[+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
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Holocron
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[+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Jeu 24 Aoû - 10:17
La pluie tombait drue sur le petit astroport dans ce coin reculé de Bonadan. L’astroport était comme tout ce qui se trouvait dans ce coin de Bonadan : complètement décati. Des bidons et des tuyaux traînaient ça et là et des herbes folles décoraient les fissures de l’asphalte. La luminosité était faible, c’était pourtant le milieu d’après-midi mais les nuages noirs et menaçants s’amoncelaient. La lumière blafarde des diodes et des petits lampions de la piste peinait à éclairer cette atmosphère sombre, quasi-crépusculaire. Et pourtant, les ordres étaient les ordres et ils étaient on ne peut plus clair, la Triade avait déclenché l’état d’urgence après l’intrusion des Siths : les patrouilles devaient rester en alerte et le silence-radio était désormais maintenu sauf sur les fréquences sécurisées. Ces mesures drastiques avaient été appliquées dès leur décret.

Le Sergent Anton Fanolt fumait sa cigarette roulée lentement, recrachant lentement des volutes de fumée alors que la pluie ruisselait sur son manteau imperméable. L’homme était d’un âge moyen, avec une barbe naissante –sans doute pas très réglementaire- et une casquette militaire délavée qui affichait un insigne de la Triade de mauvaise facture. L’homme avait posé sa carabine à plasma contre une caisse et attendait à l’abri d’une tonnelle à demi-éventrée qui laissait passer de grosses gouttes. Le Speeder était garé en contrebas, dans la végétation morne et quelconque d’un bosquet où le chauffeur attendait. Fanolt portait un uniforme de Carabinier, il n’était pas en armure et semblait insensible au déluge qui s’abattait en cette fin d’après-midi. Fanolt faisait partie de ces militaires de l’Entente qui avaient été envoyés sur Bonadan pour maintenir l’ordre, bien évidemment, les choses avaient dégénérées et désormais, on parlait d’une attaque Sith imminente. Quelle plaie ! Lui qui avait toujours voulu aller au front durant son instruction avait vu ses ardeurs refroidies lorsqu’il avait participé à la campagne d’Erinar. Désormais, il était plus raisonnable, moins tête brûlée. L’embarquement pour Bonadan lui avait fait l’effet d’une douche froide, c’était loin de sa planète d’origine –Sluis Van- et il ignorait, comme la plupart de ses camarades, que l’Entente avait des intérêts à l’autre bout de la galaxie. Les rumeurs d’une invasion Sith imminente avaient tout de même agité les soldats, ils savaient qu’ils étaient sans renfort et qu’il faudrait se battre jusqu’à la mort. Ce n’était pas avec ces salauds de la REPo qu’ils pourraient déroger à cela, la police spéciale n’était pas unanime dans les rangs, mais fort heureusement, leur représentant était un homme sage…Plus sage que ce salopard de Colonel Heiss qui commandait les Carabinier et s’était dévoilé bien plus fanatique que son homologue de la REPo. Enfin, tout ça, c’était ce qui se disait et Fanolt n’était pas suffisamment gradé pour connaître personnellement tout le gratin…Ce qu’il savait, c’était que Heiss était un petit con et qu’il lui aurait bien collé une branlée, le genre de jeune premier qui se voulait plus dur que Stregwel et qui voulait impressionner la REPo pour monter en grade. Seulement voilà, Fanolt était dans l’armée de l’Entente depuis le début, il avait vu Stregwel durant son discours d’investiture et cet homme était tout sauf un fanatique, on disait même qu’il prévoyait de mettre au pas la REPo qui avait dépassé les bornes. Fanolt avait entendu des agissements de certains officiers et il n’était absolument pas enchanté par tout cela. L’homme avala une nouvelle bouffée de fumée alors qu’un petit vaisseau civil approchait. Un petit vaisseau, comme cela avait été demandé, la discrétion. Le Carabinier attendit que la passerelle s’ouvre et que l’émissaire de l’Alliance sorte, seule comme cela avait été demandé. L’homme déplia un parapluie qu’il tenait derrière lui et le brandit au-dessus de la jeune femme qui en sortait pour l’abriter, il avait toujours sa cigarette à la bouche. La je
une femme était seule et à en juger sa coupe de cheveux elle ne faisait pas partie des conformistes.

Encore une allumée, de toute façon ils s’attendaient à quoi en demandant un émissaire ici…Bonadan a beau faire partie de Secteur Corporatiste, c’est un trou paumé…

Le Sergent chassa cette pensée, il n’était pas payé pour penser après tout. Il se contenta de se mettre mollement au garde-à-vous et de finir sa cigarette tout en la jetant au sol. Il fixa intensément la jeune femme avant de reconnaître l’écusson de l’escadron Spectre et de voir le grade de Lieutenant. Que venait faire un membre de cette unité d’élite ici ? C’était forcément sérieux, autant de questions qui taraudait l’esprit de Fanolt, qui savait pourtant qu’il n’aurait pas de réponse. Les ronds de cuir s’agitaient au QG, le QG avait même été déplacé en urgence. On disait même que la CORPo était passé sous la tutelle de la délégation de l’Entente…Mais ça encore, ce n’était que des rumeurs. Obéir aux ordres, cela avait quelque chose de rassurant et Fanolt se résigna à ses propres tâches, pour dissiper l’agitation de son esprit.

-Bienvenue sur Bonadan, Lieutenant. Je suis le Sergent Anton Fanolt, j’ai été envoyé par l’équipe du Colonel Heiss pour vous conduire à notre QG. Veuillez me suivre s’il-vous-plaît.

Déjà, l’envoyée de l’Alliance comprendrait que les choses avaient changées : il n’était pas question de se déplacer au départ. En fait, une délégation aurait dû l’attendre à l’astroport, mais les coordonnées de l’astroport avaient changé au dernier moment et on les avait envoyés dans la campagne, un endroit très isolé de Bonadan. Fanolt en était tout aussi mécontent, cela ne faisait qu’intensifier le climat d’inquiétude qui pesait sur lui et les hommes de sa section. De la même manière, Syrielle pourrait voir que le Carabinier avait fait mention d’un Colonel, grade des Carabiniers de l’Entente, elle allait donc rencontrer un officier de l’armée régulière et non de la REPo.

Le Sergent guida Syrielle, tout en tenant très délicatement le parapluie et en accordant un soin particulier à ce qu’elle ne soit pas mouillée par les trombes d’eau qui s’abattaient sur le paysage morne de Bonadan. Syrielle portait son uniforme, comme cela avait été demandé afin qu’on l’identifie clairement. Fanolt conduisit l’officier SPECTRE jusqu’à un Speeder couleur moka, il s’agissait d’un véhicule civil où un soldat qui s’abritait sous ce qui avait dû être un abri pour les transports en commun fumait une cigarette. Dès qu’il les vit, le soldat écrasa la cigarette avec sa botte et salua Syrielle avec un garde-à-vous tonique. Le soldat non plus n’était pas en tenue de combat, il ne portait pas son armure ni son masque-à-gaz, juste une vareuse d’un vert-de-gris délavé sur laquelle on discernait à peine les insignes de la Triade qui y étaient brodées et un calot sombre. On fit monter Syrielle à l’arrière, sur une banquette poussiéreuse et le chauffeur ferma la porte dès qu’elle fut installée. Le Sergent prit place à l’avant, à côté du chauffeur qui démarra aussitôt. Il n’y avait autour d’eux que des arbres tristes et ce vieil astroport qui semblait dater de deux siècles. Le Speeder se mit en marche sur une sorte de sentier qui parcourait les groupes d’arbres épars peuplant le pourtour de l’astroport. Fanolt repris la parole.


-Il y a environs une heure de route pour arriver au QG, les pistes sont mauvaises et même avec un Speeder, ça n’est pas à côté. Veuillez accepter nos excuses pour la logistique approximatives, nous avons dû changer votre itinéraire pour des questions de sécurité.

Fanolt était agité, on pouvait sentir une certaine anxiété dans sa voix. Il s’agissait d’un homme de la troupe qu’on avait probablement entiché d’une mission difficile, sans doute pour qu’il ne pose pas trop de question. Le ronronnement chaotique du moteur du Speeder –qui était sans doute une antiquité- laissait présager un équilibre fragile entre les différents composants. Le silence s’instaura donc dans l’habitacle du Speeder qui venait de sortir de la couronne de bois, laissant apparaître un paysage désolé constitué de champs en friche peuplés de hautes-herbes et de groupes d’arbres épars. Le trajet allait être long et ces hommes n’étaient clairement pas de la REPo, Syrielle pourrait peut-être les faire parler si elle était habile, une chose était sûre, ils étaient très mal à l’aise.
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Syrielle Shakhovite
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Dim 27 Aoû - 0:56

Bonadan, théâtre de cette nouvelle guerre qui grondait de plus en plus …
Après bien des mois et des années à se terrer pour mieux se préparer, les Sith venaient finalement d'attaquer officiellement cette planète – sans doute pour mieux annexer le Secteur Corporatiste à leur propre territoire – mais toutes ces informations laissaient pourtant le Lieutenant Syrielle Shakhovite de marbre. Son regard parcourant distraitement les données délivrées par son datapad dans l'espoir de mieux l'informer sur la situation actuelle. De cette situation trouble à vrai dire, où personne ne semblait trop savoir ce qui s'était réellement passé même si tout le monde se mobilisait déjà afin d'être prêts à la guerre. Contre un, contre cent, contre tous … mais combien étaient les Sith justement ? Et de quelle force de frappe disposaient-ils ? Une donnée encore bien floue pour l'instant, et dans la mesure où la Spectre n'était pas dans les petits papiers des hauts officiers de l'Alliance Rebelle, elle n'était donc pas au courant de tout.

De ce qu'elle savait, les Sith étaient en train de masser leurs forces sur Ziost – sans qu'un décompte vraiment précis ne fût toutefois possible – et deux espions Sith s'étaient déjà introduit sur Bonadan afin de combattre une délégation de Jedi, déclenchant ainsi des hostilités à plus grande échelle avec des combattants de la Triade qui se trouvaient eux-mêmes sur place depuis une durée indéterminée. Et pour une raison pas vraiment déterminée non plus … ou comment comprendre que dans cette affaire, personne n'avait rien à foutre là mais que tout le monde avait quand même radiné son cul afin de grappiller quelques miettes du gâteau !

Depuis quand l'Entente avait-elle des intérêts sur Bonadan ?
Depuis quand les Jedi jouaient-ils les entremetteurs entre ouvriers et patrons ?

Si les Sith étaient officiellement les ennemis majeurs de la Galaxie, il était toutefois évident qu'un sacré tas d'embrouilles se tenaient sur cette jolie planète de Bonadan qui ne jouirait sans doute plus de son indépendance encore bien longtemps vu la pente glissante sur laquelle elle s'était aventurée. De ces embrouilles qui n'intéressaient pas l'Alliance Rebelle. De ces embrouilles qui n'intéressaient pas davantage Syrielle non plus d'ailleurs ! Mais puisqu'elle était la Spectre qui connaissait le plus le régime de l'Entente, c'était tout naturellement sur sa gueule que cette mission était tombée, et ce n'était peut-être pas plus mal au final. Parce que ça l'occuperait. Parce que ça l'empêcherait de ressasser encore et encore son échec de Roon, histoire de ne surtout pas se retrouver avec un moral défaillant avant même une entrée en guerre qui se voulait malheureusement imminente …

Sur Roon, elle avait échoué.
Comme une débutante, comme une abrutie, comme une merde.
Incapable de prévoir la nature de Sensitif de Jorian, incapable de prévoir le nombre et les capacités des soldats de la Triade présents sur place, incapable de prévoir le comportement de Siana qui avait finalement pété un plomb avant de se sacrifier bêtement. Comme tous étaient morts bêtement. Y compris le pilote – seul rescapé de cette tuerie – qui était finalement décédé d'une étrange crise cardiaque trois jours après l'avoir ramenée sur Bespin. Grièvement blessée. À bout de nerfs malgré son faciès de marbre et son calme qu'elle avait parfaitement conservé en tapant son rapport puis en expliquant qu'elle avait mené une opération infiltrée parmi les milieux de la pègre galactique et de ses mercenaires les plus dangereux. D'informateurs en marchands de morts jusqu'à intégrer enfin le groupe de Siana Solaris qu'elle n'avait pu sauver – d'après ses allégations – lorsqu'ils étaient tombés dans un traquenard.

De cet échec personnel.
De cette réussite pour l'Alliance qui avait ainsi pu démanteler quelques groupes dangereux tout en récupérant de nombreuses armes voire même des vaisseaux, beaucoup venant d'ailleurs des caches de Siana que Naomi lui avait balancé.

Et au final …
Au final, personne ne lui en avait demandé plus – d'autant plus vu tout ce que sa mission avait apporté – et Syrielle n'avait pas non plus parlé plus en détails de ces événements. Histoire de ne pas se trahir face à ses proches qui auraient sans doute pu déceler un changement dans son comportement. Ou plutôt n'avait-elle parlé à personne par la force des choses, parce que sitôt qu'elle avait été rétablie, elle avait cherché à joindre K'Krukh, mais en vain. Le Grand Maître Jedi n'était pas disponible, et la Spectre n'avait pu que laisser un vague message – quelques excuses ainsi qu'une demande de rendez-vous officieux afin de pouvoir lui parler de quelque chose d'important – avant de devoir embarquer pour Bonadan. Planète qui l'accueillit sous des trombes d'eau dont elle se foutait totalement tandis qu'un soldat débarqua aussitôt pour dresser un parapluie au-dessus de sa tête tout en la saluant avec un manque d'entrain évident.

Pour une fois qu'elle revêtait son uniforme et qu'elle était tirée à quatre épingles – coiffée même ! – c'était quand même ballot qu'il plût …

« Lieutenant de l'Escadron Spectre Syrielle Shakhovite. Je vous suis, Sergent. »

Salut impeccable et voix claire, on était clairement assez loin de la Syrielle gouailleuse et insolente, mais cette mission sensible ne se prêtait pas non plus à de tels excès de liberté. Au contraire, la jeune femme se voulait sérieuse et pleinement concentrée, notant ainsi au passage que son interlocuteur serait le Colonel Heiss, un homme de l'armée régulière et pas de la REPo donc, ce qui était sans doute mieux. De même qu'elle nota que le voyage jusqu’au QG allait certainement être très long au vu des modifications qui ne cessaient de s'imbriquer les unes dans les autres …

« Et bien, on ne peut pas dire que cette planète soit bien accueillante. Vous avez eu des soucis depuis votre établissement ici pour que les détails de la mission changent plusieurs fois ? »

Dans le silence de l’habitacle, la question venait de tomber d'une voix posée et presque détachée, comme si Shakh' tentait de dissiper le malaise qui pesait de manière indéniable sur les deux hommes assis devant elle.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Dim 27 Aoû - 15:14
L’atmosphère humide et froide dans le Speeder donnait à l’habitacle des relents de renfermé, pourtant personne ne fit aucune remarque parmi les deux soldats de la Triade. Le chauffeur conduisait souplement mais le véhicule était lent. Régulièrement, des giclées de boue maculaient les portières. La pluie semblait s’être intensifiée et ruisselait sur les vitres alors que les essuie-glaces battaient mollement le pare-brise, laissant entrevoir le halo blafard des phares. Le Speeder était à l’image de ce coin de la planète : complètement fané. Les cuirs étaient usés par le soleil et les caoutchoucs craquelés, certaines parties laissaient même apparaître une légère couche de rouille. Un véhicule d’emprunt qui n’était pas un véhicule militaire, plutôt une épave civile réquisitionnée par la Triade. L’Entente aurait très bien pu venir chercher Syrielle avec un transport de troupes mais ce n’était pas le cas.

Les deux hommes ne brisèrent pas le silence lorsque Shakhovite les questionna. Les deux soldats se jetèrent un regard circonspect, comme si chacun des deux cherchait à désigner l’autre pour répondre. Ce qui confirmait qu’il s’agissait d’hommes de troupe qui n’étaient absolument pas informés ni entraînés à répondre aux questions ou à garder des informations sensibles. De toute manière, il aurait fallut être fou pour penser que ces deux personnes avaient une quelconque information sensible, par contre ils étaient là depuis longtemps et cela se voyait à leurs uniformes usés. Pas des gens importants, plutôt des soldats laissés ici depuis trop longtemps et qui avaient passé leur temps à attendre un ennemi invisible. En aucun cas des personnalités importantes ou des hauts-gradés, plutôt le genre de pauvres hères qu’on trouvait sur tous les fronts de la galaxie et dans toutes les armées. Le chauffeur se gratta la joue, dévoilant une main épaisse, cornée et même calleuse avec une peau mate, tannée par le soleil, sans doute des paysans ou des ouvriers déracinés et enrôlés pour être envoyés à l’autre bout de la galaxie. La confusion régnait alors qu’ils se regardèrent une autre fois, comme si ces derniers hésitaient à parler. Ce fut le Sergent qui parla le premier.


-Ca a été un sacré bordel. Les Siths nous ont attaqués, on les a cherchés sur toute la planète. Au début il ne s’agissait que de Siths infiltrés mais des forces spéciales ont débarqué et ça canardait de partout. Depuis, Heiss a fait boucler toute la planète et encore, ici c’est la campagne, c’est plus calme, si on vous avait fait débarquer plus au Sud comme on le voulait au début, vous n’auriez jamais pu passer les barrages routiers et les postes de contrôle…C’est la loi martiale ici Lieutenant !

Cela sortait du cœur et pouvait confirmer l’origine très modeste des soldats qui s’exprimaient avec une diction approximative et un fort accent qui indiquait d’ailleurs probablement que le Basic n’était pas leur langue maternelle. Pendant que le Sergent s’était exprimé, le chauffeur hochait la tête, comme pour donner son approbation. On sentait même une pointe de colère ou d’agacement dans la voix du Sergent qui donnait l’impression d’être un vétéran, la façon dont il se tenait, ces rides profondément ancrées dans une expression morne et grave. Il n’avait parlé à Syrielle d’ailleurs simplement par rapport à cela, il avait immédiatement vu d’où elle venait et ce qu’elle était : cela ne s’expliquait pas mais il avait vu dans son attitude, dans son regard, qu’elle aussi avait vécu le front. Le Sergent reprit.

