[+158] Printemps de majesté [PV Jaana Fel]
Voir le sujet précédentVoir le sujet suivantAller en bas
AuteurMessage
Loes de Walleron
avatar
Messages : 105
Date d'inscription : 19/11/2016
Rang : Maîtresse de l'Ordre Jedi
Localisation : Hapès, Taanab, Corellia ou autre
Revenir en haut Aller en bas
[+158] Printemps de majesté [PV Jaana Fel]
Ven 10 Mar - 12:29
Le sentiment de majesté, ce mélange heureux de respect et de crainte que pouvaient inspirer de puissants personnages et leur manière de mettre ce pouvoir en scène, m'avait toujours fasciné. Même si beaucoup des miens se défendraient mordicus d'être majestueux, j'avais découvert cette émotion dans les Maîtres Jedi, ces figures d'autorité qui, à mes yeux d'enfants, conciliaient parfaitement pouvoir, sagesse et sévérité.

Et puis, il y avait environ vingt ans, Roan Fel nous avait reçu en audience, nous les émissaires Jedi. Trônant sur Bastion fraîchement libérée du joug des Sith, l'empereur ressurgi avait accepté les alliances que tous étaient venus lui proposer avec l'air d'un prince magnanime accordant ses faveurs. Sans que je m'en sois rendue compte immédiatement, j'avais assisté à la démonstration de pouvoir la plus absolue de ma vie. Roan Fel donnait l'impression d'un monarque naturel dont tous dans la galaxie, même ses rivaux, recherchaient le respect, la reconnaissance, voire la faveur. Même si cet état de grâce s'était avéré son chant du cygne, il m'avait marqué durablement. Lorsque, pour la première fois, j'avais vu Marasiah Fel sur le trône impérial, quelques mois plus tard alors que j'accompagnais Maître K'Kruhk dans une mission fondatrice du Triumvirat, le souvenir que j'avais de son père lui avait donné une stature quasiment divine.

Les Fel, en plus d'être des monarques dont plus personne ne remettait la légitimité en doute, à l'autorité bien établie, était une lignée puissante dans la Force que les tout aussi doués Chevaliers Impériaux entouraient en permanence. Dans les battements de la Force, un Fel irradiait, pour peu qu'il fut formé avec l'excellence habituelle. Roan Fel flamboyait comme le fanal de toute la galaxie, et Marasiah Fel avait conduit son Empire avec bien plus de brio politique de son père, moins d'héroïsme mais tout autant de capacité à incarner l'esprit impérial. Malgré son ambition frustrée par une période de paix, l'Impératrice avait su déjouer bien des pronostics politiques en sachant agrandir significativement le territoire impérial sans tirer l'épée. Bien que le dire ouvertement m'aurait fait perdre des amis, je trouvais que l'annexion massive de mondes du Noyau avec le simple recours à l'aura politique de l'Empire et, pour les plus récalcitrants, à l'intimidation, tenait proprement du coup de génie diplomatique.

Les mondes les plus urbanisés du Noyau n'avaient jamais été réputés pour leur loyauté. Cosmopolites et faisant tourner leurs activités quasi-exclusivement autour du commerce, ils avaient toutes les raisons valables de ne pas s'attacher trop farouchement à un régime, ni même à une idée. Refuser de se rallier aurait valu à Coruscant un long blocus qui aurait ruiné beaucoup de mondes. Je comprenais que Plo en veuille beaucoup à ceux qu'il voyait de sa
forma mentis comme des déserteurs, des lâches, des traîtres, mais l'Empire avait bien mieux saisi les enjeux de l'instant, c'était un fait. Lucides, l'Impératrice et le prince consort Antarès Draco avaient mené une campagne sans accroc… du moins jusqu'à ce qu'une Sith les assassine tous les deux.

L'événement, qui s'était produit il y avait quelques mois à peine, menaçait encore de bouleverser l'ordre des choses. L'Impératrice, au faîte de sa gloire et de sa puissance, s'était imposée comme le grand défenseur de la galaxie contre les Sith, et une Sith l'avait balayée, elle, son époux et leur proche ami, conseiller et garde du corps. Ils n'avaient laissé derrière eux que l'héritière du trône, certes majeure mais encore bien jeune, Jaana Fel. Ceindre la couronne autour d'un front sans la moindre ride suscitait souvent de nombreuses convoitises, d'autant que l'Impératrice Jaana n'était ni mariée, ni même promise à qui que ce fût. Le Conseil des Moffs se tenait tranquille pour l'instant, observant l'union sacrée de la Nation face au danger Sith, mais il allait de soi que ce vivier de politiciens rusés et ambitieux allait rapidement chercher à tirer avantage de la situation pour accroître son pouvoir face à la prérogative monarchique.

C'était l'une des raisons pour lesquelles j'attendais, avec Terum, que l'on m'introduisît dans la salle d'audience impériale, sur Bastion. Ce changement de dirigeants à la tête des grandes puissances galactiques pouvaient jouer en la faveur d'un rapprochement de tous contre les Sith. Même si le ressentiment de Plo était trop grand pour qu'une véritable paix soit conclue pour l'instant, une trêve n'avait rien d'inenvisageable. Toutefois, je ne venais rien proposer de tel à Jaana Fel. Les relations entre l'Alliance et l'Empire les regardait, et même si je ne reculais pas devant la possibilité de les orienter à ma mesure dans le sens de la paix, ou bien d'encourager les bons élans et de désapprouver les mauvais, je n'étais pas une diplomate alliée, ni impériale d'ailleurs. Je cherchais avant tout l'intérêt de l'Ordre Jedi, la restauration de son influence intergalactique et de son autorité. Impossible de ne pas proposer les conseils et les amitiés de l'Ordre à la nouvelle Impératrice. Je l'avais déjà vue lors d'une apparition publique dans les premières années du Triumvirat, vers 142 ou 143, alors que je venais tout juste d'être nommée Maîtresse Jedi, mais elle était probablement trop petite pour se souvenir de moi. Ses parents lui auraient peut-être parlé de moi, car nous avions plusieurs fois participé aux mêmes événements, mais cette réunion n'en aurait pas moins un goût de premier contact, avec toutes les précautions qu'une telle perspective impliquait.

