[155 ABY, Trigalis] un rêve se meurt [PV Syrielle Shakhovite]
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Syrielle Shakhovite
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Re: [155 ABY, Trigalis] un rêve se meurt [PV Syrielle Shakhovite]
Lun 24 Avr - 14:07

« Jorian … »

Prononçant à peine le nom de son mentor, la voix de Syrielle s'était faite lasse et fatiguée. Trahissant à la fois le contre-coup de cette ultime mission sur Trigalis mais aussi tous les enjeux – toutes les conséquences – qui allaient en découler. Tout SpecOps qu'ils étaient, ils n'avaient effectivement rien vu venir malgré l'importance de l'armée à laquelle ils avaient dû faire face, et la nouvelle de la survie et du retour des Sith était bien funeste également. Mais outre ces très mauvaises informations, son supérieur semblait surtout s’abîmer de plus en plus dans une paranoïa dangereuse que Shakhovite lui avait déjà connu – sur Ylesia notamment, et avec des conséquences plus que graves – et les Hutt et autres Hors-la-loi ne tardèrent pas à revenir au centre de son discours haineux. Agressif. Empli de ces jugements gratuits qui étaient l'apanage de leurs ennemis. Et le dérapage n'était pas que dans ses paroles puisque Jorian était réellement en train de s'agiter, affichant un langage corporel radicalement plus violent tandis que son visage affichait un air sombre. Aussi haineux que son discours …

Et si la fierté de Corellienne de Syrielle lui donna un instant envie d'offrir son propre Blaster à son supérieur pour le mettre au défi de lui exploser la tête séance tenante et sans plus de jugement, elle se ravisa toutefois aussitôt. Bien consciente que défier un homme au bord du gouffre ne donnerait rien de bien. Ni pour elle, ni pour lui, ni pour personne. À toujours afficher un air lisse et dénué d'émotion, il était évident que Jorian était en train de craquer, et sans doute avait-il effectivement besoin se purger de tous ces sentiments négatifs qu'il devait traîner comme un poids mort depuis le début de la mission sur Trigalis.

« Viens avec moi. »

De cet ordre prononcé d'une voix douce mais ferme, et la jeune femme attrapa alors son mentor par la main afin de l'entraîner à sa suite dans les couloirs du vaisseau. Avec tout les gens qui étaient présents – militaires comme civils – il lui fallut d'ailleurs plusieurs minutes pour atteindre son but : une pièce vide. Vide de présence, de regard et de jugement. Une pièce où Jorian pourrait craquer librement. Une pièce – simple cabine contenant à peine un lit et un petit bureau – où Syrielle s'enferma avec Solaris avant de lui faire face. Pendant quelques secondes. Puis d'ouvrir ses bras afin de venir refermer son étreinte autour du corps de son mentor qu'elle serra doucement contre elle. Le geste n'était d'ailleurs pas naturel tant Shakhovite n'avait pas l'habitude de câliner cet homme, mais peu importait ! Il avait besoin de quelqu'un et elle serait ce quelqu'un. Une oreille attentive et une épaule réconfortante.

« Arrête Jorian, arrête de t'acharner et de t'en vouloir de la sorte. Tu ne changeras jamais le passé et même si c'est dur, il faut que tu l'acceptes … et il faut aussi que tu arrêtes de vouloir tout contrôler. Tu es humain, tu as tes forces et tes faiblesses, alors arrête de vouloir paraître invincible pour rassurer les autres. Tu as aussi le droit de craquer, et je suis là pour toi. »

Il ne s'agissait d'ailleurs pas d'une manipulation que Syrielle aurait pu apprendre durant sa formation au sein des SpecOps, parce qu'elle appréciait réellement Jorian et qu'elle voulait lui venir en aide. À son niveau. Même si elle ne pouvait pas faire grand chose d'ailleurs, mais elle le ferait et elle serait là.