-Vous, vous savez pas ce qu’on endure ici. Au début, on était juste ici pour régler un problème diplomatique et on était sous le commandement de la Commissaire REPo Elena Luzzati, de la REPo, on  devait juste garder les délégations qui allaient parler entre les ouvriers et les patrons. Puis y a eu Weiss qui est arrivé dans son bel uniforme tout propre, je crois qu’on l’a jamais vu travailler, mais il a demandé des renforts et il est arrivé avec des tanks et des troupes pour encadrer la CORPo.

Le chauffeur prit la parole, cette fois exalté et presque énervé par le discours de son compagnon. Son accent était beaucoup plus prononcé, à peine compréhensible par moment.

-Mais tout ça, c’était des conneries. On savait dès le départ que c’était ni Luzzati, ni Weiss qui commandait…C’était le vieux Moreau. Il est que Commandant de la REPo, mais c’est lui qui passait les coups de fil pour arranger les rencontres entre les Jedi et les gens des Corporation. Luzzati et Weiss, ce sont des ronds-du-fion d’Eriadu City, des fils de bourges qui jouaient à la guerre pour ramener des médailles à papa et monter en grade, mais le vieux serpent de Moreau c’est pas pareil, il a de l’expérience, il est instruit et quand il parle y a tout le monde qui l’écoute…Oui M’dame. Il paraît même qu’un jour il a dit à Luzzati qu’elle n’était pas assez dure et v’là pas qui l’a renvoyé à Sluis Van le bougre…Comme ça, d’un claquement de doigts. En tout cas, c’que j’peux vous dire M’dame, c’est que Moreau et Weiss, y peuvent pas s’voir…Mais y sont trop intelligent pour se fout’ sur la gueule, Weiss y sait que si Moreau n’était pas intervenu, Luzzati aurait fini par appeler Kollan au Minist...

Le Sergent jeta un regard noir à son collègue, comme s’il venait de dire quelque chose qu’il n’aurait pas dû dire et le soldat se tut immédiatement. Il ne fallait pas trop en dire, mais il voulait cependant continuer à parler avec Shakhovite qui comprendrait sans doute entre les lignes que les deux Carabiniers n’en savaient pas plus qu’elle et qu’ils naviguaient eux-aussi en eau trouble. La situation sur Bonadan ne semblait convenir à personne. Le Sergent reprit la parole.

-Il faut bien comprendre M’dame la Lieutenant, que Luzzati et Weiss, y n’avaient rien à voir avec vous ou avec nous, c’est pas eux qui vont au front, y préfèrent envoyer nous, les petits. Moreau est différent, c’est un très vieux Monsieur et quand il est arrivé on a tous compris que c’était pas n’importe qui…Il a beau avoir un uniforme de petit Commandant de la REPo, il n’a aucune médaille et on a très vite vu que c’était lui qui commandait, Cindy qui lui sert son thé a même dit qu’il appelait le Commandant Stregwel en personne…Et qu’y rigolaient comme s’ils avaient gardé les chèvres ensemble ! Enfin ça, c’est des rumeurs de clocher, nous on en sait rien.

Les deux Carabiniers n’arrêtaient plus de bavarder. Syrielle avait ouvert une porte chez ces deux hommes qui ne savaient pas avec qui discuter. Sans doute espéraient-ils qu’elle leur donne un avis ou qu’elle commente ce qu’ils disaient, tout simplement car eux ne semblaient pas savoir comment interpréter tous ces évènements qu’ils vivaient de manière passive. Le Sergent continua.

-Toujours est-il que quand y a eu l’attaque des Siths, on n’a pas très bien compris ce qui s’est passé, mais c’est Weiss qui a pris les commandes et qui nous a demandé de neutraliser des Jedi et des Siths, on y est tous allé, y avait même des mecs du GIS et des troupes spéciales de la REPo…Mais eux, ils se sont pas mélangé avec nous, ces types sont pas normaux. Enfin toujours est-il qu’on a eu des pertes, des assassins Siths qui nous ont tué, on sait pas combien ils étaient et il y a même eu des soldats qui ont débarqué, y étaient du côté des Siths, ça pétait de partout…

Le chauffeur coupa le Sergent en poursuivant sur un air de confidence, diminuant le volume de sa voix comme pour éviter qu’une oreille indiscrète invisible ne vienne l’entendre.

-Mais ça M’dame, c’est la version officielle. Moi j’y étais, les Siths étaient pas du même côté tous, y avait des Siths avec les Jedi et des Siths et v'là pas qui voulaient s'entretuer…On a pas compris, si bien qu’à la fin même les Jedi semblaient en avoir après nous. Quand ça a été fini et qu’le vieux Moreau a su ce qui s’était passé, y parait qu’il a piqué une colère noire et qu’y se sont pourri la gueule avec Weiss. Quoi qu’il en soit, y paraît qui se sont mis d’accord et Weiss a demandé de changer de QG il y a deux jours, c’est pour ça qu’on a changé vos instructions M’dame. En tout cas, ça fait depuis deux jours qu’on a plus entendu les chefs crier, on a plus eu d’ordre…Et là encore, c’est Cindy qui me l’a dit mais y paraît que Weiss s’est fait remonter les bretelles par la hiérarchie, quant à Moreau, même lui y ne savait plus quoi faire après l’attaque des Siths…A mon avis, mais ce n’est que mon avis, il s’est passé un truc grave qu’on veut pas nous dire.

Les deux soldats très bavards s’arrêtèrent là. Ils avaient meublé, expliquant tout ce qu’ils savaient à Syrielle…C’était peu en substance mais en fait énormément puisqu’elle pouvait comprendre les forces en présence. Elle voyait donc qu’elle tombait en pleine guerre des services entre les Carabiniers et la REPo et que personne ne semblait savoir quoi faire. Il restait encore de la route, ils progressaient sur des sentiers de terre encadrés de paysages désolés où il ne semblait pas y avoir âme qui vive, Syrielle pouvait encore tenter de les faire parler et la sensation de malaise semblait s’être accentuée.
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Mer 30 Aoû - 13:33

Weiss, Luzzati et Moreau …
Si la jeune femme ne pipait mot, elle écoutait en revanche avec attention les explications des deux hommes – de ces deux vétérans à l'accent marqué et qui s'étaient sans doute retrouvés sur le front un peu par hasard, trop loin de chez eux et trop loin de leurs occupations habituelles – et elle nota donc soigneusement les trois noms de ce triptyques dans son esprit. Un colonel de l'armée régulière, une Commissaire de la REPo, et un Commandant de la REPo … le dernier ayant manifestement la main sur tout ce bordel au point qu'il semblait diriger la situation dans ce coin de Bonadan. Une information qui ne la rassurait guère d'ailleurs, parce que les officiers de la REPo étaient souvent bien plus fanatisés et extrémistes que leurs homologues des Carabiniers, mais dans la mesure où Weiss semblait être son interlocuteur principal, peut-être ferait-il tampon si jamais Moreau se révélait être trop ''spécial''. Enfin, en espérant également qu'il ne fût pas un rond-de-cuir comme venaient de le dépeindre les deux soldats, sinon la Spectre sentait déjà qu'elle aurait du mal à rester courtoise face aux stratégies fumeuses d'un petit con propulsé là par hasard !

Mais outre les officiers présents, ses deux escortes lui offrirent aussi des informations qu'elle connaissait certes déjà, mais surtout des informations perçues de leur point de vue. À leur manière. La manière de deux pauvres gars balancés au front sans davantage d'explications, de ces hommes qui connaissaient donc la guerre et ses horreurs, pire encore pour celui qui avait croisé les Sith d'ailleurs. Des Sith qui semblaient bien s'être entre-tués, et ce même si Syrielle devait bien avouer que ça la laissait dubitative. Dubitative malgré les informations qui lui avaient été délivrées juste avant son départ et qui relataient ainsi la mort du Poing de l'Empire Darth Shadowsun qui avait apparemment été trucidée là-bas par un autre Sith puissant. Information ramenée par un Jedi sur place et un Sith qui avait apparemment décidé de retourner sa veste … de toutes manières quand des Sensitifs étaient mêlés à la guerre, celle-ci prenait toujours une drôle de tournure.

« J'en ai entendu parler oui : le Poing de l'Empire aurait été assassinée par un autre Sith, sûr que les supérieurs ne doivent pas trop savoir quoi penser de tout ce bordel. »

Ils partageaient leurs informations, elle partageait les siennes. Il ne s'agissait après tout que d'un simple échange de bons procédés, et qui n'engageait en plus pas à grand chose dans la mesure où celle-ci n'était pas classée secrète. Juste étrange. Surtout pour des gens qui n'y comprenaient pas grand chose aux conneries et autres jeux de pouvoir entre Sith.

« De toutes manières dès que des Sensitifs sont impliqués, les événements prennent toujours de drôles de tournures. C'était la première fois que vous en voyiez ? »

Sa première fois à elle, c'était sur Trigalis, et il n'y avait aucun doute quant au fait que ce Sith continuerait sans doute à visiter ses cauchemars même lorsqu'elle serait vieille et grabataire. Si tant était en tout cas qu'elle arrivât un jour à un âge vraiment avancé … et ce même si atteindre les quarante voire les cinquante ans relevait déjà de l'exploit pour un Spectre ! Pilote et espion … autant dire que ces deux jobs n'avaient rien de bien sécurisants, mais même si Shakhovite aurait pu réclamer un poste moins exposé du fait de son statut de vétéran – comme celui d'instructrice par exemple – cette simple idée ne la tentait absolument pas. Ce n'était ni dans son caractère ni dans sa conception des choses.

« En tout cas d'après les informations que j'ai reçu, ils sont tous en train de se masser sur Ziost, à voir ce qu'ils préparent maintenant. Vous pensez qu'ils ont toujours des infiltrés sur la planète ? »

De cette question qui n'engageait de toutes façons pas à grand-chose, mais qui aurait au moins l'intérêt d'indiquer à la jeune femme l'état d'esprit de ces deux hommes vis-à-vis de tout ce qui se préparait. En tout cas s'ils lui répondaient … mais même s'il était évident qu'ils étaient nerveux, ils n'étaient manifestement pas des sauvages pour autant dans la mesure où elle avait réussi à établir la conversation avec eux, et si ce voyage devait vraiment être long, autant le mettre à profit pour continuer à discuter.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Mer 30 Aoû - 20:33
La pluie semblait s’intensifier de minute en minute, il était très difficile de se repérer dans cette tempête, surtout que le petit véhicule s’engageait sur des chemins de plus en plus sauvages. Il ne semblait plus y avoir âme qui vivait à des kilomètres. Les traces d’une activité marginale ou ancienne étaient cependant présentes, de longues lignes à haute-tension parcouraient la campagne et parfois une maison de pierre au toit effondré ou une grange de couleur sombre apparaissait dans un champ en jachère. Les deux soldats écoutaient Syrielle avec attention, comme si elle leur donnait une sorte de sésame. Les informations étaient précieuses, surtout en temps de conflit ou sur les fronts, le fait que Syrielle Shakhovite partage ses informations venait de la faire passer du rang d’officier venu pour les inspecter et membre de l’oligarchie à camarade de galère, puisqu’elle ne semblait pas en savoir plus que ce qu’elle avait dit. Cette fois, les regards des deux hommes se firent complices, ils savaient qu’ils pourraient continuer à parler, de toute manière, ils savaient très bien que les choses allaient dégénérer tôt ou tard.

-C’est clair que c’était un sacré bordel ! Les supérieurs, y savaient plus où donner de la tête. Je crois qu’on a été dépassé parce qu’on s’attendait pas à ça M’dame, même Weiss il avait de la sueur sur tout son front à ce qu’y disaient à l’état-major. Les Sensitifs ils sont pas humains et vous pouvez me croire, ce qu’on a vu ici, c’était vraiment un massacre, ces gens y respectent rien ! Y finissent de toute façon toujours par se trahir et s’entre-tuer ! J’ai vu le Bothan empaler la bonne-femme et il l’a fait en la regardant droit dans les yeux, sans sourciller, il éprouvait même du plaisir à provoquer une autre fille qui était apparemment proche d’elle. Ils ont beau dire dans les cercles intellectuels de la haute sur la tolérance, ces gens sont pas comme nous, et Stregwel quand y dit que leur magie n’est pas naturelle et que c’est pour ça que c’est le bordel dans la galaxie, bah c’est qu’il a raison.

Le chauffeur venait avec ses mots de donner un avis assez péremptoire sur les Sensitifs. Sans être des fanatiques, ces deux soldats semblaient adhérer -au moins dans les grandes lignes- au projet de Stregwel et de l’Entente...Même si encore une fois les nuances et l’idéologie étaient beaucoup plus subtiles que cela. Le Sergent à la place de passager indiqua rapidement à l’autre soldat de virer à droite, sur un chemin de terre qui semblait rejoindre un petit relief, puisque le sentier principal était envahi par une immense flaque de boue. Le chauffeur braqua pour finalement prendre le chemin alternatif qui était un petit chemin parcourant une forêt de pins immenses, il n’y avait la place que pour un véhicule et les branches des conifères géants frottaient la carrosserie.


-Jean n’en avait jamais vu, c’était la première fois, mais moi j’en ai vu sur Erinar M’dame. C’était une putain de boucherie, ils nous massacraient mais je vais vous dire, on leur rendait bien. Ils massacraient les villages, les civils, les soldats et les prisonniers, même les bêtes dans les prés...C’est pas normal de faire ça. Mais j’vais vous dire, c’était la REPo qui nous encadraient à la fin et on a vite compris avec les copains qu’y n’abandonneraient pas la planète...Ces gars étaient là pour vaincre ou mourir, y étaient là pour défendre la terre à tout prix. On a commencé à faire des embuscades, on avait plus de matériel, rien, et on a attaqué les groupes isolés. L’officier qui nous menait, je l’ai vu exécuter un petit Sith, qui devait pas avoir plus de dix-sept ans, il l’a égorgé comme un poulet avec sa dague. La REPo nous a bien fait comprendre que la bataille était mal engagée et qu’on crèverait tous sur Erinar plutôt que de se rendre…

Un nouveau récit de front de la part de soldats qui n’avaient finalement pas le grade d’officiers qui menaient la guerre ni même l’idéologie ou la culture qu’auraient d’autres pour philosopher ou être là pour fantasmer des atrocités. Au final, ces deux personnes étaient là car elles avaient été entraînées par le maelström de l’Histoire, ils mourraient peut-être dans l’anonymat et sinon, ils seraient de toute manière oubliés, comme des milliards d’autres âmes qui avaient pris part à ce conflit démesuré. Eux n’étaient là que pour occuper une place : celle de la sentinelle qui garde l’antre des puissants ou du patrouilleur de nuit. Cette fois du chauffeur, leurs bavardages n’avaient finalement rien d’étonnant, ils étaient probablement souvent seuls, toujours avec les mêmes personnes qui n’en savaient pas plus qu’eux sur la situation. L’information sur Ziost les avait cependant bien marqué, ils avaient froncé les sourcils à son évocation, si bien que les deux hommes se consultèrent à nouveau du regard avant que le Sergent, qui semblait être le plus posé, ne prenne la parole.

-Vous savez comment c’est, beaucoup de gens parlent, mais ce ne sont que des rumeurs. On nous a dit qu’on était en alerte maximale, mais le vieux Moreau, y dit que comme la Générale des Siths elle s’est faite dessoudée, leur reine Akni elle n’attaquera pas. Mais nous vous savez, on est pas con, on sait que Moreau, c’est un bon politicien, y pourrait vous vendre un canasson au prix fort en vous faisant croire qu’y va remporter la course. C’est pareil quand y nous dit qu’il y a plus de Sith ici M’dame, vous savez, sur Erinar, je les ai vu faire des choses horribles et très bizarre et si j’ai appris un truc là-bas, c’est que c’est pas parce que tu les vois pas qui sont pas là.


Le Sergent s’était retourné vers Syrielle, prenant un air presque mystique et effrayant à sa dernière phrase. Ces deux soldats étaient des vétérans dans l’attente, ils étaient parfaitement conscients que les Siths allaient revenir et pas suffisamment naïfs pour gober ce qu’on leur disait. Syrielle pouvait désormais voir ces soldats habituellement anonymes de la Triade sans leur masque intégral, dévoilant un visage plus humain de ces derniers, loin de l’archétype du soldat fanatique que dépeignaient diverses propagandes de factions opposées, elle était face à des soldats désespérément humains, dans l’attente du dénouement et en quête d’information pour calmer leurs angoisses et dissiper les rumeurs du front.
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Syrielle Shakhovite
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Ven 1 Sep - 23:51

Si Syrielle avait déjà croisé des agents ou des officiers de la REPo totalement fanatisés et dangereux pour toute personne susceptible de les approcher, il était évident que ces deux soldats en étaient très éloignés malgré leur nation commune, et ce même s'ils semblaient tout de même partager un avis assez négatif sur les Sensitifs. Le chauffeur confiant ainsi bientôt qu'à ses yeux – aux yeux de son collègue aussi manifestement – les Sith n'étaient que des monstres tout juste bons à s’entre-tuer, et que la Force n'était pas naturelle et qu'elle ''foutait le bordel dans la Galaxie''. Un discours que l'Entente tenait d'ailleurs depuis sa création, et si la jeune femme n'aurait pas été aussi catégorique et fermée, elle devait bien avouer qu'elle n'était pas non plus en totale opposition avec ce genre de pensées. Parce que oui, les Sensitifs étaient différents des non-Sensitifs. Différents. Plus puissants. Plus dangereux de fait … parce que si certains œuvraient pour le Bien et la Justice, ils n'étaient malheureusement pas tous dans ce cas, représentant ainsi une menace sans commune mesure pour le reste des être vivants.

Les armements et les vaisseaux pouvaient toujours avoir des défaillances techniques, les soldats les maniant avaient tous leurs limites … mais cette entité mystique dénommée ''la Force'' ne semblait au contraire pas posséder de bornes.

