[+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
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Loes de Walleron
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[+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Lun 26 Déc - 20:22
La guerre, cette guerre dans laquelle l'Ordre avait refusé d'intervenir avant qu'il ne soit trop tard, nous avait beaucoup préoccupés ces dernières années. Fallait-il secourir l'Alliance ? Fallait-il demander à l'Empire de le faire ? Fallait-il laisser les événements suivre leur juste cours ? Le Conseil, pendant plus de quatre ans, avait préconisé une grande prudence – et qu'y a-t-il de plus prudent que de ne rien faire, d'observer avec toute l'intelligence de l'élite galactique avant de se décider à agir enfin ? L'audace était une qualité guerrière, et nous voulions la paix. Pendant plus de quatre ans, les puissants maîtres avaient continué à dispenser leur sagesse à qui la demandait, à appeler au cessez-le-feu et avait trimé pour conserver coûte que coûte leur neutralité exemplaire, devenant les spectateurs VIP du carnage galactique. Spectateurs érudits, bien sûr, du genre qui n'assiste pas à n'importe quelle pièce de boulevard, et qui connaît déjà le genre de ce qu'il vient voir, les codes à l’œuvre. Tout du long, il garde conscience de la gravité de ce qu'il regarde, et il fronce les sourcils, acquiesce de temps à autres, s'indigne parfois et adopte la vision des protagonistes avec  toute sa finesse. Finalement, il en vient à oublier ceux qui restent en dehors de la scène, ces personnages d'une autre histoire, qui n'ont pas le droit de figurer, et à peine d'être mentionnés.

Eriadu, Sluis Van et Mustafar, aux yeux des Jedi qui partageaient pour la plupart les considérations de l'Alliance, constituaient un petit espace sécessionniste comme un autre, dont le seul avantage était de ne pas avoir été contrôlé par les Sith. En outre, le fait que la Triade ne prît pas parti dans la guerre l'effaça des priorités diplomatiques. Les Jedi désirent la paix, et un régime mineur qui refusait obstinément de se laisser embarquer dans un conflit ne leur posait aucun problème suffisamment urgent pour les intéresser. En outre, bien peu de Jedi se préoccupaient d'intérêts économiques quand la guerre faisait rage et que les Sith menaçaient de dominer la galaxie. Pendant quelques années, la Triade était demeurée virtuellement inexistante à nos yeux. Nous ne l'avions « découverte » et n'avions aperçu son importance dans l'équilibre galactique que quand son influence commerciale était devenue évidente au point d'attirer la violente convoitise des Sith, l'année dernière.

L'affaire de Dathomir, puis l'entrée en guerre de l'Empire, l'élection et la négociation du refuge hapien avaient accaparé le temps que l'Ordre avait à allouer aux affaires urgentes. Cependant, j'avais conservé tout ce temps dans un coin de mon crâne tout l'intérêt que de bonnes relations avec la Triade pouvaient avoir. Sitôt installée sur Hapès, j'avais monté le projet d'ouvrir des relations diplomatiques avec le régime, mais j'avais rapidement appris le peu d'amour qu'il portait aux utilisateurs de la Force. Malgré tout, à force d'insistance et de prises de contacts avec des individus plus ou moins proches du régime, j'étais parvenue à susciter l'attention de la REPo, leur force de police spéciale. En quelques messages laconiques, nous avions convenu d'une rencontre discrète entre l'un de leurs officiers, un dénommé Jorian Solaris, et moi-même. Je l'avais personnellement invité à venir sur Taanab, planète agricole impériale que gouvernait encore mon père vieillissant, où je comptais le recevoir dans la demeure familiale.

Je n'avais pas jugé bon d'informer le Conseil de la chose. Après tout, l'entrevue n'engageait l'Ordre en rien et je ne souhaitais pas braquer dès maintenant les autres maîtres pour les mêmes principes qui nuisaient à notre position dans la galaxie depuis vingt ans. Si la discussion pouvait aboutir à quelque chose, je les informerais avant d'officialiser quoi que ce soit, mais les impliquer trop tôt ne m'apporterait que des tracas. Je l'avais appris à mes dépens : si je voulais convaincre le Conseil Jedi de mener une action, mieux valait lui apporter des preuves évidentes de son intérêt. La Triade semblait à première vue de ces régimes retors auxquels l'Ordre Jedi avait toujours refusé de s'accommoder, mais elle constituait à mon avis un terreau fertile pour une collaboration, sinon pour une alliance. Qui savait, peut-être saurions-nous transformer leur détestation de la Force en simple détestation des Sith ? Mon premier objectif, modeste, était donc de m'assurer que la Triade comprenne bien que l'Ordre Jedi ne lui chercherait pas de noises, mais qu'il apprécierait en retour d'être considéré de manière aussi neutre que tous les autres régimes.