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Re: [155 ABY, Trigalis] un rêve se meurt [PV Syrielle Shakhovite]
Lun 24 Avr - 19:42
Jorian resta là, quelques instants haletants, l’écume aux lèvres. Il se rendait compte qu’il avait un discours qui n’était pas reçu positivement par sa désormais coéquipière. En effet, Syrielle avait toujours défendu la vermine galactique, tout du moins leur analyse de la contribution de ces groupuscules à l’équilibre galactique et sur la solution à apporter pour que ces groupes soient combattus n’étaient pas les mêmes. Là où Jorian avait voulu mettre en place des mesures répressives allant jusqu’à l’exécution, Syrielle avait à chaque fois voulu respecter la procédure, quitte à laisser en vie des informateurs et des personnes prêtes à collaborer pour localiser des ennemis bien plus néfastes. Pour Jorian, cela était et demeurerait impensable, pour lui il n’y avait pas de demi-mesure à adopter, il fallait simplement appliquer une tolérance zéro pour libérer la galaxie d’un fléau qui pour lui était responsable au délitement et à la corruption de certains systèmes séparatistes. Les séparatistes de tous bord gagnaient du terrain sur une cause qui n’avait jamais réellement su s’imposer. C’était un peu le même mécanisme qu’ils avaient vu lorsqu’ils avaient enquêté sur la Triade qui avait décidé peu à peu de mettre-au-point son propre système. Lorsque Syrielle avait fait l’apologie de l’Entente en pointant du doigt que cela fonctionnait mieux avec quelques collègues, Jorian leur avait assigné un blâme pour défaitisme et soupçon de trahison, des sanctions qui n’étaient appliquées nulle part ailleurs que dans la Section de Solaris qui avait tenu à ce qu’ils restent sur Trigalis pour évacuer tout le monde. Syrielle qui secondait le commandement de la Section n’avait pas tout à fait la même réputation, mais le fait qu’elle ait voulu aller sur le terrain alors que le monde était dévoré par l’ogre Sith allait sans doute faire naître des rumeurs sur elle.

Syrielle le tira par la manche sans réellement lui dire pourquoi. L’officier se rendit compte qu’il avait dépassé les bornes, surtout devant des hommes et des femmes qui auraient pu les entendre converser. Mais il ne fallait pas être naïf, les nouvelles étaient mauvaises et tous s’en doutaient, il n’y avait que des mines sombres parmi les réfugiés de Trigalis. Certains des militaires ne se faisaient pas d’illusion : partir, mais pour aller où ? Le problème de fond, ce n’était pas l’évacuation, c’était bel et bien l’absence de réaction proportionnée de la part d’un Sénat attentiste et immobile. Combien de mondes tomberaient encore ? Combien de vies innocentes seraient prises ? La fin approchait, et Jorian le savait, même s’il ne l’avouerait jamais qu’à demi-mot. Contre toute attente, Syrielle l’entraîna dans une pièce isolée et contre toute attente, ses bras l’enlacèrent. Une étreinte aussi inhabituelle que surprenante. L’officier sentit les bras le serrer doucement et lui n’eut qu’un tremblement de surprise tant il ne s’attendait pas à cela. Il y avait là quelque chose qu’il n’avait pas prévu et qu’il n’aurait pas pu prévoir. Un symbole d’attachement, cet attachement qui rendait malheureux lorsqu’on finissait par perdre. Syrielle était sa coéquipière désormais depuis plusieurs années, ils avaient rencontré des difficultés communes et avaient composé une Section SpecOps qui s’était montrée plutôt efficace. Si Syrielle voulait parler de manière plus intime, il ne pouvait le lui refuser...Mais pour lui dire quoi ? Lui-même était un peu perdu et ne savait pas que dire ou que garder pour lui. Les événements récents avaient été une catastrophe et ils le savaient tous deux. Jorian ne craqua pas, il en était bien incapable, il se contenta de parler avec sa même voix égale.

