[+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
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Holocron
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Ven 9 Juin - 10:12
Koyne DuCade fixait avec intensité son Acolyte. Elle ne dit rien, la laissa terminer. Le Poing de l’Empire n’avait pas prévu de s’opposer à Akni, tout du moins cela n’était pas dans ses plans immédiats. Les plans venaient de changer, l’Impératrice avait très probablement ouvert les hostilités. Elle n’accorda pas plus d’importance à la référence à Sei’Vys, l’ancien Maître de Katria, après tout il était commun que des Jedi se tournent vers le Côté Obscur et vu la description que la jeune Sith faisait de son ancien mentor, il était probable voire très plausible qu’il se soit tourné vers l’obscurité. Mais pour l’instant, il y avait d’autres choses importantes à faire. Du coin de l’œil, Katria verrait que Potyme avait manifesté un vif intérêt lorsqu’elle avait parlé de Draeks Sei’Vys. Toujours sans répondre, DuCade désactiva sa lame et en bon officier s’adressa au chef de groupe.

-Capitaine Vokele, vous prenez le commandement, rassemblement en vue d’une évacuation. Faites transporter les blessés à la navette, on n’abandonne personne mais nous les soignerons une fois à bord.


L’homme se mit au garde-à-vous et donna ses ordres. Deux infirmiers qui étaient avec Koyne déployèrent des brancards portatifs et ils entreprirent de faire l’inventaire des blessés. Il y avait trois soldats encore en vie, dont un grièvement blessé. Les blessés seraient soignés dans la navette avec les petites cuves de bacta embarquées. Cette fois DuCade s’était à nouveau tournée vers Katria, le regard grave et lourd de sens.


-Tu as fait ce que tu devais faire et tu n’as pas à t’excuser. Ceux qui t’ont piégé vont devoir rendre des comptes et contrairement à ce qu’ils peuvent penser, ils ont échoué et nous allons quitter cette planète en vitesse.

La Dame Sith fit signe à deux autres soldats qui aidèrent Katria à se déplacer. Ils marchèrent vers le petit village. En fait, plusieurs habitations avaient été éventrées par des tirs de mortiers, les tirs de plasma avaient criblé les murs d’impacts. Il y avait là une scène de chaos sans nom, mais aucune trace d’habitants potentiels. Seulement à quelques endroits des cadavres de soldats du Crimson Elite. Ils traversèrent une rue complètement détruite par un des impacts de mortier, le sol et les bâtiments semblaient carbonisés. Un gémissement attira l’attention de Koyne qui remarqua un homme à terre, baignant dans son sang, un autre blessé. Le Poing de l’Empire fit signe à deux hommes libres qui s’affairèrent immédiatement pour le charger sur un autre brancard, il souffrait de blessures plus sérieuses encore que celles des autres blessés.

Ils marchèrent encore quelques minutes dans le petit village dévasté. La Triade avait été repoussée de l’intérieur du village mais cela ne s’était pas fait sans heurt à en juger le nombre important de corps du Crimson Elite qui jonchaient le sol. Ils arrivèrent finalement sur une sorte de place centrale avec un vaisseau de grande taille posé, il s’agissait d’un vaisseau de transport, plus gros qu’une navette. Deux soldats montaient la garde devant la passerelle alors que trois techniciens fumaient une cigarette, l’air nerveux. Le visage des techniciens s’illumina alors qu’ils virent arriver le groupe de soldats et DuCade. Le Poing de l’Empire donna rapidement ses instructions.


-Préparez le vaisseau pour le décollage furtif, je veux que la furtivité soit activée jusqu’à ce que nous ayons rejoint l’hyperespace. Capitaine Vokele, préparez vos hommes à partir, nous décollerons une fois que les blessés seront installés et que vous aurez transmis un message pour donner l’autorisation aux autres groupes de décoller.

Koyne avait envoyé d’autres groupes, pour secourir Katria. En fait, ces hommes avaient été entraînés pour mener de petits groupes d’infiltration mais ils s’étaient retrouvés sur un théâtre de guerre. L’un des techniciens s’approcha et se mit au garde-à-vous devant Koyne avant de lui tendre un datapad qui affichait une carte topologique animée de la région.


-Une importante force ennemie s’approche Madame, des troupes motorisées de la Triade qui seront là d’ici une quinzaine de minutes.

Koyne acquiesça, elle le savait déjà. Plusieurs soldats avaient émis sur la fréquence commune pour informer le Crimson Elite que les Carabiniers se préparaient à mener un assaut massif. Ce n’était finalement pas si incohérent et Katria comme les Jedi pouvaient désormais comprendre ce déploiement massif et surtout le fait que les Corporations aient donné leur bénédiction à la Triade pour mener des opérations de guerre : ils avaient été en contact avec plusieurs Jedi qu’ils avaient identifiés comme des Siths ou des imposteurs et avaient ensuite essuyé plusieurs attaques de forces spéciales à l’affiliation inconnue...La Triade pensait sans doute qu’un assaut était mené sur Bonadan et répondait par une riposte très violente. En fait, la stratégie de la REPo était désormais simple, mener un assaut décisif et annihiler les forces spéciales afin d’éviter une potentielle tête-de-pont qui permettrait à des troupes plus massives de débarquer. Bien évidemment, l’Entente comme les Corporations étaient très loin du compte, mais on pouvait aisément comprendre leur raisonnement, surtout lorsqu’on considérait qu’une importante force Impériale Sith se massait sur Ziost. Potyme avait toujours un air extrêmement grave, à mesure que le temps passait, l’homme allait de désillusions en désillusions.

-Si c’est une machination de votre Impératrice, il est évident qu’elle vient de briser tout espoir de paix dans le Secteur Corporatiste. La Triade comme les Corporations vont se jeter sur cette occasion pour l’utiliser comme prétexte de guerre.

C’était vrai. Maître Potyme avait raison, mais ses propos dépassaient même sa simple phrase : en fait, cela risquait aussi de déstabiliser le Magistère qui s’était montré de très nombreuses fois divisé sur une action au sein du Secteur Corporatiste. En fait, désormais, les choses venaient d’atteindre un point de non-retour. Koyne acquiesça gravement, elle venait elle-aussi de comprendre ce qui venait de se passer, il lui manquait des informations sur ce qui se passait vraiment sur Bonadan et elle pensait avoir toutes les informations de la part de son informateur, le Seigneur Sorcier, mais ce dernier était passé à côté de quelque chose.


-C'est une excellente remarque, vous venez de comprendre. Désormais, tout reliera ce qui s’est passé ici à une seule personne : Koyne DuCade, qui sera immédiatement accusée de haute-trahison. Le Magistère divisé aura prouvé son incompétence puisque le Poing de l’Empire aura agi de sa propre initiative. L’Impératrice Darth Akni n’aura jamais eu de position plus favorable pour imposer un argument d’autorité, surtout lorsqu’il sera établi que c’est sa « Main Invisible » qui aura frappé une fois de plus les traîtres.

Une silhouette obscure venait d’apparaître dans les décombres. D’une voix calme et posée, Draeks Sei’Vys venait de compléter les propos de Potyme. Le Botan ôta sa capuche, dévoilant son visage détendu. Un des soldats ouvrit immédiatement le feu, mais dans un vrombissement, la lame de Sei’Vys apparut, interceptant le tir et le renvoyant au tireur qui s’écroula, raide mort. Koyne ordonna d’un geste de la main aux autres soldats de monter à l’intérieur du vaisseau.


-Mettez-vous à l’abri. Katria, tu restes en retrait et tu ne t’en mêles pas. Cela est aussi valable pour vous et votre apprenti, Maître.

-Si vous saviez depuis combien de temps j’attends cela, Dame DuCade, si vous saviez. Désormais plus personne ne viendra vous aider, je vais d’abord vous tuer et ensuite, je m’occuperai de votre apprentie qui n’est plus en état de combattre.


Katria pourrait sentir dans la Force que ses Tuk’Ata n’étaient plus. Il n’en restait que des carcasses ensanglantée, tuées dans l’ombre par Sei’Vys qui les suivait depuis le début. Koyne sortit son sabre et activa la lame qui vrombit. La lame noire était fine, majestueuse, Sei’Vys avait toujours son sabrolaser à lame verte et sourit légèrement pendant que DuCade le saluait. Le Poing de l’Empire se mit en garde, toujours avec grâce, Koyne tentait de lire ce nouvel adversaire qui lui fondit immédiatement dessus. Les lames vrombirent, s’entrechoquèrent, pour finalement lâcher des étincelles à chaque confrontation. DuCade utilisait son Makashi, tentait de négocier chaque coup de Sei’Vys, de l’accompagner pour finalement l’éviter, mais la brutalité du Bothan la poussait à reculer de plusieurs pas, Sei’Vys était extrêmement offensif, il frappait littéralement de son sabre.

Le combat était extrêmement violent et les deux protagonistes combattaient avec ferveur. La rage de Lustrum était palpable, une colère froide qu’il canalisait très bien. Le Bothan gardait un sourire en coin, il ne laissa aucun répit à DuCade alors que cette dernière était forcée de reculer. Il finit par la coincer contre un mur, frappant une nouvelle fois de son sabrolaser alors que la lame du Poing de l’Empire intercepta la sienne. Les lames restaient en contact, les duellistes étaient dans un duel de force et une cascade d’étincelles tombaient sur le sol. Lustrum ricana.


-C’est fini Dame DuCade, vous ne pourrez plus retourner sur Korriban et cette fois, vous ne gagnerez pas ce duel ! Votre vie est finie et tout ce que vous avez pu entreprendre n’est plus qu’un échec. Du néant vous êtes venue et vous y retournerez...Sans avoir pu aider votre élève !


Le Bothan ricana de nouveau alors que DuCade ne réagit pas. En fait, le Poing de l’Empire venait de comprendre et d’analyser le style du Bothan. D’un mouvement extrêmement rapide, elle fit glisser sa lame avant de se décaler, frappant le Bothan à l’épaule pour finalement se dégager dans un salto digne d’une gymnaste qui la propulsa derrière son adversaire. Désormais, elle avait adopté une garde d’Ataru...Elle avait compris qu’elle n’aurait pas le dessus sur Sei’Vys avec le Makashi. Le Bothan ne parut d’ailleurs pas avoir souffert de la blessure, il se contenta de sourire avant de s’élancer à nouveau vers DuCade. Les lames s’entrechoquèrent, le combat gagnait en intensité et les vrombissements des sabres, tout comme les éclairs de lumière à chaque fois qu’ils s’entrechoquaient se firent plus violents, plus rapides. Aucun des deux ne semblait pour le moment prendre le dessus et Sei’Vys -s’il n’était tout de même pas du niveau de Bolkan- se montrait bien plus puissant qu’il en avait l’air.
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Katria Dashiell
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Ven 9 Juin - 15:21

Malgré les propos rassurants de DuCade, Katria sentait toujours un certain malaise ébranler ses pensées – de cette culpabilité latente qui lui remuait l'estomac lorsqu'elle constatait les victimes gisant tout autour d'elle – et ce fut donc avec hésitation qu'elle se rendit bientôt compte d'un détail très étrange tandis qu'ils progressaient vers le vaisseau. Un détail qu'elle avait déjà noté plusieurs fois au cours de leur fuite éperdue, mais qu'elle avait repoussé chaque fois en raison d'un problème plus grand qui était survenu : mis à part dans la première ville, sinon ils n'avaient pas croisé de civil. Et au milieu des décombres fumants et des gravas qui s'entassaient à la place des bâtiments, il n'y avait aucun cadavre. Comme si ces villes étaient déjà mortes avant même le début des hostilités …

« C'est étrange tout de même qu'on n'ait croisé aucun civil et qu'il n'y ait pas non plus de morts ici. C'est comme si la REPo attendait ces combats et qu'elle avait fait évacuer la population pour laisser toute latitude d'agir à la Triade … »

Au pied de la rampe d'embarquement du vaisseau où soldats et techniciens s'activaient déjà en vue d'un décollage tout proche, la jeune femme venait finalement de partager cette observation qui lui trottait en tête, et ce fut Potyme qui y répondit en soulevant un autre soucis : après ces événements, il y avait fort à parier que le Secteur Corporatiste allait entrer en guerre. Aux côtés de la Triade sans doute d'ailleurs. Mais alors … alors pourquoi ?! Pourquoi cette machination contre les Jedi si c'était finalement pour que Bonadan ne rentrât pas dans le giron du One Sith ?! À quoi jouait Akni ?! Mais malheureusement, personne n'eut le temps de davantage s'étendre en réflexion qu'une voix se fit entendre. Une voix familière. Horriblement familière tandis que Katria sentit un long frisson d'angoisse dévaler sa colonne vertébrale. D'angoisse, d'appréhension, mais aussi de rage tandis que le Bothan venait de confirmer que l'absence de ses Tuk'Ata dans la Force était bien due à leurs morts.

Piégés. Ils étaient tous piégés …
Et elle avait été l'appât qui avait contribué à rassembler toutes ces proies.

Mais tout près d'elle, Koyne ne sembla pas être affectée davantage que cela par la présence de Sei'Vys ou encore par l'aveu de sa machination, et son Acolyte sentit ses sourcils se froncer lorsqu'elle lui ordonna de rester en retrait pendant que le Poing de l'Empire mènerait seule ce combat.

« Quoi ? Non, je peux vous aider ! »

Elle n'avait certes plus aucun fauve pour la soutenir et elle était blessée, mais elle n'était pas impotente pour autant ! D'autant plus que par le passé, elle avait déjà aidé la Dame Sith à vaincre Bolkan alors même qu'elle n'avait aucun Tuk'Ata avec elle non plus, alors pourquoi ? Pourquoi l'écarter ?!