« Les Sith sont des monstres, oui. Le premier que j'ai vu de ma vie, c'était sur Trigalis … il était grand et très maigre, pâle comme la mort avec ses yeux jaunes qui luisaient presque. On aurait dit un cadavre, et il en avait semé un paquet autour de lui. »

Elle et ses collègues avaient d'ailleurs eu bien de la chance d'en réchapper ce jour-là, et ce même si la mort de Jorian aurait sans doute épargné ensuite bien des souffrances à tous ces hommes …

« Et le dernier, c'était il y a quoi … un peu plus de deux semaines … un mec tout propre sur lui avec un ton bien poli de petit fonctionnaire impeccable, mais un véritable monstre lui aussi. »

Non, Jorian n'était pas mort sur Trigalis. Pas davantage qu'il n'était mort sur Roon.
Et si le ton de Shakhovite n'était pas joyeux, elle avait toutefois réussi à se contrôler afin qu'il ne fût pas trop lugubre non plus, trahissant ainsi sa répugnance pour ces êtres sans pour autant être trop emprunt de ses véritables pensées. Parce qu'elle ne devait plus échouer et n'échouerait plus.

« Quoi qu'il en soit, vous avez bien raison de vous méfiez et de rester sur vos gardes parce que si la menace Sith était vraiment écartée, vous seriez déjà au chaud chez vous à cette heure-ci. D'où venez-vous d'ailleurs ? Sans vouloir vous vexer, vous n'avez pas l'air d'être des soldats de carrière, vous vous êtes engagés pour défendre vos familles sur Erinar ? »

Dans le cas du Sergent, cette supposition était sans doute la bonne vu qu'il venait de parler de ce front ô combien sanglant, mais difficile de le dire pour le chauffeur. Quoi que, leurs attitudes et leurs manières de parler dénotaient un évident manque d'instruction, aussi était-il assez sûr qu'ils étaient tous deux des engagés volontaires.

« Ah et ne me donnez pas du ''madame''. Sur le front, on est tous dans la même merde et on est tous égaux, non ? »

Sous le feu des bombes ennemis et des sabres-laser, il était évident que chaque soldat était pareil, et Syrielle n'avait jamais fait de distinction entre ses collègues puis entre les soldats qu'elle avait désormais sous sa responsabilité. Puis pour ce que son grade de Lieutenant valait à ses yeux, il était évident qu'elle tenait bien plus aux vies de ses frères et sœurs de combat plutôt qu'à une jolie barrette sur son uniforme.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Lun 4 Sep - 20:47
Les deux soldats se lancèrent à nouveau un regard, entendu cette fois. La jeune femme avait réussi à les convaincre par son discours égalitaire. Il était clair qu’ils n’étaient pas d’accord avec cette segmentation hiérarchisée de l’armée et qu’ils n’étaient pas heureux d’être ici. D’après le discours du Lieutenant des Spectre, ils n’étaient pas les seuls et cela les avaient mis en confiance. Après tout, cela était rassurant, ils étaient désormais rassurés. Cette mission secrète de convoyeur de personnalité ne les avait pas enchanté de prime abord : si les Siths étaient infiltrés sur Bonadan, c’était la première chose qu’ils feraient que de les attaquer. Fort heureusement et en dépit de cet interminable pluie et des bourrasques de vents qui projetaient toujours plus d’eau sur le Speeder, ils n’avaient souffert aucune anicroche.

Le discours de Syrielle Shakhovite sur les Siths les avaient particulièrement touché, eux-mêmes partageaient la même crainte qu’elle et ils avaient vu en elle une sorte de crainte pour ces êtres hors norme, ce qui ne manqua pas de les toucher. La jeune femme connaissait le front et elle se mettait au même niveau qu’eux et elle ne semblait pas affectionner le combat et la guerre. Tandis que le chauffeur accélérait, projetant de la boue sur le bord de la route, le Sergent reprit la parole.


-Ça c’est bien vrai. Vous savez, on a pas choisi cet uniforme par plaisir...Ma famille avait sa ferme sur Erinar. On gagnait rien et mon père m’a demandé de me présenter à l’ODT quand l’Entente a été signée parce que ça permettait d’avoir des subventions, on a pu mieux vivre, ça c’est certains, mais vous imaginez nos tête quand un type, en tenue, est venu avec l’avis de conscription puisque la guerre venait à nous...On a pas eu le choix ! Après la guerre, ma ferme avait été brûlée, ma femme et le p’tit étaient morts. Je suis allé trouver le Commandant et je suis resté ! Maintenant on est ici, je n’attends rien non plus de cette situation, ça fait longtemps qu’on sait que notre génération a été sacrifiée de toute manière ! Pour Jean, c’est un peu différent.


Le Sergent était visiblement très ému de parler de ses proches perdus. En fait, son émotion était palpable pour quelqu’un ayant l’habitude de converser avec des gens revenant du front. L’homme laissait son camarade s’exprimer tandis que lui se renfermait l’espace d’un instant, l’expression sur son visage était dure et pourtant vide. Cela témoignait une fois de plus de l’humanité de ces soldats de la Triade qui n’apparaissaient en général qu’avec leurs masques à gaz et les armures légères surmontant leurs vareuses. L’homme au volant s’assombrit à son tour.

-Même si je suis né sur Erinar, j’étais ouvrier soudeur et terrassier sur Sluis Van et après la signature de l’Entente, j’ai aussi rejoint l’ODT. Vous savez, Stregwel, il parle bien, il explique bien les choses et je suis sûr que c’est ce qui nous fallait. Quand tout est parti en vrille sur Erinar, je pouvais pas laisser faire ça et j’ai signé de suite comme volontaire pour aller creuser des tranchées et faire des installations défensives. Malheureusement, on s’est fait botter le cul et la REPo a enrôlé tout le personnel dans l’armée...On a vite compris ce qu’étaient les Siths et qu’c’étaient eux ou nous...Alors on s’est battu. J’pourrais même pas vous qualifier c’qu’ils ont fait sur Erinar...Y a pas d’mot pour ça, on a traversé des villages complètement dévastés, les femmes, les enfants, les anciens, ils tuaient tout le monde d’une manière horrible...Même un animal ne ferait pas ça. J’étais dans le groupe d’armée qui a donné l’assaut final sur leur chef et croyez-moi, on y est pas allé de main morte. J’vais être sincère avec vous, j’ai pas perdu autant que l’Sergent sur Erinar, mais j’suis resté, j’suis resté pour éviter que ça recommence et qu’ils tuent d’autres personnes comme ça. Vous savez, quand les officiers de la REPo nous ont demandé de fusiller tous les prisonniers des Siths, on savait bien qu’c’était horrible, mais aucun d’entre nous n’a osé rebéquer, ces types n’étaient pas humains de toute façon.

Le chauffeur exprimait aussi à sa manière qu’il n’était pas fondamentalement mauvais et qu’il n’approuvait pas forcément tous les ordres de la REPo mais que dans ce cas il avait trouvé justifié qu’on fasse exécuter tous les membres de l’armée Sith capturés dans la débâcle de ces derniers sur Erinar. L’homme marqua son silence, comme s’il voulait marquer un certain recueillement. Le Sergent reprit immédiatement.


-On a passé deux jours...Deux putains de jours à tous les fusiller ou les pendre. Certains hurlaient, d’autres suppliaient, c’étaient que des soldats commandés par les Siths après tout...Mais on les a tous zigouillé, c’était c’qu’il fallait faire, parce que se comporter comme ça, c’est pas normal. Il y avait aussi des Sith Troopers dans le lot...Mais cela, ils étaient différents, on avait pas le droit de leur parler, certains maîtrisaient la Force et ils se moquaient de nous, dès qu’on s’approchaient trop de leurs cages, ils nous mettaient des idées bizarres dans la tête, j’ai vu un Caporal se suicider en allant nourrir un de ces types...Du coup on les nourrissait plus directement. C’était une sale période et même si je me doute que vous étiez dans des endroits difficiles, vous pouvez vous réjouir de ne pas avoir été là-bas. D’ailleurs, vous semblez en avoir vu aussi, on s’attendait pas à voir quelqu’un comme vous débarquer ici...Comment vous vous êtes retrouvé là ?


Les deux hommes voulaient désormais en savoir plus sur le parcours de la jeune femme.
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Jeu 7 Sep - 14:17

Un conscrit et un engagé volontaire.Un mec qui avait perdu jusqu'à sa famille, et l'autre qui était venu creuser des tranchées avant de se retrouver bazardé comme soldat d'office afin de soutenir la REPo … Indéniablement, ces deux hommes chargés de l'escorter jusqu'au camp de base étaient bien différents, mais ils affichaient pourtant le même regard hanté par la guerre et ses horreurs. Par les atrocités des Sith qu'ils avaient dû constater de leurs propres yeux sans jamais pouvoir s'en détourner. Une épreuve ô combien difficile et à laquelle aucun des deux n'étaient visiblement préparés, et Syrielle préféra donc se taire respectueusement. Laissant ainsi filer quelques instants tandis que – s'ils avaient levé le regard dans le rétroviseur – ce deux hommes auraient pu voir la jeune femme acquiescer d'un simple mouvement de tête face à ces deux récits. Parce qu'elle le comprenait et qu'elle ne les jugeait pas. Parce qu'elle savait ce que c'était, et qu'elle n'était pas amatrice de phrases vides de sens.

« Je m'en réjouis. Les nouvelles du front de Erinar se diffusaient partout dans la Galaxie à cette époque et – même si nous n'avions pas forcément les détails – nous étions tous soulagés de ne pas nous y trouver. »

Pas de condoléances, d'excuses sans matière ni de stupidités du genre ''et oui, c'est la guerre, ma bonne dame''. Ces deux soldats avaient enduré leurs lots de merdes eux aussi, et la Spectre savait combien aucune phrase ne pourrait ni les soulager ni leur faire oublier tout ça. La guerre – les Sith – leur avaient arraché leurs vies pour les plonger dans un océan de tourments, et le fait qu'ils ne fussent pas des militaires de carrière rendait ce sacrifice encore plus violent et cruel.

Mais pourtant … pourtant, il n'y avait rien à dire.
Syrielle elle-même avait déjà tué de nombreuses fois depuis qu'elle avait rejoint les Renseignements de l'Alliance, et même si elle n'approuvait pas toujours, elle l'avait tout de même fait. Pour servir une cause, une conviction. Pour servir l'espoir d'une Galaxie qui serait un jour en paix, et ce même s'il fallait en passer par des assassinats lâches ou gratuits en apparence. Certaine génération et certaine personne étaient toujours sacrifiés pour le bien commun, et il s'agissait là d'un principe que Shakhovite avait parfaitement assimilé depuis toutes ces années.

Quant à parler d'elle …

« Ça va faire quelques années maintenant que j'ai été recrutée par l'Alliance, j'ai suivi la formation classique puis je suis partie en mission comme tout le monde. Ça fait que deux ans que je fais partie des Spectre par contre, et le boulot est franchement plus le même. Au début, j'étais chargée de mettre les mains dans la merde des Hutt et puis après … ça a été les guérilla pendant la guerre civile. Moins violent que contre les Sith mais plus dur moralement. »

Sûr que la guerre civile – même si Syrielle l'avait vécue au sein des Renseignements et non de l'armée régulière – c'était toujours plus cruel d'un point de vue moral, parce que les ennemis étaient les alliés d'hier. Pire, ils étaient les voisins, les amis, les frères. De cette vaste merde que la jeune femme avait affronté avec courage avant de connaître elle-même la souffrance de la trahison intime. De cette lame enfoncée dans sa chair sans pitié et sans raison. Sans explication … mais les explications, elle s'en foutait maintenant.

« Pendant environ un an, j'ai été chargée de la protection personnelle du Commandeur Tan'ith, alors j'imagine que c'est ça et quelques enquêtes qu'on m'a demandé de réaliser sur l'Entente qui m'ont valu cette place ici. On va certainement en chier d'ailleurs, mais si ça peut permettre de foutre une branlée aux Sith, ça ne sera que positif. Histoire que la prochaine fois, ils y réfléchissent à deux fois avant de vouloir envahir qui que ce soit. »

Bonadan comme seconde Erinar ?
Shakhovite n'espérait pas dans la mesure où cette guerre-là avait été suffisamment horrible pour que personne ne souhaitât la vivre ou la revivre, mais si l'issue pouvait également être la débâcle des Sith, alors elle était franchement prête !

« En tant que vétéran d'Erinar, vous savez si ça vous offre la possibilité de ne pas monter au front ici aussi, juste au cas où ? Après tout, la réputation du GIS est impressionnante, alors ces mecs devraient normalement pouvoir gérer à peu près sur le terrain, non ? »

Elle-même ne les avait jamais vu en action, mais les rapports sur les capacités de ces monstres assez toutefois assez unanimes sur leurs capacités. De quoi remonter un peu le moral de ces deux pauvres gars, en tout cas elle espérait.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Sam 9 Sep - 21:06
Syrielle Shakhovite avait finalement gagné la confiance des deux hommes qui se trouvaient avec elle. Son discours était cohérent et il confirmait à leurs yeux qu’elle n’avait pas gagné ses galons en restant assise face à un bureau ou en signant des ordres qui envoyaient des centaines de soldats comme eux vers une mort certaine. Il était évident qu’ils avaient une certaine méfiance envers ceux qui les dirigeaient, c’était précisément le cas de ce triptyque qui avait pris le contrôle d’Erinar...Quoique Luzzati ait vite été hors-jeu. Les soldats de la Triade ne comprenaient pas, ils ne comprenaient plus ce qui les maintenait ici. Pour les membres d’un régime très protectionniste, se retrouver si loin de chez soi était un danger permanent. Les planètes principales de l’Entente avaient été dotées d’un réseau de défense orbital et de nombreuses structures de défense, il fallait ajouter à cela le travail de la flotte qui sillonnait constamment leur territoire...Se retrouver sur Bonadan avec une telle concentration de troupes Impériales Siths à proximité était simplement un vecteur d’angoisse pour eux. C’était probablement pour cela qu’ils avaient choisi de tous se barricader dans leurs QG. La stratégie de la Triade demeurait défensive pour l’instant et ils ne voulaient pas trop en dévoiler aux Siths sur leurs effectifs. Le Sergent émit un ricanement amer à la question de Shakhovite.

-Oh oui si ça c’est en théorie. Vu votre palmarès, je suppose que c’était pareil pour vous en tant que vétérane de l’Alliance Galactique, mais vous savez dans les coups durs plus rien de cela n’existe. En fait, tout ce qui reste du passage sur Erinar c’est ça !

Le chauffeur pouffa de rire alors que l’autre homme montrait à Syrielle deux barrettes de décoration cousues sur la vareuse en laine trempée du Sergent. Les petits motifs métalliques étaient légèrement rouillés par le temps et le tissu comportait de nombreux accrocs. C’était donc là la plongée dans le quotidien des soldats de la Triade. Le Speeder venait de passer quelques bosquets et la campagne semblait toujours plus vide, toujours plus délabrée, détrempée par le déluge qui s’abattait sur elle. Le chauffeur n’eut pas le temps de reprendre la parole, il braqua pour s’engager sur un petit chemin de terre qui menait à un tout petit relief et bientôt apparurent d’imposantes grilles très anciennes qui émergeaient d’un immense mur. Plusieurs soldats en armure intégrale montaient la garde, carabine à plasma aux poings. L’un des Carabiniers fit signe au véhicule de ralentir pendant qu’un agent de la REPo portant un imperméable par-dessus sa vareuse et un parapluie s’approcha du véhicule. Le chauffeur baissa la vitre et présenta immédiatement ses papiers lorsqu’on les lui demanda, le Sergent fut aussi contrôlé puis finalement Syrielle Shakhovite dont on demanda les documents d’identité. La Triade était à cran mais l’homme finit par s’écartant, tandis que deux soldats poussaient les énormes barrières en fonte. Le chauffeur démarra.


-Bienvenue dans l’antre de la paranoïa !


Il était difficile de savoir si le ton était ironique ou cynique...Peut-être un peu des deux. Ils déboulèrent dans un immense parc arboré qui laissait entrevoir un château ancien démesurément grand qui avait été totalement fortifié : des chars et des blindés dormaient sous des tonnelles du jardin, tous parfaitement alignés et bâchés, il y avait également plusieurs canons à plasma mobiles ou autoportés qui avaient été disposés dans les coins stratégiques du parc. Des soldats vaquaient à leurs occupations malgré le mauvais temps ça et là, souvent à l’abri des tonnelles, rangeant du matériel ou poussant des caisses contenant des affaires. L’installation dans ce QG était récente et cela était parfaitement visible. Malgré la grisaille et la pluie qui tombait dru, on pouvait aussi apercevoir derrière le château plusieurs cargos, chasseurs et même navettes, tous de très bonne facture. Les réponses vinrent à Syrielle avant qu’elle ne pose la question.


-Tout ça c’est au cas où, si ça tourne mal on a prévu de pouvoir évacuer et décoller en quinze minutes...Enfin ça c’est la théorie mais à mon avis ça serait bouclé en une demi-heure. Quant au Château, c’est l’ODT qui l’a acheté à un des grands patrons qui voulait s’en débarrasser car c’est trop isolé ici. C’est la seule bâtisse qui dispose d’un abri sous-terrain blindé dans toute la région. Tous nos QG sur Bonadan ont été choisis ainsi, afin de nous protéger si les Siths décidaient un bombardement orbital.


La Triade avait très bien assuré ses arrières et cela en disait long sur comment les dirigeants de l’Entente voyaient les Siths : probablement comme un cataclysme plus que comme un danger militaire. Le chauffeur gara le Speeder juste face à la porte du château où plusieurs personnes en uniformes fumaient des cigarettes en bavardant. Le Sergent sortit en invitant Syrielle à faire de même, la protégeant à l’aide du parapluie. Ils traversèrent les quelques mètres avant d’arriver à la porte où les soldats qui fumaient les dévisagèrent en saluant brièvement Syrielle d’une manière nonchalante. Une fois de plus en entrant, des gardes contrôlèrent l’identité des trois arrivants avant qu’un officier ne s’approche de Shakhovite en se mettant au garde-à-vous et en la saluant.


-Lieutenant Shakhovite, vous êtes la personne de la délégation. Je suis l’assistant du Colonel Weiss, je vais vous conduire à son bureau, par ici s’il-vous-plaît.