-Cela fait combien d’années qu’on travaille ensemble Syrielle ? Ça fait un peu plus de quatre ans. Nous avons monté cette Section ensemble et je crois pouvoir dire que tu es la personne qui me connaît le mieux. C’est malheureux à dire mais même Siana n’a pas partagé autant avec moi au final. Je ne pourrai pas te mentir, je te dois bien cela. Notre Section est une des plus compétentes et les SpecOps auraient dû être préservés, ce qui s’est passé sur Trigalis est bien plus grave que ça n’y paraît au premier abord : on a été mal déployés, ce n’était pas à nous de mener l’évacuation. Sais-tu ce que ça veut dire ? Que nos élites ne sont plus capables d’avoir une vision claire du front. Pire encore...Les Siths sont de retour et nous ne les avions pas vu, toutes ces mouvances Séparatistes ne sont peut-être que leur œuvre. Et tu sais quoi ? Nous ne pourrons plus jamais le prouver et je suis prêt à parier que l’État-Major va étouffer l’affaire, ne voulait pas en prendre la responsabilité.

Les événements suivants ne donneraient pas tout à fait tort à Solaris...Mais pas non plus totalement raison. C’était bel et bien un délitement de l’administration et un manque de prise de risque et de décision du Sénat qui avaient lancé le délitement de l’Alliance Galactique et qui au final seraient à l’origine que leurs rapports ne seraient pas traités correctement.

-J’ai rejoint l’Armée car j’avais une vision idéalisée de l’Alliance Galactique. La capture de Siana par le Xénope, le décès de ma famille m’ont fait comprendre que ma vision de l’Armée et de la guerre étaient bien trop romantiques. J’ai ensuite rejoint les Renseignements et comme tu le vois, une fois encore, je me confronte à des échecs multiples, l’échec de l’Alliance en tant que concept et l’incapacité de retrouver Siana qui était mon but initial. C’est ironique tu vois, j’ai rejoint la maison pour des buts personnels et mes vieux rêves politiques ont fait le reste. Je ne serai pas capable de m’arrêter de me battre Syrielle et tu vois, je me rends bien compte qu’aujourd’hui ceux qui nous gouvernent nous ont trahi.


Il y avait en Jorian une sorte de désespoir profond, la nonchalance de celui qui contemple l’abîme. Qui se rendait compte qu’il n’avait plus le choix et qui était acculé. Son regard se perdit dans le vide et il fixa à nouveau Syrielle après un court instant de réflexion.

-Je ne serai pas capable de m’arrêter de combattre car je sais que je ne supporterai pas la chute de l’Alliance Galactique et de ce qu’elle représente. Cela serait accepter que les criminels de tous bords et les Siths qu’on vient de voir ont gagné. Malheureusement, je sais que malgré toute ma bonne volonté, je ne pourrai pas arrêter l’Histoire qui piétine nos belles idées et finira par arracher tous ceux qui comptent pour moi...Comme ce fut le cas pour Siana.


Moment de flottement, c’était la première et unique fois que Solaris se livrait ainsi à Syrielle, abandonnant son sempiternel masque dur et inexpressif. L’officier froid et directif abandonnait ce visage et cette attitude qui en faisaient un parfait décideur qui ne semblait jamais douter de rien et tout analyser froidement.

-Je ne veux pas être responsable de ta mort Syrielle, je ne me pardonnerai pas de t’avoir entraîné là-dedans et d’être encore une fois la cause de la mort d’une personne valable qui compte pour moi. Ça ne ferait que me mettre une fois de plus face à mes échecs. J’ai peur Syrielle...Terriblement peur…


Une peur viscérale et profonde, qui pourtant ne se manifestait que par un regard froid et vide. Une peur incontrôlable qui grandirait à l’ombre de la trahison et laisserait bourgeonner la colère et la haine...Une peur qui le mènerait au Côté Obscur et laisserait plus tard un champ libre au Seigneur Sorcier Ahzek Ahriman.
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Syrielle Shakhovite
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Re: [155 ABY, Trigalis] un rêve se meurt [PV Syrielle Shakhovite]
Mer 26 Avr - 14:41

« Tu sais Jorian, ce n'est pas parce que je suis souriante que je ne me rends pas compte de la réalité. »