Je n'avais eu aucun mal à obtenir une audience. L'Ordre Jedi disposait encore du respect de beaucoup, et Terum Dao, mon ancien apprenti et ami qui avait rejoint les Chevaliers Impériaux avec ma bénédiction, désormais l'un des protecteurs de l'Impératrice en raison de ses talents de Maître Jedi, avait aidé à m'obtenir une réception rapide. De même, Vilad Mandac, désormais Maître des Chevaliers, mon compagnon et amant de jeunesse, avait conseillé à l'Impératrice de me recevoir promptement. Enfin, le nom De Walleron ouvrait tout de même des portes : même si Taanab n'était pas une grande planète militaire, ses productions agricoles nourrissaient de nombreux mondes de la Bordure Extérieure impériale, et le fait que je fusse une très proche conseillère de mon père le Moff n'était un secret pour personne. Sans avoir aucune véritable charge en dehors de l'Ordre, je disposais tout de même d'un pouvoir politique important et d'un réseau diplomatique à peu d'autres pareils, suffisamment considérables pour que le trône impérial ne puisse se permettre de les négliger.

J'étais venue accompagnée de deux autres Jedi : Maître Jan Frem, notre résident permanent sur Bastion, et la Chevalière Nuta Kav, une Consulaire neimoidienne qui avait effectué de nombreuses missions dans l'espace impérial. Enfin, bien qu'il fût désormais au service inconditionnel de l'Empire, Terum demeurait un Jedi dans ses attitudes et ses amitiés, malgré l'armure écarlate. Hormis l'Impératrice Jaana qu'il avait juré de conseiller et de défendre au prix de sa vie, j'étais sans doute la personne qu'il admirait le plus dans la galaxie. Je pouvais le compter comme un soutien. D'ailleurs, il m'informait depuis quelques minutes de quelques détails qui pourraient m'être utiles face à l'Impératrice.


- Prudence, Loes. Sa Majesté a un tempérament de feu et le fait que beaucoup se permettent en coulisse de penser pouvoir prendre un certain ascendant sur elle n'arrange pas les choses. Elle ne te pardonnera pas si tu laisse poindre la moindre condescendance. C'est une question de légitimité. Elle a conscience qu'elle doit encore faire preuve de son autorité, alors sois prudente et suggestive.
- Ne crains rien, je sais encore me comporter convenablement devant une Majesté impériale, et j'ai suffisamment d'expérience dans ce métier pour savoir que les jeunes gens ne sont pas à sous-estimer parce qu'ils sont jeunes, d'autant moins quand ils sont sur un trône.
- J'ai confiance en toi, bien sûr. Je veux juste que tu fasses particulièrement attention à la manière dont tu dis les choses.
- Je garde tes conseils en tête, Terum.

C'est le moment que choisit un héraut pour venir nous chercher.

- Chevalier Dao, Maîtres Jedi, Sa Majesté Impériale va vous recevoir.

Nous nous levâmes tous de nos sièges, et j'aplatis rapidement les quelques plis qu'avaient pris mes robes blanches. Mon chignon vérifié, j'emboîtai le chemin du héraut, précédée par Terum et suivie par les autres. En quelques dizaines de secondes, nous arrivâmes devant une arche magnifique donnant directement sur la salle du trône. Les côtés en étaient bondés, remplis de courtisans contenus par des guerriers en armure rouge. Tout en haut d'une petite pyramide, devant un étendard géant portant le soleil à six branches, trônait une jeune femme aux cheveux cendrés, encadrée par quatre autres armures pourpres, dont Vilad faisait partie. Je sentis avec force la puissance de l'Impératrice. Son pouvoir, en représentation évidente, mais aussi sa présence dans la Force, pas encore vraiment domptée mais déjà fort digne d'une Fel.

Le héraut fit signe à Terum de s'avancer, et celui-ci s'exécuta, passant sous l'arche et, parvenu dans l'allée menant au trône, s'agenouilla, la tête vers le sol, avant de nous annoncer d'une voix forte.


- Votre Majesté, j'ai l'honneur immense d'amener devant vous Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi, Maître Jan Frem et la Chevalière Jedi Nuta Kav.

Le héraut nous fit signe de nous avancer, alors que Terum se relevait. Je pris la tête de notre trio, passant sous l'arche la première. Mon coeur battait fort à l'idée de rencontrer cette nouvelle tête couronnée, mais il ne convenait pas de laisser paraître cette excitation. C'est donc sans même un sourire que je m'arrêtai après avoir légèrement dépassé Terum et fit une profonde révérence. En tant que Maîtresse de l'Ordre et non sujette d'Empire, je n'avais pas à me prosterner. Bien que je n'eus pas, dans l'étiquette impériale, un rang égal à l'Impératrice, j'étais tout de même considérée comme une cheffe d'État étranger. M'incliner aussi profondément que je le fis était déjà un signe d'humilité de ma part.

- Votre Majesté.

C'était au monarque de parler le premier, il en allait toujours ainsi. Tout dans le protocole impérial devait mettre en évidence l'autorité du trône, et contrevenir à cela constituait une provocation pure et simple, ce que je ne souhaitais absolument pas. Du reste, il ne faisait pas l'ombre d'un doute, alors que mon regard se portait sur Jaana Fel, qu'elle avait déjà fait sien le siège de ses ancêtres. Il était difficile de ne pas éprouver un respect immédiat.

_________________


Thème de Loes
Voir le profil de l'utilisateur
Jaana Fel
avatar
Messages : 27
Date d'inscription : 24/02/2017
Rang : Impératrice
Revenir en haut Aller en bas
Re: [+158] Printemps de majesté [PV Jaana Fel]
Jeu 16 Mar - 15:41

Loes de Walleron, Maîtresse de l'Ordre Jedi …

Si le Palais Impérial avait reçu bien des demandes d'émissaires de planètes, de régimes ou de groupes aussi divers que variés afin de pouvoir rencontrer la toute nouvelle Impératrice Jaana Fel, cette dernière n'avait évidemment pas encore eu le temps de recevoir tout le monde, mais elle s'employait pourtant à multiplier les rendez-vous officiels. Pour construire des alliances, veiller aux allégeances ou simplement offrir de l'attention à tous sans insulter quiconque de par un silence qui aurait été bien malvenu. Mais malgré toute cette bonne volonté, la jeune femme ne pouvait contenter tout le monde en un claquement de doigt, aussi ces rencontres au sommet s'étalaient-elles depuis son couronnement, chacun attendant bonnant mallant son tour tandis que certains n'hésitaient déjà pas à promettre ou menacer afin d'obtenir une meilleure position dans la file d'attente. Et si Jaana elle-même avait choisi de dédaigner ces pratiques pour mieux être irréprochable, son emploi du temps d'aujourd'hui avait toutefois connu un aménagement répondant au nom de cette femme. De cette maîtresse Jedi. De cette fine diplomate qui – sans en avoir l'air – avait tissé autour d'elle un vaste réseau de connaissances et d'amis aussi puissants que bien placés. Le genre de personne qu'il convenait donc de ne pas faire attendre, et lorsque Vilad Mandac avait porté la demande de la Jedi à sa connaissance, Jaana avait aussitôt ordonné que l'on aménageât ses rendez-vous afin qu'elle pût lui accorder plusieurs heures et ce sans délai.

