Jedi et l'Empire remarquèrent des disparitions régulières de jeunes individus sensibles à la Force un peu partout dans la galaxie. Au lieu de requérir une enquête devant le Triumvirat, les Chevaliers Impériaux et les Jedi en ouvrirent une chacun, parvenant deux fois aux mêmes conclusions, ne mettant pas leurs résultats en commun… Quand j'eus connaissance de l'affaire, je tentai, avec l'aide de Vilad qui trouvait lui aussi la situation absurde, de faire partager les observations et les déductions, d'unir les forces, mais mon beau projet dut souffrir une très grande méfiance bilatérale. Les Chevaliers Impériaux rechignaient clairement à divulguer des secrets d'État, et l'Ordre Jedi ne désirait guère donner à des guerriers servant exclusivement l'Empire. Certains, dans chaque camp, soupçonnait même silencieusement l'autre de certains enlèvements.

Je continuai à travailler sur le rassemblement des enquêtes les années qui suivirent, tout en plaidant à plusieurs reprises l'intervention Jedi dans la politique de plus en plus instable de l'Alliance, me heurtant chaque fois au refus du Conseil préoccupé par sa sainte neutralité. Je crus tenir une occasion de réunir enfin les données sur les enlèvements en 147 lorsque le Chevalier Impérial Treis Sinde fut assassiné. Urgeant le Conseil pour qu'il envoie très vite des enquêteurs à la poursuite des assaillants, celui-ci prit trop de temps à la réflexion, comme d'habitude, laissant tout loisir à l'Empire de reprendre jalousement sa piste, malheureusement refroidi. Cet énième échec me dégoûta de l'affaire, et je demandai à ce qu'on nous assigna, Nadaai et moi, aux négociations Corelliennes.

Sur Corellia, je retrouvai Plo Tan'ith, l'ancien enseigne aux côtés de qui j'avais combattu en orbite de Coruscant il y avait dix ans. Ensemble, nous prîmes contact avec les officiels et l'Ordre Vert pour ma part, tentant de les dissuader d'élaborer un nouveau Contemplanys Hermi, c'est-à-dire une garantie d'indépendance politique, une insulte à la grande union fédérale que le Triumvirat incarnait tant bien que mal. Malheureusement, je constatai rapidement que les Corelliens n'étaient pas réputés têtus pour rien, et je ne parvins finalement qu'à obtenir des promesses de non-alignement en cas d'indépendance de la part de l'Ordre Vert.

En 148, le Contemplanys Hermi fut finalement signé entre les Cinq Mondes et le reste de l'Alliance, sans l'accord du Triumvirat entier, et l'accord de cet immense privilège à la nation corellienne provoqua des remous parfaitement prévisibles dans l'espace allié, notamment celui de la Bordure Extérieure. Et lorsque je décidai de m'imposer tant bien que mal comme médiatrice dans les relations qui s'enveniment entre les mondes du Noyau et la périphérie galactique, je reçus un rappel du Conseil. On avait besoin de moi sur Ossus, paraissait-il.


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Loes de Walleron
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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Sam 24 Déc - 10:54

Un Ordre de reclus : +148 - +157

À mon arrivée au Temple, une de nos maîtres respectés en partait, quittant l'Ordre pour tenter de régler les troubles internes de l'Alliance les mains libres. Le fait qu'on lui ait demandé de renoncer à son titre de Jedi me révolta, et je n'hésitai pas à prendre la parole pour défendre que l'Ordre aurait dû assumer et appuyer cette initiative. J'hésitai même à la suivre, à vrai dire, mais je me résignai finalement, demeurant avec Nadaai. Quitter l'Ordre n'était pas du tout une solution satisfaisante. Au contraire, il fallait que l'Ordre accepte, pour de bon, d'être une force en présence, car un arbitre sans force et sans autorité n'est écouté par personne. Qu'est-ce qu'un juge qui ne tranche jamais ? Non, je devais rester et contribuer à l'influence de l'Ordre, comme je le faisais depuis près de vingt-cinq ans maintenant.