Dans l'intimité de la cabine où Syrielle venait finalement d'inciter Jorian à s'asseoir sur le lit tandis qu'il se confiait à elle, la remarque de la jeune femme venait de tomber. Accompagnée d'un sourire tandis que sa main se posa sur la sienne comme pour lui offrir toujours plus de réconfort, même si c'était certainement très maladroit. Mais malgré tout, elle voulait lui prouver encore et encore qu'elle était là pour lui. Qu'elle l'appréciait. Et qu'elle le suivrait toujours dans chacune de ses décisions même si ces dernières pouvaient sembler étranges …

Mais face à elle, son mentor demeurait toujours aussi calme tandis qu'il déversait enfin le fond de sa pensée. Marquée par un désespoir profond et une peine si grande que pendant un moment, la jeune femme ne sut clairement pas quoi répondre. Pas quoi penser non plus lorsqu'il lui avoua sa peur presque viscérale de la perdre tandis que son regard ne trahissait pourtant qu'un vide immense et terrifiant. Le vide d'un homme qui avait déjà tout perdu et qui craignait dès lors qu'on le poussât tout au fond de l'abîme pour mieux le laisser ensuite se noyer lentement dans ses phobies et ses échecs. Parce qu'il avait échoué. Parce qu'ils avaient tous échoué d'ailleurs, mais que son mentor semblait vouloir assumer l'intégralité des pertes – matérielles et morales – que l'Alliance venait d'accuser. Pour ne pas dire que l'Alliance les avait provoquées d'ailleurs, tant l’État-major les avait abandonné comme des merdes !

« Trigalis a été un monstrueux échec, mais je sais très bien à qui il est dû, et ce n'est pas toi. Nous avons été abandonnés par l’État-major comme par le Sénat, mais pourtant nous avons su mener l'évacuation correctement afin d'avoir le moins de perte possible, et ça c'est important ! Tu ne dois pas te concentrer sur les échecs mais sur les réussites, et nous n'aurions pas tous décollé sains et saufs si tu n'avais pas tout coordonné toi-même. »

Loin d'être démagogue, Syrielle était d'ailleurs sincère parce que sans le sang-froid de Jorian, il ne faisait aucun doute que des pertes auraient été à déplorer. Mais là, tout s'était – presque – bien passé, et elle préférait donc insister sur cette réussite pour tenter de remonter le moral de son supérieur.

Mais sur un plan plus personnel par contre …

« Moi aussi j'ai peur, Jorian. Peur de te perdre. Mais aussi peur de perdre tout ce en quoi je crois, peur de ne pas être utile et de voir tout s'effondrer … mais c'est justement pour ça qu'il faut continuer à se battre ! Parce que c'est nous qui remportons les victoires et on le sait tous les deux : l’État-major et le Sénat n'ont aucune utilité sur le champ de bataille, ce ne sont que des connards, alors pas la peine de se soucier d'eux ! »

Une affirmation plus que franche qui aurait bien pu lui valoir un blâme – surtout que Solaris avait toujours eu la sanction facile – mais Syrielle s'en souciait toutefois assez peu. Après tout depuis ces quelques années qu'elle avait rejoint l'Alliance Galactique, son dossier n'était déjà plus sans taches, alors un peu plus un peu moins, ce n'était pas ça qui allait l'empêcher de dormir !

Mais sans que rien ne l’annonçât, la Corellienne sortir bientôt son Blaster de son holster, vérifiant qu'il était toujours chargé avant d'ôter la sécurité, puis de le poser entre les mains de Jorian tandis qu'elle vint s'agenouiller juste en face de lui. Ses yeux plongés dans les siens et ses mains posées sur ses genoux afin de maintenir un contact physique constant avec lui. Pour ne pas le perdre. Pour ne surtout pas le perdre.