L'héritière de la lignée des Fel n'appréciait certes pas les jeux de cour où chacun bousculait l'autre afin de gagner ses bonnes grâces mais néanmoins, il y avait certains interlocuteurs qu'elle ne pouvait décemment pas faire attendre !

Et pourtant en ce début d'après-midi, tandis que la jeune Monarque achevait de se préparer en revêtant son armure de cérémonie, ses pensées étaient vagabondes. Errant entre tout ce qu'elle devrait dire à son interlocutrice tandis qu'il lui faudrait veiller également à bien des aspects. À bien des attentes qui pourraient naître des deux côtés. Mais après tout, Empire Galactique comme Ordre Jedi représentaient tous deux des forces qui détenaient suffisamment de puissance pour changer bien des choses au sein de la Galaxie, et ce même si leurs visions des événements étaient des plus différentes. Le premier voulait instaurer la Paix là où le second n'aspirait qu'au respect de sa Neutralité. La cadette était déjà prête à la guerre là où son aînée lui conseillerait très certainement de l'éviter à tout prix … voire de nouer ou de renouer de nouveaux jeux d'alliances. Difficile en effet d'ignorer que Loes de Walleron entretenait des liens forts avec certaines personnalités de l'Alliance Rebelle – son Commandeur Suprême Plo Tan'ith en tête – et Jaana ne pouvait donc que se demander si ce sujet arriverait ou pas sur le tapis. Si la Jedi quémanderait une entrevue officielle pour son ami dissident ou si elle laisserait les deux régimes se débrouiller entre eux …

Difficile de le deviner et inutile de s'interroger de toutes façons, et ce même si Jaana ne cessait de cogiter depuis de longues heures déjà. Pour mieux préparer cette rencontre, elle avait d'ailleurs décrété une réunion avec ses plus hauts Conseillers Civils et Militaires le matin même afin de recueillir leurs avis et leurs informations, et elle ne pouvait guère en faire davantage. Elle était tout bonnement prête, et ce fut donc d'un pas leste qu'elle rejoignit la salle du trône encadrée de quatre de ses Chevaliers Impériaux. Vilad Mandac en faisait d'ailleurs partie – comme c'était assez régulièrement le cas – et l'Impératrice avait choisi de ne pas l'écarter de ce quatuor pour la simple raison qu'il connaissait et était proche de Loes de Walleron. Parce que le faire aurait pu être interprété comme un manque de confiance voire comme une insulte, et il s'agissait bien évidemment d'une situation qu'elle se devait d'éviter.

Et quelques minutes après avoir pris place sur le trône, le héraut fut chargé d'aller chercher ses invités, et Jaana put bientôt découvrir les trois Jedi escortés par Terum Dao lui-même. Le Chevalier annonçant ainsi ses anciens collègues avant que la Maîtresse de l'Ordre ne s'inclinât devant elle. Une révérence à laquelle elle n'était d'ailleurs pas tenue si l'on respectait strictement le protocole, et la jeune Monarque choisit aussitôt d'y percevoir là un signe de respect à son égard. Mais aussi d'ouverture afin que cette réception se déroulât le mieux du monde. Et autant dire que même si le visage de la jeune femme conserva sa neutralité, elle y fut toutefois très sensible tandis qu'elle inclina respectueusement la tête.

« Maîtresse de Walleron, c'est un honneur de vous recevoir en ces lieux. Maître Frem, Chevalière Kav, soyez également les bienvenus. Chevalier Dao, nous vous remercions d'avoir servi d'intermédiaire entre nous. »

Une entrée en matière que Jaana avait voulu aussi solennelle que sobre – lancée d'une voix affirmée malgré son jeune âge – parce que même si elle tenait à respecter le protocole à la lettre, elle désirait tout de même se cantonner à davantage de sobriété et de simplicité que sa mère ou son grand-père. Pas par réel goût mais simplement parce qu'au contraire de ses aînés, elle n'avait pas encore fait ses preuves, et qu'il s'agissait là d'un élément qu'elle ne désirait pas oublier.

« Maîtresse de Walleron, sachez que l'Empire tout entier est profondément peiné des attentats qui ont frappés Taanab tout récemment. Puissiez-vous – Monsieur Votre Père et vous-même – en découvrir les instigateurs au plus tôt afin que la population puisse recouvrer sa sécurité et sa sérénité. »

Lorsque la jeune femme avait demandé à ce que fussent réunies des informations sur son interlocutrice, elle n'avait en effet pas manqué de se souvenir que la famille de Walleron – Cornelis de Walleron pour être précise – était l'actuel Moff de Taanab, aussi convenait-il de transmettre sa sympathie à cette planète. Sympathie qui n'était d'ailleurs pas feinte parce que même si Jaana n'avait encore pris aucune décision – principalement parce que les attentats n'avaient pas été revendiqués et que nul ne savait encore qui les avait préparé – il n'en demeurait pas moins que ce genre d'attaques lâches et meurtrières ne lui plaisaient pas.