Prétextant une « visite familiale », bien que tous les maîtres sachent que je ne faisais jamais de tels voyages en vain, je quittai donc le Consortium quelques heures à peine avant l'heure de la rencontre. Taanab était le premier système d'importance que l'on rencontrait en quittant le Consortium vers le nord, et le trajet ne prenait guère de temps. J'eus largement le temps de rejoindre la demeure familiale, de saluer mon père et de l'avertir de l'arrivée d'un invité afin que les domestiques de la maison du Moff préparent le protocole minimal dans un petit salon de réception. Bien que la rencontre se déroulât à titre privé, j'avais revêtu mes bures blanches d'apparat et noué mes cheveux en un chignon lâche, laissant quelques mèches rousses ondulées encadrer mon visage. J'accrochai à ma ceinture mon sabre-laser de jeunesse, à manche simple classique, afin de servir de symbole bien plus que d'arme. Ma double-lame de combat était restée dans mes appartements.

Le soir approchait à grands pas lorsque l'on vint m'avertir de l'arrivée de la navette de la REPo. Je fis apporter quelques rafraîchissements et amuse-bouches afin que mon invité ne se trouve pas affamé. Un estomac satisfait est toujours plus enclin à palabrer. J'avais aussi fait préparer une chambre, au cas où les discussions dureraient tard dans la nuit. Même entre inconnus aux relations a priori tendues, je considérais l'hospitalité comme un devoir primaire, d'autant plus que c'était moi qui l'avait convié.

L'un des maîtres d'hôtel ne tarda pas à m'annoncer l'entrée de Jorian Solaris. La porte s'ouvrit, découvrant un homme d'une quarantaine d'années. À peine plus grand que moi, il avait de face l'air de quelqu'un qu'on voit du coin de l'oeil. Pourtant, son uniforme impeccable, ses galons et les nombreuses médailles brillant sur sa poitrine m'indiquait qu'il n'avait rien de lambda. Presque instinctivement, alors que je souriais et m'avançais vers lui en tendant une main accueillante, j'allai caresser son esprit dans la Force, sentant immédiatement le mélange de méfiance et de fierté qui seul émanait de son mental fortifié.


- Soyez le très bienvenu sur Taanab, commandant Solaris. J'espère que vous avez fait bon voyage depuis Eriadu. Je vous en prie, asseyez-vous.

Le salon comptait une demi-douzaine de bons fauteuils – bien trop pour nous deux – disposés autour de la table basse chargée des boissons et petits mets que j'avais demandé qu'on apporte. Je lui désignai d'un geste ample l'ensemble des sièges, le laissant faire son choix, puis m'asseyant moi-même sur celui d'en face.

- Souhaitez-vous boire ou manger quelque chose ?

Outre que la satiété rendait plus avenant, la commensalité instaurait immédiatement une relation privilégiée dans de nombreuses cultures. On ne partageait pas sa table avec n'importe qui, et manger avec quelqu'un, c'était déjà lui faire un très grand honneur. Ainsi, je me contentai pour l'heure de paroles courtoises, le temps de mettre un minimum à l'aise mon interlocuteur, même si les choses sérieuses ne tarderaient pas.

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Jorian Solaris
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Mar 27 Déc - 1:20
Le message était urgent. Du type auquel on ne pouvait pas réellement refuser de répondre. La Commissaire Alice Kollan avait contacté son subordonné, le Commandant Jorian Solaris pour une mission de la plus haute importance. Une mission aux antipodes des missions de police ou d’assaut de pirates qu’on confiait habituellement à l’officier. Son statut d’immigré au sein de la Triade n’avait pas réellement convaincu ses collègues, et cela en dépit des efforts de Kollan pour l’intégrer. Cette défiance l’avait confiné aux missions de bas prestige et à celles que personne ne voulait, c’était pour cela qu’il avait hérité des missions en coopération avec l’Alliance Rebelle, groupe généralement méprisé par les officiers de la REPo qui jugeaient les missions incluant les superpuissances impériales comme le summum et l’idéal pour monter en grade. Donc tout cela amenait l’officier à penser qu’il s’agissait encore d’une chasse aux pirates ou d’une discussion avec le Général SpecOps Jean Voren avec qui il avait contact. A sa plus grande surprise, il s’agissait d’une mission diplomatique...Le genre de mission très atypique pour la REPo qui était en général réservée aux diplomates et aux officiels du régime. Il avait d’abord eu du mal à comprendre pourquoi on faisait appel à lui pour ce genre de tâche. Il avait rapidement compris lorsqu’on lui avait énoncé la mission qu’il était tout à fait normal qu’on ait fait appel à lui : il allait devoir rencontrer la Maîtresse de l’Ordre Jedi, Loes de Walleron, qui avait demandé à rencontrer des officiels du régime de la Triade. Les Jedi, comme tous les utilisateurs de la Force, étaient complètement méprisés par l’opinion publique de la Triade. Si le gouvernement accordait une certaine importance aux Siths qui étaient des ennemis -quoi qu’il y avait des accords secrets menant à leur livrer du matériel- les Jedi avaient été les grands oubliés de la diplomatie et la REPo les avait inscrit sur la liste des organisations à surveiller. Les diplomates étaient trop occupés pour rencontrer la Maîtresse de l’Ordre, de plus la Triade ne comptait pas dans les rangs des hauts-fonctionnaires des spécialistes des Jedi. Il était donc évident que de Walleron avait été redirigée vers le service de diplomatie de la REPo. En fait, personne n’utilisait ce service qui était plus historique qu’officiel, puisque désormais la Triade avait ses propres spécialistes préposés aux relations diplomatiques. On pouvait ajouter à cela que les troupes de la REPo avaient en général une réputation de troupes très engagées et parfois eu mauvaise presse après les opérations musclées menées contre les pirates et les hors-la-loi, notamment comme celle menée par Jorian quelques jours auparavant. Il était donc clair que vu le peu d’intérêt porté aux Jedi, le Commissariat Central de la REPo avait choisi un officiel de moindre importance, Kollan n’avait pas même voulu s’y rendre elle-même et elle avait choisi son subordonné, le Commandant Solaris tout en ne manquant pas de lui fournir un imposant dossier avec quelques pages sur les Jedi, quelques pages sur de Walleron et un feuillet entier sur comment orienter ses conclusions lorsqu’il rendrait son dossier à l’office diplomatique du Collège. Même ses conclusions ne seraient pas libres. Mais d’une certaine manière, l’officier Solaris ne voulait pas se faire influencer par Kollan, il savait que s’il voulait un jour évoluer et obtenir la citoyenneté à la Triade, il devrait s’illustrer...Ses performances en première ligne contre les Siths étaient déjà un bon point pour cela, il avait gagné de la considération des instances officielles.