Le fait qu'on donne un siège au Conseil à Iyanna Arienal me déçut encore plus. À mes yeux, récompenser cette femme au mystère toujours plus épais, cette méditante qui avait brillé par son absence en bien des moments où l'Ordre aurait eu besoin d'elle, constituait un aveu d'échec. Les Jedi s'en remettait aux visions et non à l'action, observant et refusant d'intervenir. Le Grand Maître K'Kruhk m'avait toujours donné l'image d'un Jedi idéal : grand sage, combattant à la valeur maintes fois prouvée, homme d'État à contrecoeur… Je décidai donc de lui parler clairement de mes griefs contre le Conseil, et je comparus même devant ces Maîtres siégeant pour leur exposer, mon expérience diplomatique à l'appui, ce que l'Ordre devrait faire à mon avis.

On m'écouta, mais on ne suivit aucun de mes conseils. Pis que cela, on m'attribua un rôle d'instructrice, sans doute par crainte que la Maîtresse remuante et influente que j'étais ne cause plus de problèmes qu'elle n'en résolve en ces temps délicats. Je pris très mal cette décision, que je ne vis pas comme une punition, mais bien comme l'énième preuve d'un complexe du pouvoir propre aux Jedi, et surtout aux vieux Jedi. Nombre d'entre eux nourrissaient une crainte de l'engagement et de l'audace fondée sur une interprétation très conservatrice de notre Code, qui en faisait un mantra tout en patience, en préparation, en observation, en méditation, et finalement un dogme de l'indécision. L'Ordre Jedi aimait la stabilité, la permanence d'un état de la galaxie, la préservation d'un équilibre, et se refusait à mener quelque action d'envergure qui pût faire de l'Ordre un moteur de la politique galactique, ce qui l'aurait dès lors obligé à prendre de nombreuses décisions, à ne plus pouvoir méditer longuement.

En refusant ce rôle moteur, l'Ordre perdait en influence et s'empêchait même de remplir sa vocation, à ce qui me semblait. Pourquoi, alors que nous étions d'un grand pouvoir, d'une excellente instruction, très bien autodisciplinés, fallait-il refuser toujours de servir de garde-fous chez les autres à tout ce que nous avions vaincu chez nous ? L'orgueil impérial, pas question d'y toucher. L'espionnage mutuel de l'Alliance et de l'Empire ne nous regardait pas, alors même que nous apprenions tous à ne jamais faire usage de nos pouvoirs à des fins curieuses. Au nom d'un principe de neutralité, d'un refus épidermique de toute forme de loyauté extérieure à l'Ordre, on en excluait ceux qui entendaient s'investir dans les affaires du monde.

La présence de très anciens et vénérables maîtres au Conseil n'était à mon avis pas pour rien dans cette posture de l'Ordre très semblable à celle qu'il adoptait du temps de l'Ancienne République. Pour eux, les Jedi devaient servir et non régner. Ainsi nous servions le Triumvirat, cette virtualité politique, alors que nous aurions dû accepter de régner pour le faire advenir. Tant que nous resterions en retrait, l'Impératrice et les gouvernements successifs de l'Alliance continueraient à se comporter en rivaux, alliés certes, mais pour combien de temps ?

Malgré tout, l'enseignement des Jedi nous apprend les méfaits du défaitisme comme de l'obstination. Aussi je refusai de demeurer maussade, et je me consacrai pleinement à la tâche qui m'avait été confiée, à savoir de seconder le Maître d'Armes de notre Ordre dans la dispense de cours d'escrime avancée. Pendant quatre ans, je dispensai des leçons, particulières ou en groupe, à des Jedi de tous les niveaux, des novices aux Chevaliers. Avec ma Padawan, Nadaai, on nous envoya de temps à autre remplir quelques missions strictement intérieures à l'Ordre Jedi.

Je profitai de ce long temps passé au Temple pour m'entraîner aux arts Jedi avec une intensité que je n'avais guère connue depuis mon propre apprentissage. Suivant moi-même des séances d'escrime avec mon supérieur, le Maître d'Armes, je progressai à nouveau rapidement, devenant progressivement l'une des très bonnes lames de l'Ordre. Alors que j'avais jusqu'alors accordé assez peu d'intérêt à la composition d'un sabre laser, j'en compris l'intérêt à très haut niveau et je me procurai, avec l'aide du Maître Forgeron, d'excellents matériaux pour l'arme qui me servait au combat, mon double-sabre. D'abord, je forgeai une nouvelle poignée dans un alliage de phrik, plus résistant qu'une garde standard, et je remplaçai l'émetteur classique par un émetteur de parade haut de gamme qui rendit l'activation des lames quasiment instantanée, bien qu'elle en réduisit légèrement la puissance.