Hypocrite question dont Katria avait déjà la réponse tandis qu'elle s'était reculée malgré sa protestation : parce que sa peur du Bothan était un danger. Pour elle. Pour DuCade. Et pour tous les hommes qui attendaient l'issue de ce combat pour pouvoir fuir. Cette emprunte que Sei'Vys avait imposé sur elle pendant ces années de mauvais traitements était une faiblesse colossale, aussi la jeune femme avait-elle bien conscience du fait qu'en agissant ainsi, sa maîtresse se montrait extrêmement prudente mais aussi extrêmement avisée.

Qu'il était quelque fois cruel d'admettre la vérité …

Mais même si elle avait obéi et s'était reculée, cela n'empêchait pas Katria de couver ce combat d'un regard aussi attentif que fiévreux, et chaque coup passant un peu trop près de Shadowsun provoquait aussitôt une crispation chez elle. Sa main se posant parfois sur la garde de son sabre-laser même si elle se contenait. Mais lorsque le Bothan parvint finalement à acculer son adversaire contre un mur afin de la soumettre à un duel de forces, ses mâchoires se crispèrent à s'en faire mal tandis que ses jointures étaient en train de blanchir sur le corps de son arme, et il était assez évident que si Koyne n'avait pas réussi à se dégager en changeant de stratégie, c'était son Acolyte qui aurait attaqué pour la sauver. Et ce qu'importât le danger ! Comme elle avait attaqué Alarak sur Korriban. Et comme elle attaquerait quiconque oserait s'en prendre à cette femme qui avait tant fait pour elle.

*Laissez-moi vous aider d'une manière ou d'une autre, je sais que je peux vous être utile. S'il vous plaît …*

Après tout, c'était elle qui s'était laissée embarquée dans cette histoire et – même si elle n'avait pas eu d'autre choix que d'obéir – il n'en demeurait pas moins qu'elle était responsable de ce chaos. Et qu'elle entendait bien réparer ses erreurs malgré sa position de faiblesse. Surtout que … surtout qu'elle n'était pas réellement une Sith, et que même si elle avait usé de sa colère pour tuer l'ancienne Acolyte de Darth Alarak, elle savait aussi qu'il s'agissait là d'une erreur qu'elle ne reproduirait pas.

Sei'Vys ne devait pas être tué par vengeance.
Il devait être tué par justice.

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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Sam 10 Juin - 21:49
Les lames tournoyaient, virevoltaient, s’entrechoquaient également avec des vrombissements et des duels de force parfois. DuCade avait repris du poil de la bête, l’Ataru était parfaitement exécuté et sa rapidité ainsi que ses acrobaties toutes en souplesse lui permettaient invariablement d’éviter ou de contrer les assauts du Bothan. Sei’Vys était un adversaire sérieux, contrairement à Alarak, il ne fonçait pas sans réfléchir, ses assauts étaient très brefs, précis, il cherchait à prendre l’avantage sur de courtes séquences très brèves, reprenant une posture très défensive dès qu’il avait exécuté un mouvement. Cela lui permit de contrer également tous les assauts de DuCade qui avait tenté plusieurs bottes pour en venir à bout. Le Bothan ne se fatiguerait pas comme Alarak, plus encore, il n’était ni blessé ni épuisé et bien au contraire, le duel finirait tôt ou tard par lui profiter tant il semblait au fait des techniques de combat de Koyne DuCade, comme s’il avait étudié les styles qu’elle employait. Cette action avait été planifiée depuis longtemps, cela était désormais une évidence et les quelques doutes qui pouvaient encore subsister sur l’implication d’Akni n’étaient plus permis. Sei’Vys s’amusait, il gagnait du temps. Koyne tenta un assaut tout en finesse, elle semblait montée sur des coussins d’air tant son style était tout en grâce. Le Bothan répondit immédiatement en cueillant la lame de son adversaire avec la sienne, lui barrant le passage vers son poitrail, il fit tournoyer sa lame, profitant de l’ouverture pour une nouvelle série de mouvements saccadés, rapides et très offensifs qui poussèrent Koyne à reculer. Cette dernière dut une fois de plus avoir recours à un saut en arrière pour se dégager de l’assaut extrêmement rapide et énergique du Bothan.

*Arrange-toi pour que vous soyez prêts à décoller. Quoi qu’il arrive vous devez quitter la planète !*

Koyne avait raison, Katria était trop impliquée pour agir. La situation commençait à s’envenimer de nouveau mais le dénouement était proche. Le Poing de l’Empire le savait, après ce combat, plus rien ne serait comme avant. Sei’Vys l’avait bien compris, il jouait du caractère dramatique et désespéré de la situation pour mettre ses adversaires en positions de faiblesse. Le Maître Jedi et Katria étaient blessés, Remus semblait terrifié à la vue de ce combat qui aurait fait basculer n’importe quel Padawan y participant du Côté Obscur tant les mouvements étaient violents. Le Bothan l’avait compris, il avait compris qu’il pourrait faire la différence en jouant sur Katria, c’était le point faible de Koyne DuCade et il comptait bien l’utiliser. Alors qu’il menait un nouvel assaut, l’homme se plongea dans la Force, pénétrant l’esprit de Katria qui était complètement déboussolée. Ses souvenirs, il n’eut pas beaucoup de mal à les trouver.

Début 157, Ultaar,

la pluie tombait drue sur le sol détrempé et boueux. Un soleil blême peinait à émerger des nuages pour irradier de ses rayons timides une forêt pluviale à la chaleur humide et moite. Les arbres tortueux et la végétation luxuriante s’étendaient à perte de vue dans cet environnement naturel. Une masse démesurée fondit vers trois silhouettes...Armé de son double-sabrolaser, l’immense Besalisk entra au contact avec une violence telle qu’elle força les trois femmes à reculer. Koyne menait la danse, elle dévia la trajectoire d’une des lames du Besalisk qui tentait déjà de s’en prendre à Aurelia.

-VOUS DEUX, SUR LE CÔTÉ !


A peine les deux femmes s’exécutèrent que Bolkan saisit Katria par le col pour la projeter en arrière, pendant qu’il utilisait sa deuxième paire de bras pour se lancer dans une impressionnante passe d’escrime avec Koyne qui tentait un assaut direct. Aurélia poussa un cri de rage avant de foncer pour attaquer le Besalisk sur le côté alors qu’il prenait déjà le dessus sur DuCade. D’un mouvement puissant, Bolkan frappa DuCade d’un coup de pied, la projetant aussi de plusieurs mètres. Déjà, le monstre s’était remis en garde, son sabrolaser en coordination parfaite avec ceux d’Aurelia et de Katria qui venait de revenir pour l’affronter. Deux n’était pas suffisant, les jeunes femmes furent vite dépassées par les coups de la créature. Pourtant, le Besalisk n’aurait fait qu’une bouchée de beaucoup de Sensitifs mais elles réussissaient à lui tenir tête. Katria, Aurelia et Koyne étaient cependant en train de le faire. La créature semblait à peine douée de sensibilité, Bolkan rugissait de rage, il fonçait et chargeait ses adversaires avec une puissance peu communes. Plusieurs fois, il avait chargé des troncs d’arbres qui s’étaient affaissés. Et pourtant...Et pourtant malgré ce déferlement de violence, Yahto Bolkan restait maître de son sabre et combattait avec des mouvements d’une finesse technique inégalée.

-Tu vas mourir, c’est fini !


Aurélia s’était laissée aller et fondait à nouveau sur le Besalisk avec rage, ce dernier combattait Koyne et fut surpris alors qu’il menait un assaut à bien. L’espace d’un instant, il avait fait tournoyer son sabrolaser et l’avait fait passer dans son dos très rapidement, changeant sa garde, ramenant la garde à gauche pour frapper DuCade au flanc...Cette dernière n’avait pas vu venir le coup mais fut sauvée in extremis par l’attaque simultanée de Katria sur le flanc alors qu’Aurelia sur l’autre flanc était repoussée par une Poussée de Force. Katria dévia la trajectoire de la lame du Maître d’Arme, cette dernière ne put que toucher Koyne au flanc, lui infligeant une brûlure mineure. Se reprenant rapidement, Bolkan fut forcé de reculer. Quelques secondes de battement, quelques secondes durant lesquelles le regard du Besalisk s’illumina alors qu’il laissait apparaître un sourire en coin. Il dépassait Katria de beaucoup et sa carrure semblait monstrueuse face à elle.

-Bien joué. Tu viens de sauver ta Maîtresse. Que se serait-il passé si tu ne l’avais pas fait ? À une fraction de secondes près, je l’embrochais sur mon sabre et le combat était terminé. Oui terminé, car toi, tu ne combats pas par idéologie mais par fidélité...Tu es perdue et je l’ai ressenti depuis le début du combat. Seule une âme en perdition peut accepter de combattre quelqu’un à trois contre un pour le massacrer sans savoir pourquoi on en est arrivé là. Je vais peut-être mourir ce soir, mais que je meure ou que je vive, je resterai libre…


Ces paroles qui avaient été les seules de Bolkan à l’attention de Katria flottaient désormais dans son esprit avec une sorte de légèreté éthérée. Si elle n’avait pas aidé sa Maîtresse ce jour-là, elle serait sans doute morte. De même, les doutes et les questions émis par Bolkan à propos des véritables motivations qui avaient poussé Katria à suivre DuCade. Elle l’avait suivie car elle l’avait recueilli...Mais après ? Un dernier petit souvenir revint dans son esprit, celui de ce qui s’était brièvement passé entre elles, comme pour clôturer les choses, pour accentuer le côté affectif. Sei’Vys avait brièvement utilisé la torture par le chagrin sur Katria mais il n’avait pas pu l’utiliser pour lui faire mal comme il aurait voulu le faire, simplement pour soulever des idées et la déstabiliser un peu plus. Par ça il comptait la faire douter un peu plus et l’inciter à prendre part à ce combat dantesque qui lui faisait face.

Comme si une machine infernale était en marche, jouant une tragédie dont l’Acolyte était le centre de gravité, une sirène d’alarme se mit à hurler. Des bruits de véhicules et de moteurs se firent entendre tout proche, à l’extérieur du village. Le tintement de rouleaux de fils de fer barbelé qu’on déploie, le tambourinement des bottes sur le pavé et des ordres secs et saccadés hurlés par les officiers. La Triade était toute proche. L’espace d’un instant, un sifflet retentit à plusieurs pâtés de maisons, faisant écho dans la nuit, suivi d’une voix grave et masculine d’un officier de la REPo.


-Attrapez-les ! Le Commissaire veut les Sensitifs vivants, tuez les autres !


Cela en disait long sur le sort qui attendait les Sensitifs qui se feraient capturer par la REPo. Les soldats se déployaient dans le village. Les bruits de moteurs ronronnant émanaient de différentes directions et Katria pourrait comprendre que le village avait été encerclé par la Triade. Les soldats battaient le pavé de leurs bottes, ils seraient sur eux d’un moment à l’autre. La seule chose qui les ralentissait était le fait qu’ils avaient peur de résistance du Crimson Elite à l’intérieur du village. Sei’Vys fonça une nouvelle fois à l’assaut, il toucha DuCade en lui transperçant l’épaule, il la fit tomber grâce à la Force puis s’approcha pour lui donner le coup de grâce. En un éclair, le Bothan sortit son deuxième sabrolaser, croisant la lame avec celle de Katria, lorsqu’elle entra en scène pour sauver sa Maîtresse. Le regard jaune et malfaisant de Sei’Vys se plongea dans celui de Katria alors qu’il éclatait d’un rire rauque et malsain.


-HAHAHA, tu te décides enfin à venir me combattre, Katria. Tes sentiments pour cette traîtresse viennent de te faire basculer. Je ressens la peur en toi Katria...Je la ressens tout simplement car tu sais, tu sais désormais que tu ne pourras plus fuir. Regarde toi, petit animal apeuré, tu n’as plus aucun avenir : si tu quittes cette planète, tu ne pourras plus rejoindre les Siths et si tu restes ici, c’est la REPo qui t’attrapera et ce qu’ils te réservent est pire que la mort. Ta peur et ta colère, je les sens...Mais tu ne pourras pas inverser le cours du destin !

L’autre main de Sei’Vys venait de ranger son sabrolaser et de le remettre à sa ceinture puis il envoya une volée d’éclairs sur Katria, la projetant à plusieurs mètres. Koyne était à terre, l’épaule droite sévèrement touchée. Sur sa tunique, Katria pourrait voir au niveau du ventre une importante tâche de sang...Elle bougeait moins bien que d’habitude dans ce combat et pour cause, elle avait été blessée par un tir de plasma auparavant mais ne l’avait pas dit à son Acolyte. Elle avait voulu la protéger. Sei’Vys rit à nouveau, un rire dément alors qu’il toisait Koyne. D’un mouvement expert, il dirigea sa lame à son ventre et le lui incisa, de la position sous le nombril jusqu’au sternum. Les viscères de Koyne se répandirent au sol alors que la Dame Sith fut prise de spasmes. Sei’Vys ne l’acheva pas, il se contenta de projeter un crachât gras et jaunâtre sur celle qui fut Poing de l’Empire. Puis il se retourna vers Katria, profitant de son choc émotionnel, riant à gorge déployée.


-Allez, lève-toi...Et viens me combattre. Accomplis ton destin et termine ta formation !

Sans prévenir, le Bothan se rua à toute allure sur Katria pour lui faire subir le même sort que sa Maîtresse dont les spasmes nerveux s’essoufflaient alors que ses yeux se vidaient de toute vie. Une masse importante s’intercala entre les deux, katana Jedi en main. Le Maître Jedi Arlan Potyme échangea plusieurs bottes avec Sei’Vys, sauvant ainsi la vie à Katria. Le Jedi était blessé, il bougeait lui-aussi moins vite qu’au début mais il venait de la sauver.

-Relève-toi et va au vaisseau, ne reviens surtout pas l’affronter !