« Mais tu sais Jorian, je suis aussi une contrebandière à l'origine, alors si tu estimes qu'il faut vraiment tous nous tuer comme des rats, alors fais-le. Et si tu estimes que plus rien ne pourra nous sauver et que nous sommes déjà morts, alors fais-le aussi. Moi je suis optimiste de nature et j'ai foi en l'avenir, mais tu as toujours été quelqu'un de plus visionnaire et de plus intelligent que moi … »

Pas qu'elle souhaitât mourir mais vu le tourbillon de haine et de peur qui semblait s'être emparé de Jorian, Syrielle voulait plutôt lui causer un électrochocs. Afin de lui faire pleinement prendre conscience que l'Alliance n'était pas qu'un symbole ni qu'un régime, mais qu'il était aussi un amas de personnes. Des ''ils''. Des ''elles''. Et une Syrielle Shakhovite noyée au milieu de la foule mais qui voulait désespérément sauver son ami de la noyade. Du suicide même.

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Re: [155 ABY, Trigalis] un rêve se meurt [PV Syrielle Shakhovite]
Mer 26 Avr - 18:42
Jorian Solaris était interdit face au comportement de Syrielle. Il vit pour la première fois en elle une lucidité qu’il ne lui connaissait pas. Pas que son élève ne soit pas lucide -bien au contraire- mais simplement qu’elle avait désormais une conscience politique globale. Elle n’était pas simplement le soldat qui faisait son devoir par vertu comme beaucoup la voyaient. Au fond, Shakhovite durant ces années avait été aux yeux de certains l’atout de Solaris pour envoyer ses troupes sur le terrain, lui qui en était incapable. Mais cette fois ils l’avaient fait ensembles, avec des hommes et des femmes qui avaient été de véritables têtes brûlées et pourtant ne la ramenaient pas large au front. L’officier aurait sans doute sanctionné n’importe quelle personne qui aurait tenu les propos de Syrielle sur les Sénateur et l’État-Major : il les aurait sanctionné pour défaitisme ou pour incitation à la trahison. Au fond, les motifs administratifs -même si très rarement appliqués- ne manquaient pas au sein du règlement. Pourtant Jorian n’en fit rien, il resta un instant perplexe et circonspect, puis il ouvrit la bouche pour parler, comme s’il voulait prendre une ultime fois la défense de cet État-Major et de ces Sénateurs qu’il avait toujours défendus...Pourtant rien...Rien ne sortit de sa bouche, Solaris était paralysé, incapable de contredire Syrielle. Parce qu’elle avait raison, parce qu’ils les avaient trahis. Sur Trigalis, la démonstration était faite, les Sénateurs n’avaient pas une once de responsabilité morale ni de patriotisme. Cette révélation venait de résonner en Jorian comme un coup de canon, un couperet qui tombait violemment, tranchant dans le vif. C’était d’une douleur extrême et pourtant, Jorian savait au fond de lui qu’il aurait pu saisir les signes annonciateurs de tout cela. Kollan ne l’avait-elle pas mise en garde ? Ne lui avait-elle pas dit ce qui allait se produire ? La Triade et Stregwel avaient anticipé le coup et ils avaient décidé de faire leur propre chemin. Et s’ils avaient raison ? Et si Syrielle ne s’était pas trompée lorsqu’elle en avait fait l’apologie ? Et si tout simplement l’Alliance Galactique venait à se décomposer et à ne plus exister ? Cette éventualité lui donna le tournis, elle avait quelque chose de démesuré, de terrifiant. Lui qui avait donné toute sa vie pour cette cause, s’y rapprochant pour combler le vide de Siana, se rendait compte que tout ça n’avait été qu’un tissu mensonger : les Sénateurs avaient tenus des discours enflammés lors de leurs investitures et quand ils pensaient encore être capables de mater les mouvements séparatistes, mais il fallait être honnête, tout ça n’était que du flan. Un coup de communication par des élus corrompus qui dirigeaient de leurs demeures dorées et n’avaient aucune mesure de ce qui se passait du côté de ceux qui combattaient. C’était la triste vérité et désormais le Capitaine venait d’en prendre pleinement conscience.