Jorian Solaris était assis dans le compartiment de sa navette. L’homme étudiait en détail le dossier qu’on lui avait donné et les informations dont il disposait sur les Jedi. Alors que les pages défilaient sur la petite table qui lui faisait office de bureau, le scientifique plongeait dans le monde de ces moines du côté Lumineux. Pourquoi lui avoir confié la mission à lui ? Lui pour qui la Force était juste quelque chose de totalement inconnu...Une énergie, un Fluide comme disaient les physiciens des temps anciens, mais ce dernier n’avait juste pas encore été décrit. Ces sorciers cesseraient d’exister dès que la science aurait mis une équation sur la Force, car c’était comme ça que les choses étaient faites et que le monde fonctionnait : les Jedi et les Siths étaient les derniers chamans à avoir échappé au regard démystificateur de la science. S’il y avait un Dieu, il ne résidait certainement pas dans la Force, l’être supérieur s’il existait était plus discret. Jorian le voyait plus probablement comme un observateur discret qui faisait les comptes à la fin, mais sans doute pas pour le juger selon ses propres prétextes…Mais cela restait hypothétique, puisque justement Jorian sur le fond n’avait pas vraiment la foi, son unique préoccupation était les choses terrestres, pour le reste il verrait par la suite. Dans tous les cas, il n’était pas convaincu par la Force ni même par ses utilisateurs. Chassant ces idées, l’homme se replongea dans ses documents. Les pages défilaient, il engrangeait les informations avec une rapidité propre à son esprit, une capacité d’analyse qui avait fait de lui un élément très efficace en science lorsqu’il travaillait encore au Centre de Botanique d’Ylesia puis après un agent très efficace des renseignements à l’Alliance puis à la REPo. Le dossier fut rapidement assimilé par Jorian qui ensuite entreprit de se reculer dans son siège et de fermer les yeux. Combien de temps s’écoula...Une seconde...Une minute...Peut-être une heure. Jorian Solaris était entre deux mondes, entre de eux états, ses paupières fermées et frémissantes il somnolait, pas réellement endormi ni réellement réveillé. Etrange sensation.


-Mon Commandant, nous approchons de Taanab.


La voix du soldat tira immédiatement l’officier de son simili-sommeil. Il sentit comme une chape de plomb s’abattre sur son esprit bailla tout en mettant rapidement sa main devant la bouche. S’étirant rapidement, il tenta de chasser cette impression désagréable d’avoir été tiré d’un doux rêve cotonneux pour finalement revenir à cette réalité froide et acérée. Jorian rassembla rapidement ses affaires dans une serviette de cuir tout en observant par le hublot la planète qui leur faisait face. Taanab, de Walleron avait donné rendez-vous sur cette planète, la planète de sa famille. Les Jedi de l’ancien Ordre prônaient une stricte régulation de l’attachement et maintenant la Maîtresse de l’Ordre le recevait dans sa maison de campagne, cette pensée arracha un sourire amusé à Jorian qui se plut à l’imaginer en none rabougrie et frustrée...Cette fois il gloussa légèrement à cette pensée, se reprenant immédiatement. Ce genre de pensées étaient nocives, il valait mieux les éviter et surtout se concentrer sur la mission : c’était ce qu’on lui avait enseigné lorsqu’il avait été en instruction. La navette entra dans l’atmosphère de Taanab et plongea vers les étendues verdoyantes qui étaient plongées dans l’obscurité du soir. Jorian imaginait la marée d’herbe, entourée de haies taillées, d’arbres et de bosquets qui délimitaient les parcelles...Mais dans la nuit il ne les discernait pas. Ils volèrent encore un moment avant d’approcher d’une immense propriété, le lieu de rendez-vous. La navette se posa délicatement, repliant ses ailes.