« Quoi qu'il en soit, la présence de l'Ordre Jedi au sein du Palais Impérial de Bastion est indéniablement un signe fort pour tous les agitateurs qui se terrent dans l'ombre, puissions-nous trouver un accord qui nous permettra de détruire à tout jamais ces menaces. »

Le tout affirmé d'une voix toujours aussi ferme, mais le ton n'était toutefois ni agressif ni accusatoire. De ces paroles qui pouvaient receler bien des sous-entendus – souhaités ou pas, ça il n'y avait que Jaana pour le savoir – comme n'être qu'une simple main tendue en direction de la Paix.
Voir le profil de l'utilisateur
Loes de Walleron
avatar
Messages : 105
Date d'inscription : 19/11/2016
Rang : Maîtresse de l'Ordre Jedi
Localisation : Hapès, Taanab, Corellia ou autre
Revenir en haut Aller en bas
Re: [+158] Printemps de majesté [PV Jaana Fel]
Lun 20 Mar - 1:19
L'Impératrice tenait fort bien le trône, mais ne manquait pas d'une affabilité toute à son honneur. Elle sembla sensible à ma marque de respect. Nul doute qu'une si jeune femme investie d'une si lourde charge ne pouvait que bien prendre les révérences de grands personnages. Le hochement de tête dont elle me gratifia était plein d'un respect qui me fit plaisir. L'estime d'un monarque Fel, en plus d'ouvrir un très grand nombre de portes, flattait considérablement l'ego. Ses mots de bienvenue furent simples, avec même un soupçon d'humilité rafraîchissante dont feue sa mère ne s'embarrassait plus depuis des années. Sa sollicitude, même si elle relevait peut-être plus des convenances que de la véritable compassion, avait l'immense mérite d'être exprimée en public, et de ce fait elle me toucha.

Des attentats avaient en effet récemment frappé ma planète natale. À plusieurs endroits simultanés, des tueurs avaient fauché plusieurs dizaines de personnes sans raison apparente, sans qu'on sache vraiment qui avait fait ça et pourquoi. Or, le régime de protectorat que mon père Cornelis avait négocié avec Marasiah Fel pour pouvoir regagner la souveraineté du commerce agricole stipulait que l'Empire n'envoyait son armée défendre la planète que si l'ennemi l'attaquait. Tant que les attentats n'étaient pas revendiqués ou qu'on ne trouvait pas de preuves qu'il s'agissait bel et bien d'un acte de guerre ennemi – hypothèse la plus probable étant donné qu'il n'existait pas d'opposition politique révolutionnaire sur Taanab – l'Empire n'interviendrait probablement pas. J'avais proposé mon aide à mon père à ce sujet, mais il m'avait dit qu'il souhaitait mener une enquête classique avant de recourir à mes services. J'avais accepté, mais je n'attendrais pas indéfiniment son aval avant d'agir. Après tout, s'il s'agissait des Sith, je voudrais savoir pourquoi ils avaient agi ainsi. Des attentats suicides étaient un curieux modus operandi pour ce qui était devenu une puissance stratégique dominante. Le terrorisme était généralement l'apanage des régimes défendant une cause forte mais en situation de faiblesse stratégique... mais l'Alliance rebelle n'avait pas la moindre raison de s'en prendre à Taanab, l'une des planètes du domaine impérial les plus favorables. Certains soupçonneraient un coup des services secrets impériaux pour faire porter le chapeau aux rebelles, mais la machination me semblait bien tarabiscotée. L'Empire ne s'était pas encombré de ce genre de ronds de jambes pour s'emparer du Noyau.

Je laissai Jaana Fel finir ses paroles de bienvenue de manière nébuleuse. J'allais devoir lui faire adopter un discours moins fuyant. C'était tout l'enjeu de ce genre d'audiences publiques : il fallait faire dire des choses claires et favorables à l'autre. Obtenir des engagements favorables d'une jeune impératrice ne pourrait être que franchement profitable à l'Ordre Jedi : il était difficile de faire revenir une Fel sur sa décision, et d'autant plus lorsqu'elle devait prouver sa dignité, ce qui était probablement le cas. Jaana Fel pouvait tout à fait se permettre, d'un point de vue stratégique, de n'accorder qu'une piètre importance à l'Ordre Jedi, quoiqu'elle risquât peut-être de froisser le Consortium d'Hapès, mais ce serait une erreur politique majeure. Les Jedi étaient toujours très populaires auprès des populations de la galaxie, même les populations impériales. Si je ne commettais pas d'impair, les jalons de la relation que l'Ordre entretiendrait avec la nouvelle impératrice seraient bien posés.


- Permettez-moi de vous remercier pour votre accueil et pour la diligence avec laquelle vous nous avez reçus, Votre Majesté.

Ces remerciements étaient de mise, d'autant que l'Impératrice avait vraiment accepté très vite ma demande d'audience. C'était sans doute le fait de Terum et Vilad, mais sûrement pas uniquement. En tout cas, elle devait bien savoir que beaucoup interpréteraient cela comme un véritable intérêt de sa part pour ma personne, ou en tout cas une reconnaissance de l'Ordre Jedi au rang des États amis.

- Votre compassion me va droit au cœur, ainsi qu'à celui de tous les habitants de Taanab. Son Excellence mon père œuvre à démasquer les responsables de ces actes ignobles. Je voudrais moi aussi vous présenter toutes mes condoléances pour vos parents.

Comme tout le monde, j'avais éprouvé une surprise immense et un certain désarroi en apprenant le triple assassinat de Marasiah, Antarès Draco et Ganner Krieg par les Sith. Je n'avais jamais eu de sympathie pour aucun d'eux, même s'ils avaient tous mérité le respect voire l'admiration, mais je pouvais aisément m'imaginer ce que cette jeune femme avait pu éprouver en échappant elle-même à la mort, en perdant ses deux parents puis en héritant soudainement du trône, à un âge trop tardif pour être suppléée et trop précoce pour régner sans partage. J'avais vraiment de la compassion pour Jaana Fel, et je tentais de choisir des mots avec suffisamment de douceur pour lui dire sincèrement, suffisamment de solennité pour convenir à la situation et suffisamment de gravité pour ne pas la renvoyer à une image de gamine éplorée qu'elle ne pouvait pas se permettre en public – et peut-être pas même en privé.

- Sa Majesté votre mère était une femme exceptionnelle et un monarque avisé ; votre père, un homme brillant, courageux et digne de son épouse. Je ne doute pas qu'ils aient fondu en vous toutes les qualités qui vous peuvent rendre capable de régner comme ils le firent, si ce n'est avec plus d'éclat encore.

Même si je n'aimais pas particulièrement m'exprimer dans ce Basic de cour, qui mêlait la langue œcuménique et des formes grammaticales ampoulées empruntées au Haut Galactique, c'était un langage adapté à la cour impériale. Si nous avions été seule à seule avec l'Impératrice, je me serais sans doute permis plus de libertés de parole, mais il n'y avait pas pire chose à faire que de ne pas manifester la plus extrême déférence envers elle sous les yeux des grands de son Empire.