Cette déception brutale et brute, rapide et difficile, ne fut pas le seul élément qui le perturba. Sur le fond, Syrielle eut un comportement encore étrange alors qu’elle lui tenait la main. La jeune femme se montrait bien plus effusive et émotionnelle qu’elle ne l’avait jamais été. Jorian aurait aimé pouvoir en faire autant, il aurait aimé pouvoir répondre et lui dire à quel point elle comptait pour lui : mais ces mots lui arrachaient les lèvres, il le lui avait dit à demi-mot. Il aurait voulu le lui dire aussi et répondre à ce joli discours, seulement voilà, ses mots restèrent prisonniers de sa gorge sèche. Paralysé par cette peur intense, cette frayeur irrationnelle et superstitieuse de la Malédiction Solaris : tous ceux qu’il aimait finissaient par disparaître, c’était comme si une machine infernale s’était mise en route, manipulant consciencieusement les fils du destin et traînant sûrement et doucement tous les membres de son entourage vers une mort certaine. C’était comme si tout cela avait été écrit auparavant et réglé sur du papier à musique, encodant ainsi le tragique destin de Jorian et de ses proches. Une sorte de marche funèbre qui accompagnait chaque pas lent vers la tombe, l’officier en saisissait maintenant les deux temps. L’espace d’un instant il entendit les bois, les cuivres et les timbales qui annonçaient des jours encore plus sombres. Seulement voilà, Jorian ne pouvait négocier avec la mort, il ne pouvait être aussi fort qu’il aurait aimé l’être et même si Syrielle avait voulu l’aider en le lui disant, il refusait catégoriquement de se soumettre à ce destin cruel. Pourtant la réalité était là, les actes de la tragédie s’étaient succédé et désormais, il allait devoir accepter que le tomber de rideau pour l’Alliance Galactique était tout proche.


Alors que la discussion semblait se conclure du côté de Syrielle et que Jorian s’apprêtait à répondre, il put la voir sortir son blaster et déverrouiller la sécurité. Sa main enserra l’arme, il contempla l’espace d’un instant le visage de sa collègue et l’arme. Cette fois les mots sortirent avec un calme étonnant.

-Tu n’as rien à voir avec ces gens-là Syrielle. C’est toi-même qui a décidé de faire un choix et de parler afin que les véritables responsables tombent. Grâce à toi, c’est tout un réseau qui a été démantelé. Je ne peux pas te laisser dire cela, contrebandière par les origines, mais aujourd’hui tu fais partie des SpecOps et cela s’est encore une fois vérifié. Tu es devenue une des plus efficaces d’entre nous et en toute objectivité tu m’as dépassé. Je ne suis pas plus intelligent que toi Syrielle, aujourd’hui encore, les événements le prouvent et en toute honnêteté, je me félicite de cette évolution. Après tout, les élèves sont toujours destinés à dépasser le maître, sinon le système régresse non ?


Jorian sourit à cette dernière phrase et réenclencha la sécurité pour finalement rendre l’arme à Syrielle. Les choses étaient désormais stabilisées mais il la fixa une fois de plus dans les yeux avec son regard fixe et immobile.

-Ce que je ne me pardonnerai pas par contre Syrielle, c’est si tu n’étais pas capable de dire stop. A un moment ou à un autre, l’Alliance Galactique va s’écrouler. Ce n’est pas du pessimisme, c’est un fait. Je veux que tu me promettes que lorsque cela arrivera, tu quitteras ton poste. Je ne veux pas être responsable de ton décès et je ne veux pas que tu sois un des derniers soldats loyaux à défendre un système agonisant et ingrat. Quand le moment sera venu, tu devras partir et te mettre à l’abri, quoi que je fasse et quoi qu’il arrive...Je veux que tu m’en fasses le serment.
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Re: [155 ABY, Trigalis] un rêve se meurt [PV Syrielle Shakhovite]
Jeu 27 Avr - 15:25

Le sourire de Jorian appela une réponse semblable sur les lèvres de Syrielle, et ce fut avec un rien de soulagement qu'elle le vit réenclencher la sécurité du Blaster avant de le lui rendre. Que ce fût par conviction ou par réaction, son mentor n'était manifestement pas encore animé de pulsions suicidaires, et c'était une réelle bonne nouvelle. De même que le serment qu'il lui demandait de prêter – celui de fuir avant que l'Alliance Galactique ne s'écroulât et l'emmenât avec elle dans la tombe – pouvait appeler à une certaine négociation qui pourrait peut-être le pousser à quitter le bord du gouffre afin de retrouver une certaine stabilité. Une certaine sécurité également …