On vint chercher Jorian pour lui indiquer qu’ils étaient arrivés. Deux soldats Ultra de la REPo lui demandèrent quelles étaient les instructions et s’ils devaient l’accompagner, ce à quoi il répondit en leur ordonnant de rester à la navette quoi qu’il arrive et quel que soit le temps que durait l’entrevue. Il voulait être le seul maître à bord et voulait aussi pouvoir défendre au mieux les intérêts de la Triade. Il fut accueilli par un maître d’hôtel à la sortie de sa navette et le suivit quand il le conduisit vers la somptueuse villa qui appartenait à la famille de Walleron. L’officier contempla l’immense demeure, elle avait du charme et du panache, rien à voir avec le manoir vieillissant que possédait la famille Solaris sur Ylesia. L’officier fut invité à l’intérieur, l’atmosphère chaleureuse détonnait avec la fraîcheur humide du soir dans cette région humide.

Jorian fut conduit dans un petit salon qui était particulièrement luxueux, à l’instar du reste de la maison. Il y avait là une femme qui faisait très jeune et qui, contrairement à ce qu’avait pensé Jorian dans la navette n’avait rien d’une sorcière rabougrie, elle portait une bure blanche et son sabrolaser était visible à la ceinture. Ses cheveux d’un blond vénitien étaient noués en un chignon et quelques mèches encadraient un visage fin et très féminin. Jorian quant à lui portait s’était fait faire un uniforme sur mesure pour l’occasion par le tailleur militaire d’Eriadu. L’uniforme était entièrement blanc à l’exception du col de laine gris qui portait ses pattes de col avec son grade et son appartenance à la REPo. Ses médailles étaient aussi visibles. Jorian quitta immédiatement son manteau, ses gants immaculés ainsi que sa casquette qu’ils remit au domestique pour qu’il puisse en disposer. Il était extrêmement fier d’être en ce lieu, mais avait une certaine appréhension, il avait déjà combattu les Siths sur Erinar et il se méfiait des Jedi.

Jorian tenta de rendre le sourire à Loes, mais cela ne ressemblait qu’à une grimace et il accepta sa poignée de main avant de s’asseoir à une table qui était remplie de mets et de boissons. Il choisit un des sièges qui paraissaient tous confortables. La Maîtresse de l’Ordre s’assit face à lui tout en lui proposant quelque chose à boire ou à manger. Jorian ignorait tout des conventions et des protocoles diplomatiques, et cela devait se voir, il aurait dû dire quelque chose, mais il était tout de même extrêmement flatté de se trouver impliqué dans la diplomatie, même si c’était avec des extrémistes religieux.


-Le voyage fut agréable, je vous remercie, Maîtresse de Walleron. Je prendrai volontiers un verre de vin.


Alors qu’il s’exprimait de sa voix nasillarde et que l’homme conservait son stoïcisme habituel, fixant Loes dans les yeux, un des domestiques s’approcha. Il tendit un paquet à la Maîtresse de l’Ordre. Lorsqu’elle l’ouvrirait, elle pourrait remarquer un très vieil ouvrage imprimé à la reliure de cuir. C’était ce que Jorian avait en idée pour faire un cadeau diplomatique, une chose dont il avait dû s’occuper seul et qu’il avait fait dans l’urgence. Là-encore l’homme ignorait tout des protocoles diplomatiques.


-C’est un ouvrage de botanique très ancien. Une pièce très rare qui était sur Ylesia, j’espère que cet ouvrage pourra compléter vos bibliothèques mais par-dessus tout, que ce présent sera à votre convenance.


Laconique, presque froid, Jorian venait de faire don d’un ouvrage de sa collection personnelle en guise de cadeau diplomatique, ce qui montrait bien que la Triade ne lui avait donné aucune aide dans l’organisation de cette entrevue diplomatique. Il se surprit un instant à détailler son interlocutrice. Elle avait de l’allure, très loin de ce qu’il imaginait venant de la Maîtresse de l’Ordre Jedi, mais lui n’y était pas réellement sensible, il n’avait pas réellement de respect pour la fonction, cette considération naturaliste était plus de la curiosité. Une très belle femme...A quoi pensait-elle ? Quelles étaient ses aspirations ? Jorian espérait bien pouvoir la faire un peu parler pour voir ce qu’elle voulait, il s’enferma complètement dans son esprit, campant dans une position d’observateur.
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Mar 27 Déc - 18:20
Eh bien, l'homme n'était pas bavard, c'était le moins qu'on puisse dire, mais au moins il maîtrisait les bases de la politesse. Je le sentis légèrement mal à l'aise, surpris, flatté et méfiant à la fois, curieux cocktail d'émotions aisément perceptible de la part d'un homme qui avait le visage si impassible qu'il peinait même à sourire. Pauvre homme, il n'avait manifestement pas l'habitude de la légèreté feinte des salons mondains, ni même de la manière de mener une discussion « normale ». L'homme était impeccable dans son uniforme bien repassé, aussi bien rangé que les dossiers d'administration militaire qu'il devait monter tous les jours.

Malgré tout, qu'il m'offre un cadeau m'intrigua. Un livre de botanique… Y avait-il là une quelconque allusion à la concurrence entre la Triade et Taanab dans la conquêtes des marchés agricoles dans la Bordure Extérieure Impériale ? Alors que le domestique me le confiait en main propre, je le posai un instant en hauteur, sur une petite table à côté de moi, sans prendre le temps de le déballer. Un ouvrage ancien… Cadeau vraiment curieux, à moins que la Triade ne voie les Jedi comme une bande de rats de bibliothèque, affairés à développer une théologie qui n'intéresse personne à partir de livres plus vieux que l'Ancienne République.