Le rire dément de Sei’Vys retentit de nouveau, alors qu’il se battait avec rage contre Potyme qui pourtant était diminué. Katria avait désormais un choix à faire...Fuir ou affronter Sei’Vys...Tomber définitivement dans le Côté Obscur ou accepter la sagesse de la lumière, l’espace d’un instant. Remus avait aussi sorti son sabrolaser et prêta main-forte à son Maître, pour contenir la rage de Sei’Vys qui riait comme un diable. Ce rire n’était pas sans aucun but, Katria pourrait entendre les bruits des bottes qui se rapprochaient...Sei’Vys parlait fort, il faisait un maximum de bruit pour attirer la Triade qui serait là d’un moment à l’autre.
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Katria Dashiell
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Mer 14 Juin - 0:19

Le combat continuait et malgré les ordres de DuCade, Katria avait de plus en plus de difficultés à ne pas intervenir pour prêter main forte à sa maîtresse, cette femme qui représentait tant à ses yeux et qui, même si elle était bonne bretteuse, risquait sérieusement sa vie face à Sei'Vys. Parce que loin du mentor violent et colérique qu'il avait été dans le passé, il était évident que le Bothan possédait désormais une parfaite maîtrise de ses pulsions, mais aussi qu'il était doué. Très doué. À l'image de Bolkan que l'Acolyte avait affronté sur Ultaar avec Koyne et Aurélia Malys, de ce combat si rude et si violent que les trois femmes avaient eu de la chance de s'en sortir sans blessure majeure ! Mais aussi de ce jugement que le Besalisk avait émis à l'encontre de Katria, la qualifiant d'âme en perdition n'ayant plus que sa fidélité à Shadowsun pour moteur dans sa vie … de cette accusation qui n'avait d'ailleurs pas taraudé la jeune femme plus que cela parce qu'au final, après des années de souffrance sous la houlette de Sei'Vys puis de Alarak, Koyne l'avait véritablement sauvée. Corps et âme. Elle l'avait sauvée puis lui avait apporté une stabilité nouvelle, une possibilité d'avancer à nouveau et de progresser, mais aussi la chance de mener sa vie comme elle l'entendait. Parce que malgré le sous-entendu plus que lourd amené par Bolkan, DuCade n'avait jamais ni soumis ni menacé Katria. Et si la jeune femme lui était fidèle, elle lui était fidèle librement. De ce concept d'affection et de fidélité que les Sith ne devaient sans doute même pas connaître tant ils n'étaient occupé qu'à s'entre-dévorer !

Quant à cette nuit qu'elle avait partagé … mais stop, pourquoi pensait-elle à ça ?! Pourquoi venait-elle de penser à Bolkan pour finalement dériver sur la nuit d'anniversaire de Koyne ?! Et pourquoi avait-elle totalement zappé d'obéir à sa maîtresse en transmettant ses ordres … ?

« Capitaine Vokele, est-ce que nous sommes prêts ? Que les pilotes s'occupent de préparer le décollage pendant que les derniers blessés sont installés, nous ne devons pas perdre de temps ! »

Sei'Vys, cet espèce de sale …
À n'en pas douter, le Bothan venait de pénétrer dans son esprit pour y jouer librement avec ses souvenirs et tenter de s'en servir contre elle, et l'Acolyte lui jeta aussitôt un regard noir tout en inspirant profondément pour se calmer un peu. Aux raideurs présentes dans ses mâchoires et dans ses mains, il était évident que son stress était en train de la gagner de plus en plus, et l'arrivée proche des soldats de l'Entente qu'elle pouvait déjà entendre n'était pas non plus pour la rassurer.

Ducade devait tuer Sei'Vys, et elle devait le tuer vite !
Pour qu'ils pussent tous fuir Bonadan et que le Bothan fût enfin hors d'état de nuire !

Mais lorsque son ancien mentor parvint à se glisser sous la garde de Koyne pour lui transpercer l'épaule avant de la jeter à terre, il ne fallut pas plus d'une fraction de seconde à Katria pour intervenir, et ce fut sans trembler qu'elle lui asséna un brutal coup de sabre. Et ce fut sans trembler qu'elle soutint son regard tandis que ses paroles fielleuses ne lui arrachèrent pas la haine qu'il semblait escompter même si – effectivement – l'Acolyte ne pouvait nier sa crainte vis-à-vis de cette situation tendue.

« Non, c'est vous qui n'avez aucun avenir. Vous n'êtes qu'un parasite qui se nourrit de la peur et de la colère des autres, mais vous n'êtes rien sans ça ! »

Auprès de Koyne, Katria avait redécouvert qu'elle pouvait avoir des espoirs et des projets d'avenir, qu'elle pouvait se perfectionner dans des domaines où elle était douée, mais aussi qu'elle pouvait à nouveau faire confiance et éprouver certains sentiments. Mais Sei'Vys … Sei'Vys n'avait rien, strictement rien ! Sans victime à martyriser, il était comme un chien désœuvré tournant en rond, et la jeune femme n'enviait finalement pas sa situation. Raison pour laquelle elle venait de lui répondre avec un calme et un détachement qui prouvaient tous deux que même si elle avait dérapé contre l'Acolyte de Alarak, elle ne referait plus une telle erreur.

De cette réflexion qui s'envola sitôt que le Bothan lui asséna une brutale volée d'éclairs tandis que Katria eut tout juste le temps de se protéger de ses avant-bras tout en apercevant brièvement une tache de sang maculant l'armure de DuCade au niveau de son ventre. Sombre fleur écarlate qui fit indéniablement souffrir la jeune femme bien davantage que l'électricité cruelle qui parcourut son corps pendant de longues secondes avant que …

« NON ! KOYNE !!! »



Le temps venait de se suspendre. Inutile et cruel. Teinté de cette amarante qui s'écoulait inlassablement de la blessure béante de Koyne tandis que celle-ci agonisait sur le sol poussiéreux.

Le sable se gorgeant de sang encore, et encore, et encore …
Les spasmes se répétant encore, et encore, et encore …
Jusqu'à ce qu'une onde violente et brutale parcourût la Force pour frapper Katria dans sa chair, bloquant sa respiration jusqu'à lui en brûler les poumons. Les yeux. L'estomac … Elle étouffait ! Elle étouffait et ses lèvres s'ouvrirent à plusieurs reprises pour happer désespérément l'air nécessaire à sa survie, chaque goulée l'agitant d'un léger spasme. D'un sanglot lourd et gluant comme une nappe de pétrole l'emmenant vers le fond.

Koyne …

Sous les yeux humides et dilatés de l'Acolyte, la maîtresse venait de rendre son dernier souffle, mais le regard perdu de la jeune femme semblait trop fixé sur le corps pour pouvoir ne serait-ce qu’apercevoir la silhouette menaçante qui se dirigeait vers elle. Son esprit paralysé refusant de se remettre en marche. Refusant d'admettre l'évidence. Refusant … Koyne … elle ne pouvait pas …

Mais lorsque Potyme se rua sur le Bothan afin de s'interposer, son regard quitta enfin DuCade tandis que son corps semblait reprendre vie, et ce fut dans une nouvelle respiration aussi difficile que douloureuse qu'elle balaya brièvement les environs. Comme pour comprendre. Comme pour chercher … mais quoi ? Putain quoi ?! QUOI ?!!

« Koyne … »

Même sa voix trop faible semblait désincarnée, et pourtant au fil des secondes, Katria sentait très nettement une lame de fond remonter lentement mais sûrement depuis le creux de son corps et de son âme pour la submerger. Pour l'emporter loin, très loin ! Là où elle ne pourrait plus percevoir ce salopard de Bothan qui venait de commettre la connerie de trop !

Pourquoi ?!
MAIS POURQUOI ?!
Pourquoi s'acharnait-il ainsi sur elle et pourquoi avait-il osé toucher Koyne ?!

Et son rire … son rire qu'elle aurait voulu lui rentrer dans la gorge à coups de sabre !!

« Il doit payer ! »

Debout sur ses pattes malgré ses tremblements, sa voix rauque venait enfin de retentir dans le vacarme déjà assourdissant de Bonadan, mais sa position n'était pas agressive pour autant. Malgré son sabre toujours logée au creux de sa paume droite, la jeune femme était si paumée qu'elle semblait ne pas savoir quoi faire de ses mains. Ni quoi faire de son regard qui continuait à balayer follement les environs.

Koyne, Sei'vys, les Jedi, le vaisseau … putain elle chialerait plus tard, elle devait faire quelque chose là ! Elle devait agir, sinon ce seraient leurs cadavres à tous qui joncheraient bientôt le sol comme de la mauvaise herbe !

« Vokele … nous sommes prêts au décollage ? »

La bouche grande ouverte, elle manquait d'air.
Les membres tremblants, elle semblait sur le point de s'écrouler.

Mais malgré tout, le dernier ordre de Koyne résonnait encore dans sa tête, et lorsque le Capitaine lui confirma que tout était prêt pour partir, ce fut également le moment que choisit la Triade pour apparaître avec ses chiens prêts à mordre. De ces chiens qui avaient déjà mordu vu la tache de sang qu'elle avait découverte sur sa maîtresse qui s'était portée au combat malgré sa blessure …

Et soudainement, Katria se plongea dans la Force tandis que celle-ci semblait étrangement vide – vidée – et la jeune femme projeta une très violente poussée de Force sur Sei'Vys afin de balancer le Bothan plus loin, juste le temps pour les deux Jedi de grimper à l'intérieur du vaisseau tandis qu'elle se tenait elle-même au milieu de la rampe.

Quitter Bonadan, elle voulait juste quitter Bonadan …
Comme un leitmotiv qui la tenait encore debout. Et qui la tiendrait debout jusqu'à ce qu'elle ait accompli sa tâche.

Et ensuite … ensuite sans doute qu'elle s'effondrerait tant son corps ne demandait que ça, mais son âme continuerait quant à elle à se débattre dans des filets qu'elle ne connaissait que trop bien. Ceux de la peur, de la douleur, et de cette rage qu'elle savait ne pas devoir éprouver. Ceux de la solitude également, maintenant qu'elle devait perdre la personne à laquelle elle avait tant tenue.

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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Sam 17 Juin - 11:04
Vokele avait répondu à l’affirmative aux directives de la jeune femme. Le Capitaine avait pourtant bien compris que la situation était critique et pourtant, il avait distribué ses ordres à des hommes qui agissaient quasi-mécaniquement. Les soldats du Crimson Elite s’étaient affairé à traîner les blessés sur des civières à l’intérieur du vaisseau, l’un après l’autre. L’infirmier et le médecin à bord s’efforçaient de tenir le rythme et de s’occuper des cas les plus graves. Ce vaisseau de transport était très bien équipé et avait même été étudié pour traiter des blessés grave. Du matériel qui était le reflet de la doctrine de Koyne. Il n’y avait autour de Vokele qu’un petit groupe d’une vingtaine de soldats, c’était ce qui restait de l’expédition, c’était bien maigre en comparaison du groupe envoyé par DuCade. Aucun cependant ne semblait faire cas de cet état de fait.

En quelques instants Koyne n’était plus. Le Poing de l’Empire avait succombé et désormais, Sei’Vys combattait le Maître Arlan Potyme avec aisance. Car oui, Potyme ne tiendrait pas longtemps face à Sei’Vys, ses blessures le faisaient souffrir et son épaule l’handicapait. Le Maître tentait de se battre avec la meilleure cadence possible mais il était évident qu’il se fatiguerait vite. Le bruit de martellement des bottes sur le pavé se rapprochait, de même que des hurlements aboyant des ordres, galvanisant les soldats de la Triade. Les Carabiniers firent leur entrée, ils déboulèrent de deux artères du village. Les soldats de l’Entente ne réfléchirent pas plus qu’ils n’hésitèrent, épaulant leurs carabines à plasma, ils firent feu sur le vaisseau, le noyant sous un déluge de plasma. Fort heureusement, les pilotes avaient activé les boucliers déflecteurs qui absorbèrent immédiatement les projections énergétiques. Vokele distribua aussi ses ordres, cinq soldats du Crimson Elite sortirent du vaisseau avant d’ouvrir le feu sur les hommes de la Triade qui furent obligés de se mettre à couvert. Tout alla très vite, alors qu’elle questionnait Vokele, des tourelles fixes du vaisseau avaient ouvert un feu nourri sur les hommes de la Triade, les maintenant à couvert. Des Carabiniers avaient pris les postes des artilleurs et les moteurs du vaisseau ronronnaient désormais.


-Affirmatif, il faut y aller maintenant, nous sommes prêts. Les boucliers déflecteurs ne tiendront pas infiniment.


Sei’Vys fut projeté à travers la vitre d’une baie vitrée par la poussée de Force de l’Acolyte dont les pouvoirs étaient décuplés par la situation. Pendant ce temps, les cinq soldats du Crimson Elite se ruaient sur les Jedi et l’Acolyte afin de les aider à rejoindre le vaisseau. Ils y étaient presque, deux soldats avaient chargé le corps encore pris de quelques spasmes nerveux de Koyne sur une civière qu’ils chargèrent à bord. Tout alla très vite, alors que les tourelles du transporteur maintenaient un feu continu sur les Carabiniers qui tentaient désormais de contourner les artères principales du village, Vokele ferma la passerelle et donna l’ordre de décoller à travers son ComLink. Déjà, des bruits de tirs retentissaient à l’intérieur de l’aéronef, un des soldats de la Triade avait pris position sur une fenêtre avec une mitrailleuse lourde. Le vaisseau décollait déjà. L’engin prit rapidement de la vitesse après son décollage en catastrophe.

Durant quelques minutes, le temps sembla se suspendre. Les soldats du Crimson Elite ne disaient plus rien, certains assis sur les strapontins qui bordaient la soute, d’autres quittant leur casque tout en dévoilant un visage fatigué et en sueur. Vokele gardait un visage très sérieux, fixé sur son datapad avec lequel il inspectait toutes les jauges du vaisseau, vérifiant une fois de plus qu’il y avait suffisamment de carburant et que la coque n’avait pas subi de dommage trop important. Le vaisseau traversa plusieurs couches de nuages pour finalement quitter l’atmosphère en prenant de la vitesse. Le ciel obscur et les ténèbres de la nuit laissèrent bientôt apparaître l’espace sombre et froid. Alors qu’un duo de techniciens passait en revue les différents équipements, Vokele se rapprocha de Katria et s’assit à côté d’elle, adoptant un air grave.