« Faisons un marché alors : je te le promets mais en échange, tu me fais une promesse aussi, ok ? Tu es quelqu'un qui ne montre jamais ses émotions et qui veut paraître fort pour tout le monde, mais je sais que tu souffres de la perte de Siana, de ta famille, mais aussi du délitement de l'Alliance. Alors de ton côté, je veux que tu arrêtes de te punir et que tu recommences ta vie. Je ne te dis pas forcément de te remarier si tu ne te sens pas prêt, mais arrête de vivre dans le passé et accorde-toi une nouvelle chance. Un nouveau départ … La vie est trop courte pour être gâchée par des regrets, alors oublie tout ça et reprend ta vie. Tu es quelqu'un de brillant mais aussi d'agréable, alors arrête de vouloir le cacher et vis librement … d'accord ? »

Le discours était sans doute naïf mais pourtant, le doute sur le sujet n'était pas permis : en veuf éploré, Jorian avait cessé de vivre depuis qu'il avait perdu Siana, et il s'était dès lors enfermé dans une chimère en voulant à tout prix la sauver sans même savoir si elle était encore vivante. Et avec la guerre et l'Alliance en pleine décadence, son moral ne cessait de chuter ! Mais pourtant, c'était un homme qui gagnait réellement à être connu, et Syrielle ne pouvait que lui souhaiter ce bonheur qu'il méritait tant.

Mais quoi qu'il en fût pour l'instant, il était évident que son mentor était trop à bout de nerf pour réussir quoi que ce fût, et la jeune femme se releva donc en lui adressant un nouveau sourire.

« Je sais que tu n'as quasiment pas dormi sur Trigalis afin d'être prêt à toutes les éventualités, alors tu vas profiter de ce lit pour prendre quelques heures de sommeil. Je vais m'occuper de ton rapport et de l'équipe aussi, alors ne t'inquiète de rien, je saurais gérer ça toute seule … et ne t'avise même pas de refuser sinon je t'enferme dans cette chambre. »

Une fausse menace destinée à détendre l'atmosphère mais pourtant, Shakhovite aurait été tout à fait prête à séquestrer Jorian pour le forcer à prendre un peu de repos ! Mais pour l'heure, c'était un sourire fatigué mais sincère qu'elle lui adressait, et sa main ne tarda pas à reprendre celle de son mentor pour la serrer fortement.

« J'ai peur pour toi tu sais, je m’inquiète énormément quand tu sembles te déconnecter de la réalité et j'ai peur que tu fasses une bêtise. Alors fais-moi plaisir et repose-toi, prends un peu de temps pour toi et arrête de vouloir tout porter sur tes épaules. »

Une proposition. Un ordre presque …
Mais dans le regard de la jeune femme, il était aisé de discerner qu'elle était effectivement affectée par la situation, aussi ne pouvait-elle que chercher à protéger Jorian. Même contre lui-même s'il le fallait.

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Jorian Solaris
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Re: [155 ABY, Trigalis] un rêve se meurt [PV Syrielle Shakhovite]
Jeu 27 Avr - 19:02
Jorian écouta avec attention ce que lui disait son ancienne élève. Elle avait effectivement beaucoup progressé depuis le début de sa formation. En réalité, elle était très forte et avait réussi à surmonter de nombreuses épreuves. Des épreuves qui l’avaient conduite à se trouver avec son ancien mentor sur un vaisseau qui fuyait une planète Alliée...Des épreuves qui l’avaient conduite à la défaite du régime. Sur le fond, cette affirmation était encore douloureuse. Même s’il faisait tout pour ne pas le montrer, Jorian se demandait constamment ce qu’aurait été la vie de Syrielle si cette dernière n’avait pas rejoint les SpecOps. Elle aurait eu une vie faite de petits délits de contrebande mais sans doute loin des fronts conventionnels. Il avait voulu la remettre dans le droit chemin et pourtant cette dernière n’avait pas trouvé un meilleur destin à ses côtés. Et si certains criminels n’avaient pas tort ? Et si les régimes n’étaient que de gigantesques machines à tuer prêtes à déboulonner ceux d’en bas qui les rejoignaient ? La bataille de Trigalis n’avait été qu’une preuve supplémentaire de tout cela.