- Bien que le terme d'agitateurs soit un bien petit mot pour ceux qui oppriment désormais plus de la moitié de cette galaxie, et qu'ils ne s'embarrassent plus guère de demeurer dans aucune ombre hormis celle qui embaume leur cœur, c'est précisément l'urgence du péril Sith qui nous amène devant vous. Leur force a reparu, balayant les libertés, les peuples, les amitiés.

L'allusion à la destruction du Triumvirat était évidente pour tout le monde, mais j'eus l'élégance ne pas en imputer la culpabilité à l'Empire, ce que Plo ne se serait pas gêné de faire. À mes yeux, l'Empire n'avait pas réagi de la seule manière possible, mais bien de la seule qui fût tout à fait conforme à son intérêt et à son usage. L'Empire Galactique était fondé sur l'horizon d'une domination harmonieuse de tous les mondes : avoir souhaité l'intégrer dans un régime politique composite avait été une grave erreur, faite avec enthousiasme dans la liesse qui avait suivi la précédente défaite des Sith. La gueule de bois avait tardé à venir, mais elle était douloureuse.

- Mon Ordre ne compte pas rester à l'abri sur son rocher tandis que la galaxie saigne tout autour. L'Empire, sous le règne de Sa Majesté votre mère, a prouvé qu'il entendait défendre les mondes libres contre la lame de fond des Sith. Nous désirons nous associer à ces efforts et affirmer à nouveau notre amitié pour l'Empire, une amitié placée sous le signe de la coopération, et non plus sous celui de la rivalité qui a pu naguère nuire à tous.

Avec cette langue sinueuse de courtisan, je disais une vérité désagréable avec les allures de l'éloge. Loin de moi l'idée de tromper qui que ce fût, bien au contraire. Je voulais que le constat des erreurs passées fonde une entente future. Pour l'instant, le reproche était stérile, et si l'Ordre Jedi voulait regagner une position d'arbitre galactique, il fallait qu'il se garde de se mêler des petites querelles. Un arbitre ne donnait raison et tort qu'au moment du verdict, pas durant l'accusation, la défense ou les délibérations. Et il jugeait ce qui relevait de sa juridiction, pas au-delà. Force savait que la politique extérieure de l'Empire était bien loin de tomber sous le coup de l'autorité de l'Ordre Jedi. Pour le moment du moins.

- Au nom de l'Ordre Jedi, nous sommes venus offrir à Votre Majesté nos savoirs et notre conseil.

_________________


Thème de Loes
Voir le profil de l'utilisateur
Jaana Fel
avatar
Messages : 27
Date d'inscription : 24/02/2017
Rang : Impératrice
Revenir en haut Aller en bas
Re: [+158] Printemps de majesté [PV Jaana Fel]
Mer 29 Mar - 14:26

Aux politesses succédaient les politesses, mais à l'instant même où elle était montée sur le trône, Jaana avait su que ses heures et ses jours seraient désormais dédiés tout entier à ce protocole figé qu'elle respectait même si elle ne l'appréciait pas particulièrement. Mais après tout, une formulation aussi soignée qu'ampoulée pouvait également receler de bien des sous-entendus, des menaces voire des insultes, et la jeune femme avait appris à les reconnaître. De même qu'elle n'ignorait pas que chacun de ses gestes et chacune de ses paroles seraient désormais disséqués le plus soigneusement possible afin de pouvoir les analyser. Les comprendre. Voire même les détourner pour lui prêter des intentions qui n'étaient pas les siennes. Et en recevant Loes de Walleron aussi rapidement – lui épargnant ainsi la longueur de l'attente qui était pourtant imposée aux autres – l'Impératrice n'ignorait nullement qu'elle venait d'offrir un signe à la Galaxie : celui que l'Empire Galactique tenait l'Ordre Jedi en haute estime ! Pieu mensonge ou réelle vérité, nul ne pourrait toutefois l'affirmer, mais si la jeune Monarque respectait effectivement beaucoup la femme se tenant devant elle, il n'y avait toutefois aucun doute sur le fait qu'elle ne s'en laisserait pas compter. Fût-elle jeune qu'elle était tout de même l'Impératrice, la dirigeante d'un Empire fort et fier qui ne se laisserait dicter sa conduite par personne et régnerait un jour sur la Galaxie afin d'y assurer la Paix, l'Ordre et la Stabilité.

Mais loin d'une quelconque hostilité à l'égard de Loes, Jaana l'écoutait présentement avec attention, et son visage s'inclina bientôt légèrement en signe de remerciement lorsqu'il fut question de ses parents et de tous les talents que la génétique avait pu lui transmettre à sa naissance. Des mots, des mots et des mots … rien qu'elle n'ait déjà entendu d'ailleurs mais pourtant, la jeune femme s'astreignait toujours à cet effort, celui de remercier en étant agréable. Ou au moins en étant neutre même si face à la Maîtresse de l'Ordre, l'Impératrice avait forcé ses lèvres à se recourber en un très léger sourire …

Parce que ce sujet l'horripilait !
Même Sigel Dare – son ancienne maîtresse – n'avait pas réussi à lui arracher la moindre réaction quant au décès de ses parents, et ce ne serait certainement pas une Jedi qui y parviendrait. Personne n'y parviendrait d'ailleurs, alors que tous cessassent plutôt de se sentir tristes pour elle alors qu'aucun ne pouvaient deviner ce qui se dissimulait dans son for intérieur.

Mais un geste, un sourire, et la conversation eut la bonne idée de se dérouler vers un autre sujet moins désagréable, et ce même si Jaana demeurait toujours extrêmement prudente vis-à-vis des propos de son interlocutrice. De cette Loes de Walleron qui – derrière des promesses séduisantes d'association et de coopération – se permit également d'évoquer des ''amitiés balayées'' et des ''rivalités qui avaient nui à tous''. Le tout dans un manque de subtilité qui s'offrit en plus le luxe de se terminer par quelques éclaircissements concernant l'aide que l'Ordre Jedi entendait apparemment amener à l'Empire : leurs savoirs et leur conseil. La belle affaire que celle-ci ! Par ses mots, que voulait provoquer son interlocutrice ? De la culpabilité ? Du regret ? De la contrition ? Dommage pour ses espoirs qui ne pourraient qu'être déçus parce que malgré l'air toujours neutre de l'Impératrice, celle-ci n'en pensait pas moins.