-Nous l’avons échappé belle. Dame DuCade ignorait que nous serions confrontés à une telle force. La Triade n’était censée disposer que de quelques agents de la REPo venus jouer les médiateurs…


Alors qu’il terminait cette phrase, son regard se perdit dans le vide. Il était très difficile de savoir s’il avait du ressentiment ou juste un profond sentiment d’injustice. En fait, si Katria était attentive dans la Force elle verrait que la Capitaine était confus. Les canons s’étaient tus, les combats étaient terminés, l’excitation s’était estompée et désormais chacun mesurait les conséquences de ce qui s’était passé.

-C’était le cas, jusqu’à il y a environs deux semaines. La première fois que nous sommes venus, ils n’étaient pas si nombreux...Puis après...Après ils ont commencé à s’agiter, il y en avait partout. Nous ne pouvions plus rencontrer personne sans qu’ils ne soient là.

Même si un infirmier était en train de nettoyer les plaies de Potyme pour le soigner, ce dernier s’était tourné vers Vokele et avait répondu. Le Maître Jedi gardait une maîtrise de lui-même impressionnante, il semblait de marbre, son visage ayant retrouvé son expression grave habituelle. Alors que le Capitaine allait répondre, un médecin militaire fit son apparition, sa blouse était tâchée de sang et il retira son masque l’espace d’un instant, affichant une mine abattue.

-Il n’y a plus rien à faire...C’était déjà fini lorsque vous l’avez montée à bord…


Il n’y avait même pas besoin de préciser, tous savaient de qui il parlait. Mais y avait-il eu le moindre espoir de la sauver avec de telles blessures ? Tous savaient que Koyne DuCade avait été mortellement blessée, tous savaient qu’elle ne survivrait pas. Eh pourtant, pourtant Vokele s’était surprit à espérer qu’ils puissent faire quelque chose. C’était idiot et naïf, pourtant il avait voulu croire en sa chef jusqu’au bout. Tant de chemin parcouru, lui le rebut, le rejeté, il connaissait Koyne depuis plusieurs années. Servir avec DuCade avait été un honneur pour lui et même une fin en soi. Le Capitaine Vokele faisait partie de ceux qui étaient là depuis le début, lorsque le Crimson Elite n’était qu’une petite escouade...Son visage n’afficha pourtant aucune expression de tristesse, il devint juste encore plus impassible, plus morne. En plus de l’émotion de l’instant, une autre réalité bien plus cruelle venait de lui éclater au visage : ils étaient désormais orphelins. Koyne DuCade avait été à la tête du Crimson Elite et ceux qui en faisaient partie servaient ses idéaux., mais sans Koyne, qu’allait-il se passer ? L’homme laissa quelques minutes s’écouler, même les techniciens s’étaient arrêtés un instant pour écouter ce que le médecin avait à dire. Seulement voilà, le médecin était resté totalement immobile, comme si lui-même ne savait pas trop quoi faire. D’un mouvement de la tête, Vokele l’autorisa à se retirer, il fit également signe aux techniciens de continuer leur travail, ils parurent presque soulagés, soulagés d’avoir un ordre, de voir que les choses continuaient. Vokele se tourna alors vers Katria, toujours aussi grave.


-Je suis désolé, nous aurons fait notre maximum. J’imagine que c’est vous qui commandez désormais. Prenez votre temps, reprenez vos esprits. Je serai dans le cockpit...Lorsque vous serez prêtes, venez me donner vos instructions.

Vokele n’avait pas versé dans un sentimentalisme exacerbé et pourtant, sa voix était chevrotante. L’officier était perdu, le fait que Koyne n’encadre plus le Crimson Elite l’angoissait, tout simplement car désormais, il n’avait plus aucune hiérarchie à laquelle se raccrocher. Il ne restait plus grand monde du gros commando qui avait investi Bonadan pour sauver Katria, beaucoup étaient morts dans l’anonymat. Katria avait été piégée et s’était une fois de plus confrontée à la réalité de la guerre, désormais elle commandait le Crimson Elite. Maître Potyme et Remus étaient à côté d’elle, assis sur les strapontins, pourtant, aucun ne fit aucun commentaire, ils restèrent là, respectant un silence parfait face au drame qui venait de se produire.
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Katria Dashiell
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Dim 18 Juin - 0:01

Un pas après l'autre, Katria avait remonté la rampe du vaisseau comme un automate avant de se laisser lourdement retomber sur un strapontin de la soute, mais la jeune femme se sentait désespérément vide. Son esprit englué par les événements tournant littéralement au ralenti tandis que son regard toujours dilaté fixait un point invisible sur le sol métallique. Elle était loin. Très loin. Et dans un ultime effort pour se protéger, elle avait mis à profit les dernières secondes pour se couper de la Force autant que possible, refusant ainsi de pouvoir percevoir la peine, la colère ou la confusion de tous ces hommes qui l'entouraient mais qu'elle ne voyait même pas tant elle était elle-même perdue. L'échine basse tandis qu'elle avait posé ses coudes sur ses genoux, image même de l'abattement même si elle conservait toujours le visage le plus neutre possible. Le plus fermé aussi tant elle ne souhaitait plus qu'une seule et unique chose : s'isoler ! Loin des soldats du Crimson Elite et loin des Jedi ! Loin de tous afin de pouvoir enfin laisser libre court à son chagrin qui la taraudait telle une lame de fond qui – dans son ressac – apportait encore bon nombre d'autres sentiments qu'elle tâchait toujours d’étouffer. Comme elle étouffait elle-même tandis qu'elle écoutait à peine les paroles qui s'échangeaient tout autour d'elle.

Mais toutefois lorsque le médecin militaire refit son apparition pour confirmer la mort évidente de Koyne, l'Acolyte put aussitôt ressentir une légère irritation. Comme un coup de vibrolame déchirant le voile de brouillard qui l'avait séparé du reste du monde …

Elle commandait désormais ?
Et on attendait d'elle des instructions ?

Tandis que son regard percevait enfin Vokele qu'elle suivait désormais des yeux, ces nouvelles s'abattirent sur elle comme autant de coups durs supplémentaires, et elle sentit aussitôt son désarroi s'accroître. Aussi vicieux que cruel tandis qu'il se chargea de lui rappeler certaines réalités qu'elle aurait pourtant aimer oublier : comme pourrait-elle être responsable de qui que ce fût dans la mesure où elle n'était même pas capable de s'occuper d'elle même ?! Après tout, toute cette monstrueuse débâcle reposait déjà sur ses épaules tant elle était la seule idiote à s'être jetée complaisamment dans la gueule du Vornskr, et elle s'en sentait clairement pas fière. Et ce même si – même si – une évidence s'insinua très rapidement en elle tandis que sa voix se fit enfin attendre.

« Attendez Capitaine … »

De cette voix qui n'avait pas tremblé même si elle n'était pas très assurée, et Katria se redressa bientôt sur son siège tandis qu'elle s’apprêtait à donner ses premiers ordres. Symboles mêmes du trépas de Koyne qui s'était sacrifiée pour elle.

« Nous ne rentrons pas à Rothana, ce serait trop dangereux : Akni risque d'y envoyer des assassins pour achever le travail, en tout cas si ce n'est pas déjà fait. Calculez un trajet jusqu'à l'Espace Hutt, nous y serons provisoirement en sécurité … et prévenez aussi Rothana de ce qui s'est passé. Akni va certainement organiser une purge des proches de Koyne. »

Son père, sa mère, Aurélia Malys ou encore les officiers qui avaient longtemps servi à ses côtés et qui adhéraient donc entièrement à sa doctrine … autant de victimes que l'Impératrice allait sans doute perpétrer afin d'asseoir son pouvoir mesquin, et la jeune femme ne pouvait d'ailleurs qu'espérer qu'il ne fût pas déjà trop tard pour eux.

Mais quant au reste …
Si le Crimson Elite disposait effectivement d'une base sur Nar Shaddaa, celle-ci ne serait pas non plus sûre plus de quelques jours, mais Katria n'avait pourtant aucune idée des instructions qu'elle allait pouvoir donner à Vokele. Parce qu'elle n'avait aucun sens tactique, parce qu'elle n'arrivait pas à la cheville de Koyne, parce qu'elle se sentait résolument maudite également !

Et tandis que le Capitaine quitta la soute pour rejoindre la cockpit, la jeune femme se releva bientôt de son siège tout en lâchant un « Excusez-moi » du bout des lèvres, désertant ainsi les lieux d'un pas mal assuré qui la conduisit bientôt dans l'un des couloirs menant à une obscure salle auxiliaire dont elle se foutait totalement. Tout comme elle avait dédaigné l'infirmerie où elle savait que se trouvait désormais le corps de sa Maîtresse, de cette vérité qu'elle ne voulait pas affronter – pas encore – afin de se préserver encore un peu. Juste un tout petit peu …

Et enfin seule, ce fut dans une semi-obscurité à peine troublée par les éclairages de veille qu'elle se laissa glisser le long d'un mur jusqu'à se retrouver assise au sol. Ses bras entourant bientôt ses genoux qu'elle colla contre sa poitrine tandis qu'un lourd sanglot lui échappa dans le silence de l'endroit.

Elle ne savait pas quoi faire …
Elle ne savait plus quoi faire !

La seule chose dont elle était sûre, c'était que Sei'Vys venait de crever quelque chose de précieux en son âme, et malgré sa respiration difficile, ses larmes ne semblaient même pas vouloir venir. Sans doute bloquée quelque part – entre sa souffrance et sa conscience – afin de la pousser à agir et à réagir au mieux.

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Holocron
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Mer 21 Juin - 22:08
Le Capitaine Vokele se contenta d’acquiescer aux demandes de Katria. Il l’avait vu l’espace d’un instant se liquéfier, elle semblait avoir perdu foi en tout. Cet instant, il avait failli basculer lui-aussi. Après tout, le Crimson Elite venait de perdre une grande partie de ses effectifs, mais ces hommes s’étaient engagés par idéalisme, ils avaient cru dans les idéaux de renouveau de la Comtesse de Rothana et s’étaient senti orphelins. Le Capitaine fut rassuré de voir que finalement, la chaîne de commandement n’était pas rompue, ils avaient un but. Un but qui pouvait paraître dérisoire puisqu’ils étaient en fuite, mais un but quand même. L’homme se mit immédiatement au garde-à-vous.

-À vos ordre ! Nous ferons un détour pour récupérer ce qu’il reste de nos effectifs et tout notre matériel, nous devons mettre tout le monde à l’abri. J’ai une idée concernant un endroit où nous pourrions nous cacher dans l’espace Hutt. Ce n’est connu que de moi et il est peu probable qu’on nous retrouve là-bas.

Le Crimson Elite n’était pas un petit groupe, il y avait des effectifs importants de soldats d’élite qui étaient restés dans les bases annexes de la Société Militaire Privée et Vokele savait que tous les membres en seraient traqués. Pour le moment il n’était plus question de combattre mais de se mettre en sécurité. Vokele savait pertinemment ce que tout cela impliquait, tous allaient devoir évacuer les installations. Fort heureusement, les membres de la SMP étaient là par adhésion à une idéologie, ils suivraient donc le mouvement sans se préoccuper de la paye, même si Vokele savait que cela aussi serait à un moment un problème. Chaque chose en son temps, pour le moment tous les membres de la SMP devaient évacuer. Cela ne mettrait pas très longtemps, c’était une éventualité que Koyne DuCade avait envisagé, elle avait prévu de nombreux vaisseaux de transports qui étaient maintenus prêts à décoller. Le Crimson Elite n’aurait jamais existé, personne ne soupçonnerait même les bases qu’ils avaient utilisé.

L’officier avait déjà tourné les talons vers le cockpit. L’homme était heureux, il était pris d’un nouvel entrain malgré les camarades qui étaient tombés. Le Crimson Elite assurerait sa pérennité immédiate. Katria disparut immédiatement, sous le regard de Potyme et de Remus. Après tout, que pouvait-on espérer après cela ? Le Côté Obscur avait été omniprésent durant cette mission et désormais, la peine de Katria était symptomatique de ce qui se passait lorsque quelqu’un venait à être confronté à cela malgré sa formation incomplète. Pas vraiment Jedi, pas non plus Sith, Katria Dashiell était désormais perdue, et ses nouvelles fonction de commandant du Crimson Elite semblaient ajouter à son trouble, chose que le Maître Potyme avait immédiatement ressenti dans la Force.

Qu’auraient pensé les gens du Conseil face à une telle situation ? Ils étaient dans un vaisseau qui filait vers l’espace Hutt, un vaisseau commandé par le Crimson Elite, un corps de forces spéciales fondé par le Poing de l’Empire -dont le corps se trouvait à bord- et commandé par son Acolyte. Le Conseil aurait hurlé au scandale, aurait appelé à la prudence. Pourtant, ce Conseil si prudent était en pleine mutation, sans doute car les Jedi se rendaient compte que les choses changeaient, que la guerre nécessitait d’agir un peu plus. Les Jedi étaient face à leurs anciennes peurs : celles de devoir cumuler des fonctions au sein de l’Ordre et des fonctions militaires, c’était concrètement ça qui avait poussé l’Ordre à maintenir une telle neutralité...Une telle inaction. Tant de gâchis. Comme un avertissement ou un signe lancé par la Force, cette fois le Maître se trouvait face à une autre situation qui rappelait celle de la guerre des clones : face à une ancienne Padawan qui avait glissé du Côté Obscur et qui était désormais totalement perdue. Les Jedi n’auraient pas cautionné de se rapprocher de Katria et pourtant, la laisser seule ne ferait que la laisser dans son trouble. Cela rappela à Aslan Potyme une conversation qu’il avait eu avec le Grand Maître K’Kruhk qui n’avait pas hésité à revenir vers Quinlan Vos, un Maître plusieurs fois revenu du Côté Obscur, ce Maître était son ami et pourtant, ils s’étaient affrontés dans un combat à mort. Maître Potyme se leva, tout en faisant un signe délicat à Remus pour qu’il reste dans la soute. Il devait parler à Katria, parler seul.