Contre toute attente, les paroles de Syrielle Shakhovite résonnèrent en lui plus qu’elle n’aurait jamais pu l’imaginer. Refaire sa vie, voir plus loin que l’Alliance. C’était une chose qu’il redoutait depuis le début de ces combats et l’embrasement des idéologies Séparatistes : que faire si l’Alliance se délitait ? Car sur le fond, l’Alliance était déjà en faillite morale pour Jorian, elle avait perdu toute crédibilité et quoi qui se passe, les Sénateurs ne pourraient plus être crédibles à ses yeux. Ceux qui s’étaient vantés et avaient vanté la force du système démocratique s’étaient montré couards, ils n’avaient pas assumés leurs responsabilités et avaient laissé le peuple payer les pots cassés de leur manque total de morale. Cette faillite, il savait qu’il ne leur pardonnerait jamais. Syrielle avait-elle conscience de cela ? Sans doute pas. Kollan lui avait de nombreuses fois proposé de rejoindre l’Entente, une proposition qu’il avait refusé avec véhémence, après tout l’Entente était en soi un système séparatiste : pourtant plus fort, plus puissant et surtout plus efficace. Stregwel était moralement en accord avec lui-même et c’était pour cela qu’il s’était détaché peu à peu de l’Alliance Galactique. Cette réflexion, il se promit de la continuer plus tard, lorsque son esprit serait moins agité et qu’il aurait les idées claires.


-Je te le promets, Syrielle. Je te remercie également pour ces paroles. Peut-être est-ce l’enseignement de cette guerre après tout. Tout n’est pas blanc ou noir, il faut accepter les nuances. C’est à nous de réfléchir à l’avenir que nous voulons désormais...Je garderai ce que tu m’as dit à l’esprit et je te fais cette promesse, je suis un homme de parole et tu le sais.


Jorian était encore embué dans son chagrin et il n’avait pas réussi à évoquer Siana. En fait, il n’avait pas évoqué non plus la manière dont il avait compris les paroles de Syrielle, mais il n’avait désormais qu’une envie : se venger. Il savait qu’il le ferait, il savait qu’un jour ou l’autre il se vengerait de ce que l’Alliance Galactique avait fait contre Syrielle et contre Siana. Jorian referait sa vie, mais avant, il leur ferait payer. Les pions du système se gargarisaient d’être encore en vie, mais combien mouraient encore sous le feu Séparatiste. Tout était clair maintenant dans sa tête, et cette promesse il l’honorerait : il honorerait aussi la promesse tacite qu’il avait faite à Syrielle lorsqu’elle était devenue son apprentie, il tenterait de la protéger de la guerre. Sur le fond, les choses étaient désormais claires et les dernières hésitations de Solaris avaient été balayées par les paroles de Syrielle. Jorian se leva avec un sourire las.

-Je doute de toute manière que quelqu’un lise ce rapport. Je doute encore plus qu’ils nous croient. Dans ce cas-là je te laisse le faire, mais tu devras aussi aller dormir après. Demain est un autre jour et nous avons gagné le droit de nous lever encore une fois…

Il y avait dans les paroles du Capitaine une sorte de nostalgie étrange, comme s’il parlait en se remémorant des moments agréables désormais perdus. Sans autre forme de procès, il tourna les talons et disparut dans la coursives. Les dés étaient jetés et désormais, chacun prendrait ses responsabilités et serait mis face à ses actes...Il ne serait plus jamais une victime.
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[155 ABY, Trigalis] un rêve se meurt [PV Syrielle Shakhovite]
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