L’homme portait un uniforme tout propre, celui des Carabinier qui affichait le grade de Sous-Lieutenant. Il invita Syrielle à le suivre, tout en remerciant les deux soldats qui ne passèrent pas le cordon des gardes de l’entrée. Le château était d’un luxe démesuré avec ses meubles anciens en bois massif, ses fresques et son parterre orné d’un carrelage à motif parfois prenant des aspects de mosaïque. Ils passèrent un très grand hall où avaient été pendus des fanions et des drapeaux à l’effigie de l’Entente. Il y avait des gardes à peu près partout, mais pas du genre des simples soldats qu’elle avait vu dehors, il s’agissait d’hommes en armure, visiblement une unité d’élite. Ils passèrent devant une vaste salle dans laquelle plusieurs opérateurs étaient affairés devant des dispositifs de communication holo pendant que des officiers inspectaient une carte de la région. La Triade était en état de guerre. Le Sous-Lieutenant gravit les marches d’un escalier pour arriver à l’étage, un vaste couloir décoré de vases précieux et de plantes exotiques. Le château était parfaitement entretenu et il aurait été très pertinent de penser qu’il n’avait pas été acheté récemment par l’ODT, voire que c’était une base de la Triade depuis bien plus longtemps que ça. Arrivés devant une porte close, l’homme tapa trois fois avant d’entrer.

Ils débouchèrent dans un petit salon particulier où crépitaient les flammes d’une cheminée. Le foyer faisait face à un guéridon où reposait une bouteille de jus de Juma entamée avec trois verres. Au fond de la pièce, Syrielle pourrait voir un secrétaire en bois massif où un homme était assis, au téléphone. L’homme portait un uniforme bleu d’apparat similaire à celui que portait Ludov Stregwel, affichant le grade de Colonel et plusieurs barrettes de décoration. Parfaitement peigné et n’ayant sans doute pas encore les trente ans, le Colonel Weiss était dans une discussion animée qui n’avait rien de professionnel au téléphone.

Colonel Valery Weiss (ft. Roy Mustang)

-...Oui je te jure Stéphanie, et j’ai dit à ce vieux con de Mor...Oh merde ! Je dois te laisser...Ouais...À plus ! Ouais, on se fait une bouffe quand je rentre !

Le sourire bon enfant de Weiss avait disparu et il venait de raccrocher, se tenant négligemment sur sa chaise. L’homme se leva, affichant un nouveau sourire en saluant énergiquement Syrielle avant de s’approcher d’elle et de lui tendre la main. Syrielle remarquerait rapidement que Weiss portait un uniforme de qualité imitant celui du Commandant Suprême, autorisé pour les officiers supérieurs qui avaient le moyen de payer un tailleur, très différent de ces vareuses ternes en laine verdâtre que portaient tous les soldats que Syrielle avait croisé jusqu’alors. Si elle connaissait les décorations, elle remarquerait également que celles qui bardaient la poitrine de Weiss étaient des médailles de l’Académie d’Eriadu et une médaille d’événement sportif...Aucune décoration ne correspondant à un fait d’arme.


-Ah oui bonjour...On parle, on parle, mais je n’avais pas vu passer l’heure. Vous êtes donc le Lieutenant Shakhovite, c’est ça ? Hmmm parfait, je suis le Colonel Valery Weiss et c’est moi qui fait tourner la baraque ici ! Allez venez, installez-vous !


L’attitude de cet homme n’avait rien à voir avec celle d’un officier en campagne et sans doute Syrielle comprendrait elle les craintes des soldats de la Triade. Weiss rejoint sa place en désignant une autre chaise qui lui faisait face pour inviter Syrielle à s’asseoir.


-Alors, qu’est-ce qui vous amène ici ?

La question frisait la désinvolture, on aurait pu croire à une mauvaise blague, mais elle était prévisible. Le bureau de Weiss était explicite, il n’y avait aucun dossier, aucune carte de la région ni même aucun rapport de soldat, simplement quelques magazines ayant pour sujet les Speeders de luxe et des emballages de barres chocolatées. Cela détonait avec le portrait impérieux de Ludov Stregwel et le drapeau de la Triade qui se trouvaient tous deux derrière le Colonel qui ressemblait plus à un play-boy de SitCom qu'à un soldat à la guerre...
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Lun 11 Sep - 15:12

L'antre de la paranoïa …
Entre ironie ou cynisme, il était toutefois assez évident que les soldats de la Triade présents ici voulaient à tout prix se protéger des Sith – ayant manifestement choisi tous les QG sur Bonadan afin qu'ils disposassent d'un abri sous-terrain blindé – et cette attitude naïve ne manqua pas d'interpeller Syrielle. Après tout après la campagne de Erinar, les hommes de l'Entente connaissaient leurs ennemis et savaient que de simples abris ne seraient pas suffisants pour vraiment les protéger … et pourtant. Pourtant pareil à des enfants, ils semblaient avides de se rassurer avec ces abris comme avec ces contrôles d'identité qui ne les protégeraient pourtant pas devant la barbarie des Sith, et ce même si la jeune femme ne pipât mot. Parce que si elle avait des illusions à briser, ce serait face aux responsables de cette situation qu'elle le ferait, et certainement pas face à des soldats paumés et qui auraient mérités de pouvoir rentrer chez eux.

D'ailleurs une fois arrivés au château, ses deux escortes ne passèrent pas la barrière de l'entrée et furent renvoyés à leurs occupations, et Shakhovite remercia donc brièvement le Sergent avant de suivre le sous-Lieutenant qui était venu l'accueillir. Traversant bientôt cette imposante bâtisse où les soldats semblaient si bien installés qu'elle peinait clairement à croire que tout ça s'était fait en quelques jours. Ou comment comprendre que discrètement – sans jamais attirer l'attention sur eux – l'Entente avait manifestement fait son nid sur Bonadan depuis quelques temps déjà. Expliquant ainsi pourquoi elle était intervenue dans cette affaire interne de querelles entre ouvriers et patrons. Information qu'elle ne manquerait pas de relayer en haut lieu dès qu'elle en aurait la possibilité, en espérant en tout cas que le jeune régime ne se fût pas ainsi installé sur trop de planètes.

Et puis …
Et puis arrivés à l'étage, Syrielle fut guidée jusqu'à un salon particulier où traînait encore verres et bouteille d'alcool tandis que le maître des lieux discutait joyeusement via son comlink. Son uniforme d'apparat impeccable et sa petite coupe de cheveux tendant invariablement à le définir dans des termes que Shakh' aurait pu grimacer tant elle ne supportait pas ce type de mec : un fils à papa ! Avec son uniforme de haute couture, ses médailles universitaires, et son sourire détendu d'abruti léger. Comme quoi, les deux soldats qui l'avaient escortée avaient franchement raison de s'inquiéter !

« C'est exact, Colonel. »

De ce salut impeccable qu'elle venait de lui offrir avant de serrer énergiquement sa main, son regard balayant discrètement la pièce tandis qu'elle le suivait déjà pour s'asseoir face à lui … et qu'elle ne dût qu'à son parfait contrôle sur elle-même de retenir sa mâchoire de se fracasser sur le sol lorsqu'il lui demanda pourquoi elle était ici !

Sérieusement mais sérieusement ?!
Ce gosse était vraiment Colonel ?! Et il était réellement responsable d'une partie des forces armées de la Triade sur Bonadan ?! Lorsqu'on savait que la Triade s'était formée sur un rejet des élites favorisées, il était assez ironique de se trouver face à pareil énergumène bazardé là sans aucune expérience. Et sans aucune envie de se sortir les doigts du cul non plus !

« Je suis la représentante de la Délégation Alliée envoyée sur Bonadan afin de soutenir l'action contre les Sith. Nous étions censés nous rencontrer aujourd'hui afin de pouvoir aborder la question d'une certaine coordination entre nos forces, ainsi que pour balayer les solutions préliminaires en matière de positions Sith mais aussi d'actions à effectuer. Mais peut-être n'avez-vous pas été prévenu ? »

Sûr que ce couillon avait véritablement l'air d'être débordé de travail – luxueux ou sportif, son prochain speeder hors de prix ? – mais si Syrielle demeura parfaitement calme et posée, elle venait aussi de prouver qu'elle n'était pas là pour taper le bout de gras entre potes. Dommage pour lui … et encore, il avait bien de la chance que la jeune femme ait eu les mains liées par son grade moins élevé que le sien et son obligation de ne froisser personne, sinon elle lui aurait purement et simplement collé son pied au cul.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Lun 11 Sep - 19:48
Le Colonel s’était assis en se serrant la main, la jeune femme lui avait laissé une marque rouge. Des mains douces et manucurées sans aucune corne, ni des mains de travailleur, ni des mains de soldat. L’officier affichait toujours son sourire ravageur de publicité holographique et se mit directement à l’aise en croisant les jambes et en se vautrant sur son fauteuil. Il écoutait le Lieutenant Shakhovite parler avec une nonchalance qui aurait pu en irriter plus d’un. On voyait immédiatement qu’il semblait trépigner, il était comme pressé que tout cela se termine et qu’il puisse retourner à ses occupations. Si la jeune femme avait au départ une coupe de cheveux qu’il trouvait amusante, son ton sérieux et ses paroles qui l’étaient tout autant semblaient l’ennuyer au plus haut-point. C’était à se demander s’il savait ce qu’il était censé faire ici. Le jeune Colonel répondit cependant à la question de Syrielle Shakhovite.

-Hmmmmm, si j’ai été prévenu de ça ! C’est le Commandant Moreau qui s’occupait de ça avant, je l’ai entendu parler de ça. Je sais qu’on doit voir cela ensemble.


L’homme sourit à nouveau, un sourire toujours aussi idiot qui ne présageait rien de bon. Relevant un index comme s’il allait faire un tour de magie, il ouvrit un des tiroirs du secrétaire et sortit quelques feuillets en papier parfaitement reliés et portant tampons et signatures officielles. Syrielle pourrait reconnaître l’amour qu’avait l’administration de l’Entente pour le format papier, un format qui n’était plus utilisé par aucun régime galactique et qui rendait leurs documents impossibles à pirater, les prémunissant de l’espionnage abusif qui aurait pu couler un aussi jeune régime. Weiss fit glisser les papiers dont il disposait vers Syrielle qui, par un rapide coup d’œil comprendrait de quoi il s’agissait. Il y avait des conclusions sur des analyses topologiques de la région, des calculs exacts sur les effectifs qu’il fallait répartir dans chaque QG secondaire mais aussi un calcul exact de combien de renforts étaient disponibles en combien de temps, une répartition des batteries anti-aériennes et des munitions. Il y avait même un plan d’évacuation et des conclusions très détaillées.

-Voici ce qu’on a fait. C’est déjà balèze, même si Moreau dit que c’est insuffisant. Enfin on a déjà de quoi voir venir et assurer une évacuation en règle, j’ai fait jouer de mes relations pour faire demander des renforts…


Renforts qui avaient en fait été obtenus par la force des choses et qui n’avaient pas demandé un appui politique alors que la situation sur Bonadan devenait de plus en plus tendue. Les rapports et les dossiers qu’avait tendu le jeune homme à Shakhovite étaient extrêmement complets et parfaitement étudiés. Ils avaient été annotés par une petite écriture manuscrite parfaitement lisible et qui semblait avoir le souci du détail, tout avait été soigneusement étudié, il y avait même un rapport sur les relations politiques avec les Corporations et la CORPo. Bien évidemment, la signature sur chaque document indiquait « Cdt. REPo F. Moreau » qui correspondait réellement à l’écriture des annotations, l’écriture de Weiss correspondait à un petit gribouillis en-dessous alors que le tampon de la REPo affichait son encre rouge et majestueuse.

Weiss laissa le temps nécessaire à Shakhovite pour étudier les documents si elle le désirait. Rien n’avait été laissé au hasard dans les procédures d’évacuation et de renfort et rien n’était non plus occulté, comme le fait que les effectifs ne suffiraient sans doute pas à contrer une attaque massive Sith du premier coup et qu’il faudrait les combattre pendant au moins de longs mois sur le territoire. Weiss sortit son datapad et entreprit de consulter ses messages personnels pendant que Shakhovite parcourait les dossiers, il finit par le ranger avant de reprendre la parole.


-La REPo a beau dire ce qu’elle veut mais je crois qu’on est prêt. Dans le pire des cas, on pourra évacuer. De toute manière, les Siths doivent être morts de peur, on a tué leur chef, DuCade et tout ça, c’était grâce à MON initiative. J’ai réussi à déclencher la procédure d’urgence et à faire en sorte que cette femme ne quitte pas Bonadan. Donc voilà mes directives, on explose la tronche de tous ceux qui rentrent sur le territoire et j’enverrai le GIS au moindre Sith qu’on verra se pointer ici, car c’est la volonté de notre Commandeur !

On sentait le petit coquelet s’enhardir, sans doute en durcissant le ton sous des phrases toutes faites qu’il avait entendu dans la bouche d’autres. Sauf que là cela sonnait faux. En réalité, ce type de stratégie montrait bel et bien qu’il ne connaissait pas du tout la façon de fonctionner des Siths et qu’il tomberait sans doute dans leur premier piège, il pensait encore que Koyne avait été abattue par les Carabinier...Ou peut-être réécrivait-il l’histoire pour se faire mousser. La situation était de toute façon gérée par quelqu’un qui n’avait aucune expérience et qui n’avait rien à voir avec un fanatique de la REPo qui aurait géré la situation très différemment.

-Alors Lieutenant, maintenant je vous écoute, quelles sont vos stratégies et vos mesures ? Comme vous pouvez le voir, nous avons beaucoup de choses à gérer ici, mais on a du matériel dernier cri !
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Mer 13 Sep - 1:01

Elle le faisait chier avec ses explications, ce petit con qui trépignait à moitié tandis qu'il s'était vautré dans son fauteuil comme un gamin mal élevé. Elle le faisait chier … et elle n'avait franchement pas fini ! Après tout, Syrielle n'était pas venue ici en visite de courtoisie mais bien pour mener une opération militaire conjointe avec la Triade, et elle ne comptait pas rester ici à siroter de l'alcool hors de prix en se curant les ongles juste parce que ce Colonel était un branleur. Mais bon, elle allait tout de même faire ça avec tact, histoire que son propre état-major ne pût pas lui reprocher ses manières un peu brutales par moment, mais aussi pour ne pas se griller totalement auprès de l'Entente. Après tout, le régime était si refermé si lui-même qu'elle ne disposait que de très très peu de contacts en son sein, et un officier supérieur pourrait toujours lui être utile pour la suite …

Aussi lorsqu'il se leva pour lui aller récupérer un dossier papier – ah oui c'était vrai, elle avait presque oublié l'amour de la Triade pour le papier ! – elle le remercia aimablement avant de compulser le tout. Sa mémoire impeccablement entraînée enregistrant le plus d'informations possibles – et Force savait que le cerveau d'un agent des Renseignements pouvait en absorber – tandis que son regard balayait autant le rapport que les annotations manuscrites qui figuraient dans les marges. Concises et précises, mais également preuve que la personne qui les avait rédigées disposaient d'un sens tactique et pratique bien plus développé que le gosse assis à ses côtés. Commandant REPo F. Moreau … le fameux Moreau dont son escorte lui avait parlé et qui semblait infiniment plus compétent que Weiss.

Pas compliqué d'ailleurs …

Et lorsque la jeune femme eut achevé sa lecture, son interlocuteur reprit la parole pour débiter tout un monceau de conneries qui avaient l'air d'avoir pas mal de valeurs à ses yeux, et Shakhovite s'efforça aussitôt de réfléchir vite et bien. Parce que si elle répondait que ''sa stratégies et ses mesures'' consistaient à lui coller son pied au cul pour lui en retirer les doigts, il risquait vraiment de ne pas aimer !

« Je constate effectivement que vous êtes bien installés et que vous disposez d'autant d'hommes que de matériel de pointe, mais je ne peux m'empêcher de penser que ça pourrait ne pas être suffisant. Après tout, les Sith ne sont pas connus pour leur douceur et si jamais vous vous laissez déborder lors de leur assaut, tous vos effectifs actuels ne suffiront pas à les repousser efficacement. »

Mieux valait y aller doucement pour lui expliquer ce qui n'allait pas après tout, et même s'il ne s'agissait pas d'un exercice apprécié par la Spectre, cette dernière savait pourtant ménager les susceptibilités lorsque la situation l'exigeait.

« Les Sith disposent d'un effectif assez imposant qui attend sur Ziost et si nous comparons les leurs avec les vôtres, il semble assez improbable que vous puissiez les repousser efficacement en cas d'assaut massif. Ce qui vous condamnerez donc à de véritables guérillas urbaines pour ensuite reprendre la main. Sans compter que maintenant qu'ils sont au courant de la présence des forces du GIS sur la planète, l'effet de surprise ne pourra plus jouer en votre faveur. »

Pas qu'elle doutât de la puissance de ces soldats sur-entraînés mais entre traquer trois Sensitifs paumés là et tout un paquet de Sith, il y avait tout de même un fossé ! Sans compter que Weiss paraissait assez con pour être capable de les envoyer au compte-gouttes …

Mais malgré tout, Syrielle avait adopté un ton calme et agréable pour partager son analyse de la situation, et ce fut avec un air toujours aussi aimable qu'elle posa bientôt une question sans doute un peu plus sensible, surtout pour l'ego de ce petit crétin.

« D'ailleurs à ce propos, DuCade ne s'est-elle pas plutôt entre-tuée avec un autre Sith ? C'est en tout cas les rapports que nous avons reçu de notre côté, mais si vous manquez d'informations à ce sujet, je peux tout à fait les partager avec vous. »

Là encore, le ton n'était pas accusatoire, mais plutôt cordial. Comme si la jeune femme ne portait aucun jugement sur son interlocuteur mais qu'elle souhaitait simplement la meilleure des collaborations avec lui. Ce qui n'était pas faux d'ailleurs … mais juste pas entièrement vrai.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Ven 15 Sep - 23:00
Le Colonel observait toujours Syrielle avec cet air entendu. Il était difficile d’anticiper ses pensées mais il n’était de toute évidence pas réellement concerné par ce qui se passait sur Bonadan. Une chose qui aurait pu étonner puisqu’on aurait attendu d’un homme qui ne connaissait pas la guerre qu’il soit effrayé par cette perspective ou au moins préoccupé ou anxieux, mais Valery Weiss semblait tout simplement détaché. Pire encore, il était clair qu’il n’en mesurait pas l’ampleur et que cette opération n’était pour lui qu’un moyen de prendre du galon et de l’expérience. Au fond, Weiss ne voyait là qu’un exercice et lorsque Syrielle Shakhovite évoqua les Siths, il ne réagit point et se contenta de croiser les bras tout en regardant avec le même détachement ces feuillets remplis d’annotations qui semblaient extrêmement obscures pour lui.