Alors qu’il arriva dans la petite salle de repos, Potyme entendit immédiatement les sanglot. Katria Dashiell n’était qu’une enfant perdue. L’homme tapa avant d’entrer, ne faisant aucune remarque, ne montrant aucune émotion. Il respecta avec pudeur le fait que Katria soit perdue. L’imposant Jedi s’assit face à la jeune Acolyte à la chevelure de feu puis prit la parole d’une voix douce et rassurante.

-Je sais que beaucoup de formules préconçues seraient de bon goût dans ce type de situations. Je sais aussi qu’aucune de ces formules ne pourrait résoudre les problèmes actuels auxquels tu fais face.

Potyme était étonnamment compréhensif. Le Maître Jedi ne mentait pas, ses paroles avaient quelque chose de vrai. De plus prêt, Katria pourrait voir qu’en fait quelques rides parcouraient sa peau cuivrée et tannée par le soleil. Potyme était plus âgé qu’on aurait pu le croire.


-J’ai cinquante-neuf ans et tu sais, j’ai vu beaucoup de choses terribles. J’ai combattu beaucoup de gens mauvais, j’ai combattu un grand nombre de Jedi Noirs qui avaient succombé au Côté Obscur et même des Siths aussi. Ce long parcours m’a aussi permis d’apprécier beaucoup d’aspects de la nature humaine. Malgré mon expérience, j’ai peu de certitude et je me risque peu à porter des jugements hâtifs mais ce qui est certain, c’est que tu n’as pas le profil d’une Sith et que ta Maîtresse non plus. Tu as vu sur Sei’Vys ce qu’était réellement le Côté Obscur et ce qu’il impliquait...Lui-même ne fait que perpétrer ce qu’il a appris sous le mentorat de Darth Akni. Tu serais en droit de me dire que tu n’as pas eu de chance, ce à quoi je ne pourrais qu’acquiescer, mais je ne pourrai pas te croire si tu me dis que tu as rejoint les Siths par choix.


Potyme laissa quelques secondes s’écouler. Il n’avait pas pu développer cette idée avant mais il comptait bien profiter de ce moment pour le faire.


-Je sais que je ne pourrai pas éponger ta peine avec un grand discours, il n’est de toute manière pas dans ma nature d’en faire, je laisse cela à d’autres qui sont plus doués que moi, alors je serai bref. Puisque je ne pourrai te consoler par la parole, je vais te proposer une solution. Allons dans leur cachette de l’espace Hutt pour que tout leurs hommes se rassemblent et reprenons tous nos esprits. Je réitère ma proposition : nous pourrions tous rejoindre Hapès après, il y aura de la place pour tout le monde, ces hommes du Crimson Elite pourrait trouver leur place au sein du personnel qui entour l’Ordre, nous allons avoir besoin de gens comme eux, quant à toi, tu peux revenir avec nous et continuer ta formation. Il y aura aussi la possibilité d'accueillir des réfugiés de Rothana s'ils sont persécutés. Tu n’es pas obligée de nous donner une réponse tout de suite, de toute manière, cela sera examiné par le Conseil et tu devras montrer que tu es motivée, mais tu peux y arriver, j’en suis certain. C’est à toi qu’appartient ce choix désormais, tu peux choisir de prendre en main ton destin...Choisir la rancœur et la vengeance, ce qui te ramènera indéniablement dans le giron d’Akni et de Lustrum jusqu’à devenir Darth toi-même...Ou choisir une voix plus lumineuse et finalement plus juste...
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Jeu 22 Juin - 15:30

« Je leur parlerai de votre proposition une fois arrivés, mais la décision leur reviendra au final. Ce n'est pas à moi de décider pour eux. »

Sans un mot et sans un bruit, Katria avait écouté les paroles du Maître Jedi avec attention malgré sa tête toujours basse – espérant sans doute fixer ainsi son esprit sur autre chose que sa peine – mais elle avait toutefois mis de longues secondes avant de lui répondre. Des secondes emplies de doutes et d'hésitations, emplies de cette angoisse de prendre encore une fois la mauvaise décision et de mener d'autres qu'elle à la mort. Le constat de ses échecs était déjà lourd à porter, mais avoir la responsabilité d'autrui sur ses épaules était un véritable fardeau qu'elle ne se sentait clairement pas capable d'assumer. Chaque soldat du Crimson Elite et chaque proche de Koyne ferait ainsi son choix en son âme et conscience, ce qui aurait au moins le mérite d'alléger l'esprit déjà tourmenté de la jeune femme.

Tourmenté par le passé.
Tourmenté par l'avenir aussi …

Les accompagner à Hapès afin de poursuivre sa formation de Jedi ?
La proposition était indéniablement tentante, mais même si Potyme était dans le juste en affirmant que l'Acolyte n'avait pas le profil d'une Sith, il se trompait tout de même à son sujet : si elle n'était pas réellement une Sith, elle était toutefois loin d'être une Jedi. Très loin même. Non seulement à cause de ses années passées au sein du One Sith – d'entraînements marqués par la violence aux combats sur Erinar – mais aussi à cause d'un petit élément que Koyne lui avait révélé tout récemment et qui semblait bien la condamner : la Force lui avait offert le Don d'utiliser la Magie Sith. De ce Don qui ne pouvait pas se refuser et qui faisait donc d'elle une Sith intrinsèquement. Sans recours ni échappatoire. Mais aussi … sans que Potyme ne semblât l'avoir détecté ? Parce qu'il l'avait bel et bien perçu mais sans souhaiter le signaler, ou alors parce qu'il l'ignorait réellement ? À cause de son aura teintée d'Obscurité ou parce que ce Don n'était pas vraiment décelable au sein de la Force pour qui ne le connaissait pas suffisamment ?

Autant de questions sans réponse tandis que la possibilité du mensonge se profilait déjà … mais à quoi bon ? À quoi bon mentir ? À quoi bon jouer encore un rôle comme elle avait déjà dû le faire pendant si longtemps … ?

« Mais pour le reste … je ne pense pas que ce soit possible. Je ne suis peut-être pas une Sith mais je ne suis plus une Jedi non plus. Je suis … différente … »

De cette conclusion bien vague et énoncée d'une voix hésitante, mais l'évidence était toutefois bien là : elle pouvait maîtriser la Magie Sith, elle connaissait le Noir Parlé, elle avait déjà agit sous le coup de la colère et de la peur, et Erinar lui avait également appris la nécessité de quelque fois tuer pour ne pas se faire tuer soi-même. Autant d'éléments qui trahissaient une réalité, qui trahissaient qu'elle avait depuis longtemps perdu sa naïveté et son innocence. Contrairement à une enfant, elle n'était plus capable de fermer les yeux pour mieux se protéger, et ses mains étaient d'ors et déjà teintées de sang.

« J'ai été la Padawan de Sei'Vys lorsqu'il faisait encore partie de l'Ordre Jedi, mais les choses n'ont jamais été faciles entre nous. C'était un Maître dur et intransigeant, et sa frustration l'a rapidement conduit à m'engueuler ou à m'humilier à la moindre erreur. En tout cas, ça a commencé comme ça, et puis … il a commencé à être violent avec moi … et je n'ai jamais réussi à le dénoncer. On revenait rarement sur Ossus et les rares fois où on s'y rendait, il y avait des problèmes bien plus importants à gérer que ça … alors je n'ai rien dit … et je me suis contentée de m'enfuir un jour pendant une mission. Je pensais que ça suffirait à régler mes soucis, peut-être pour recommencer une nouvelle vie … »

Après tout si Potyme entretenait encore quelques illusions à son sujet, autant les briser avant de finir par croire à ses faux espoirs, et les faits parlaient clairement d'eux-mêmes tandis que Katria avait recommencé à parler. Fixant toujours la petite parcelle de sol métallique qui la séparait du Jedi assis à côté d'elle.

« J'ai passé quelques semaines sur Roon, à vivre dans la jungle au milieu des fauves, et puis j'ai été capturée par Darth Alarak, l'ancien Poing de l'Empire. Et malheureusement … il m'a trouvée intéressante … suffisamment en tout cas pour vouloir faire de moi son Acolyte … »

Sombre évocation qui semblait bel et bien lui rester en travers de la gorge, mais Katria peinait réellement. Chaque souvenir de Alarak paraissait vouloir la repousser vers les souvenirs qu'elle avait de Koyne, et l'exercice se révélait douloureux. Bien trop douloureux pour qu'elle pût continuer d'ailleurs tandis qu'elle se força à se calmer. À inspirer profondément. Et à ravaler un nouveau sanglot qu'elle sentit poindre du fond de son corps.

« C'est Koyne qui m'a tirée de là mais même si c'était une femme formidable, ça ne change rien au fait que je ne suis plus une Jedi. J'ai été entraînée comme une Sith, j'ai acquis des techniques de Sith, j'ai combattu sur Erinar et j'ai déjà tué sous le coup de la colère. Au final, je … je ne suis plus la gamine que j'étais chez les Jedi, et je ne suis plus suffisamment naïve pour espérer que cette guerre se finira avec quelques paroles et des sourires. Les Sith sont des monstres que Koyne voulait changer de l'intérieur … et voilà le résultat … »

Koyne avait échoué, pas par faiblesse mais parce qu'elle avait voulu l'aider.
De cette horrible culpabilité qui l'écrasait comme le plus dément des poids tandis que – enfin – les premières larmes firent leur apparition sur ses joues sans qu'elle ne pût les retenir. Des larmes amères de tristesse et de rage coupable qui s'écoulèrent en même temps qu'un nouveau sanglot secoua ses épaules voûtées.

Elle souffrait tellement …

« J'aurais voulu que les choses soient différentes, mais elles ne le sont pas. »

Et c'était ça, sa véritable condamnation : elle ne croyait plus aux rêves des enfants ou à l'espoir des naïfs, et vivre au sein du One Sith lui avait appris ce qu'était la cruauté de la vie. De sa vie.

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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Dim 25 Juin - 16:33
Arlan Potyme entendait les doutes de Katria. Plus que simplement les écouter, il les comprenait. Après tout, il était lui-aussi passé par de nombreuses phases de doutes concernant cette guerre et ce qui en découlait. Le Maître n’était pas un soldat, il n’avait jamais été à l’aise dans un contexte de bataille, il en était de même de la part du Conseil Jedi qui redoutait plus que tout l’ingérence ou la prise de position, ces deux éléments qui avaient poussés les Jedi jusqu’à leur propre extinction durant la Guerre des Clones. Les Jedi avaient fini par devenir des Généraux qui propageaient la guerre et ces doutes étaient cristallisés avec la présence du Grand Maître K’Kruhk qui avait vécu cette période et qui avait même vu des Jedi tomber dans le Côté Obscur au contact d’une ambiance aussi pesante. Katria Dashiell n’avait pas cette expérience, elle n’avait pas fini sa formation, ni chez les Jedi, ni chez les Siths et son explication quant à ses Maîtres successifs pouvait expliquer comment elle en était arrivée là. Seulement voilà, elle était désormais dans cette situation et elle allait devoir faire un choix. Le Maître Jedi ne comptait pas lui imposer quoi que ce soit, car c’était contraire à ses principes d’abord, puis parce qu’il n’avait aucune autorité sur elle et qu’il respectait cela. Lorsqu’elle eut enfin fini, il réfléchir durant quelques dizaines de secondes, comme s’il choisissait ses mots et tentait de réfléchir à la meilleure manière d’exprimer ce qu’il avait à dire.

-Koyne DuCade était sans doute quelqu’un de bien. Je veux bien te croire là-dessus. Tout comme je peux te croire sur la cruauté des mentors que tu as eu avant. Maître Sei’Vys ne t’a pas laissé le choix et il est évident que quelque le Seigneur Alarak ne t’a pas laissé le choix non plus. Tu as été transportée et le fait que tu quittes les Jedi pour les Siths n’est pas dû à une chute dans le Côté Obscur, en ce sens tu n’as rien à voir avec Alarak, avec Lustrum ou avec Akni qui sont devenus des Siths par leur cruauté et pour asservir une idéologie très personnelle : celle d’une ambition dévorante et de la convoitise du pouvoir. Malheureusement, le One Sith aujourd’hui vient d’affirmer sa transition vers une idéologie plus dure, plus traditionnelle, celles de Siths égoïstes qui n’auront cure d’asservir les habitants de cette galaxie et de propager le virus de la guerre. Koyne voulait changer les choses et comme on pouvait s’y attendre, Darth Akni envoie un message fort par ce qui vient de se passer sur Bonadan : les Siths ont un choix à faire aujourd’hui, se soumettre ou mourir. Koyne n’a pas échoué, bien au contraire, elle aura fait ce qu’elle pensait être juste et aura combattu cette idéologie jusqu’au bout, mais elle a été piégée par Akni, tout comme tu as toi-même été piégée par Sei’Vys et par Alarak et par le miroir aux alouettes de leur stratégie pour te corrompre : ils ont prétendu te mener à l’excellence, se posant en Maîtres, mais eux-mêmes étaient déjà corrompus et faibles. Alarak est tombé, alors qu’il était devenu l’esclave d’Akni, quant à Sei’Vys, c’est un pion qui tombera lui-aussi. Rien que ce qui s’est passé aujourd’hui devrait simplement faire tomber Sei’Vys et Alarak de leur piédestal, ils n’étaient au final que des pions et n’avaient aucune emprise sur les ficelles qui les faisaient bouger mais qui n’étaient en réalité manipulées que par Akni, un être égoïste et au final pathétique.