Le Triumvirat était mort et enterré …
L’Alliance n'avait guère été qu'un ersatz de gouvernement qui s'était rapidement noyé dans son manque de cohérence et d'organisation, et si l'Empire n'était pas intervenu afin de ne pas le fragiliser encore davantage par le biais d'un interventionnisme qui n'aurait pu que lui être reproché, les Jedi n'avaient rien fait non plus. À trop se positionner comme des arbitres, ces ''sages'' avaient laissé leurs alliés couler à pic sans jamais leur tendre la main, aussi était-il plutôt cavalier de leur part d'arriver aujourd'hui pour s'ériger en donneur de leçons.

Et pourtant … pourtant Jaana ne pouvait décemment pas exprimer son avis sur la question – tout du moins pas si franchement – aussi allait-elle donc devoir se dérober afin de ne pas froisser cette femme qui se tenait devant elle.

« L’Empire se veut effectivement être le défenseur des peuples et des mondes dans un idéal de Paix et d'Ordre, et nous mettrons tout en œuvre pour libérer la Galaxie de cette oppression et de cette vilenie qui y règnent depuis bien trop longtemps. »

La Paix et l'Ordre … si le premier était indubitablement un but commun, l'Alliance Rebelle semblait toutefois ignorer totalement ce que signifiait le second de ces mots, raison pour laquelle elle avait chuter si durement pour se retrouver aujourd'hui réduite à l'état d'un groupuscule d'agitateurs. Ou comment avouer que tel un Point de Rupture, les Sith n'avaient finalement affaibli que les faibles …

« L'Ordre Jedi dispose d'un savoir plusieurs fois millénaire et d'une sagesse qui n'est plus à prouver, aussi votre proposition nous va-t-elle droit au cœur. Dans une guerre comme celle qui se prépare, aucune aide n'est à négliger, plus encore lorsqu'elle provient d'un allié et d'un ami précieux. »

Mais si l'Impératrice évoquait là des politesses et des compliments – qui n'en étaient pas moins réels et réellement pensés – elle n'oubliait pas non plus que la One Sith actuelle était également une ancienne Jedi. Une Déchue qui n'avait manifestement pas rencontré beaucoup d'obstacle lors de sa chute et qui avait pu rallier Korriban sans grande difficulté. Les Sages n'étaient donc pas Immaculés pour autant, et si le conseil était toujours bon à entendre, la réflexion ne serait pas non plus écartée.

« Comme vous vous en doutez, la guerre se prépare et ne saurait plus tarder désormais, parce que les Sith menacent toutes formes de vie depuis bien trop longtemps. À trop tergiverser, nous les avons laisser s'installer et prospérer, mais cette période là est révolue. S'il faut nous salir les mains pour assurer l'avenir de nos enfants, nous le ferons sans hésiter, et nous espérons donc pouvoir vous compter à nos côtés pour nous soutenir dans cette lutte. »

Advîennent que pourra de la Rébellion, de la Triade et de ces autres groupes … pour l'heure, les Sith étaient une menace bien plus dangereuse et bien plus présente, et par cette formulation pleine de motivation, Jaana espérait également forcer son interlocutrice à se positionner clairement face à cette guerre. Histoire de savoir si les Jedi sauraient être utiles lors des futures batailles ou si – après avoir offert leur leader aux Sith – ils se contenteraient d'attendre et de se cacher dans le Consortium d'Hapès.
Voir le profil de l'utilisateur
Loes de Walleron
avatar
Messages : 105
Date d'inscription : 19/11/2016
Rang : Maîtresse de l'Ordre Jedi
Localisation : Hapès, Taanab, Corellia ou autre
Revenir en haut Aller en bas
Re: [+158] Printemps de majesté [PV Jaana Fel]
Lun 22 Mai - 17:22
Derrière un glacis ma foi fort bien réussi, je sentais chez la jeune Impératrice une certaine impatience et une douleur sourde qui pouvait tenir à la fois du chagrin profond et de la colère froide. Un curieux mélange qui me fit hausser le sourcil avec un étonnement qui devait sembler tout à fait décalé avec la situation à ceux qui m'observait mais ne percevaient rien. Consciente de la trop grande autonomie de mon visage, je le ravisais rapidement, faisant de cet air surpris un large sourire. Quand bien même la jeune monarque avait déjà l'inquiétante profondeur de la majesté, je n'avais pas à me forcer pour trouver ses mots plaisants. Certes, certains se chargeaient de pointes critiques, mais elles ne m'atteignaient pas. Je n'étais pas responsable de l'attitude de l'Ordre dans la guerre, du moins pas jusqu'à fort récemment. On m'avait mise au placard, mais peut-être l'Impératrice l'ignorait-elle. Je ne lui en tins pas rigueur car après tout, j'étais tout de même parvenue à gagner suffisamment d'influence au Conseil pour y remporter l'une des deux plus grandes charges de l'Ordre. Songer que je disposais d'un certain pouvoir sur les décisions stratégiques depuis plusieurs années n'était pas illégitime, même si je me trouvais alors en minorité parmi les Maîtres.

Quand elle eut un compliment pour la sagesse des Jedi et affirma notre amitié devant ce vaste parterre, j'inclinai à nouveau le buste en remerciement. Je savais reconnaître les honneurs quand ils m'étaient faits, et je savais que ceux d'une tête couronnée n'étaient jamais anodins. Mes camarades m'imitèrent. Toutefois, l'Impératrice enchaîna rapidement, énonçant clairement que peu lui importait finalement la sagesse et le conseil, mais qu'elle saurait faire bon usage de notre assistance dans la guerre. Contrairement à Plo, Jaana Fell eut la très grande élégance de ne pas sous-entendre que nous pouvions servir de simples soldats. C'était malheureux qu'elle y connût plus long en matière de Force que mon cher ami, mais après tout elle possédait le pouvoir et ne pas nous considérer comme des troupiers avait également un sens politique. La dynastie Fell était en partie fondée sur sa capacité à maîtriser la Force, au moins aussi bien que les autres Chevaliers impériaux. Reconnaître le caractère exceptionnel des Jedi, qui ne prenaient comme étudiants que les apprentis les plus talentueux et les formaient mieux que n'importe quel Ordre dans la galaxie, à tel point que même ceux qui échouaient sur notre voie devenaient les plus dangereux des Sith, servait d'autant à valoriser ses propres talents.