Le jeune homme qui semblait dérouté devant autant de sérieux n’avait pas réellement prévu d’être face à une jeune femme aussi consciencieuse. Il ne montra cependant aucune marque de gêne, se concentrant sur la dernière réponse de Syrielle qui lui fit froncer quelques secondes les sourcils comme s’il s’étonnait de voir qu’un agent de l’Alliance Rebelle puisse être informé de cela. Il fallait reconnaître que pour le citoyen de la Triade basique, la propagande faisait régulièrement état de l’ordre et de la discipline qui régnait dans cette organisation par rapport aux autres. C’était vrai sans être totalement vrai puisque les services de renseignements des puissances principales rivalisaient sans problème avec l’efficacité de la REPo.


-Peut-être bien, mais nous l’avons traqué et elle est morte ! C’est ce qui importe non ? Nous avons tué cette abomination.


L’officier sourit à nouveau. Il devenait de plus en plus évident qu’il ne savait pas ce qu’était la société Sith ni même ne comprenait le fait que la liquidation de Koyne DuCade par un Sith était un motif d’inquiétude plutôt que de réjouissance pour la plupart de ceux qui l’entouraient. Le jeune officier n’avait pas la tête à travailler et une fois de plus, son regard se perdit dans la contemplation de la pluie qui tombait dru à l’extérieur, son visage s’était -l’espace d’un instant- vidé de son sourire, comme l’écolier qui réalise qu’il va devoir rester à faire ses devoir puisque son professeur particulier vient d’arriver. Tout du moins, c’était ce qu’on aurait pu croire avant qu’une nouvelle fois son sourire de mannequin d’holofilm réapparut.


-Ne vous prenez pas la tête avec les Siths, ce bâtiment est équipé de boucliers déflecteurs et même si les Siths viennent, on le saura vite. Il y a la REPo ici, ils savent tout sur tout sur les Siths et mes agents sont infiltrés dans des opérations spéciales, si un Sith vient ici, il ne pourra rien contre l’intelligence naturelle de mes limiers et mes hommes du GIS. Vous savez, je n’ai pas fini premier à l’Académie, mais j’ai de lourdes responsabilités et croyez-moi, je sais ce que je fais...Je suis un officier impitoyable. Que diriez-vous de prendre un verr…


La visage de Weiss se raidit tout à coup, le coupant dans ses propositions à Syrielle qui montraient bien qu’il se vantait pour l’impressionner. En fait, son regard s’était fixé vers la porte derrière la Spectre qui venait de s’ouvrir. On venait d’entrer dans la pièce : un homme de taille relativement petite qui foudroya Weiss de ses yeux bleus avant d’esquisser un petit sourire en coin. L’homme devait avoir plus de quatre-vingt ans à en juger ses rides et ses cheveux blancs comme la neige, il portait un uniforme de dotation de la REPo : vareuse d’un vert-de-gris simple avec un col plus foncé sur lequel était brodé des pattes de col indiquant son grade de Commandant. Il y avait quelque chose d’austère, son uniforme ne portait aucune décoration et il s’agissait du modèle le plus simple qui existait, loin de l’uniforme de tailleur que portait Weiss. Le petit homme s’appuyait sur une canne et portait une petite serviette à la main, sa casquette à visière vissée sur la tête. Il commença par ôter son couvre-chef pour le glisser sous le bras et posa sa serviette de cuir avant de saluer Syrielle Shakhovite.

Commandant REPo Ferdinand Moreau (ft. Anthony Hopkins)

-Oh mais continuez, je vous en prie Colonel Weiss, continuez à expliquer comment vos agents de la REPo et du GIS vont conquérir Ziost, je m’en voudrais de ne pas assister à une nouvelle démonstration de votre génie stratégique !


L’ironie se pointait dans la voix de l’officier de la REPo qui déposa lentement sa casquette au au porte-manteau avant que Weiss ne se relève pour se mettre au garde-à-vous, gêné.

-Commandant Moreau...Je vous croyais parti au Sud…

Syrielle pourrait comprendre que Weiss avait en réalité pris le bureau de Moreau alors que ce dernier était parti. D’un pas relativement lent, Moreau alla s’asseoir à la chaise de son bureau puis il s’assit, toujours souriant. Le vieil homme avait une certaine classe et un charisme que n’avait pas le Colonel qui aurait pourtant dû le supplanter en terme d’équivalent de grade. Une fois bien installé, il fixa intensément Syrielle de ses yeux d’azur.

-Vous devez être le Lieutenant Shakhovite, je suis très heureux de vous voir enfin parmi nous. Je suis le Commandant REPo Ferdinand Moreau et comme vous pouvez le voir, nous sommes assez...Débordés ici. En fait, nous sommes dans ce que nous appelons une situation très délicate. Je crois d’ailleurs que nous pourrions nous éviter les démonstrations protocolaires de puissance et de méfiance respective tout en admettant que nous sommes face à une menace qui peut nous nuire à tous et commencer directement à discuter en échangeant des informations utiles. De ce que je sais, DuCade n’a toujours pas été remplacée pour commander les troupes de Ziost, tout du moins ce sont les dernières informations dont je disposent et elles datent d’il y a douze heures. Pour tout vous dire, j’ai eu un peu de mal à joindre quelqu’un au Ministère, c’est la panique à bord depuis que notre Commandant Suprême a été contacté par votre chef et par l’Impératrice Fel…

Moreau s’exprimait d’une voix claire, presque professorale. L’homme avait une politesse et une aisance orale naturelle qui pouvait facilement faire penser qu’il n’était pas un militaire de carrière...Comme le laissaient aussi penser ses décorations. En fait, il avait totalement ignoré Weiss qui semblait se décomposer pour finalement se focaliser sur Syrielle. La discussion s’annonçait beaucoup plus sérieuse et aussi beaucoup plus difficile puisque Moreau semblait vouloir montrer qu’il disposait d’informations importantes, il était d’ailleurs au courant de la réunion qui s’était tenue entre les trois dirigeants de l’Entente, de l’Alliance Rebelle et de l’Empire Galactique.
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Sam 16 Sep - 15:20

À ses remarques pleines de bons sens, Weiss ne tarda pas à répondre un tas d'idioties qui laissèrent Syrielle de marbre, et ce même si ce petit con la fatiguait un peu à vouloir à tout prix se vanter dans tous les sens. S’apprêtant bientôt à lui offrir un cours de brillante stratégie militaire lorsque – tout à coup – le jeune homme se figea à l'arrivée d'une troisième personne dans la pièce. Une personne que la Spectre ne put d'ailleurs identifier immédiatement dans la mesure où il se trouvait dans son dos, mais son ouïe affûtée avait toutefois entendu le très léger grincement de la porte avant même que le Colonel se fût tut. Surpris en plein débit de conneries par un homme que Shakhovite salua impeccablement tandis que le coquelet ne s'était même pas encore relevé. Les réflexes, c'étaient manifestement pas ça hein …

Et dans un respect parfait du protocole et de la politesse, la jeune femme attendit donc que le nouvel arrivant prît place sur sa chaise avant de s'asseoir à nouveau, et ce fut d'ailleurs sans surprise qu'il se présenta comme étant le Commandant REPo Moreau. Homme âgé mais qui semblait pourtant encore très vif d'esprit, indiquant bientôt que le protocole pourrait attendre vu la situation tendue qui régnait sur Bonadan. Une décision que ne pouvait qu'approuver Syrielle qui – à l'image de l'officier – portait également son uniforme de la plus simple des manière : orné de ses barrettes de grade mais de rien d'autres, vierge de toutes décorations alors qu'elle s'en était pourtant vu décernée plusieurs. Et encore, elle avait fait un effort aujourd'hui parce que lorsqu'elle était en combinaison de vol, il lui arrivait quelque fois de ne même pas porter sa barrette de Lieutenant. Ce qui n'était pas très respectueux du règlement militaire, mais pour ce qu'elle en avait à faire de ce genre de détails !

« Nous manquons également de détails concernant les Sith, mais s'ils respectent leurs habitudes, celui qui a tué DuCade devrait être nommé Poing de l'Empire à sa place. Mais malheureusement, nous n'avons aucune information qui confirme ni qui infirme cette supposition, et nous ne pouvons donc écarter aucune hypothèse. Vu la puissance de frappe rassemblée sur Ziost, Akni elle-même pourrait en prendre la tête afin d'asseoir plus encore son pouvoir. La seule chose dont nous puissions être sûrs, c'est que la mort de DuCade est une mauvaise nouvelle : elle était une Sith plutôt modérée dans ses actions, et il y a donc fort à craindre que les prochaines attaques soient beaucoup plus violentes sans elle. »

Si Shakhovite n'était pas une experte concernant les Sensitifs, elle bénéficiait toutefois du minimum d'informations, de même qu'il était évident qu'elle s'était renseignée avant de partir afin d'avoir toutes les cartes en main. Et puisque Moreau venait d'envoyer valser quelques aspects du protocole, autant en profiter pour avancer la discussion de manière constructive …

« Par ailleurs et si je puis me permettre, nous ne pouvons pas écarter l'hypothèse que des Sith soient déjà infiltrés sur Bonadan, aussi devrions-nous rapidement déterminer leurs objectifs principaux afin d'être prêts à agir avant eux. Sur Erinar, ils se moquaient de la planète et ont donc attaqué massivement, mais le Secteur Corporatiste est en revanche une cible qu'ils ne vont certainement pas vouloir raser vu son importance stratégique. Et vu les effectifs dont vous disposez ici, il y a malheureusement à craindre que vos troupes ne soient pas suffisantes pour les stopper net, ce qui pourrait amener à une stratégie de guérilla de leur part. »

De ce guérilla que la Spectre connaissait bien pour avoir elle-même fait partie de la division des Combats Urbains, et c'était justement parce qu'elle en connaissait les dangers qu'elle préférait l'éviter. Entre combattants normaux, les dégâts pouvaient déjà être extrêmement graves, mais si des Sith entraient en jeu, ils pourraient alors devenir catastrophiques ! D'autant plus que vu les informations dont elle disposait, Syrielle savait que les agents du GIS ne semblaient pas faire dans la délicatesse non plus, aussi y avait-il fort à craindre pour la planète et ses habitants.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Dim 17 Sep - 14:09
Moreau était beaucoup plus calme que Weiss et il se contenta d’écouter ce que lui disait Shakhovite avec un calme olympien. Il n’avait pas du tout la même prestance que celui qui se trouvait à côté de lui et n’interrompit à aucun moment Syrielle, la laissant développer ses idées. Lorsqu’elle eut fini, il se contenta d’acquiescer puis d’inspirer doucement du nez en laissant errer son regard, comme s’il réfléchissait. En dépit de la simplicité de son uniforme, l’homme dégageait ce charisme propre de l’expérience. Weiss se contentait de fixer Syrielle à intervalle régulier avec un regard circonspect. La situation était critique et c’était un moyen poli de dire que l’Entente n’avait pas les moyens de remporter une bataille rangée contre les Siths, c’était un état de fait et il n’y avait plus de doute là-dessus, même de la part d’un agent étranger.

Si Moreau avait laissé la jeune femme parler, c’était justement pour savoir ce qu’elle savait de l’affaire. Elle avait joué le jeu et il était désormais de son ressort de parler et de lui avouer la vérité sur l’opération qui avait été montée sur Bonadan et sur le jeu d’engrenage dans lequel étaient tombées les forces de la Triade. Étant un Lieutenant des Spectres, il était évident qu’elle comprendrait rapidement le problème.


-Eh bien, je crois que vous n’êtes pas très loin de la réalité et que votre analyse ne saurait être plus juste. Pour être honnête avec vous, je dois vous apporter quelques précisions quant à ce que nous faisions ici. Comme vous le savez probablement, nous sommes venus à la demande des Corporations afin d’apaiser des tensions qui régnaient entre des ouvriers qui avaient été entraînés par des Syndicats qui se réclamaient d’une mouvance proche de l’ODT et des patrons peu enclins à les écouter. Le Ministère a décidé d’envoyer une commission d’experts qui était dirigée par le Commissaire Luzzati et moi-même, tous employés comme inspecteurs des comptes par le Ministère de l’Économie. Afin d’éviter tout débordement, le Colonel Weiss et le corps expéditionnaire Moloch sont venus sur la planète. Pour tout vous dire, nous n’étions pas aussi nombreux au départ et nous avons dû appeler des renforts à la suite des événements que je ne vous ferai pas l’affront de vous conter puisque vous les connaissez déjà.


Moreau jouait carte sur table, un choix qui aurait pu être discutable. Dans tous les cas, sa stratégie était de partager les informations et de partir sur une relation de confiance afin de pouvoir dépasser les conventions et les petites rivalités qui auraient dû opposer l’Alliance Rebelle à l’Entente. Dans tous les cas, il avouait volontiers qu’il n’était qu’un administratif et Syrielle comprendrait vite qu’elle avait face à elle un économiste et non un Commandant de la REPo versé dans la gestion des conflits extérieurs par la force. L’homme croisa les bras avant de reprendre.

-L’attaque des Siths sur la planète et la découverte d’une force d’invasion sur Ziost a inquiété l’État-Major, la Commissaire Luzzati a été rappelée sur Sluis Van et c’est désormais la panique au Ministère, il est impossible de joindre directement l’État-Major et nous avons reçu des instructions contradictoires si bien que selon l’État-Major c’était l’armée et donc le Colonel Weiss qui dirigeait les opérations jusqu’à hier tandis que le Ministère a annoncé ce matin que c’était la REPo qui était prioritaire afin de solutionner ce conflit. Nous n’avons plus de nouvelle depuis et j’étais en déplacement pour tenter de rassurer les représentants des Corporations qui commencent à s’affoler, les Siths ne sont pas très bien vus ici et tous savent que si les Siths s’emparent de la planète, ça sera un véritable pillage économique. D’un autre côté, les membres de la CorPo ne veulent pas se mouiller à nous prêter main-forte en cas d’attaque, de peur de représailles à l’encontre de la population, ce que je comprends parfaitement.


Cette dernière tirade laissa Moreau songeur. Cette fois il était clair qu’il n’était pas un militaire mais plutôt un médiateur dans cette histoire. En fait, c’était cela qui embêtait le vieil homme, la perspective de devoir prendre les armes sans en avoir les compétences.

-Voilà où nous en sommes et pour répondre à ce que vous dites, il est presque évident que les Siths se sont infiltrés sur la planète et c’est pour cela que nous avons lancé -en accord avec le Ministère- l’opération Ishtar qui visait à nous protéger en cas de menace d’attaque Sith, de protéger nos pièces-maîtresses et notre matériel. Nous avons donc rapatrié nos troupes et notre matériel dans des QG secrets que nous avions aménagés afin de protéger nos moyens, ce Château en fait partie, les Siths ne peuvent pas savoir de combien d’hommes ni de matériel nous disposons et ils ne peuvent pas non plus nous infiltrer. Le Colonel Weiss a également réquisitionné des moyens de transports civils comme des cargos et des navettes afin de pouvoir évacuer le matériel et le personnel en cas d’attaque majeure. Bien évidemment, nous savons très bien que cela n’est pas faisable dans l’état actuel et il y a fort à parier que l’opération soit un désastre si nous sommes amenés à combattre les Siths directement. Concernant le décès de DuCade et le silence des Siths, nous avons une toute autre analyse qui ira sans doute dans le sens de ce que vous dites.


L’avis et les analyses de Moreau étaient bien plus justes que ceux de Weiss qui avait en réalité voulu se mettre en valeur sans donner d’information réellement viable, le Colonel se comportait désormais normalement, acquiesçant lorsque Moreau se lançait dans ses explications. La confirmation vint par la suite lorsque Moreau se tourna vers Weiss en l’invitant à continuer.


-Eh bien, nous pensons que si DuCade a été assassinée par un Sith et qu’aucun successeur n’a été nommé, c’est que ce n’était pas un assassinat dans une lutte de pouvoir. Nous pensons en fait que c’était un ordre officiel et qu’un assassin a liquidé DuCade et que l’ordre venait bel et bien d’Akni, c’est pour cela que personne ne s’est empressé de revendiquer le résultat du duel ou même qu’il n’y a pas eu de lutte de pouvoir. Si tel est le cas, il est clair que le but final est de laisser les mains libres à Akni pour envahir le Secteur Corporatiste comme elle l’entend…Bien évidemment, le Secteur Corporatiste n’est probablement pas le but final, disposer de cette région leur permettrait de disposer d’une voie royale vers les mondes Impériaux. Il y a de bonnes chances que si les Siths réussissent à prendre cette planète, ils en profitent pour nous forcer la main vers une radicalisation du conflit et un assaut massif sur divers fronts qui empêcherait aux régimes principaux de réagir correctement. Pour faire simple, nous craignons qu’une attaque ici ne permette à Akni de mener le plus gros all in de ce conflit en envoyant toutes ses troupes sur divers fronts afin de prendre les mondes périphériques de l’Alliance et de l’Empire, ce qui lui permettrait de paralyser la logistique et à termes de progresser sur des mondes qui n’ont pas pu se préparer à une guerre certaine. Si tel est le cas, le cas de Bonadan ne nous concerne pas seulement nous mais vous aussi…

L’analyse de Weiss pouvait être effarante de bon sens. Le jeune homme s’était exprimé normalement et avec une langage soigné. La présence de Moreau avait fait régner à nouveau la discipline et imposait à Weiss le sérieux qu’on attendait de la part d’un homme de son rang.
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Mar 19 Sep - 14:07

Trigalis, toute cette situation lui rappelait Trigalis …

Après les explications de Moreau, ce fut d'ailleurs Weiss qui prit la parole à son tour, et Syrielle écouta les deux hommes avec beaucoup d'attention. Hochant de temps en temps la tête, comme pour acquiescer à une information qui aurait eu plus d'importance que les autres. Et de fait, la Triade semblait bien décidé à jouer carte sur table dans cette affaire puisque les deux officiers avaient désormais ouvert les vannes de l'information, et cet état ne rassurait absolument pas la jeune femme. Un soldat moins expérimenté qu'elle aurait d'ailleurs tourné les talons devant une situation si délicate – enjoignant certainement à l'Entente de se mêler de ses affaires à l'avenir – mais la Spectre avait toutefois bien conscience que tout n'était pas aussi simple. Parce que Bonadan allait sûrement servir de terrain d'entraînement et de terreur à des Sith qui n'attendaient guère que ça pour lancer l'invasion. Et parce qu'une annexion du Secteur Corporatiste par Akni serait un véritable désastre ! Pour le-dit Secteur comme pour le reste de la Galaxie d'ailleurs.