Enfin, je consultais assidûment les Archives pour apprendre les rudiments de la création d'holocron. Si l'Ordre voulait faire de moi une enseignante, j'espérais au moins pouvoir dispenser le plus possible de mon expérience, faire bénéficier les générations futures de mon savoir diplomatique, de mes observations sur l'Empathie de Force et de ma pratique des Arts Jedi tournée vers la domination d'un espace et la défense de ceux qui s'y trouvent.

Fin 152, reconnaissant mes compétences, le Conseil profita de l'adoubement de Nadaai, à ils firent passer des Épreuves plus traditionnelles que lorsqu'il s'était agi de faire de Terum un Chevalier, pour me nommer Maîtresse Instructrice, me donnant une place parmi eux, le poste de Maître d'Armes étant déjà occupé. Malgré les différends qui m'opposaient encore au reste du Conseil en matière diplomatique, nous suivions des lignes fort semblables en matière d'éducation des jeunes membres de notre Ordre et je fus très honorée de la place qu'ils m'accordaient parmi eux. J'acceptai le siège avec beaucoup de respect, et avec lui la responsabilité de la formation des novices au Temple.

Je m'attelai à la tâche avec beaucoup d'application, coordonnant les leçons des différents instructeurs et donnant moi-même des cours fréquents, aussi bien dans le maniement du sabre que de la Force, et dans les principes fondamentaux de la philosophie Jedi. Je disposais auprès des nouveaux venus d'une très grande autorité, et avoir formé deux Padawan agités m'avait donné les bonnes méthodes pour canaliser l'énergie des jeunes gens les plus remuants. Je continuai dans le même temps de travailler à mon holocron et à assister à toutes les séances du Conseil, n'hésitant jamais à y prendre la parole.

Toutefois, c'est en recevant des nouvelles de mes connaissances et amis dans toute la galaxie que j'appris très tôt le déclenchement de la guerre civile alliée, en 153. Pendant plus de quatre ans dédiés à l'enseignement, j'avais laissé de côté mes frustrations diplomatiques, mais je n'avais pas pour autant coupé les ponts avec mes relations. Régulièrement, je rendais visite à ceux qui m'étaient le plus liés : mon Moff de père, le vieillissant Cornelis de Walleron, et mon frère Engel devenu amiral impérial ; maîtresse Arr'sil, que le Conseil n'avait pas rappelée et qui assurait beaucoup de liaisons entre le Noyau et Bastion ; Vilad, bien sûr, mais aussi d'autres Chevaliers Impériaux dont j'avais fait la connaissance au fil des ans et qui respectaient l'Ordre Jedi, comme Lucius Domitius Kuat ; des Alliés, tels Plo Tan'ith et plusieurs notables de tout poil ; enfin, Terum Dao, qui travaillait activement à éviter les heurts autour de la Mission Impériale dans les mondes frontaliers, et Nadaai que l'on avait chargé de résoudre plusieurs assassinats politiques dans des systèmes périphériques de l'Alliance.

Malgré ce faisceau d'informations qui remontait jusqu'à moi, la guerre civile éclata de manière assez inattendue et révéla au grand jour le basculement de cette maîtresse Jedi que le Conseil avait laissé partir en 148. Prenant le nom sinistre de Darth Akni, elle avait fédéré autour de sa personne les mécontentements, dans une tentative brillante pour renverser l'Alliance. La responsabilité dans ce désastre d'une ancienne membre de l'Ordre, que beaucoup même n'avait jamais cessé de considérer comme l'une des nôtres, rendait à mon avis d'autant plus urgent notre intervention si nous voulions conserver le Triumvirat et notre réputation. Je portai sans tarder l'affaire devant le Conseil, mais celui-ci fit preuve d'indécision une fois de plus, ne souhaitant pas s'engager clairement pour le gouvernement de l'Alliance.