La courtoisie d'abord. Jorian Solaris avait demandé du vin, mais je n'allais pas laisser le maître d'hôtel tout faire. L'homme n'était pas tout jeune et je sentais sa lassitude. Si nous devions discuter toute la soirée, je n'allais pas l'empêcher d'aller se reposer simplement pour qu'il fasse l'échanson. Tandis que je prenais en main la carafe de vin – produit sur Taanab même – je m'adressai brièvement à lui avec un sourire.


- Prenez votre soirée, Jan, je vous en prie. Merci pour cette table !
- À votre service, madame. Si vous avez besoin de moi, n'hésitez pas à venir me trouver.

Son soulagement me réjouit, alors qu'il s'éclipsait élégamment et que je me mettais à verser doucement le liquide rouge dans un ballon de cristal mis à la disposition du Commandant Solaris. Je remplis aussi mon propre verre. Il convient toujours de boire la même chose que son hôte inconnu.

- Je suis désolée de ne pas avoir d'autre présent à vous offrir que l'hospitalité. J'espère que vous la trouverez aussi à votre goût.

Ce disant, je repris le paquet sur mes genoux, avec délicatesse, le palpant légèrement dans la Force. C'était bel et bien un livre, et je découvris en ôtant l'emballage qu'il s'agissait d'un imprimé ancien d'excellente facture, relié de cuir et encré sur un beau papier fin. L'objet avait peut-être plusieurs siècles, mais on l'avait méticuleusement conservé. Un psychomètre aurait sûrement pu en tirer beaucoup de choses.

Ouvrir ses cadeaux comme pendant une fête ne respectait pas vraiment le protocole, pas plus que l'emballage, d'ailleurs. Normalement, un cadeau diplomatique faisait toujours l'objet d'une cérémonie publique, et l'on s'assurait qu'il fût bien visible.
Des spécificités phénotypiques de la flore du système Cha Rabaa en regard des autres systèmes de la Shag Pabol des Hutt, par Hyeron Bernant Vitlorn de Tracharre de l'Académie Coruscanti de Botanique des Mondes de la Bordure Extérieure, n'aurait intéressé personne. D'ailleurs, je n'aurais pas sautillé de joie si un ami m'avait offert ça pour mon propre usage. Il y avait dans ce présent une maladresse qu'il était difficile de ne pas trouver cocasse, sinon attendrissante. Je devinais que cette offrande ne venait pas de la police de la Triade, mais bel et bien de mon invité lui-même. Si cela confirmait le peu de cas que la diplomatie de l'Entente faisait de ma démarche et de cette entrevue, ça soulignait aussi que le Commandant Jorian Solaris, lui, accordait de l'importance à sa mission, quand bien même il n'y était pas bien formé. On l'avait probablement désigné par défaut parmi les officiers au grade minimal qu'on pouvait m'envoyer sans avoir l'air franchement offensant.

Je fus tentée de refuser le cadeau, un peu gênée d'accepter un ouvrage si précieux duquel je n'aurais pas l'utilité, mais s'il me l'offrait véritablement comme un présent d'apparat, c'était tout à fait hors de question. Dans le pire des cas, il pourrait toujours venir enrichir les beaux rayonnages de l'ancienne bibliothèque de l'AgriCorps de Pandath, devenue un lieu de savoir public. Sur mon visage, je muai mon étonnement en surprise agréable, souriant largement, les sourcils levés.


- C'est un merveilleux cadeau, Commandant, je vous remercie du fond du coeur.

Je me retins de lui dire combien j'étais ignare en matière de sciences naturelles. J'avais beau être une diplomate célèbre, une bretteuse d'exception, une femme puissante dans la Force et une connaisseuse en matière de danse, je ne maîtrisais des théories de la science que le B-A-BA, et je n'avais pas le temps de me verser plus avant dans ces questions. Naturellement, mieux valait ne rien en dire et orienter différemment la conversation. Du reste, que le livre vienne d'Ylesia, c'est-à-dire fort loin de l'espace triade, m'intriguait. Je connaissais la planète de réputation. Monde de production de glitterstim situé dans l'espace Hutt, il n'avait pas franchement bonne presse et ne brillait d'aucun éclat particulier.

- Vous dites que cet imprimé vient d'Ylesia. J'ignorais que la Triade avait des intérêts dans l'ancien espace Hutt.

Interrogation poliment suggérée, qui allait contraindre mon hôte à parler de lui ou de la Triade. En l'amenant à discuter de lui-même, sujet qu'il connaissait bien mieux que moi, j'espérais le rendre un peu moins taciturne, le vin aidant. Les raisins de Taanab avaient la réputation d'être forts en sucre, et le breuvage qu'on en tirait pouvait s'avérer traître, surtout quand le consommateur n'avait pas l'habitude de boire.