Sans parler de cette organisation foireuse …
Hier encore, l’État-major de la Triade semblait ainsi avoir désigné l'armée régulière pour avoir la main haute sur cette affaire, mais le Ministère avait offert des ordres contraires le matin même. Laissant ainsi les forces présentes sur Bonadan baigner dans un joyeux bordel où personne ne semblait savoir ce qu'il avait à faire. Augurant déjà d'une collaboration ô combien facile avec tous les autres régimes.

« Cette situation n'est franchement pas évidente, et je crains que nous ayons des difficultés à nous sortir de toute cette merde en l'état. Si vos propres soldats ne savent même pas à qui obéir parce que les ordres changent tous les jours, ça risque de tourner au chaos en cas d'attaque, et ça ne va pas non plus faciliter les collaborations avec les autres régimes. Est-ce que vous savez si l'Empire doit se joindre à nous d'ailleurs ? Je n'ai pas réussi à avoir d'information à ce sujet … ah et si je puis me permettre une question indiscrète qui ne figurait pas dans votre dossier : est-ce que vous avez une idée de la part de conscrits non militaires et de soldats sans expérience dans vos rangs ? »

Rien qu'à entendre Moreau parler, il était clair et net qu'il n'était pas un soldat, mais plutôt un intellectuel, sans doute un économiste, un fiscaliste, un juriste ou un professeur rattaché à ce genre de matière. Et même si Weiss sortait d'une école militaire, Syrielle aurait été prête à parier qu'il n'avait aucune expérience et qu'il ne savait peut-être même pas tirer … de ce genre de bras cassés qu'elle n'avait franchement pas envie d'emmener au combat avec elle !

Mais malgré tout, c'était bien un ''nous'' qu'elle avait utilisé pour désigner toute cette opération, preuve qu'elle impliquait consciemment l'Alliance Rebelle aux côtés de la Triade dans toute cette affaire. Parce qu'encore une fois, elle aurait très bien pu prendre ses clics et ses clacs pour rentrer sur Bothawui, mais ça n'aurait faire que retarder l'inévitable : les Sith étaient désormais prêts à passer à l'attaque, et il n'aurait franchement pas été intelligent de les laisser gagner du territoire ! Dans ce genre de cas, mieux valait bouger son cul sans tarder, et si l'Empire Galactique se positionnait en plus à leurs côtés, leurs chances de protéger Bonadan et la Galaxie s'en verraient accrues d'autant.

« Par ailleurs et outre l'opération Ishtar, quels sont vos ordres exacts ici ? Êtes-vous censés évacuer avant le début des hostilités ou alors tenir la planète pour stopper les Sith ? Et avec qui êtes-vous autorisés à conclure des alliances ? Êtes-vous prêts à accepter l'aide des Jedi si elle se présentait malgré ce qui s'est passé il y a quelques jours ? Désolée si toutes ces questions sont indiscrètes mais avant de pouvoir engager quoi que ce soit, j'ai besoin de savoir de quelle marge de manœuvre vous disposez. Ah et pendant que j'y pense, puisque votre État-major et votre Ministère n'arrive apparemment pas à accorder leurs violons, vous devriez le faire vous-même : de vous deux, décidez qui dirige ici. Sur le terrain, les soldats ont besoin d'un leader et d'un seul, d'une figure à suivre et d'une voix à écouter. Ça n'affectera en rien vos prérogatives respectives, mais c'est un impératif en matière de communication. »

La guerre avait en effet ses exigences auxquelles des civils ne pensaient pas toujours, et la Spectre préférait donc les rappeler afin qu'ils pussent prendre des mesures dès maintenant. Si Weiss était un militaire sans expérience avec un ego gonflé à bloc, Moreau était plus réfléchi mais n'avait en revanche aucune expérience en plus d'être très âgé … le choix n'allait donc pas être franchement aisé.

« Et si je puis me permettre également : laissez tomber l'opération Ishtar, sous peine de voir vos QG se transformer en charnier. La situation avait tourné au désastre sur Trigalis à cause de ce genre d'évacuations planifiées de travers. »

Quoi qu'il en fût, les deux officiers allaient désormais devoir prendre plusieurs décisions. Et ils allaient devoir les prendre maintenant.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Mer 20 Sep - 19:05
Moreau écoutait Syrielle Shakhovite avec une attention scolaire, s’étant emparé d’un petit calepin et ayant chaussé ses lunettes avant de gribouiller quelques notes avec un stylo-plume. Les joues de Weiss s’étaient en revanche peu à peu empourprée, le jeune homme serrait les dents, il n’était pas satisfait de la tournure que prenaient les événements et surtout des libertés prises par Shakhovite pour s’adresser à eux. Le Colonel réussit cependant à se contenir jusqu’à la fin, toujours debout mais les poings serrés et le visage rouge de colère. L’homme n’avait pas digéré la passation de pouvoir qui venait de s’opérer et il était visiblement très contrarié de voir un officier Allié lui dicter sa conduite. Si Moreau n’avait manifesté aucune réaction à part celle de prendre calmement quelques notes et d’organiser les réponses qu’il devait donner à Shakhovite, Weiss trépignait et cela était visible.

-Comment osez-vous venir nous donner des ordres ici et nous parler des Jedi ? Vous n’êtes pas qualifiée pour commander des tr…


Alors qu’il était prêt à lancer de violentes attaques verbales et que le ton montait, Weiss fut immédiatement stoppé par Moreau qui avait levé l’index et s’était subitement tourné vers lui en lui lançant un regard impitoyable.

-Il suffit Colonel ! Le Lieutenant Shakhovite n’est pas ici pour prendre votre place ni la mienne, elle n’est donc effectivement pas habilitée pour commander nos troupes stationnées ici, son aide est par contre nécessaire. Avec quoi combattrez-vous les Siths sans ça ? Vous sortez à peine de l’école et moi je n’ai jamais été à la guerre de ma vie et je marche avec une canne...Tentons d’avoir une discussion constructive et de rester professionnel je vous prie !


Si Moreau s’était exprimé très calmement, son ton était très directif et sa voix posée faisait état d’un charisme naturel et réfléchi. La situation avait en cela quelque chose de pathétique mais Moreau avait recadré le débat avant qu’il ne dégénère. En fait, il montrait qu’il était la seule personne lucide des deux gradés qui se trouvaient face à Syrielle. Si Weiss était un militaire qui était là pour assurer la sécurité de Moreau et de ses experts, il n’en avait pas l’envergure et cela était désormais évident. Elle ne pourrait passer que par le vieil homme qui retourna immédiatement à ses notes alors que Weiss se tut en regardant ses pieds comme un enfant boudeur. En fait, Weiss était plus un problème qu’une solution mais Moreau semblait à première vue très bien le gérer. Moreau releva le nez de ses notes en fixant à nouveau Syrielle de son regard placide et pourtant encore très vif.

-Ne vous en faites pas pour les questions indiscrètes, je n’ai aucun complexe à vous donner des informations dont nous disposons...De toute manière il faudrait être fou ou idiot pour ne pas comprendre que ce qui se joue ici actuellement dépasse de très loin les seuls intérêts de l’Entente. Nous avons environs 30 % de conscrits présents ici, mais seulement des vétérans, en fait les seuls qui ont été acceptés ici sont des volontaires qui ont maintenu leur contrat après la campagne d’Erinar, nous n’avons donc que des hommes expérimentés. Concernant le point de hiérarchie, les Carabiniers étant là pour escorter la REPo, je prends naturellement le commandement du groupe, mais je ne suis pas naïf au point de ne pas savoir que les hommes ont bien compris que je n’ai pas l’envergure d’un officier expérimenté, je ne suis qu’un expert du Ministère. Je ne sais pas si l’Empire nous rejoindra mais aux dernières nouvelles, des émissaires de la REPo ont pris contact avec eux pour savoir si l’Impératrice Jaana serait prête à se joindre à une coalition militaire exceptionnelle contre les Siths sur Bonadan. C’est moi-même qui avait permis aux Jedi de venir participer au négociations sur Bonadan et je suis également prêt à accepter leur intervention, je n’ai rien de sectaire à leur encontre et ma seule préoccupation est la solution du conflit.

Ces propos firent à nouveau bondir le petit coquelet qui prenait à nouveau des airs agacés, en fait, il était prêt à exploser comme une cocotte-minute et les choses tendaient à nouveau à dégénérer. Moreau n’eut cette fois pas le temps d’intervenir et il ne put empêcher une nouvelle explosion de rage.

-MAIS OUI INVITEZ LES JEDI ! INVITEZ LES MAÎTRES ! NE COMPRENEZ-VOUS PAS QUE L’ALLIANCE N’EST QU’UN RAMASSIS DE SUCEURS DE BURES ? ELLE VEUT LES AMENER DEPUIS LE DÉBUT ET JE VAIS VOUS DÉNONCER AU MINISTÈRE POUR INTELLIGENCE AVEC L’ENNEMI !

Weiss hurlait, il hurlait si fort qu’il en tremblait. On ressentait la haine démesurée qu’il avait envers les Jedi, une haine irrationnelle qui se répercutait sur l’Alliance Rebelle. Mais il réalisa une fois de plus qu’il était le seul à s’énerver autant et à se comporter d’une telle manière. Moreau le laissa terminer et une fois de plus, son regard s’assombrit avant qu’il ne se tourne vers ce jeune homme bien énervé.


-Alors faites-le. Je ne comprends pas que cela ne soit pas déjà fait, Colonel Valéry Weiss, votre père n’est-il pas membre du Bas-Conseil ? Faites-le donc, et je serai destitué. Vous serez alors le seul maître à bord et vous pourrez donner des instructions au Lieutenant Shakhovite.

Le ton de Moreau était très calme, presque doux, il se tourna vers Syrielle avec un sourire entendu, lui demandant implicitement de confirmer. Lorsqu’il eut son signe d’approbation, il se retourna vers Weiss avec le même sourire, puis il le fixa droit dans les yeux avant de reprendre.

-Mais sachez qu’à la minute, que dis-je, à la seconde où vous aurez fait cela, Kollan sautera sur l’occasion et vos troupes seront sous la tutelle des Opérations Spéciales. Croyez-moi Colonel Weiss, si ce que vous souhaitez est de transformer cette planète en charnier et de revenir dans une boîte, alors vous avez la bonne méthode. Sinon, je vous invite à vous comporter comme un adulte normal et à respecter les règles de la conversation et de la bienséance...Sans quoi, je vous ferai mettre aux arrêts sur-le-champ. Nous sommes-nous bien compris ? Très bien, alors je vais prier le Lieutenant Shakhovite d’accepter nos excuses pour votre...Émotivité...Et vous inviter tous les deux à continuer ces discussions vitales.

Moreau n’avait pas pu répondre à toutes les questions mais il venait d’indiquer en revanche à Syrielle que Bonadan était en proie à des rivalités politiques et qu’au final, personne n’avait reçu d’instruction précise à part le protocole de l’opération Ishtar.
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Jeu 21 Sep - 14:57

Ramassis de suceurs de bures ?!
Ah depuis qu'elle avait rejoint l'Alliance, Syrielle avait déjà écopé de bon nombre d'insultes mais des de cette qualité, il fallait bien avouer qu'elle n'en croisait pas tous les jours ! La jeune femme en était d'ailleurs restée coite un instant, son regard plus que perplexe toisant alors de bas en haut cet espèce de petit abruti tellement rouge qu'il semblait sur le point d'exploser pour … pour pas grand chose d'ailleurs. Mais vu que pôpa était apparemment membre du Bas-Conseil, il n'y avait aucun doute à avoir sur le fait que ce roquet avait dû naître avec une cuillère en argent dans la bouche et une armée de gens dédiés à répondre à tous ses caprices, alors il ne devait pas apprécier de ne pas contrôler la situation. M'enfin, pour ce qu'il était capable de contrôler en tout cas, et ça ne devait franchement pas voler bien haut …

Mais malheureusement, la Spectre avait bien conscience que l'envoyer chier n'était franchement pas une bonne idée, et elle dut consentir à un véritable effort pour conserver un air un minimum aimable. Et une voix avenante. Et sans sarcasme aussi, sinon ça risquait de lui retomber sur le coin de la tronche en prime.

« Je suis désolée si mon attitude vous a paru déplacée mais comme l'a souligné le Commandant Moreau, la situation actuelle est grave et nécessite de laisser le protocole de côté. À l'heure actuelle, il est impossible de savoir quel est l'effectif exact des Sith ni quel est leur plan, et la situation pourrait donc tourner au chaos en seulement quelques minutes, et ce sans que personne ne l'ait vu venir. »

S'excuser auprès d'un petit con aussi pédant qu'incompétent … heureusement que Syrielle avait un peu d'expérience de lèche avec les Hutt, ça lui permettait toujours d'avoir l'air totalement naturelle alors qu'elle n'avait pourtant qu'une envie : lui coller son pied au cul !

« Et pour tout vous dire, je ne suis pas particulièrement proche des Jedi, mais dans un cas comme celui-là, il faut savoir se montrer réaliste : contre les Sith, ce sont eux – et les Chevaliers Impériaux – qui ont le plus de probabilités de survivre à un combat direct. Certes, vous avez déployé ici des soldats du GIS, mais ces derniers n'ont malheureusement que Erinar comme expérience, ce qui pourrait avoir des conséquences assez négatives. Et puis si vous les détestez tellement, dites-vous que chaque Jedi qui combat est un homme du GIS qui est économisé. »

Une manière de voir les choses que la jeune femme n'appréciait franchement pas, mais vu la poussée de fanatisme de ce Colonel en carton, mieux valait ménager sa sensibilité en tournant ses explications dans une direction qu'il pourrait approuver plus facilement. Une manœuvre assez simple que Moreau comprendrait certainement vu qu'il semblait bien plus intelligent que son collègue, et ce même si la Spectre était prête à parier que le coquelet allait adhérer.

Mais quoi qu'il en fût, cette engueulade avait aussi permis à Shakhovite de glaner un certain nombre d'informations indirectes, et celles-ci ne pouvaient que l'inquiéter un peu plus : à s'énerver si vite, Weiss était un crétin capable de péter un plomb à tout moment – susceptible de devenir dangereux à tout moment donc – et même si Moreau semblait bien le gérer pour l'heure, il n'était pas dit que tout se passerait aussi bien lors d'un potentiel assaut. De même, les tensions qui existaient entre les différents organes de la Triade étaient palpables, ce qui laissait donc une faille que pourraient exploiter les Sith si jamais il la découvrait. Sans oublier ce nom qui venait d'être prononcé : Kollan. Commissait de la REPo. Et supérieure de Jorian Solaris … et autant dire que la jeune femme préférait franchement conserver Moreau comme interlocuteur !

« Ah et juste un petit rappel technique : l'Alliance n'est pas assujetti à l'Entente, et la réciproque est vraie également. Nous n'avons donc pas à nous donner d'ordres ni dans un sens ni dans un autre, mais simplement à nous assurer que cette collaboration entre nos deux régimes – en attendant que d'autres nous rejoignent éventuellement – se déroulent aussi bien que possible. Je suis en service actif depuis six ans et j'ai déjà participé à plusieurs conflits, je pense donc bénéficier d'une expérience qui pourrait être utile ici. Mais après, mes conseils ne sont que des conseils, et c'est à vous que reviennent les décisions. »

Tant qu'à faire, autant en terminer ainsi avec toutes les précisions à apporter, ainsi peut-être que chacun serait plus apte à écouter et réfléchir au profit d'une victoire contre les Sith qui ne semblait franchement pas évidente pour le moment !

« Et concernant l'Opération Ishtar, je me vois malheureusement obligée d'insister : vous ne pouvez pas tenir vos effectifs prêts à évacuer et à attaquer en même temps, alors vous allez devoir prendre une décision rapidement. D'autant plus que cette tactique de QG blindé ne sera pas utile ici : les Sith ne veulent pas bombarder Bonadan, ils veulent s'en emparer. Et si jamais vous vous enfermez dans vos QG, ils se feront un malin plaisir de venir vous débusquer eux-mêmes, juste pour s'amuser. Je suppose que vous n'avez d'ailleurs jamais croisé de Sith auparavant, n'est-ce pas ? »

Une question qui n'était que rhétorique – pour Weiss comme pour Moreau d'ailleurs – et ce même si Syrielle laissa quelques secondes de battement, comme pour qu'ils prissent toute la mesure du problème.

« Ce sont des êtres vicieux et intelligents, qui ont pour habitude d'attaquer sur tous les fronts en même temps et non pas de vaincre leurs ennemis, mais bien de les détruire physiquement et psychologiquement. À la moindre faille présente, ils vont donc se faire un plaisir de se glisser dedans pour mieux en profiter, alors soyez certains d'assurer un front stable, solide et uni. »

Plus qu'à espérer en tout cas que ce Colonel de pacotille comprît le message et se calmât enfin, sinon ça allait être rudement plus compliqué que prévu.

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Holocron
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Mar 26 Sep - 22:03
Moreau écoutait en hochant la tête régulièrement. Ce que disait Shakhovite, il ne le remettrait en cause pour rien au monde, car il avait admis que la suite des opérations dépendait des conseillers militaires et d’une éventuelle aide qu’avait proposé l’Alliance. Il ne comptait pas vraiment sur l’Empire, mais une aide pourrait venir aussi. Avant de venir à l’aide en elle-même, il était clair que le Lieutenant des Spectre tentait d’avoir un peu plus d’information sur le front qui pourrait être tenu par la Triade sur Bonadan et sur comment celui-ci pourrait être maintenu contre les Siths. Une grande course contre la montre qui s’était érigée en objectif principal des réunions stratégiques qui s’étaient tenues en comité réduit depuis le départ de Luzzati. Les forces de la Triade sur Bonadan s’étaient tenues prêtes à une alerte générale mais elles n’avaient pas l’envergure ni la puissance décisionnelle d’un grand conseil de guerre qu’on attendrait pour de telles situations.