Potyme donnait son véritable avis sur Akni, Sei’Vys et Alarak, une vision crue et sans concession qui finalement représentait bien ce qu’il pensait des Siths. DuCade avait voulu changer les choses, mais elle avait été seule et désormais elle était morte. Toute aussi puissante qu’elle était, le Poing de l’Empire n’avait pas réussi à se rendre seule indispensable, laissant désormais Akni seule à la tête de l’Empire. La guerre continuerait, elle continuerait pendant des années et il ne fallait pas se bercer d’illusion, c’était là la marque des Siths. Les Siths avaient plongé la galaxie dans le chaos et ils s’apprêtaient à faire tomber les derniers verrous.

-Je voudrais bien te dire pour te rassurer que tout ira bien, que les Siths seront défaits et que leur Empire s’effondrera...Mais tu ne me croirais pas et tu aurais bien raison. Tu n’est plus assez innocente pour cela. Depuis la proclamation de leur Empire, les Siths n’ont cessé de gagner du terrain et l’Empire Galactique comme l’Alliance Rebelle ne font que perdre du terrain et des batailles. Nous sommes à un tournant décisif de cette guerre, celui où tout est encore possible. Alarak et Sei’Vys comme Akni n’avaient qu’une intention à ton égard : t’envoyer à la guerre et faire de toi un répliquant servile de ce qu’ils sont eux-mêmes, des zombies possédés par le Côtés Obscurs, des cadavres ambulants en sursis, dévorés par l’ambition et pourrissant à cause de leur propre orgueil. Tu as vu ce que le système Sith propageait, tu as aussi vu ce qui les motivait vraiment et aussi qu’un individu, même s’il est bien intentionné et qu’il a des talents nécessaires à leur Empire, n’est pas suffisant pour retourner la table et faire changer les choses. Cette guerre est là et ni toi ni moi ne pouvons l’ignorer, les combats se sont généralisés dans la galaxie et il n’y a plus nulle part où se cacher. Je ne te forcerai pas la main, car je suis différent de Sei’Vys, d’Alarak et d’Akni et le meilleur moyen de te le prouver est de te laisser faire ton choix. Je te laisse le choix de nous rejoindre pour mener cette guerre de manière réaliste et participer à l’effort qui fera barrage aux Siths pour construire un avenir de paix, ou de poursuivre ton chemin. Je ne te jugerai pas, et ce quel que soit ton choix, car je n’ai pas le même vécu que toi et que je n’ai pas non plus la prétention de te comprendre. Tu dois savoir cependant que si tu pars de ton côté, les Siths et l’Entente te traqueront sans relâche, puisque désormais tu représentes un trophée pour les premiers et une criminelle pour les seconds. Quoi qu’il en soit, tu peux réussir à bien te cacher si tu le désires, c’est donc désormais à toi que revient le choix. Pour ma part, je ne cherche qu’à éviter de nouveaux morts, donc même si tu ne veux pas faire de choix, tu peux venir avec nous sur Hapès et tu seras en sécurité au Temple. C’est à toi de voir.

Le discours de Potyme était terminé, il témoignait d’une très grande bienveillance et de véritables idéaux Jedi. Le Maître Jedi n’avait rejoint l’Ordre que pour maintenir la paix et montrait bien qu’il n’avait aucune velléité de pouvoir.
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Mar 27 Juin - 13:55

« Vous ne comprenez pas … »

Malgré ses larmes et malgré sa peine, Katria écoutait le Jedi avec attention – de ce calme et de cette bienveillance dont il usait afin de la rassurer – mais la jeune femme venait toutefois de s'opposer à son analyse par ces simples mots. Débités d'une voix faible, presque lointaine, tandis qu'un lourd soupir suivit quelques secondes plus tard. Symbole de la fatigue et de la lassitude qui étreignaient l'Acolyte sans plus vouloir la lâcher, sans plus vouloir la laisser en paix malgré les épreuves qu'elle avait déjà traversées. Et là, encore une fois, elle allait devoir user du peu d'énergie qui lui restait pour expliquer ses pensées à Potyme de manière plus claire.

« Je sais ce que j'ai à faire. Dans l'absolu en tout cas. »

Entre sa propre moralité et les mois passés au côté de Koyne, elle n'avait en effet aucun doute sur sa loyauté de manière abstraite, mais c'était plutôt le passage à l'acte qui lui posait présentement soucis. Parce qu'elle ne savait pas vraiment comment procéder. Mais surtout parce qu'elle ne savait pas si elle allait devoir parcourir ce nouveau chemin seule ou accompagnée … et accompagnée par qui également. Lui proposer de se rendre sur Hapès pour y terminer sa formation de Jedi était en effet une belle initiative, mais Katria ne pouvait s'empêcher de penser qu'il ne s'agissait là que d'une illusion. D'une promesse qui deviendrait caduque à l'instant même où elle serait présentée devant le Conseil qui jugerait irrémédiablement qu'elle s'était déjà trop avancée au sein du Côté Obscur …

« Ce n'est pas une question d'idéologie ou de motivation, c'est un problème beaucoup plus terre-à-terre : le Conseil n'acceptera jamais mon retour au sein de l'Ordre Jedi. Jamais. Parce que je représente tout ce que les Jedi ne tolèrent pas : ma forme de prédilection est le Juyo, j'ai un lien extrêmement fort avec les fauves qui se battent à mes côtés – surtout les Tuk'Ata – je pratique le Noir Parler et je ne peux pas effacer les dernières années que j'ai passé au sein du One Sith. De même que je refuse de devenir encore une fois quelqu'un d'autre. »

Pour Sei'Vys, elle avait rampé …
Pour Alarak, elle avait creusé encore plus profondément …
Mais c'était fini désormais !

Après avoir complaisamment accepté d'être muselée, la jeune femme n'était plus du tout prête à tolérer ce genre de pratiques, alors autant être franche avec Potyme et le lui signifier tout de suite. Finir son entraînement était une chose, mais être entièrement ré-entraînée pour pouvoir de nouveau rentrer dans le moule du Jedi parfait en était une autre.

Et puis …
Et puis après une profonde inspiration visant à se calmer complètement, la jeune femme s'ouvrit de nouveau à la Force – doucement, tout doucement – et se concentra un instant. Récitant bientôt mentalement une formule extrêmement simple en Noir Parler tandis qu'une petite flamme bleuâtre se matérialisa aussitôt dans le creux de sa main comme par magie. De cette technique typique de la Magie Sith justement, et ce sans aucun doute possible désormais.

« Alors malgré tout ça, est-ce que vous pensez toujours que m'emmener sur Hapès a réellement un sens ? A réellement une utilité ? Il y a quelques années, j'y aurais sans doute cru sans retenu mais aujourd'hui, j'avoue que je suis beaucoup moins optimiste. »

De cette manière détournée d'avouer que oui, oui elle aurait voulu se battre au côté des Jedi afin que son action eut une chance d'aboutir. Mais que malheureusement, elle avait bien des difficultés à vraiment espérer avec le passif qui était le sien.

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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Mer 28 Juin - 9:41
Maître Potyme secoua légèrement la tête. Katria n’avait réellement pas eu les bons exemples durant ses deux formations successives. Là-encore, le Jedi ne voulait pas prendre de décision à sa place, c’était un principe auquel il était trop attaché. D’un autre côté, il se devait d’expliquer au mieux à Katria son point de vue propre et la position adoptée par le Conseil. La guerre avait nécessité de prendre des mesures exceptionnelles. Les Jedi s’apprêtait d’ailleurs à s’impliquer un peu plus dans le conflit, Potyme en avait l’intime conviction. Lui ne reculerait pas, il n’avait pas peur d’affronter les Siths, il n’avait pas non plus peur de perdre la vie : il avait vu au cours de ses nombreuses années au service de l’idéologie Jedi les ravages opérés par le Côté Obscur, que ce soit du temps de Krayt ou actuellement. Mais là n’était pas le sujet, Katria parlait de ses capacités et avait visiblement très peur qu’elles soient compatibles avec un entraînement ou l’achèvement d’une formation de Jedi.

-Je ne peux pas parler en le nom du Conseil Jedi. Ta réintégration ou non au sein de l’Ordre dépendrait d’une décision collégiale de leur part. Ta vision de l’Ordre est cependant très biaisée par rapport à ton passé et à ce que tu as vu dans les limbes du Côté Obscur. De nombreux Jedi par le passé ont eu des capacités qui auraient pu être considérées par beaucoup comme obscures, mais leur manière de les utiliser et leur rapport à la Force les a toujours préservé de cela. C’est à chacun de connaître ses limites et de comprendre pourquoi il suit telle ou telle voie. C’est à toi de choisir ta voie et de te battre pour que tes aspirations se concrétisent.


Le message du Maître était simple et pouvait paraître même simpliste...Il n’en était rien. Potyme s’exprimait réellement avec sincérité. Il y avait en cet homme une sagesse que beaucoup de Jedi n’avaient pas et en dépit de son apparence de prime abord impressionnante, il s’avérait être un bon pédagogue. Loin des sermons interminables des Maîtres archivistes et Consulaires qui formaient les jeunes novices avant qu’ils ne trouvent un Maître, Potyme gardait cette simplicité et cette droiture qui étaient sa caractéristique. Il percevait que Katria était complètement troublée, la jeune femme était perdue au point de ne pas savoir du tout quoi faire, aussi voulait-il se prémunir de faire un choix pour elle. Il choisissait ses mots, tentait de lui parler sans aucune suggestion, mais il voulait lui donner de véritables éléments sur ce qu’était la véritable manière de penser des Jedi et leur philosophie, loin encore de la folie de Sei’Vys.

-Tes pouvoirs et ta formation précédente n’ont pas à être un obstacle pour toi, les choses ne sont pas toujours ce qu’on croit qu’elles sont de prime abord et même ton petit tour de Magie Sith ne me convaincra pas, pas plus qu’il ne serait un argument recevable face au Conseil, ce n’est pas cela qui dicterait la décision finale, mais plutôt ta démarche personnelle et ton projet. Nous avons appris depuis bien longtemps à nous méfier des apparences. Le Grand Maître K’Kruhk n’était-il pas un des conjurés durant la Guerre des Clones ? Tous ces conjurés prônaient un pacifisme assumé, mais la peur les a tous poussé vers le Côté Obscur...Sauf le Maître K’Kruhk qui au final est revenu vers l’Ordre, sa démarche était sincère et comme lui avait dit en ce temps le vénérable Maître Windu, sa décision aurait été respectée quelle qu’elle fût. D’un autre côté, je pourrais aussi citer un contre-exemple, celui de la Maîtresse Hélène Auria. Maîtresse Auria était une archiviste Consulaire qui fut élève du très sage Maître Shssakkarr, elle respectait toujours les règles et sans être une Jedi exceptionnelle, elle avait une sagesse précoce qui la destinait à être Consulaire. Selon ces apparences-là, beaucoup la considéraient comme un espoir, une personne qui aurait pu apaiser n’importe quel conflit. La Maîtresse Jedi Hélène Auria est devenue Darth Akni peu après avoir pris ses distances avec l’Ordre Jedi, elle étudiait secrètement la Magie Sith et le Côté Obscur depuis plusieurs années et avait dissimulé ses aspirations et ses affinités aux yeux de tous. Même les plus sages n’avaient rien vu venir. Comme quoi, il faut se méfier des apparences, ce qu’il faut connaître, ce sont les motivations profondes de chacun.


Potyme avait cité le cas d’Akni, principalement car Katria ne connaissait probablement pas son nom. Le Maître avait accentué sur la chute, comme pour lui donner plus de profondeur dramatique. Il était persuadé des bonnes intentions de la jeune femme et voulait bien le lui montrer.


-Je sais que rien de tout cela ne ramènera celle que tu as perdu aujourd’hui, mais tu dois bien comprendre que tu as été manipulée et que DuCade l’a sans doute été aussi. Si Akni est réellement derrière tout cela, nous avons une preuve de plus de la pérennité du système Sith actuel. Cet Empire sorti de nulle part, dirigé par une Jedi Noire qui avait chuté dans le Côté Obscur, nous ne lui donnions pas plus de quelques mois au sein du Conseil et pourtant, nous avons rapidement vu les horreurs dont ceux qui en tiraient les ficelles étaient capables. J’ai connu Akni lorsqu’elle était plus jeune, nous étions camarades, et j’ai désormais admis qu’elle était morte le jour où elle a rejoint les Siths pour appliquer sa terreur.


Il était difficile de savoir jusqu’à quel point Potyme et Akni avaient été proches, mais ils avaient à peu de chose prêt le même âge et une pointe de chagrin fut perceptible dans la Force lorsqu’il l’évoqua.
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Mer 28 Juin - 15:53

Si les paroles du Maître Jedi pouvaient paraître simplistes voire niaises, Katria les écouta pourtant avec attention, hochant bientôt la tête lorsqu'il aborda le fait que le Conseil saurait sûrement s'axer davantage sur ses réels objectifs que sur des capacités qui pouvaient suivre bien des directions … mais elle ne savait pas. Elle ne savait plus. La peine et la fatigue obscurcissaient son jugement de manière indubitable, raison pour laquelle la jeune femme ne comptait pas prendre de décision. Pas tout de suite en tout cas.

Mais ouverte à la Force comme elle l'était désormais, le chagrin de Potyme lui fut perceptible lorsqu'il évoqua Hélène Auria, et l'idée même que cet homme et l'actuelle One Sith aient pu être proches lui parut aussitôt incongrue. Sans doute parce que Akni lui était bien davantage apparue comme un monstre que comme une Humaine … pour ne pas simplement dire que face à elle, Katria n'avait rien perçu d'Humain. Strictement rien. Comme une simple enveloppe glauque recelant le Côté Obscur dans sa forme la plus primale et la plus vicieuse, incarnation vivante de cette aura lourde et malsaine qui régnait sur Korriban comme une chape de plomb. Une marée noire engluant Ordre et planète dans un même effort conjugué de destruction et de nécrose. Consentie. Acceptée. Appelée. Mais aussi pérenne et stable – relativement en tout cas – comme venait de l'évoquer Potyme dans un aveux d'erreur de la part du Conseil qui fit un moment froncer les sourcils de la jeune femme.