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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Mar 27 Déc - 23:46
Jorian saisit délicatement le verre de vin. Il pouvait voir le liquide rouge foncé qui tournoyait dans le ballon. Le fait que la Maîtresse de l’Ordre congédia son domestique confirmait bien qu’ils se trouvaient dans un cadre privé qui dépassait légèrement ce qui était fait dans le cadre de missions diplomatiques normales. Si Jorian pouvait bien évidemment parler du cadre « normal » des rencontres diplomatiques. A vrai dire il était complètement ignare et il s’en rendait compte petit à petit, la Maîtresse de Walleron n’aurait aucun mal à prendre le contrôle de la situation sur le plan des protocoles. Les Jedi étaient très à cheval sur des protocoles bien à eux et ceux-là aussi étaient totalement ignorés par le Commandant qui n’avait jamais fréquenté de sensitif. A vrai dire son seul contact avec des institutions relatives aux sensitifs était lorsqu’il avait été envoyé au front sur Erinar contre les Sith Troopers, autant dire que ce n’était pas un bon souvenir.

Loes de Walleron se comportait avec une grâce naturelle. Lorsqu’elle entreprit d’ouvrir le paquet, le scientifique l’observait avec attention, il voulait savoir ce qu’elle penserait de ce présent. Un présent qui semblait très intéressant aux yeux du botaniste qu’il était, d’autant plus aux vues de la rareté du présent. Lorsqu’il vit la surprise se dessiner sur son visage, l’homme resta suspendu à ses jolies lèvres, pour voir comment elle allait réagir. La Maîtresse Jedi était heureuse, elle le remercia chaleureusement et l’officier de la REPo s’en enorgueillit intérieurement. Il avait réussi la première étape de sa mission. Peu de gens à la REPo auraient cru en lui pour une mission diplomatique et il était clair que cette dernière n’était qu’une chose qui lui avait été confiée car personne n’en voulait vraiment. Qu’il échoue ou qu’il réussisse, dans l’esprit des têtes pensantes de la REPo, cela ne donnerait lieu qu’à un rapport et surtout les relations avec les Jedi ne seraient pas suivies puisqu’ils ignoraient tous ce que Loes de Walleron voulait par cette entrevue. Jorian l’ignorait également.


-Je suis très heureux que ce présent vous plaise, Maîtresse de Walleron.


Des paroles prononcées de manière mécanique, toujours par un homme stoïque qui était en position d’observation. A quoi pensait-elle ? Elle n’avait toujours pas dévoilé ses propres attentes et cela ne permettait pas à l’officier de se dérider, lui qui n’avait jamais eu de grande vie sociale, il n’était absolument pas habitué aux mondanités ni à faire la conversation avec des inconnus. A vrai dire, cela n’avait que peu d’intérêt pour un homme qui avait passé sa vie à fuir : fuir ses responsabilités de la ferme familiale, fuir la mobilisation à laquelle il n’avait finalement pas échappé, fuir l’Alliance Galactique et le chaos dans lequel elle s’était enfoncée et finalement fuir son passé. Loes de Walleron semblait tellement différente de lui, une femme remarquable, qui en plus de ça avait du savoir-vivre et certainement beaucoup d’esprit. Y avait-il dans cette rencontre une quelconque ironie de la vie ? Sans doute, le concept de Destin prenait parfois tout son sens dans les détails de la vie. Une rencontre qui prenait désormais des airs surréalistes, cette nourriture était de bonne qualité quant au vin, il était probablement excellent, il y avait là de quoi recevoir des officiels très importants. Tout ce luxe, Jorian n’y avait jamais réellement eu droit et désormais il se trouvait face à quelqu’un qui en faisait un certain quotidien. Le paradoxe d’une Jedi qui avait œuvrée pour son Ordre dans la charité du temple tout en conservant des manières dignes des plus grands diplomates. Cela apparaissait clairement aux yeux du scientifique, ils étaient tous deux aux antipodes, elle était femme de lumière, lui homme de l’ombre. Un contraste étonnant de deux personnes qui n’auraient jamais du se rencontrer à part dans une descente de la REPo visant à arrêter les sensitifs : réalité fantasmée des têtes pensantes de la police spéciale, en finir avec les sectes et les fanatiques. Loes de Walleron n’avait rien d’une fanatique pourtant.

Toujours plus douces et chaleureuses, les paroles de la Maîtresses de l’Ordre se portèrent sur les origines de l’ouvrage. Question légitime mais qui faisaient remonter aux origines de tout le périple qui avait été parcouru. La question aurait pu être sur un dossier secret-défense, ou une simple curiosité. Il était clair que la Triade n’avait aucun intérêt sur Ylesia, il allait falloir répondre donc le plus simplement possible à la question. Jorian se surprit à s’interroger sur comment répondre à cette question : la vérité était finalement la meilleure chose à dire.

-Non la Triade n’a aucun intérêt dans les anciens espaces Hutts, Ylesia est en plus bien trop éloignée de nos frontières. A vrai dire, personne ou presque ne s’intéresse à cette planète, c’est une planète assez peu présente sur la scène galactique. Ce présent est plus personnel, c’est une pièce de ma collection, je suis moi-même né sur Ylesia. Je ne suis pas un militaire de carrière, j’ai été formé comme botaniste et ai travaillé plusieurs années au Centre de Botanique d’Ylesia jusqu’à être mobilisé. J’ai travaillé un temps dans les Renseignements Alliés en conservant ma citoyenneté Ylesianne, je suis aujourd’hui dans la REPo et apatride.