Moreau laissa terminer la jeune femme, respectant toutes les règles de la conversation en vigueur dans le beau monde. Il ne voulait pas envenimer la situation, pour lui il était essentiel de pouvoir réussir à trouver une issue favorable pour ce conflit. Plus encore, Ferdinand Moreau était en mission diplomatique, il avait été approché par un groupe parlementaire du Collège qui souhaitait qu’il utilise cette situation pour favoriser des alliances avec les autres régimes. Moreau savait que la situation précaire au sein de la galaxie et que les lourdes pertes subies sur Erinar avaient refroidie les hardeurs des plus téméraires et que même si certains continuaient de prêcher une guerre totale contre toute la galaxie, la plupart semblaient reconnaître que les intérêts de l’Entente étaient de demeurer neutre, ou de rejoindre une coalition contre les Siths si elle se formalisait. Cette coalition n’était pas encore formée mais les pourparlers qui avaient eu lieu sur Hapés étaient une preuve que les dons d’anticipation de Moreau n’étaient pas encore rouillés. Même si le contenu de ces pourparlers n’était pas connu, Moreau savait de source sûre que le Commandeur Suprême Stregwel y avait participé et qu’il avait parlementé avec Tan’ith et Jaana Fel. Un fait très intéressant, voire une occasion pour Moreau qui avait vu l’annonce d’un Conseiller Militaire comme une possibilité de damer le pion des Siths sur Bonadan. Étant d’un naturel optimiste, le Commandant se plaisait à imaginer une grande coalition militaire qui exterminerait les Siths. Sur le fond, cela profiterait à tous et surtout, cela permettrait à l’Entente d’étendre son influence et de conquérir des territoires. Un vieux rêve qui datait de l’Alliance Galactique, cette entité vieillissante qui pourrait sans doute bénéficier de la veine Rebelle pour se renouveler.


-Je crois que c’est très clair, nous vous remercions pour cette mise-au-point, Lieutenant. Je pense que si quelques doutes subsistaient encore dans l’esprit du Colonel Weiss, ces derniers se sont dissipés grâce à vos sages paroles. Vous avez raison, c’est effectivement notre premier contact avec les Siths, nous n’en avons jamais vu auparavant. Il n’y a aucune animosité de notre part et sachez que plus qu’un Conseiller Militaire, vous jouirez de votre rang militaire tant que vous séjournerez ici. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps nous faisions partie de la même armée après tout, n’est-il pas ?


Moreau sourit à Shakhovite avec bienveillance. Il faisait son possible pour être agréable avec elle, penser qu’il avait besoin d’elle était vrai mais plus encore, il pensait avoir face à lui quelqu’un de valable qui pourrait lui servir afin de combattre le seul véritable ennemi : les Siths. Si Moreau n’avait pas une solide formation stratégique, il était capable de s’adapter et avait étudié suffisamment le sujet pour ne pas être ridicule face à Syrielle Shakhovite, tout du moins il allait tenter d’être clair. Le vieil homme sortit une carte qui avait été gribouillée à l’aide de marqueurs effaçables d’un de ses dossiers et la déplia. Elle représentait différents secteurs de Bonadan.


-Très bien, alors oublions l’opération Ishtar ! Je vais tenter de vous donner les éléments dont nous disposons mais aussi de vous expliquer comment je vois les choses. Ce que vous voyez sur cette carte, ce sont tous nos QG présents sur Bonadan, nous en avons en tout et pour tout une petite cinquantaine, c’est peu, mais nos effectifs sont loin d’être ridicules. Nous aurions effectivement pu évacuer depuis longtemps, mais nous ne l’avons pas fait pour des raisons à la fois politiques et stratégiques : nous savons en effet que si les Siths nous surveillent, ils sauteront sur l’occasion de lancer un assaut pour intercepter nos vaisseaux d’évacuation et là, nous aurons tout perdu. Le principal problème qui nous empêche de préparer une défense solide est l’absence de chasse et de soutien de notre Flotte pour l’instant, si les Siths venaient à nous attaquer par la voie spatiale et/ou aérienne, s’en est fini ! Le Ministère a envoyé une flotte mais son arrivée n’aura pas lieu avant une bonne dizaine d’heures. Pour le reste, nous sommes totalement capables de tenir un front terrestre, en partie puisque les hommes de la CORPo se sont ralliés à nos troupes présentes ici et que les Corporations tentent de négocier avec nous un front commun, étant parfaitement conscientes des dangers représentés par les Siths, elles sont prêtes à accepter n’importe quelle aide extérieure.


Moreau venait de faire un exposé complet, désignant de la pointe de son stylo les différentes positions occupées par les troupes de l’Entente. Puis Moreau se tourna vers la jeune femme avec un air très sérieux, il compléter ce premier dégrossissage du problème.


-Notre capacité opérationnelle ne fera qu’augmenter puisque nous allons recevoir des renforts d’une division blindée des Opération Spéciale du Groupe Solaris. Ces blindés ont été manufacturés par Rothana Engineering et nous avons obtenu du Ministère d’incorporer environs 70 % des effectifs du groupe Solaris dans la défense de Bonadan. Nous risquons cependant d’avoir un conflit d’intérêt avec le Commandant du Groupe qui a réussi, par le biais de la Commissaire Kollan, à initier plusieurs procédures pour prendre la tête de la défense de Bonadan, se positionnant comme le seul officier de la REPo à avoir une véritable expérience contre les Siths. C’est un vétéran d’Erinar et il risque bien de prendre le contrôle tôt ou tard, mais je crains que ses positions soient beaucoup moins flexibles que les nôtres, il est donc dans nos intérêts de maintenir Kollan et ses sbires loin d’ici. Maintenant que vous savez tout, je vais vous donner notre position : nous accepterons toute l’aide extérieure qui nous sera proposée de quelque nature qu’elle soit. Je ne suis pas un anti-Sensitif primaire et je n’ai aucune animosité envers personne...Je suis juste profondément anti-Sith et je compte sur cette opération et notre collaboration pour leur infliger une défaite magistrale et mener le seul véritable combat qui vaille le coup dans cette guerre : celui d’exterminer cette vermine Sith qui a pris la moitié de la galaxie sous son joug.


La voix de Moreau restait douce et même si ses derniers propos arrachèrent à Weiss un regard décontenancé, il était suffisamment déterminé pour qu’on comprenne que son intervention n’avait rien à voir avec du fanatisme. En fait, le vieil homme était simplement profondément opposé aux Siths et il voyait en Bonadan une bataille capable d’inverser la tendance et d’infliger une défaite majeure aux armées Siths.
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Mer 27 Sep - 23:44

Après cette petite mise au point, Weiss eut la bonne idée de se taire tandis que Moreau enchaîna peu de temps après, Syrielle lui adressant bientôt un sourire aimable et qui n'était pas forcé. Mais après tout, cet homme était à la fois posé, réfléchi et agréable, et si la jeune femme avait un contentieux personnel avec Solaris, elle savait aussi faire la part des choses et ne mettait donc pas tous les hommes de la Triade – de la REPo qui plus est – dans le même panier. Tant que le Commandant dirigeait sur Bonadan, elle serait en tout cas assurée d'avoir face à elle un interlocuteur manifestement fiable, et elle n'en demandait pas davantage pour l'heure.

« Cette absence de flotte ou même de chasse est effectivement un problème, il n'y a donc plus qu'à espérer qu'elle arrive vite. Je peux également essayer de contacter Mon Calamari pour demander ce qu'il en est mais même si le Commandeur Suprême Tan'ith approuve l'envoie de troupes et de vaisseaux, ils ne seront malheureusement pas là avec plusieurs heures également. Dans le pire des cas, avez-vous au moins – vous ou Bonadan – quelques chasseurs et quelques pilotes qui pourraient intervenir dans les cas urgents ? »

Pour être elle-même pilote, Shakhovite savait en effet combien un petit chasseur pouvait faire des ravages au combat, et en avoir quelques uns prêts à être déployés serait donc un atout. Un atout dont elle n'aimait d'ailleurs pas se passer mais sur ce coup-là, il était assez évident qu'ils allaient tous devoir se débrouiller avec le peu disponible …

Mais si elle n'appréciait guère de se retrouver privée de couverture aérienne, il y avait en revanche quelque chose qu'elle détestait encore plus, et ce fut bien malgré elle qu'elle tressaillit lorsque son interlocuteur cita le nom maudit de son ancien mentor !

« Manufacturés par Rothana Engineering ? Est-ce que ces blindés ont été vérifiés pour s'assurer qu'ils soient parfaitement fiables ? »

Quand bien même ils venaient de Rothana – fief de Koyne DuCade qui n'avait pas été particulièrement proche d'Akni de son vivant – il n'en demeurait pas moins que ces blindés arrivaient directement du giron Sith, et la Spectre devait bien avouer qu'une certaine question de confiance se posait donc. Là où au contraire, le mot était presque une insulte lorsqu'il était associé à Solaris !

« Par ailleurs, vous parlez bien du Commandant Jorian Solaris ? Si c'est le cas, ce n'est pas un officier de terrain, et sa formation de base est bien plus proche de celle d'un policier que d'un soldat. De plus, changer une fois encore de leader ne pourra que déstabiliser vos troupes. »

Ainsi donc, Jorian dirigeait désormais une division de blindés et avait même son groupe attitré ?
Décidément, il fallait croire que les rats étaient toujours doués pour s'infiltrer n'importe où et à n'importe quel prix, mais lorsque certaines informations seraient dévoilées sur lui, Syrielle prendrait plaisir à le voir tomber. Peut-être par le biais d'une pendaison puisque son ancien mentor semblait posséder un fantasme assez particulier concernant cette pratique … Mais quoi qu'il en fût, elle allait surtout rendre ses propres aveux absolument indiscutables avant de révéler que Solaris était un Sith, histoire de ne laisser aucune faille dans laquelle il pourrait se faufiler.

« Par contre, je me dois de vous prévenir tout de suite que si jamais le Commandant Solaris devait prendre la direction des opérations, je me verrais obligée de me retirer. J'ai en effet un conflit d'intérêt avec lui, et je ne souhaite pas que ce dernier puisse nuire à la défense de la planète. Mais je vous rassure, ce n'est absolument pas une menace, et je m'occuperai alors personnellement de vous faire envoyer un collègue sur le champ. »

Non, ce n'était pas une menace.
Et oui, quelqu'un d'autre serait envoyé rapidement.
Mais avec une guerre se tapissant au seuil de leurs perceptions, il était évident que son remplaçant se ferait fatalement attendre, et cela ne pourrait donc que nuire à la Triade et au Secteur Corporatif. Une situation que la Spectre préférait sincèrement éviter mais pour autant, elle avait également parfaitement conscience qu'une collaboration entre elle et Jorian était totalement impossible, alors autant prendre les devants pour éviter toute mauvaise surprise.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Jeu 28 Sep - 20:17
Moreau fronça les sourcils à l’évocation de Solaris et d’un potentiel lien entre Shakhovite et ce dernier. En fait, le vieil homme dissipa immédiatement ses émotions comme pour éviter que la jeune femme ne s’en rende compte. Weiss restait quant à lui adossé contre le mur, les bras croisé et le regard perdu dans l’immensité de la pièce, presque distant de la conversation qui se tenait. Alors qu’on le croyait ailleurs, il prit la parole d’un ton neutre mais qui masquait pourtant peu la colère qu’il éprouvait encore envers la présence d’un agent Allié qui avait fait l’apologie des Jedi, selon sa propre perception des choses tout du moins.

-Les engins n’ont pas été directement livrés de Rothana Engineering, ils ont été inspectés minutieusement par les ingénieurs de l’ODT. C’est la première chose que le Ministère a ordonné à leur réception.


Sans doute une des seules remarques intelligentes et modérées de Weiss dans cette conversation. L’homme se plongea à nouveau dans le silence pour laisser le Lieutenant Shakhovite et le Commandant Moreau converser. Moreau prenait toujours des notes et annotait sa carte, comme pour tenter de changer de sujet. Pourtant, il était évident que Syrielle venait de toucher un sujet sensible pour lui puisque le vieil homme avait pour la première fois depuis le début de la conversation perdre un peu de ce détachement presque clinique, propre aux analystes très fins, qui le caractérisait. Syrielle avait-elle abordé un sujet sensible ? Une sorte de tabou au sein des troupes stationnées sur Bonadan ? La tension en tout cas était montée d’un cran avant que Ferdinand Moreau ne souffle de lassitude et ne reprenne la parole.

-Il s’agit en effet du Commandant Jorian Solaris et vous avez raison, il est préposé à des opérations de police chez nous...Comme c’était le cas lorsqu’il était Capitaine au sein des SpecOPS et votre supérieur au compte de l’Alliance Galactique je présume.


Moreau venait ainsi d’abattre une nouvelle carte et non des moindres. Le vieil homme était en effet aussi retors que l’avaient décrits les deux soldats qui s’étaient confiés à Syrielle : un homme aussi intelligent qu’informé. Informé au point de connaître ce point de l’histoire de l’Alliance Galactique ? Cela pourrait amener à se demander qui était Moreau, qui pourtant n’avait pas eu d’information sur l’identité de l’émissaire ou du conseiller militaire qui serait envoyé par l’Alliance Galactique. Moreau fixait désormais Syrielle avec une mine grave en se massant le menton, peut-être qu’il se rendit compte l’espace d’un instant qu’il venait de donner des informations qui pouvaient véhiculer des messages contradictoires à Syrielle, il reprit la parole.

-Rassurez-vous, je ne souhaite pas être indiscret ou inconvenant. Je ne souhaite pas particulièrement non plus que Solaris ne vienne ici, tout simplement car j’ai moi-même un conflit d’intérêt avec lui qui date des derniers temps de l’Alliance Galactique où j’étais préposé aux affaires budgétaires. Mon cabinet avait mis la main sur un organe administratif opaque qui recevait de nombreux budgets sans que les lignes de crédits soient claires. Nous avons enquêté et cela nous a amené à des activités de recherches auxquelles Solaris participait pour le compte du SpecOPS, tout du moins c’était ce que sa signature sur les bons de commande indiquait. Nous avons tenté de pousser l’enquête plus loin mais il nous a démasqué par un moyen que j’ignore toujours aujourd’hui et comme la fin de la guerre et l’effondrement de l’Alliance approchait, nous n’avons pas pu continuer cette investigation. Toujours est-il que cela explique mon propre conflit d’intérêt avec lui et que donc nous avons tous intérêt à ce qu’il ne soit pas ici. Poursuivons. Vous avez mon accord concernant toutes les troupes qui pourraient intervenir et nous aider, faites ce que vous pouvez. Concernant la chasse, à part les pilotes de nos transports aéroportés, nous n’avons rien.

Moreau venait de faire une révélation pour le moins étonnante, même s’il était resté très évasif. Avait-il donné ces informations pour intriguer Syrielle et la pousser à l’interroger de nouveau en lui dévoilant des informations ? Avait-il tendu une perche pour que cette dernière sorte du bois et rebondisse dessus ? Il lui faisait cependant bien comprendre qu’il n’était pas le moment d’en discuter, la présence d’un tiers compromettait cet échange.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Sam 30 Sep - 0:31

« Effectivement. »

Effectivement, Syrielle venait de confirmer qu'elle avait bien été la subordonnée de Jorian au sein des SpecOps, mais la jeune femme venait toutefois de confirmer cette information sans affecter la moindre émotion. Ce qui n'était pas le cas de Moreau qui – après avoir laissé la parole à Weiss qui avait pour une fois dit quelque chose d'intelligent – semblait avoir été troublé. Troublé voire même très légèrement agité tandis que son stylo grattait le papier usé de la carte comme s'il cherchait à retrouver sa contenance via ce mouvement. Mais même s'il s'excusa à moitié, la Spectre se contenta de lui répondre par un hochement de tête et un léger sourire, preuve qu'elle ne lui en tenait pas rigueur et que le sujet était clos. Pour le moment en tout cas. Parce que sous son crâne, c'était une véritable tempête qui venait de se déclencher !

Vu l'esprit d'analyse de son interlocuteur, elle n'était pas étonnée outre mesure qu'il ait su tirer des conclusions des informations particulières qu'elle venait de lui donner – surtout que la REPo devait disposer d'un dossier très complet sur Solaris et ses états de services au sein de l'Alliance – mais en revanche, elle l'était bien davantage concernant les révélations qu'il venait lui-même de faire. De cet organe administratif opaque et bénéficiaire d'un budget apparemment confortable, le tout alloué pour les SpecOps et soigneusement conservé secret. Mais comment ?! Comment Jorian aurait-il pu travailler sur un quelconque projet dans la mesure où pendant les derniers mois de vie de l'Alliance, ils ne s'étaient pratiquement pas quittés ?! Et quel était ce fameux projet d'ailleurs, d'autant plus avec un budget conséquent qui tranchait nettement avec un gouvernement déclinant et qui n'avait franchement plus les moyens d'aucune ambition ?!

Elle ne comprenait franchement pas là …
Mais même si elle aurait voulu tout arrêter sur le champ afin d'interroger Moreau de manière plus poussée, la simple présence de ce petit con de Weiss l'en empêchait, et la jeune femme n'eut donc d'autre solution que celle de ronger son frein. Son regard indéchiffrable voire même légèrement inquiétant se fixant un moment sur son vis-à-vis avant qu'elle ne reprît un contrôle parfait sur elle-même. Trahissant ainsi à peine les quelques secondes de battement qu'elle avait accusé.

Plus tard. Plus tard …

« Aucun pilote de chasse ? Ni parmi vos soldats ni parmi les membres de la CORPo ? Plus qu'à espérer que les Sith ne choisissent pas la voie aérienne dans ce cas-là, ou en tout cas pas avant l'arrivée de renforts. Dans le pire des cas, je pense qu'il serait utile de recruter tous les volontaires possibles parmi vos pilotes, en leur précisant bien que ce genre de mission est bien plus dangereuse que du vol régulier. De mon côté je pourrais toujours me débrouiller si on me dégote un vaisseau assez rapide, même si je ne suis pas sûre que ce sera vraiment utile. »

Si une poignée de bons pilotes pouvait faire la différence, une poignée de pilotes de ligne ne ferait en revanche que gagner du temps au péril de leurs vies, mais chacun aurait au moins cet élément en tête avant d'accepter ou de refuser. En espérant que cela ne fût pas nécessaire et qu'ils reçussent vite de l'aide.