« Vous n'avez jamais été à Korriban, n'est-ce pas ? »

Presque incongrue, la question était effectivement assez étrange, mais l'Acolyte n'avait même pas cherché à la retenir tant une conclusion venait de lui sauter aux yeux : si Koyne avait déjà avoué ne connaître les Jedi qu'assez mal, il était évident que la réciproque était vraie. Et que ces mêmes Jedi auraient donc bien des difficultés à vaincre un Ordre Sith sans en saisir réellement toutes ses formes, toutes ses phases, ses tenants et ses aboutissants, ses horreurs et ses réalités. Mais Katria … Katria y avait été plongée toute entière même si elle ne l'avait jamais demandé, et être l'Apprentie de Alarak puis de DuCade lui avait également offert deux points de vue radicalement différents. Deux points de vue et – presque – deux réalités qui venaient de s'entrechoquer et qui ne demanderaient sûrement qu'à recommencer encore. Et encore. Jusqu'à ce que la mort de l'une provoque la scission de l'autre, et que recommence encore l'affrontement. Sans fin …

« Quand j'étais encore sur Ossus, je me souviens que les gens disaient souvent que les Sith étaient des gens violents, et qu'ils finiraient sans doute par s'entre-dévorer à plus ou moins court terme. Mais malheureusement, la réalité est toute autre : oui, l'Ordre Sith est pérenne. Sans doute bien davantage que ce que le reste de la Galaxie peut imaginer d'ailleurs. »

Parce que les Sith n'étaient pas des chimères.
Parce que les Sith n'étaient pas des monstres cachés sous les lits.
À trop vouloir les haïr, beaucoup les avaient sous-estimé, et le choc de la réalité n'avait donc été que plus violent encore lorsque Katria avait été plongée toute entière au sein de ce système et qu'elle avait donc pu en découvrir ses faces. Sa cruauté. Mais ses forces aussi. Des forces inimaginables et qui étaient leurs alliées autant que la méconnaissance du reste de la Galaxie.

« Depuis ma capture par Alarak, ma vision des Sith s'est beaucoup élargie, mais rencontrer Akni … c'est difficile à expliquer à vrai dire. Elle m'a fait l'impression de ne pas être là d'une certaine manière, comme si elle était intégrée directement dans l'aura obscure de Korriban. Comme si elle n'était pas vraiment une Humaine, mais plutôt un espèce de concept … »

Et un concept n'ignorait pas, un concept n’ignorait rien.
Sous le feu du regard sombre de l'ancienne Hélène Auria, Katria s'était sentie disséquée comme si cette femme était capable de tout à la fois – et pas seulement dans le côté symbolique du terme – et prendre enfin le temps d'y penser lui laissait une sensation extrêmement désagréable au creux du cœur. Une sensation qu'elle n'était même pas sûre de vouloir comprendre, surtout dans son état actuel.

« Je doute qu'elle puisse ignorer quoi que ce soit, parce qu'un marionnettiste contrôle toujours ses marionnettes, même lorsqu'un fil casse. »

Image étrange que celle utilisée là, mais image que Katria trouvait ô combien juste : si le fil pouvait casser, si la marionnette pouvait se désarticuler, si le bois pouvait travailler et tout le cirque s'agiter, il n'en demeurait pas moins que tant que les mains ne lâchaient pas, les jouets ne tombaient pas …

« Mais c'était seulement une impression, et je n'ai pas les idées très claires en plus. Je refuse de prendre une décision tout de suite, je vais avoir besoin d'un peu de temps pour … réfléchir. »

Du temps pour pleurer, pour dormir, pour penser et puis pour enfin se décider.
Et se décider au mieux.

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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Mer 28 Juin - 21:14
Arlan Potyme vit l’espace d’un instant la crainte et le désespoir dans les yeux de la jeune Acolyte. La peur et le désespoir étaient des armes utilisées par les Siths pour pousser ceux qui n’étaient pas habitués à les combattre dans leur giron. Akni avait su rendre les choses encore plus efficaces, et la terreur qu’elle exerçait ne semblait plus connaître de limite. Potyme se rendit compte de toute la lourdeur des paroles de Katria...Tout simplement car ce qu’elle disait était vrai et qu’il le ressentait d’autant plus qu’il connaissait très bien la personne dont ils parlaient. La perte d’un être proche était toujours une épreuve, en ce sens il comprenait parfaitement ce que pouvait ressentir la jeune femme à l’égard du décès de sa Maîtresse. Elles avaient été proches, peut-être d’ailleurs la seule relation suivie qu’avait connu Katria. Un parcours aussi chaotique avait été un terreau rêvé et fertile pour ces Siths pervers et manipulateurs. Alarak et Sei’Vys qui avaient eux-mêmes été les pions de la Sith Unique et qui désormais n’avaient plus d’autre possibilité que d’obéir à des ordres qui les pousseraient à être détruits. Une fois qu’elle eut terminée, Potyme se leva et actionna une petite machine distribuant des breuvages chauds, il servit deux infusions dans des tasses propres qui gisaient négligemment sur un égouttoir avant d’en tendre une à la jeune femme.

Inconsciemment, Katria partageait des axes de réflexions, elle partageait avec Potyme sa propre vision des choses, tout en montrant subrepticement les points d’hésitations qu’elle avait. Des hésitations que lui-même ne pouvait que comprendre. Soufflant doucement sur l’infusion encore brûlante, l’homme porta une petite gorgée à sa bouche, des arômes de plante emplirent sa bouche alors que ce dernier réfléchissait à la façon dont il devrait tourner les choses pour répondre à Katria. Répondre...Oui répondre car l’Acolyte attendait bien une réponse et le Maître savait quelles conséquences pouvaient découler d’une réponse mal comprise ou d’un argument qui pouvait être interprété de différentes façons. Le Mal n’était parfois qu’une terrible méprise, une méprise qui poussait les gens à prendre les armes et à affronter l’autre.


-Je ne suis jamais allé à Korriban, en effet, je n’en ai pas besoin pour savoir que ce que dis est exact. Les Siths sont plus forts et plus organisés que beaucoup le pensent...Ils ont été sous-estimés et nous payons le prix d’années de négligence. Darth Akni a su asservir le Magistère et toute cette élite Sith si impressionnante, elle a levé une armée qui lui obéit aveuglément par crainte de son courroux. La terreur engendre la terreur, elle gouverne par la peur et écrase tous ceux qui semblent lui résister. Omniprésente, omnisciente et invincible, elle a même vaincu la mort à ce qu’on dit, elle joue sa propre mélodie, plus besoin de ficelle, la marionnettiste est devenue flûtiste et vous autres saltimbanques n’avez d’autre choix que de danser...


Potyme but à nouveau, ses propos étaient péremptoires et durs. Son ton était pourtant toujours aussi détaché, comme si rien ne pouvait l’atteindre. Comme si Potyme était devenu le propre catalyseur des arguments de Katria. Le Maître semblait contempler son propre reflet dans le liquide qu’il faisait tournoyer dans sa tasse. Ses yeux se détournèrent un instant de son propre reflet pour se plonger dans ceux de Katria.

-...Tout du moins c’est ce qu’elle vous fait habilement croire. Les Siths ont beau être organisés et très dangereux, la voie du Côté Obscur à beau être plus aisée que celle de la Lumière, cela n’enlève rien au fait que cela n’est qu’un mensonge grossier. Personne ne fait le Mal par attrait ou gratuitement, les Génies du Mal totipotents et démoniaques, ce sont des fantasmes d’holofilms et de romans. Hélène Auria aura beau renier son nom, cela n’enlèvera rien à sa propre réalité : elle a rejoint le Côté Obscur lorsque son mentor, le Maître Shssakkarr est mort sous les coups du Jedi Noir Maître Kyle Barell. Hélène...Ou Akni, n’a rien pu faire et c’est ivre de chagrin qu’elle s’est plongée dans le Côté Obscur, pensant l’étudier et garder la tête froide, pensant pouvoir rendre la vie à son Maître. Bien évidemment, elle a échoué, certains pensent qu’elle a vaincu la mort, je dirais plutôt qu’elle est prisonnière d’une vie bien miséreuse, et que contrairement à toi, pour elle il n’y a aucun retour en arrière possible. Le concept d’Akni s’effondre comme un château de carte par une question simple : penses-tu que si Akni avait réellement vaincu la mort elle n’aurait pas déjà ressuscité Maître Shssakkarr ? Car c’est bien cela la Martingale toujours gagnante des Siths...Promettre à un être affaibli tout ce dont il rêve, lui promettre toujours plus de pouvoir, lui dire qu’il vaincra la mort...Puis lui retirer tous ses rêves pour finalement lui imposer une vie de misère et lui enlever tout libre-arbitre. Akni a fait son choix, il n’est pas bon ni mauvais, c’est une question de point de vue, chacun voit midi à sa porte, mais elle est désormais prisonnière de la spirale de la Haine. Tu l’as dit toi-même, une enveloppe vide qui chaque jour est un peu plus haineuse...Haineuse face à ce qu’elle est devenue...Haineuse que malgré tous les sacrifices qu’elle a dû faire pour en arriver à un tel niveau de pouvoir, elle n’ait toujours pas réussi à rendre sa vie à Maître Shssakkarr. Et pour terminer...Haineuse d’avoir trahi la mémoire et les idéaux de celui qu’elle aimait le plus et qui constituait probablement ce qui se rapprochait le plus d’une famille pour elle...Maître Shssakkarr. Ironiquement, en exécutant son Maître devant ses yeux, Barell a semé en elle la graine de la peur qui a germé en infiltrant les racines du désespoir jusqu’à voir croître la plantule de la colère, désormais faite arbre de la Haine.


Potyme but à nouveau. En lui se confrontaient plusieurs émotions contradictoires, suffisamment fortes pour être perçues dans la Force. Les choses se bousculaient dans sa tête, des souvenirs d’un temps désormais révolu et une certaine nostalgie.

Flashback, 140 ABY, bibliothèque d’Ossus,

Maître Arlan Potyme se trouvait face aux immenses rayonnages de livres, d’holodocuments et d’autres ouvrages qui étaient parfois plusieurs dizaines de fois millénaires. Dans sa tunique de Jedi, bure ouverte, il contemplait la petite femme aux longs cheveux noirs qui s’affairait devant lui, manipulant soigneusement un petit parchemin de papyrus sur lequel était peintes des inscriptions dans un langage ancestral et incompréhensible pour lui. La bibliothécaire observait les signes avec deux immenses verres-loupes.

-Je ne comprends pas pourquoi ils veulent ce document...Ça doit dater d’environs dix-mille ans. Les baragouinages d’un paysan quasi-illettré qui n’avait pas le compas dans l’oeil.

Potyme haussa les épaules tout en levant les yeux au ciel. Cela ne le concernait pas...Ou plutôt si, cela le concernait et il était difficile de savoir s’il était consterné par la réaction de la bibliothécaire, la Maîtresse Auria ou s’il n’accordait aucune importance à la question. La réponse vint rapidement.

-Si le Conseil dit que c’est important, c’est que c’est important. Des conflits entre divers organes du gouvernement central d’Hypori...Nous devons le régler et voir qui avait raison historiquement. Si on peut régler le problème en déterminant qui a raison et qui a tort, nous pourrons régler le problème diplomatiquement.

Lentement, Auria ôta ses lunettes, plongeant ses yeux gris et ternes dans ceux de Potyme. Son visage semblait tout aussi terne que son expression.

-Pendant que des gens meurent, en ce moment, nous débattons de la légitimité d’un bout de terrain qui doit faire quarante hectares tout au plus. C’est précisément l’analyse des historiens contemporains qui commentent la Guerre des Clones et la chute de l’Ancien Ordre...Tout comme ceux qui reviennent sur la disparition des Jedi après.

Potyme la fixait avec la même expression impassible. Il était toujours impossible de savoir ce qu’il pensait, s’il était sérieux ou pas. D’une certaine façon, le Maître savait qu’il avait perdu sa camarade depuis longtemps, depuis la perte de son Maître, elle était devenue plus renfermée, plus dévote. Elle semblait porter l’Ordre Jedi au-delà de toute estime, défendant bec et ongles chaque décision du Conseil qu’elle approuvait (la plupart) et critiquant les rares qu’elle désapprouvait, toujours au nom de l’Ordre.

-Les historiens Séparatistes, ou ceux qui réécrivaient l’histoire pour Palpatine peut-être. Eh ben, ça te réussis pas de rester parmi tous ces livres. Souris un peu, tu vas finir par choper des rides et ton visage va se dessécher.


Auria fixa son camarade avec détachement, montrant sa résilience légendaire, rien ne semblait s’être produit. D’un mouvement expert mais aussi délicat, elle enfourna le papyrus dans un étui de protection puis le tendit au Maître Jedi qui s’approcha pour le saisir. Au moment où il le saisit, elle garda le document en main avec une force surprenante.

-Pas de lumière directe sur le document et tu me le ramènes en bon état d’ici trois jours, c’est la règle. Je ne ferai pas partie des sessions du Conseil sur cette question, donc je compte sur toi. Je ne saurais décidément jamais comment tu fais pour garder le sourire avec tout ce qui se passe autour de toi...Tu as toujours été un homme d’action.

La remarque d’Auria arracha un haussement de sourcil à Potyme, un Maître débonnaire et atypique en apparence qui malgré ses quarante-et-un ans avait toujours surpris par ses réaction. Il était l’infiltré parfait tant son attitude semblait différente de celle d’un Jedi, mais il était aussi un maître en arts-martiaux qui savait se défendre et avait été sélectionné pour de nombreuses missions d’escorte pour son sang-froid que rien ne semblait entamer. Potyme haussa une nouvelle fois les épaules avec détachement.