Manifestement, l'Impératrice attendait un peu de vigueur et d'engagement de ma part, et je mesurai l'ampleur de la demande en apparence anodine. Néanmoins, nous partagions vraisemblablement l'analyse de la situation. L'inaction et l'absence totale de solidarité dans le Triumvirat avaient laissé la place à l'expansion Sith, et l'Ordre Jedi avaient une responsabilité colossale dans le désastre, j'en étais intimement convaincue. Nous n'aurions pas dû laisser maîtresse Auria quitter notre sein. L'Ordre n'était pas un État qui ne pouvait pas se permettre d'ingérer dans les affaires des autres. Nous devions assumer la charge de grand arbitre, de réconciliateur de la galaxie, et souffrir de devoir, parfois, nous engager du côté que la Force nous montrait. Non, l'Ordre Jedi ne regarderait pas la galaxie s'effondrer du haut de sa tour d'ivoire, derrière les lignes infrangibles du Consortium d'Hapès. N'en déplaise aux plus anciens d'entre nous, nous n'étions pas, nous ne devions pas être des magiciens reclus dans notre tour à percer les arcanes les plus mystérieuses de notre don. Nous possédions un talent dont nous n'avions pas le droit de priver la galaxie. Notre envie d'y recourir n'importait pas : il le fallait. Le Conseil savait à ce sujet quel était ma position, et il n'avait certainement échappé à personne que je ne nous avais pas fait quitter Ossus pour Hapès par gaieté de cœur. Il fallait protéger nos apprentis, nos connaissances, nos trésors, mais nous n'avions pas fui.


- La guerre ne se prépare plus, Votre Majesté. J'ai fait évacuer notre Temple sur Hapès pour préserver nos enfants, nos savoirs, nos holocrons. Quelques semaines plus tard et les Sith nous auraient détruits une fois de plus, et auraient une fois de plus massacré une grande partie d'entre nous. Ils ont pris Ossus. Un Jedi n'a pas de foyer, il est partout chez lui, mais ce sont les terres où nous avons grandi, les murs que nous avons rebâti de nos propres mains. Les Sith menacent tous les peuples de souffrir ce que nous souffrons, et tous ne peuvent pas s'exiler.

J'avais parlé sans pathos, comme on énonçait un fait. Les Sith étaient des êtres conscients et devaient être considérés comme tels individuellement, mais ils n'étaient collectivement qu'un concentré de danger et de cruauté contre lequel le combat était un impératif. Les laisser gouverner qui que ce fût d'autre qu'eux-mêmes relevait de l'inconscience ou pire, de l'indifférence. Le pouvoir politique des Sith devait rester sur Korriban et ne pas en sortir. Je savais qu'on ne vainquait pas le Côté Obscur. Il ne s'agissait ni d'un objet, ni d'une idée, mais d'une pratique qui ne nécessitait que la nature des êtres conscients et aucun savoir-faire. Le Côté Obscur faisait de la souffrance son lit, et personne ne le savait mieux que les Sith. En s'emparant de la galaxie, ils menaçaient d'en torturer les peuples. Nous savions ce que Krayt avait été capable de faire sur Mon Calamari. Et pourtant, nous ne pouvions simplement faire la guerre. La mort et la destruction n'avaient jamais mis fin aux peines. On ne vainquait pas les Sith à coups de Star Destroyer.

- J'emploie déjà l'intégralité de mon temps à lutter contre les Sith, Majesté, et ce depuis de nombreuses années. Je ne doute pas que vous le sachiez. Je les ai combattu par la parole et les armes, j'ai œuvré pour rassembler les forces libres de la galaxie contre eux, j'ai formé de nombreux Jedi dont l'un a même fait le serment de vous servir et ne se détournera pas de vous. Je travaille, inutile de vous le cacher, avec les restes combattifs de l'Alliance Galactique pour que les pairs qui nous ont quitté pour batailler contre les Sith ne deviennent pas les nouveaux Darth Akni. Il y a à peine quelques semaines encore, j'ai vaincu un puissant agent Sith sur Corellia.

Mon exposé n'était pas une vantardise. Je tenais à remettre les choses au clair, non pour l'Impératrice personnellement mais pour tous ceux qui nous regardaient et pour tous les canaux d'holonews ouverts sur notre entretien : les Jedi n'étaient pas inactifs. Ils ne se terraient pas. Ils ne renonçaient pas. Sans doute étais-je audacieuse d'évoquer ainsi mes mérites devant une jeune monarque qui pouvait percevoir cela comme une tentative pour éclipser sa gloire naissante, mais j'avais confiance en son intelligence pour qu'elle comprenne qu'il n'en était rien.

- Je vous prie de me pardonner de parler d'une manière que vous jugez peut-être effrontée, mais la lutte de l'Ordre contre les Sith n'est pas une question. Les Sith ont toujours été nos ennemis, et ils ont juré de nous anéantir, nous plus encore que tout le reste. Comment ne pourrions-nous pas réagir ? Nombre des nôtres s'y emploient quotidiennement, qu'ils soient au Temple à éduquer des enfants ou en train de courir les étoiles. Si vous pouvez compter sur nous pour nous dresser face à la menace, c'est une certitude. Mais le souhaitez-vous ? C'est aussi pour cela que nous sommes ici, Votre Majesté. Votre amitié nous va droit au cœur, mais c'est votre confiance que nous venons requérir, et nous sommes prêts à la payer s'il le faut.

Nous sortions des politesses et, sans en avoir l'air, des négociations s'engageaient. Sur quels termes ? C'était à Jaana Fell d'en décider. Qu'attendait-elle véritablement de nous ? Pour une coopération avec l'Empire, une libre-circulation et au mieux un droit de recrutement dans ses territoires, j'étais prête à de nombreuses concessions, tant que celles-ci n'atteignaient pas notre autonomie.