« Concernant les membres du GIS, je suppose qu'ils sont tous en attente de déploiement en cas d'attaque ? Est-ce que certains ont déjà été affecté aux points les plus sensibles afin de ralentir voire d'éviter les possibles sabotages ou missions suicide Sith ? »

Le GIS … cet organe bien obscur sur lequel le reste de la Galaxie ne savait finalement pas grand chose. Et il était justement assez délicat d'utiliser des soldats aussi particuliers, surtout sans savoir s'ils étaient réellement capables de lutter à armes égales avec des Sensitifs. Mais poser des questions sur leurs capacités reviendrait justement à les remettre en cause – ce qui serait bien peu opportun dans cette situation tendue – et Syrielle préférait donc amener cette interrogation de manière plus détournée. Après tout, Moreau avait fait preuve d'une franchise assez étonnante avec elle depuis le début, aussi espérait-elle qu'il saurait là encore lui donner les informations nécessaires pour qu'elle pût au mieux les aider.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Sam 30 Sep - 14:45
Moreau ne fit pas plus de commentaire concernant le groupe Solaris pour le moment, il avait plus urgent à régler. Le vieux Commandant savait qu’il avait donné à Syrielle Shakhovite un signal et qu’il pourrait continuer cette discussion plus tard. Pour le moment, les Siths étaient sa préoccupation principale et l’idée de la jeune femme était sans doute une des meilleures : demander aux Corporations l’emploi d’appareils de chasse pour contrer les Siths. C’était une question qui avait longuement été débattue entre l’Armée et la REPo et qui n’avait jamais réellement eu de conclusion. Aussi Moreau se retourna vers Weiss qui reprit la parole, cette fois d’un ton totalement neutre et presque détaché, les bras toujours croisés, adossé contre le mur.

-Les Corporations ont une chasse conséquente, mais leurs pilotes ne sont pas de taille à combattre des pilotes de chasse Sith rompus à tous les arts de combats et qui sont, pour la plupart, des vétérans. En fait, les Corporations ont éludé cette question jusqu’à très récemment puisque nous savons depuis ce matin qu’elles nous demandent de faire front avec eux. Je ne prendrai cependant pas la responsabilité d’envoyer ces hommes au casse-pipe sans garantie de renforts réels. Si je suis prêt à être permissif et même de bonne composition sur tous les points, y compris les Jedi et les Sensitifs, ma position concernant l’envoie au front d’hommes qui se feront descendre et qui plus est ne sont pas de notre armée n’est pas négociable. Je ne prendrai pas la responsabilité d’une telle chose, au-delà du droit et des accréditations, c’est une question déontologique et éthique. Je ne sonnerai la chasse des pilotes des Corporations qu’avec une garantie certaine de l’arrivée imminente de renforts qui pourront permettre d’augmenter nos chances de victoire, au moins pour tenir le temps que nos propres vaisseaux arrivent. Dans l’état actuel de toute manière, nous ne pourrons pas tenir les Siths sans très grosses pertes, que ce soit au sol ou dans les air, donc le gain d’une telle manœuvre n’est que le massacre de pilotes inexpérimentés ! Pour ce qui est de votre cas, Lieutenant Shakhovite, nous avons effectivement un appareil ici, c’est un chasseur Carabus-II, version C, mais pour le piloter il vous faudra un co-pilote qui fera office d’artilleur. Vous pourrez l’utiliser, mais je vous en interdit l’utilisation sans ces mêmes garanties de renforts et d’appui, cela pour les mêmes raisons que pour les pilotes des Corporations : je ne prendrai pas la responsabilité de votre décès dans une mission suicide !

Si le ton sur la fin était amer, Weiss se révélait étrangement sage dans ses interventions et un peu plus sérieux qu’à l’accoutumée. Même si son manque d’expérience évident pouvait poindre dans ses diatribes idéalistes, il n’en avait pas moins raison. Valery Weiss n’était pas un boucher de la Triade et dévoilait une autre facette de cette armée que beaucoup voyait comme des fanatiques anti-sensitifs assoiffés de sang, il était en réalité très à cheval sur une éthique qu’il s’était lui-même fixé. Pour le moment, son ton décidé et sa façon de s’exprimer montraient bien que le Colonel des Carabiniers ne changerait pas d’avis sur ce point et que pour avoir son approbation, il faudrait la garantie d’une flotte qui viendrait leur porter secours ou au moins assistance. Même Moreau ne semblait pas disposé à prendre cette décision et à outrepasser l’autorité de Weiss, il se contenta de se frotter le menton, comme à chaque fois depuis le début de la conversation qu’il était plongé dans une intense réflexion. Weiss reprit sur un ton plus calme.

-Nos agents du GIS ont effectivement été déployés ici, ils ont d’ailleurs prouvé leur efficacité face à la première infiltration des Siths. Ils ont été totalement opérationnels pour combattre les Sensitifs présents. Il s’agit cependant de troupes très spécialisées, si nous pouvons en effet compter sur eux pour combattre les Guerriers et les Seigneurs Siths sans problème, ils ne seront d’aucune utilité seuls face à une armée d’invasion et à des milliers de soldats de l’armée Sith ou encore aux Sith Troopers. Nous ne pouvons pas utiliser ce corps d’élite seul contre une armée d’invasion, le mieux que je puisse faire est de les disposer en soutien. Ce sont des hommes de qualité et une troupe d’élite très efficace, mais croyez-moi Lieutenant Shakhovite, ils sont loin d’être invincibles !


Une fois de plus, Weiss se comportait avec un étonnant sens de discernement, n’hésitant pas à casser une des images de la propagande de l’Entente sur le GIS. Syrielle pourrait y voir une preuve supplémentaire que ses deux interlocuteurs se comportaient bel et bien comme dans une réunion stratégique avec un troisième officier de l’Entente, désormais tout le monde jouait le jeu. Moreau hocha la tête et se tourna désormais vers la jeune femme.

-Je dois ajouter que nous disposons de missiles sol-air et de canons à plasma, cela pourrait ralentir une invasion Sith en détruisant un grand nombre de vaisseaux de débarquement, mais là-encore, ça ne sera pas suffisant pour prévenir l’invasion. Je rejoins l’opinion du Colonel Weiss sur le fait que sans renforts terrestres et spatiaux, il ne sera pas possible de remporter une victoire décisive ici. Il serait donc très judicieux de pouvoir parler à votre État-Major, ainsi qu’aux Impériaux, au moins pour savoir si il est possible de compter sur des renforts de leur part et dans quels délais.

Moreau venait de passer une nouvelle étape dans la franchise. Désormais la question était formulée directement, Syrielle Shakhovite était finalement le seul espoir de ne pas rejouer la bataille d’Erinar sur Bonadan, quoi que cette fois l’issue en semblait bien plus incertaine face à des Siths prêts à débarquer massivement sur la planète.
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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Mar 3 Oct - 0:22

Ainsi donc, Weiss laissait parler sa déontologie et son éthique – sa moral même – en choisissant de n'envoyer au combat ni pilotes ni soldats du GIS, et même si beaucoup de personnes l'aurait approuvé chaudement en soulignant combien sa réponse était pleine de bon sens, Syrielle ne put s'empêcher de penser que ce jeune homme ne disposait vraiment d'aucune expérience. D'aucune tactique. Toutes deux remplacées par un idéalisme aussi stupide que suranné au vu de la conscription sauvage qu'avait organisé la Triade pour envoyer des amateurs sur le front d'Erinar. Des paysans, des ouvriers, des employés … des gens de rien qui ne savaient même pas tenir un fusil-blaster mais qui – après moins d'une semaine de formation éclair – s'étaient retrouvés bazardés en première ligne. À devoir lutter contre des Sensitifs ou des soldats entraînés. À devoir crever la gueule dans la boue et les membres dispersés, sans avoir d'autre choix que d'avancer pour ne pas être accuser de trahison …

Mais malgré l'ironie de la situation, la Spectre ne fit bien entendu aucun commentaire moqueur ou désobligeant – ne soulignant pas davantage combien ce point de vue était utopique – et elle préféra une nouvelle fois faire preuve de diplomatie et de tact. Surtout lorsque Moreau appuya son collègue pour souligner à son tour que tous ici n'iraient au combat que sous réserve que d'autres régimes vinssent à leur secours ou à leur aide, à chacun de choisir le mot froissant le moins sa fierté.

« Je comprends votre décision et elle est toute à votre honneur, mais je ne sous-entendais pas d'envoyer gratuitement des hommes à la mort, désolée si vous avez compris mes propos ainsi. »

Ce n'était effectivement pas ce qu'elle avait sous-entendu et pourtant, désormais, les allégations de ses interlocuteurs la poussaient presque à se poser une question : et si jamais l'Alliance ou l'Empire Galactique ne débarquaient pas, qu'allait décider l'Entente ? De revenir sur ses beaux principes ou alors de laisser Bonadan se démerder toute seule ? Vaste question, très vaste. Sans doute très amère aussi, mais à son corps défendant, Syrielle en avait vu suffisamment pour savoir combien l'instinct de survie pouvait quelque fois piétiner l'honneur sans que la moralité n'en fût affectée le moins du monde …

« Je tenterai de joindre ma hiérarchie dès que cette réunion sera terminée, mais je pense qu'il faut également être réaliste : si l'Alliance ne comptait pas appuyer l'Entente, alors je n'aurais purement et simplement pas été envoyée ici. »

Logique la plus élémentaire surtout que sans vouloir se vanter, la jeune femme savait aussi combien les Spectres – unité d'élite cumulant capacités de pilotes et d'agents spéciaux – étaient précieux pour l'Alliance.

« Et même si ça reste des suppositions de ma part, je pense toutefois assez fortement que l'Empire ne tardera pas non plus à débarquer. Après tout, la jeune Impératrice Jaana Fel a publiquement affirmé sa volonté d'éradiquer les Sith, et elle tient aujourd'hui une occasion unique de le prouver. De plus et même si l'information n'est pas à confirmer – et à prendre avec des pincettes donc – j'ai entendu dire que la Général Saakiurra aurait quitté Csilla en partance pour Anaxes. Ça vaut ce que ça vaut mais vu son palmarès, je doute qu'elle se déplace pour du tourisme. »

L'Alliance Rebelle avait tout à gagner là où l'Empire n'avait franchement rien à perdre … et même si une telle alliance de circonstances devait écorcher la gueule d'un peu tout le monde, il fallait tout de même bien admettre qu'elle était loin d'être illogique ! Sans oublier que le Secteur Corporatif était bien trop important à l'échelle galactique pour être abandonné au profit des Sith et ça, c'était une donnée que tout le monde avait sans doute en tête.

« Mais dans notre cas actuel, nous ne sommes malheureusement pas sûrs que les renforts arrivent avant l'attaque Sith et ce que je veux savoir, c'est de quelle capacité de secours – d'urgence si vous préférez – nous disposons pour retenir les Sith le plus possible ? »

S'ils n'exploseraient pas purement et simplement Bonadan, les Sith n'auraient toutefois aucun scrupule à massacrer en masse pour mieux soumettre la planète voire même le système tout entier, et c'était justement pour ça que Syrielle était là en avant-garde : pour limiter les dégâts en attendant l'arrivée de la cavalerie.

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Re: [+158 ABY, Bonadan] Dans la gueule du loup
Mar 3 Oct - 16:35
Weiss acquiesça au fil des clarifications de Shakhovite. Cette dernière se révélait cette fois plus claire et Moreau n’eut aucune réaction, il se contenta d’emmagasiner les informations et de griffonner sur son carnet. L’équation venait de changer avec de nouvelles variables, dont certaines seraient cachées aux Siths. Akni avait beau disposer d’une armée très populeuse, si elle échouait dans la conquête de Bonadan, cela pourrait lui coûter cher et ralentir ses autres conquêtes. La paralysie de l’Empire Sith prouverait qu’elle n’était pas invincible. Malgré la crainte que l’Impératrice insufflait tant dans ses rangs que dans ceux de ses adversaires pourrait s’en retrouver malmenée si elle n’était plus entourée de son aura immaculée. Ce fut Weiss qui marqua le plus sa surprise lorsque Syrielle Shakhovite parla de renforts Impériaux en route, le nom qu’on lui évoqua n’était pas non plus inconnu du grand public.

-Le Général Sakiuura ? S’ils envoient Northwar c’est du sérieux...L’Impératrice Jaana doit vraiment vouloir en finir avec eux ! J’ai étudié ses tactiques à l’Académie, c’est vraiment…

-Colonel Weiss s’il-vous-plaît ! Reprenons et ne nous dispersons pas !


La voix douce mais ferme de Moreau venait d’interrompre à nouveau Weiss qui avait les yeux qui pétillaient et qui semblait avoir l’enjouement d’un jeune adolescent pré-pubère qui part à sa première boom avec la promesse d’y voir des filles. Le vieil homme était beaucoup plus pragmatique, il n’avait pas montré de surprise à l’annonce d’une possible intervention d’une armée blindée Impériale ou de renforts conséquents de l’Alliance Rebelle, tout simplement car lui-même voulait maintenir son cap et œuvrer dans le présent. En effet le Commandant Moreau n’était pas à l’aise avec les notions de stratégie et il n’était pas non plus prêt à laisser Weiss diriger cette offensive, aussi il comptait profiter au maximum de la présence de l’officier Spectre pour pouvoir tout décider à l’avance et se prémunir d’une attaque Sith. Il réfléchit quelques instants puis se gratta à la joue à mesure qu’il mettait de l’ordre dans une liste qu’il avait sur son calepin. L’homme comptait et notait, il organisait sa réponse à Syrielle, preuve du grand sérieux avec lequel il assurait sa fonction de fortune.

-Nous pouvons effectivement réagir le temps que les renforts arrivent, mais il faudra donner l’ordre à nos hommes de se déployer. Je peux proposer une réponse préventive sur quatre axes. Le premier axe sera dans le domaine policier, nous pouvons déployer environs deux-cent-cinquante agents de la REPo qui pourront être aidés par les agents de la CORPo pour des actes de contre-espionnage et empêcher toute intrusion Sith sur notre territoire. Ces agents pourrons aussi faire circuler de faux-ordres émanant de notre État-Major et brouiller les communications Siths. Je propose ensuite un axe anti-aérien à l’aide des batteries plasma et des missiles sol-air dont nous disposons, cela permettra d’empêcher ou au moins de ralentir un éventuel débarquement. Toutes nos batteries sont aussi équipées de droïdes-senseurs qui détecteront toute entrée dans l’atmosphère et nous permettrons de réagir rapidement à toute menace d’invasion. Cela permettra aussi de mettre en place le troisième axe, la défense aérienne avec la chasse des Corporations qui pourra nous fournir au moins un appui. Enfin, il y a l’axe terrestre avec nos hommes et ceux des Corporations qui pourrons se mettre en position et défendre la planète en cas d’attaque. Théoriquement, nous pourrions être déployés en quelques heures si nous transmettons les ordres maintenant. Le Colonel Weiss pourrait mettre en place le déploiement des troupes terrestres, je pourrai m’occuper de l’aspect policier et je vous propose de vous occuper d’organiser la chasse et les batterie anti-aérienne. Cela prendra quelques heures tout au plus mais nous pouvons mettre sur pied un plan concret, nous avions déjà déterminé les positions stratégiques et quelques manœuvres auparavant qui ont bien fonctionné contre la première intrusion Sith.

Weiss était resté en retrait et venait encore une fois d’acquiescer. Le Lieutenant Spectre pourrait voir la confiance que lui accordaient les deux officiers de l’Entente et aussi la promptitude dont ils faisaient face dans leurs réponses. Le Colonel déplia une carte d’état-major et sortit un feutre pour appuyer son propos.


-Je vous propose d’utiliser les mêmes positions que précédemment. Par contre, il ne me semble pas prudent d’utiliser nos divisions motorisées en position offensive. En fait, nous ne serons pas suffisamment nombreux pour leur faire face et nous avons par contre l’avantage que nos blindés et notre artillerie auto-portée sont individuellement du bien meilleur matériel que le standard Sith, je propose donc de les utiliser en embuscade ou comme artillerie. Cela permettra de ralentir les Siths et de les désorganiser, comme cela avait déjà été fait sur Erinar, sauf qu’ici nous n’aurons pas souffert d’un pilonnage d’artillerie. Je propose aussi d’utiliser nos sapeurs pour piéger les abords des zones où sont stationnées nos troupes, cela enlisera les troupes Siths qui se trouveront confrontées à un ennemi invisible. Quant aux hommes du GIS, nous n’aurons qu’à maintenir l’ordre qui avait été donné avant l’Opération Ishtar, ils auront pour mission d’engager et d’éliminer les Sensitifs qui viendront au combat.


Moreau se retourna vers la jeune femme et lui sourit avec ironie. Il ne serait pas difficile de comprendre à Syrielle pourquoi il souriait puisqu’elle aurait reconnu depuis le départ que la stratégie utilisée et les positions de Weiss étaient clairement celles utilisées sur Trigalis, mais que les mouvements de troupe étaient clairement différents.

-Non, vous ne vous trompez pas, nous avons reproduit à l’identique la configuration du Groupe d’Armée Est qui défendait Trigalis. Si la configuration est identique, nos manœuvres seront différentes. En fait, j’ai longuement étudié ce dossier et nous allons prendre les Siths par surprise...Tout dans nos positions laissent penser à l a stratégie très offensive du Général Paul-Henry Stern. Mais en fait, nous allons employer des techniques de SpecOps et les harceler tout en utilisant des pièges. Mines, nids-de-mitrailleuses, mortiers, bombardements furtifs de groupes de chasseurs isolés, les Siths ne sauront plus où donner de la tête et ils seront tellement confus qu’ils seront obligés d’avancer dans des petits groupes et de faire de la reconnaissance. En fait, si le caractère populeux de l’armée Sith est leur avantage, c’est aussi leur inconvénient : les tactiques Siths reposent sur le postulat qu’ils submergeront tout adversaire par le nombre, mais s’ils ne rencontrent pas l’adversaire et que ce dernier ne les confronte pas directement en les forçant à se concentrer dans une zone, s’en est fini ! En fait mieux que ça, votre aide en tant qu’officier Spectre peut nous permettre d’être encore plus efficace pour décimer les Siths et les harceler sans jamais les combattre directement.

L’allusion de la jeune femme à Trigalis n’était finalement pas si éloignée de la réalité. Elle réaliserait en fait que si Weiss et Moreau n’avaient aucune expérience, ils s’étaient quand même renseignés et avaient étudié méthodiquement des cas antérieurs.
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