Jorian porta le verre de vin à sa bouche et but une gorgée, le vin était fruité et correctement dosé avec plusieurs notes boisées. De la très bonne qualité, vraiment un bon vin, son hôte ne se moquait pas de lui en lui offrant un breuvage que peu pouvaient s’offrir. Dans une galaxie en guerre, les exportations étaient en général difficiles à obtenir, surtout dans un régime comme la Triade qui ne commerçait avec personne et qui était si nationaliste. L’évocation d’Ylesia et d’un temps qui n’était pas sous le signe de la guerre avait adoucit un moment Jorian Solaris qui était désormais un peu plus détendu, à moins que ça ne soit le vin. Dans tous les cas il hocha légèrement la tête après avoir pris une gorgée du vin local.

-Je dois vous avouer que ce vin est excellent. Il est rare que j’ai l’occasion de boire des breuvages si délicats. Votre hospitalité est le plus beau présent que je pouvais espérer, je ne crois pas me souvenir de la dernière fois où j'ai dîné dans un cadre aussi agréable. D'ailleurs cela me revient, une histoire qui circulait dans ma famille et que m’a raconté mon grand-père, il paraît qu’un Jedi de ma famille aurait servi l’ancienne République dans des temps reculé, un certain Maître Sileas Solaris, peut-être en avez-vous entendu parler. Peut-être que ce n’était qu’une légende après tout, dans tous les cas, il n’y a plus grand monde pour la raconter à part moi désormais et comme je ne me rappelle que d’une très petite partie, l’histoire de Maître Sileas s’éteindra avec moi.


Jorian stoppa là son discours avec un sourire amer alors qu’il faisait tourner le vin dans son verre. Se demandant finalement lui-même pourquoi il abordait ce sujet. Cette histoire était probablement une légende inventée de toute pièce par son grand-père...Quoi qu’il en soit, la Maîtresse de Walleron pourrait peut-être lui répondre, elle qui était Maîtresse de l’Ordre avait sans doute une très grande érudition et cela permettrait peut-être de lever un point de doute sur la famille Solaris dont il ne demeurait finalement plus qu’un seul membre en vie et qui s’éteindrait également sans doute bientôt. Rancœur et colère, voilà les émotions qui dominaient le cœur de Jorian sous son masque d’impassibilité en évoquant sa famille. Son imbécile de père qui avait commercé avec les Hutts faisait naître en lui une haine irraisonnée. Malgré cette colère sourde, l’officier conservait une placidité étonnante et n’en montrait aucun signe, il savait se tenir et sur le fond, ne voulait pas mettre son hôte mal à l’aise. Ce n’était pas tous les jours qu’il avait l’occasion de dîner avec une femme aussi jolie et aussi importante, rien que de considérer son hôte le rendait finalement plus apaisé. Il y avait en cette femme quelque chose de noble, de fort. A vrai dire, elle était insondable, derrière son immense classe, il y avait quelque chose de puissant...C’était donc ça un Jedi. Ils semblaient moins menaçant que les Siths, c’était sans doute en cela que résidait le danger. Comment réagirait-elle lorsqu’elle saurait qu’elle avait face à elle un des hommes qui orchestrait les chasses aux pirates dans le territoire Allié ? Ces vastes jeux de massacre dont aucun ne ressortait vivant et qui étaient parfois vivement critiqués. Sans doute poliment, mais son réel sentiment sur la question resterait une énigme. Femme insondable et mystérieuse et pourtant si belle, Jorian qui pourtant n’était pas porté sur la question aurait pu rester des heures à la contempler. Ces pensées cependant stoppèrent net, il était en mission et devait se concentrer sur son travail, car au final, il n’y avait ni n’y aurait rien d’autre pour lui, c’était son devoir, son fardeau. Loes de Walleron avait dominé la conversation jusqu’alors et il se promit de reprendre l’initiative à la suite de cet échange pour montrer qu’il n’était pas simplement en retrait….Même s’il était désormais très clair qu’il n’était pas un diplomate certifié de l’Entente et qu’au fond de lui, il avait un peu honte de cette usurpation...

Ces salopards de la REPo devait bien rire en imaginant Jorian empêtré dans cette rencontre et sans pouvoir faire autre chose que de rédiger le rapport bateau que lui avait donné Kollan. Un rapport anti-sensitif et sans aucun intérêt. Mais intérieurement, il était trop fier pour cela et s'était fait un devoir de rendre son propre rapport...
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Mer 28 Déc - 17:07
Jorian Solaris n'était finalement pas aussi buté qu'il m'en avait donné l'impression en me saluant. À l'évocation d'Ylesia, il se mit à parler bien plus que je ne l'avais escompté. Je m'attendais à deux trois informations plus ou moins évasives qui m'auraient permis d'avoir de nouveaux points d'accroche pour élargir la conversation et connaître un peu mieux mon interlocuteur, mais pas à un tel déballage. Une volubilité en dents de scie traduisait souvent un malaise, qu'il soit intérieur ou lié à la situation. En outre, je sentais que l'homme ne mentait pas – et je ne voyais pas l'intérêt qu'il aurait eu à m'inventer une histoire personnelle. Quelque chose le tracassait manifestement, et je sentais les émotions cascader sourdement derrière son solide barrage de courtoisie.