_________________


Thème de Loes
Voir le profil de l'utilisateur
Jaana Fel
avatar
Messages : 27
Date d'inscription : 24/02/2017
Rang : Impératrice
Revenir en haut Aller en bas
Re: [+158] Printemps de majesté [PV Jaana Fel]
Ven 16 Juin - 14:48

Au grès des paroles de Loes de Walleron, l'Impératrice hochait quelque fois la tête en signe d'assentiment ou d'approbation, et pourtant ces paroles-là la laissaient quelque peu songeuses. À l'image des Jedi en général, la Maîtresse de l'Ordre était en train de conter sa lutte personnellement menée – de formation d'apprentis en combat contre les Sith – mais elle n'évoqua absolument aucune action collective que les Jedi auraient pu mener tous ensemble pour repousser leurs ennemis de manière concrète et tangible. De même que ''personne n'était responsable personnellement de l'immobilisme Jedi'' , les actions entreprises semblaient presque esseulées tant ces maîtres de la Force s'obstinaient à agir chacun de leurs côtés. Quant aux actions en elle-même, toutes n'étaient pas non plus folichonnes … éduquer les plus jeunes afin de faire d'eux des Jedi accomplis était certes des plus louables en plus d'être utile, mais dans une Galaxie où la guerre menaçait des vies plus que jamais, il y avait fort à parier que ces enfants là ne verraient jamais l'âge adulte si jamais leurs aînés ne s'astreignaient pas à bouger enfin. À moins qu'ils n'attendissent – encore une fois – que les autres se battissent pour eux tandis qu'ils se terreraient sur Hapès …

Mais si Jaana Fel considérait cet éclatement comme une faiblesse là où les Chevaliers Impériaux savaient agir comme un seul Homme, elle n'en souffla toutefois mot à son interlocutrice, préférant la guider délicatement vers son propre mode de pensées sans chercher ni à la brusquer ni à la tancer. Parce qu'un tel acte aurait été stérile, mais aussi parce que du haut de ses dix-neuf ans à peine, la jeune Monarque savait pertinemment bien que les propos de sa charge pouvaient souffrir de la jeunesse de sa personne.

« Nous avons entendu parler de la présence de ce Sith sur Correlia, et nous sommes réellement soulagés que vous ayez pu l'arrêter avant qu'il ne mette ses sombres projets à exécution. Beaucoup se pensent en sécurité mais malheureusement, les Sith sont des ennemis insidieux capables de se faufiler partout. »

À l'image de rats ou de cafards, les Sith avaient en effet le don pour s'infiltrer absolument partout – même dans les planètes indépendantes ou reculées se pensant à l'abri de tout – et cette menace n'en était donc que plus grave. Surtout que – comme venait de le mentionner Loes – l'Alliance Rebelle comptait dans ses rangs des Jedi dont certains n'avaient pas fini leurs formations. Des Jedi se rendant régulièrement au front, devenant de fait des militaires alors que la philosophie de cet Ordre ne soutenait pas ce genre de dérives. Sans compter le risque important de basculer du Côté Obscur sans même s'en rendre compte !

« Ce que nous souhaitons, c'est une véritable alliance entre l'Empire Galactique et l'Ordre Jedi, afin de pouvoir offrir le socle le plus stable possible à cette Galaxie qui menace plus que jamais de sombre dans le Chaos du Côté Obscur. Mais une alliance qui ne passera pas seulement par des mots, mais également par des actes. »

Une alliance … mais Jaana n'avait pourtant pas réutilisé le terme de ''confiance''. Parce qu'après son immobilisme et ses erreurs, il était évident que l'Ordre Jedi allait justement devoir prouver qu'il était digne de confiance à nouveau.

Mais par ces mots, l'Impératrice Jaana Fel venait surtout d'ouvrir officiellement la discussion et les négociations entre elles, et comme elle en était l’hôtesse, il convenait donc de se dévoiler en partie afin de pouvoir faire part à Loes de ses demandes et de ses propositions.

« Tout d'abord et comme vous avez vous-même abordé la question, nous ne vous cachons pas que les Jedi combattant au sein de l'Alliance Rebelle nous inquiète. La place d'un Jedi n'est pas sur un champ de bataille – l'Histoire nous l'a amplement démontré – et nous craignons que certains puissent basculer du Côté Obscur à cause de plusieurs facteurs, qu'il s'agisse de l'adrénaline des combats, des pertes, des défaites, mais aussi de tout ce que la guerre peut avoir d'ignoble à offrir. Sans oublier que certains de ses Jedi n'ont même pas fini leurs formations et sont donc plus vulnérables. »

Un soucis majeur dans la mesure où plusieurs Sith actuels étaient d'anciens Jedi – la Sith Unique en tête – mais pourtant, Jaana n'eut pas l'audace de proposer elle-même des solutions. Après tout, il ne lui revenait pas la tâche d'ordonner les Jedi, aussi n'allait-elle pas usurper la place d'autres personnes plus qualifiées qu'elle.

« De plus, si les Jedi et les Chevaliers Impériaux partagent le Don de la Force, ils n'abordent et n'utilisent toutefois pas cette dernière de la même façon, ce qui peut apporter certaines limites. Nos jeunes apprentis bénéficiant de la Méditation de Combat ou du Point de Rupture, par exemple, ne sont ainsi pas toujours détectés rapidement, puis leurs formations peut également être plus délicates. Dans ce genre de cas, vos connaissances et votre sagesse pourraient être d'une grande aide à l'Empire.

Et au-delà de ce cas, il est également évident qu'une plus grande collaboration entre nos Ordres ne pourrait que nous être bénéfique afin d'ouvrir le champ des possibles. »


Si ces Dons très particuliers étaient très rares, il était toutefois évident qu'ils n'étaient pas non plus toujours bien exploités au sein des Chevaliers Impériaux, et c'était là une faiblesse que l'Impératrice en personne ne pouvait que déplorer. Surtout lorsque toutes les forces devraient bientôt être mobilisées ! Toutes les forces … à l'image d'un but caché que la jeune femme avait déjà en tête mais qu'elle se garda toutefois bien de dévoiler trop tôt, préférant déjà observer les réactions de la Maîtresse de l'Ordre afin de se faire une idée de ce qu'elle pourrait ou non obtenir d'elle.

« Et de votre côté, sans doute avez-vous également quelques demandes, alors n'hésitez pas à les exprimer sans détour. »

Une invitation qui n'était d'ailleurs pas que rhétorique parce que désormais, Loes allait pouvoir réclamer ce qu'elle attendait de l'Empire, une chance qui n'était pas offerte à tout le monde.
Voir le profil de l'utilisateur
[+158] Printemps de majesté [PV Jaana Fel]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Kirk Mueller quitterait le CH au printemps .. !
» Le printemps du cinéma
» Matin de printemps...
» Ménage de printemps 2011
» Tournoi du Printemps du jeu à Bourgoin Jallieu

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star Wars Imperial Wars :: Galaxie :: Bastion-