-Tout n’est qu’une question de point-de-vue Hélène. Ce monde est impitoyable et je crois que, contrairement à toi, j’ai compris qu’il y avait plusieurs aspects de ce monde sur lesquels je n’aurais jamais aucune emprise. Quoi que nous fassions, quoi que nous disions, aussi brillant que nous sommes dans les arts Jedi, nous retournerons un jour dans la Force, comme cela est le lot de tous nos proches. Je ne serai jamais le meilleur Jedi, je n’en ai pas la prétention, mais je suis en bonne santé et j’avance, en soignant le présent, je construis un avenir qui me permettra de ne pas avoir honte de mon passé. Tu devrais faire de même...Et si tu veux un conseil, tu devrais surtout varier tes lectures, ça ne te va pas d’être aussi morne !


Potyme fit un sourire timide avant de saluer son ancienne camarade d’un mouvement de la main et de tourner les talons, la laissant songeuse. Malgré son détachement et le fait qu’il était bien moins avancé dans la hiérarchie du temple que Auria qui était déjà souvent conviée au Conseil, Potyme avait parfois ces paroles brèves mais parlantes, il avait donné à sa manière un conseil à Hélène, celui d’accepter qui elle était, mais aussi implicitement de modérer un peu ses aspirations. Il était cependant très loin d’imaginer que cette apathie passagère de la part d’Hélène Auria était une rare manifestation du mal qui la rongeait déjà depuis plusieurs années.

Potyme observait toujours le reflet de son visage dans l’infusion. Il avait été absorbé par un souvenir qui semblait le rendre effroyablement triste. Lorsqu’il avait vu les différentes crises qui suivirent cette année, dont la désertion de celle qui deviendrait plus tard Akni, il avait changé d’attitude, lui qui était une sorte de justicier qui aimait l’aventure et qui parfois manquait de maturité avait évolué. Il était même devenu un des Maîtres du Conseil, n’acceptant cet honneur que la seconde fois où on l’avait nommé...Car il ne se sentait pas prêt. Ce que beaucoup considéraient comme un honneur était pour lui un fardeau et surtout une responsabilité. Car oui, le pouvoir était une responsabilité, tout comme les paroles qu’il avait envers Katria, cette scène faisait d’ailleurs un parallèle édifiant avec cette scène, dix-huit ans auparavant, où il se trouvait face à la future Darth Akni. Était-ce par regret par rapport à ce qu’il avait dit à Auria qu’il s’était forcé à changer ? Se reprochait-il de ne pas avoir su trouver les mots alors qu’elle doutait déjà ? Cela sera laissé à l’appréciation du lecteur de ce texte. Il fixa à nouveau Katria.

-Je ne te demande pas de faire un choix maintenant bien sûr, mais réfléchis tout de même en effet. Tu pourras de toute façon participer à ta manière sur Hapès, on a toujours besoin de bras. Ne pense pas que je cherche à te faire la morale ou que je me place au-dessus de toi par mes paroles, je cherche juste à t’amener des éléments de réflexion qu’il m’a fallu plusieurs dizaines d’années à apprendre, souvent dans la douleur. Face au Côté Obscur, il n’y a que deux solutions : se soumettre ou mourir. Mais la nuance existe aussi, c’était le cas de ton ancienne Maîtresse. Cette nuance doit diriger ton espoir en un avenir meilleur qui est possible...Il suffit parfois d’une étincelle pour que les choses changent, que le système s’effondre. Ces soldats qui nous poursuivaient sur Bonadan, penses-tu qu’ils sont tous des enveloppes sans âmes, de petits soldats de plombs fanatiques ? Chacun a une vie, une famille, des aspirations et tu vois, je pense que naturellement, ils n’auraient pas aspiré à finir dans le marasme de cette guerre. Ils ne sont pas tous mauvais, et je suis sûr que tôt ou tard, certains se réveilleront...Le Côté Obscur n’est ni une fatalité, ni un choix absolu, il peut prendre de nombreuses formes mais finira toujours par être écrasé par le triomphe de la vérité de notre propre nature.
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Jeu 29 Juin - 15:07

Ce fut dans un remerciement bref que Katria accepta la tasse de thé fumante, et un long frisson dévala son dos du creux de sa nuque jusqu'au bas de ses reins lorsque ses mains enserrèrent le mug chaud. Choc thermique presque violent et qui attira l'attention de la jeune femme sur une réalité qu'elle avait totalement mise de côté : elle avait froid. Vraiment froid. Au contact de la faïence brûlante, ses paumes s'étaient un moment engourdies tant elles étaient glacées, mais ce fut toutefois sans y prêter davantage attention qu'elle avala une première gorgée qu'elle sentit distinctement parcourir son œsophage avant d'atteindre son estomac. Impression étrange et diffuse qu'elle venait déjà de chasser à nouveau de son esprit. Elle avait froid … et alors ? Il s'agissait là d'un bien moindre mal comparé à la souffrance et à la mort, et l'Acolyte avait également bien conscience que l'état de choc et la peine renforçaient toutes deux ce froid dévorant qui avait envahi ses membres et ses entrailles. Lentement mais sûrement. Inexorablement. Mais sans qu'elle n'ait de réelle volonté de bouger pour autant tandis qu'elle portait désormais le thé à ses lèvres afin de le siroter en petites gorgées.

Elle était loin. Très loin …
Et la peine diffuse qui émanait de Potyme ne faisait qu'amplifier ses propres sentiments tandis que la fatigue pesait de plus en plus lourd sur ses épaules. Tandis que les paroles du Maître Jedi provoquaient en elle autant d'accords que de désaccords le long de cette discussion que beaucoup auraient pu trouver surprenante. Décalée presque. Mais après tout, Katria elle-même n'avait-elle pas toujours été assez différente pour ne plus s'en étonner ?

« D'un point de vue de pure Magie Sith, elle a effectivement vaincu la Mort, oui. Koyne doutait d'ailleurs énormément d'elle à cause de cette technique qu'elle trouvait trop contre-nature pour être employée … assez paradoxalement d'ailleurs. »

''Contre-nature'' … c'était effectivement le terme qu'avait employé sa Maîtresse lorsqu'elles avaient parlé de l'Impératrice Sith, mais si la jeune femme avait alors parfaitement compris le point de vue de DuCade, le mot lui avait toutefois semblé terriblement mal choisi. Après tout, la Magie Sith était une matière presque parallèle à la Force et qui possédait ses caractéristiques propres, et sa simple étude avait au contraire poussé Katria à se fondre plus profondément au sein d'un atavisme presque animal. Semblable à ses fauves, semblable à ce Noir Parler qu'elle apprenait petit à petit, semblable à toute cette culture issue de Dathomir et qui était bien plus proche de la nature sauvage et primale que de la culture organisée et civilisée.

« Mais quoi qu'il en soit, c'est une technique extrêmement compliquée à utiliser, et très rares sont ceux qui ont réussi à s'en servir avec succès. Les rumeurs qui l'entourent sont souvent très très sombres, au point que peu de gens osent ne serait-ce qu'essayer … à moins d'être vraiment prêts à tout sacrifier pour ça, bien entendu. Y compris une partie de son âme puisque pas mal de livres rapportent que le Transfert peut abîmer et déchirer une âme sans aucune possibilité de soin ensuite. Mais clairement, je doute qu'un Jedi puisse accepter d'être ramené à la vie via cette technique. »

Tous les Sith ne respectaient déjà pas cette technique, alors il était assez évident que les Jedi devaient purement et simplement l’abhorrer ! Mais néanmoins, Katria n'en avait toujours pas fini, et ce fut après une nouvelle gorgée qu'elle enchaîna à nouveau.

« Mais pour le reste … je ne suis pas d'accord avec vous. La peine ou la colère – par exemple – sont des éléments déclencheurs que tout le monde peut ressentir un jour, mais c'est à chacun d'apprendre à se contrôler ensuite pour ne pas sombrer dans la bestialité. Si j'utilisais la … mort de Koyne pour justifier certains actes injustifiables, elle ne me pardonnerait pas … et moi non plus d'ailleurs. »

La peur, la colère, la souffrance, le désespoir …
Autant de sentiments que Sei'Vys puis Alarak lui avaient solidement chevillé au corps, mais la jeune femme n'était pas devenu une bête sauvage pour autant. Engluée dans ses angoisses, elle avait fait face en réalisant tous les efforts pour ne pas se perdre elle-même – guidée par certains concepts directement soufflés par ses Tuk'Ata – et même si elle n'était franchement pas fière de certaines de ses actions, elle ne cherchait pas à se déresponsabiliser non plus. Elle avait fait des erreurs, mais elle avait appris.

Et en parlant de ses Tuk'Ata …

« Mais je pense à quelque chose d'ailleurs : je suppose que si je vous suis sur Hapès, peu importe mon choix, ce sera sans aucune possibilité d'y amener mes fauves un jour, n'est-ce pas ? »

Si la Persuasion Animale n'était pas une technique du Côté Obscur, il n'en demeurait pas moins qu'une bonne partie des Jedi rejetait cette technique au nom d'un aspect qu'ils trouvaient avilissant pour les bêtes, sans oublier la nature des bêtes en question. Après tout si Katria pouvait tisser un lien avec énormément d'animaux, c'était bel et bien avec les Tuk'Ata – créatures empruntes du Côté Obscur – qu'elle se sentait le plus à l'aise … et elle sentait déjà que cet aspect-là ne passerait pas.

« Après pour les soldats de la Triade, je pense que mon avis n'est pas objectif vu ceux que j'ai rencontré jusqu'à maintenant : des fanatiques, des sadiques haineux des Sensitifs, des gens … étranges. Sur Erinar, certains étaient juste terrifiants, et les membres du GIS sont carrément à part. »

Son avis n'était pas objectif, elle le reconnaissait elle-même … mais son expérience de ces soldats la poussait surtout à s'en méfier comme de la peste.

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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Sam 12 Aoû - 18:02
Potyme laissa la jeune femme terminer de développer ses idées. Le Maître Jedi ne montra pas vraiment de réaction, en fait, il n’était pas d’accord avec la jeune Acolyte mais il savait qu’il ne pourrait pas lui faire entendre raison immédiatement. Le déni de certaines réalités était prévisible de la part d’une Padawan aveuglée par la violence de son Maître qui était tombée dans le giron des Siths. Que pouvait-elle faire d’autres et qu’aurait fait le Maître Potyme à sa place ? Lui-même n’en savait rien et c’était pour cela qu’il ne s’était pas attardé à la juger trop sévèrement. Certains Siths choisissaient l’Ordre pour le pouvoir, d’autre par simple attrait d’une philosophie individualiste mais il était évident que cela n’était pas le cas de Katria qui se retrouvait là presque par défaut. Sei’Vys avait été un Maître très violent avec elle et elle avait voulu retrouver du réconfort chez les Siths, une drôle de logique quand ensuite accompli sa formation n’était pas une Sith classique non plus et Katria en avait conscience. Le Maître porta on savait qu’elle avait été confiée à Darth Alarak.

Mais il fallait être honnête, Shadowsun qui avait à nouveau sa tasse à sa bouche, laissant la jeune femme finir sur les soldats de la Triade. Cette fois, Maître Potyme secoua lentement la tête avec bienveillance, il n’y avait aucune animosité ni aucune méchanceté dans ce geste qui était accompagné d’un sourire presque amusé. Il ne fallait pas non plus voir dans ce sourire de la moquerie, simplement l’expression d’une idée. La voix très calme du Maître retentit à nouveau.


-Tant de certitude dans tes paroles. Tu es encore jeune, tu as beaucoup à apprendre sur ce monde qui est bien plus vaste et bien plus nuancé que la description que tu en fais.
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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
Jeu 17 Aoû - 14:44

Elle avait encore beaucoup à apprendre sur ce monde …

Si les paroles de Potyme parvinrent jusqu'aux oreilles de Katria, celle-ci n'y répondit toutefois pas. Préférant s’abîmer de longues – très longues – minutes dans le silence tandis que le thé refroidissait lentement mais sûrement dans sa tasse. Parce qu'elle n'était justement pas sûre d'avoir encore envie de découvrir ce monde corrompu et nécrosé là où elle se trouvait encore sur Korriban il y avait une vingtaine d'heures de cela. Seule face à Akni et Sei'Vys. Seule comme elle l'était désormais et qu'elle le serait irrémédiablement pour l'avenir. Face à tous ces Jedi qui la jugeraient certainement et chercheraient à l'encastrer – même de force s'il le fallait – dans le moule de la parfaite demoiselle Sensitive qu'elle avait été quelques années plus tôt. Sans Magie Sith, sans Juyo et sans Tuk'Ata. Seule … ou comment dire qu'elle se sentait désespérément perdue et qu'elle ne savait plus quoi penser. Si elle avait rassuré le Capitaine Vokele en prenant la direction du Crimson Elite, la jeune femme n'avait en revanche personne pour réellement la rassurer.

« Peut-être … »

Elle était effectivement encore jeune et ne connaissait donc pas tous les secrets de la Galaxie, mais elle n'était pas stupide pour autant et un éventuel retour sur Hapès ne la rassurait donc pas. Parce que si elle avait perdu beaucoup en rejoignant les Sith, elle craignait aussi de perdre beaucoup en retournant au sein de l'Ordre Jedi. De se perdre elle-même. Alors qu'elle avait eu tant de difficultés à s'affirmer et à se trouver malgré l'aide de Koyne.

Koyne …
Elle en avait assez.

« Enfin pour le moment, j'aimerais être seule sans vouloir vous vexer. Je vous communiquerai ma décision quand je saurais quoi faire. »

Et sans plus de cérémonie, Katria se releva avant d'aller déposer sa tasse de thé encore à moitié pleine sur l'évier, et elle quitta la petite pièce sans parler davantage. Son regard totalement perdu dans le flou – à son image – tandis qu'elle se décida enfin à rejoindre l'infirmerie. À rejoindre le corps sans vie de celle qui l'avait sauvée. Triste et cruelle réalité à laquelle elle n'avait pas d'autre choix que de se confronter.

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Re: [+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
[+158-Bonadan] Un Maître et son Apprentie (PV Katria Dashiell)
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