Je m'offusquai de cette décision qui risquait de laisser la voie libre à un nouvel État hostile et puissant, fondé non seulement sur la puissance de sa dirigeante mais surtout sur le soutien d'un peuple dont on découvrit rapidement qu'il haïssait viscéralement le Noyau et ne désirait que sa destruction. Le mal était fait ; la négociation, impossible ; la guerre, inévitable. Je priai le Conseil de prendre les insurgés de vitesse et de requérir l'action combinée du Triumvirat pour leur imposer la reddition. Nous pouvions exiger de l'Empire qu'il remplisse son devoir – celui-ci ne pouvait que gagner du prestige et des mondes dans l'opération – et éviter ainsi la guerre généralisée, pire mal qui puisse affecter la galaxie.

Je ne fus pas la seule à m'indigner de l'absence de réaction convaincante du Conseil, qui appela sans relâche à la modération. En signe de protestation, plusieurs Jedi, dont Nadaai, annoncèrent leur départ de l'Ordre et rejoignirent les rangs de l'Alliance, afin de lui prêter main forte contre ce soulèvement haineux orchestré par une Jedi Noire. Je tentai de les en dissuader, convaincue toujours que l'Ordre devait faire corps pour détenir l'influence nécessaire à la garantie de la paix galactique. Si ces Jedi étaient demeurés parmi nous, nous aurions sans doute pu peser plus vite contre les partisans de la « non-ingérence », de cette « neutralité » qui affaiblissait notre Ordre depuis la fin de la précédente guerre.

Continuant à enseigner tout en voyageant plus régulièrement afin d'avoir des arguments supplémentaires à chaque nouvelle session du Conseil, je fus prise l'année suivante d'une ardeur indéfectible. L'Ordre Jedi allait à sa perte, et il ne se sauverait pas sans mon action, j'en étais certaine. Si j'étais pour l'heure incapable de faire fléchir mes pairs et me trouvai contrainte d'assister impuissante à la succession de sécessions qui déchirait l'Alliance Galactique, je ne chômai pas pour autant, récoltant des quatre coins de la galaxie des nouvelles alarmantes. Face à l'affaiblissement de l'Alliance, je fis part au Conseil de mon inquiétude de ce que l'Empire Fel pourrait bien envisager de prétendre rétablir l'ordre aux dépens de son ancienne partenaire, d'autant que même l'intervention des transfuges Jedi permit la stabilisation du conflit du mais absolument pas la fin de la crise. Nous devions l'appeler en renfort, l'obliger à faire son devoir, faute de quoi il interviendrait vraisemblablement en souverain galactique, et non en allié. « Il n'y a pas d'ignorance, il n'y a que le savoir », me rétorquait-on. Impossible d'engager l'Ordre Jedi tout entier sur de simples soupçons. N'eût-ce été mon entraînement et mon autodiscipline, j'aurais probablement dit leurs quatre vérités aux autres Maîtres du Conseil, et notamment à Arienal dont tous semblaient attendre, béats, les révélations ésotériques, alors qu'ils ne m'écoutaient pas quand je leur présentais l'évidence d'une catastrophe systémique qui s'apprêtait à balayé la concorde galactique.

Mes craintes ne firent que se confirmer en 155, lorsque plusieurs mondes du Noyau rejoignirent l'Empire Fel plutôt que de continuer à contribuer au fiasco obstiné de l'Alliance, alors que celle-ci s'enlisait toujours plus dans un conflit manifestement décidé à s'installer. En lien avec tous mes contacts, je suivis de loin l'émergence de puissances périphériques telles la Triade, le Secteur Corporatif, et la prospérité nouvelle dans les Bordures en guerre des Mandaloriens ou, plus inquiétant encore, du Soleil Noir. Mon père m'informait aussi, de manière hebdomadaire, de la progression au Conseil des Moffs de l'idée que l'Empire devait imposer sa tutelle à l'Alliance pour ramener l'ordre.

Forte de tous ces arguments, je demandai au Conseil de me rendre mes prérogatives diplomatiques, et je le fis hésiter sérieusement cette fois-ci, échouant à recueillir le vote requis, mais à une vois près seulement, au motif qu'il fallait au Temple une Maîtresse compétente pour former les plus jeunes à faire face aux troubles de plus en plus grands qui nous menaçaient. Mon discours interventionniste trouva cependant des échos de plus en plus nombreux au sein des rangs inférieurs de l'Ordre, notamment chez les jeunes Chevaliers et chez plusieurs Maîtres, dont nombre de mes amis d'enfance qui avaient partagé mon noviciat, et bien sûr Maîtresse Arr'sil.

Les héros dont la galaxie a besoin mais qu'elle ne mérite pas : +157 - …

Le raid de Dathomir début 157 fit enfin basculer l'équilibre des forces dans l'Ordre, en même temps qu'il bouleversa la géopolitique galactique. Face à l'agression, plusieurs Maîtres du Conseil, dont la Grande Matriarche des Sorcières de Dathomir, se prononcèrent en faveur de l'intervention de l'Ordre en réaction à un danger direct, d'autant plus lorsque l'Empire Fel déclara enfin la guerre à l'Alliance avec les justifications qui progressaient depuis des mois parmi les Moffs. Malgré tout, des dissensions continuèrent d'agiter le Conseil, certains voulant soutenir l'Alliance au mépris de toute logique de sûreté, tandis que d'autres, dont je faisais partie, envisageaient plutôt de taper du poing sur la table et d'obliger l'Alliance et l'Empire à négocier une simple tutelle impériale. Cette solution présentait l'immense avantage de montrer l'Ordre Jedi en juge implacable, et non en partie prenante du conflit. Face à ces différends qui ralentissaient encore notre réaction, je lançai finalement aux autres membres du Conseil un ultimatum en exigeant une réunion du Conclave, c'est-à-dire de l'intégralité des Jedi, pour élire un nouveau Maître de l'Ordre qui dirigerait notre diplomatie.

Le Conseil releva le défi que je lui lançai, et je remportai l'élection avec une majorité de suffrages confortable. L'Ordre tout entier accordait sa confiance à la ligne que je défendais bec et ongles depuis plusieurs années maintenant. Malgré la désapprobation de certains vieux maîtres face à ce qu'ils percevaient comme de l'ambition personnelle très malvenue, je pris le siège de Maîtresse de l'Ordre Jedi, abandonnant ma mission d'instruction à un autre. Quelques jours après à peine, le soutien du One Sith de Darth Maladi, disciple de Darth Krayt, aux insurgés d'Akni devenait officiel et faisait des mondes en rébellion un nouvel Empire Sith.

Je n'avais pas prévu un tel coup, et le péril qui planait sur Ossus parut soudain bien trop grand pour que nous puissions demeurer dans l'Académie comme si de rien n'était. Je ne voulais pas d'un nouveau siège du Temple par les forces Sith. Si beaucoup dans l'Empire Fel respectaient l'Ordre Jedi, nous ne pouvions nous compromettre en lui demandant un quelconque asile. L'Alliance ferait quant à elle une piètre protectrice. Dressant la liste de nos derniers alliés, j'y trouvai le Consortium d'Hapès en bonne place et, l'urgence m'y contraignant, je priai la Reine Djo, Jedi elle-même, de nous accorder le refuge. La puissance de la flotte hapienne et sa situation galactique avantageuse mettrait les novices à l'abri du danger.

La Ta'a Chume accepta avec une bienveillance non feinte, mais elle exigea, en comploteuse de talent, un siège au Conseil. Je parvins tout de même à en négocier le caractère temporaire : la Reine Mère n'aurait droit à ce siège de par son rang que tant que l'Ordre demeurerait dans l'espace du Consortium. J'escomptais notre refuge temporaire, simple solution d'urgence qui nous permît de négocier sans avoir à nous préoccuper de notre sécurité. J'avais très bien conscience qu'un séjour hapien trop long irait inévitablement avec une implication croissante dans les intrigues locales, et donc dans les difficultés pour repartir. Tandis que j'acceptais le traité avec l'aval du Conseil, je demandai secrètement à Terum, mon premier Padawan désormais maître Jedi, de rejoindre les Chevaliers Impériaux afin de garantir notre bonne réputation aux yeux de cet Ordre. Mon ancien apprenti, du reste, avait toujours eu une allégeance partagée, ayant été entraîné conjointement par Vilad et moi, puis ayant beaucoup travaillé avec la Mission Impériale. Lorsque l'Empire était entré en guerre, Terum avait été l'un des rares Jedi à considérer l'action légitime et même à l'encourager. Conscient que l'Ordre Jedi allait sûrement vivre des heures de difficultés et d'impuissance, il accepta sans rechigner d'aller revêtir l'armure rouge.

J'évitai ainsi un nouveau carnage à notre Ordre, et nous ne perdîmes dans l'évacuation que Maîtresse Arienal, même si je soupçonnai une énième désertion de sa part qui ne m'avait aucunement convaincu de sa fiabilité depuis son retour mystérieux des limbes. En ce qui me concernait, elle pouvait bien y retourner sans que cela me chagrine en aucune manière.

Si j'avais compris que l'Alliance Galactique se trouvait en très grande position de faiblesse, je n'avais pas prévu une défection si rapide de ses systèmes face à la double offensive. En quelques semaines, son territoire se réduisit comme peau de chagrin à la faveur de l'avancée de l'Empire Fel, dont les forces cherchaient à joindre rapidement le front de l'est et à l'unifier, dans une stratégie que je ne pouvais qu'approuver en mon for intérieur.

À l'abri sur Hapès, nous observâmes impuissants la débâcle éclair de l'Alliance Galactique et la mort du Triumvirat, tandis que je tentais déjà d'envisager la suite, comment notre Ordre allait pouvoir revenir sur le devant de la scène. Le retour des Sith ouvre une voie royale à l'Ordre Jedi, leur ennemi pluri-millénaire, pour fédérer à nouveau les forces de la galaxie contre cette menace universelle et regagner une place souveraine et arbitre en devenant le lien entre les restes exsangues de l'Alliance, l'Empire Fel dont l'Impératrice vient d'être assassinée, Hapès et les autres puissances neutres.



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Loes de Walleron
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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Sam 24 Déc - 10:56
Et voilà ! J'ai fini ! Smile

Désolé, c'est sans doute ma plus longue fiche à ce jour (même si elle rentrait dans deux posts, pas d'inquiétude Razz ). J'espère au moins ne pas avoir fait de bourdes sur le contexte !

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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Sam 24 Déc - 11:34
Je transmets en staff pour étude !
Par contre avec les fêtes, on risque sûrement de mettre un peu plus de temps que d'habitude, désolée d'avance ^^

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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Sam 24 Déc - 16:09
Quel scandale ! Razz

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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Lun 26 Déc - 0:40
Et finalement, ça a été beaucoup plus vite que prévu o/
Comme d'habitude, une fiche très agréable à lire et très bien construite, et nous n'avons relevé que deux petits points de détail à modifier :

I)- "Sa poitrine n'est pas particulièrement opulente, mais elle est ferme et musclée" -> il n'y a pas de muscle au niveau des seins

II)- Le contact entre les Jedi et Stazi n'est de nouveau établi qu'en 137, après la mort de Krayt sur Had Abaddon.

Tu seras validé dès modification de ces petits détails ^^

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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Lun 26 Déc - 1:36
Merci pour les compliments Smile

I] Certes, mais il y a des pectoraux (et tout un tas de muscles de la cage thoracique) qui font aussi partie de la poitrine au sens large Smile

II] Ok, je suis vraiment pas calé sur Legacy, my bad. C'est corrigé, j'ai supprimé toute mention à Gar Stazi.

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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Lun 26 Déc - 14:34
Certes mais une femme peut très bien être musclée au niveau des pectoraux et autres tout en ayant les seins qui pendent - même pas désolée pour l'image tellement sexy - donc c'est plutôt ta formulation qui est un peu étrange ^^

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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Lun 26 Déc - 17:57
Bon, bon, j'ai changé en "Sa poitrine n'est pas particulièrement opulente, mais elle est ferme. Tout le reste de son corps, endurci par plus de trois décennies d'entraînement quotidien, est capable d'une puissance difficile à soupçonner.". C'est moche mais c'est plus clair ! Smile

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Re: Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
Lun 26 Déc - 18:36
Tout est donc en règle. J'ai le plaisir de te valider. A très bientôt dans le RP Smile.
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Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi
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