La mention de ce Maître Sileas Solaris – un nom qui ne manquait pas de panache à l'oreille – arriva dans son discours un peu comme un lekku dans la soupe, et je ne manquais pas de hausser un sourcil. Que cherchait-il à faire ? Voulait-il m'amadouer en ouvrant le dialogue sur les Jedi, en me montrant qu'il n'y était pas complètement étranger et fermé, comme les pro-humains qui se disent « pas racistes » parce qu'ils ont « un ami rodien » ? La perche était sacrément maladroite, mais je la saisis tout de même, bienveillante. À vrai dire, je ne m'attendais pas de la part d'un officier de la REPo à la formulation d'une requête aussi personnelle, qui le mettait dans une position d'infériorité en cas de négociation : dans l'affaire, il était celui qui demandait et j'étais celle qui pouvait lui offrir ce qu'il désirait. Je ne risquai rien à lui proposer mon aide.


- Navrée, Commandant, le nom de Sileas Solaris ne me dit rien. Cela dit, s'il a vraiment été Maître sous l'Ancienne République, une simple recherche dans nos bases de données devrait suffire pour retrouver sa trace et un certain nombre d'informations à son sujet, telles les missions majeures qu'il a remplies, qui étaient ses maîtres et apprentis… Je demanderai à notre Archiviste de trouver sa trace, si vous le désirez. Et même si nous ne trouvons rien dans les archives, peut-être le Grand Maître K'Kruhk, qui a quasiment cent quatre-vingts dix ans, se souviendra-t-il de votre éventuel parent. Cela vous fera un vrai présent, plus digne de ce nom que ce repas qui reste bien simple quoi que vous vouliez bien me dire.

J'avais dit tout cela en souriant. Il était peu probable qu'un maître Jedi soit complètement tombé dans l'oubli en l'espace de quelques siècles seulement. Nous trouverions facilement une trace de Sileas Solaris, s'il existait. Les souvenirs de l'Ordre Jedi étaient fort nombreux et l'on pouvait aisément s'y perdre, mais pas si l'on savait précisément où chercher.

La discussion s'engageait plutôt bien, et je goûtai moi aussi le bon vin que je connaissais déjà. Même si nous n'avions pas abordé de « sujets qui fâchent », nous étions déjà parvenus à l'étape du don et du contre-don, très naturellement. D'ailleurs, l'honnêteté de Solaris et la confirmation que l'ouvrage venait de sa propre collection me pinçaient le cœur. Nul doute que cet homme qui se trouvait de science aimerait à savoir que son ouvrage serait lu et bien conservé.


- Puisque vous me donnez vous-même ce précieux ouvrage, je vous dois toute la vérité. Je ne suis absolument pas botaniste, mais je compte le confier à la bibliothèque planétaire de Pandath, où il trouvera des conservateurs et des lecteurs dignes de lui. Ce n'est plus une bibliothèque Jedi, mais elle a été fondée par l'AgriCorps il y a des siècles, pour servir de lieu de savoir à tous ceux qui avaient échoué sur la voie la plus chevaleresque de l'Ordre. Le premier De Walleron de Taanab en a été le bibliothécaire en chef, il y a bien longtemps. Je ne sais si vous y avez déjà mis les pieds, mais c'est un lieu formidable, qui rassemble beaucoup de savoirs sur l'agriculture et toutes les sciences qui peuvent y être associées. Bien sûr, je m'assurerai que l'on mentionne votre nom comme donateur.

Maintenant qu'il avait un peu bu de ce vin fort, les émotions filtraient plus facilement hors du Commandant Solaris. Un certain étonnement apparaissait puissamment, mais il était dominé par une sorte de fierté rageuse dont je ne discernais pas l'objet. Toutefois, je n'avais plus de doute quant au fait que mon invité était ici non seulement pour servir la Triade mais aussi pour des motifs personnels. La question sur Maître Solaris, la mention qu'il était apatride… Jorian Solaris me faisait l'impression d'un déraciné qui cherchait où il le pouvait, même dans les détails les plus minimes de son histoire, un passé ou une cause qui pût lui donner une individualité. Son uniforme bien apprêté, ses médailles… peut-être les affichait-il pour rappeler à tous qu'il faisait bien ce qu'il entreprenait, qu'il avait des qualités bien à lui. De toute évidence, malgré son grade, le Commandant avait des choses à prouver, aux autres comme à lui-même. Cet homme aux airs lisses rêvait de distinction. Difficile de ne pas le comprendre. Si Jorian Solaris avait été choisi par défaut pour cette mission, il s'agissait d'une coïncidence très heureuse avec ses propres aspirations, mais Force sait que les véritables coïncidences sont choses plus rares que des gizkas stériles.

Au fond, Jorian Solaris cherchait sa place dans la galaxie au même titre que l'Ordre Jedi que je représentais. L'Alliance n'était plus capable de nous intégrer, l'Empire Fel ne voulait guère de notre avis, les Sith voulaient nous détruire après nous avoir chassés d'Ossus, et les Hapiens chez qui nous nous étions réfugiés ne tarderaient pas à vouloir tirer profit de notre présence dans leurs intrigues curiales. Nous nous trouvions bien seuls pour l'heure, mais le dire à mon interlocuteur aurait semblé une manœuvre de sympathie forcée et intéressée. Mes trente ans de diplomatie m'avait appris qu'on n'obtenait rien facilement qu'en contraignant ou en suggérant. Moins on omettait, plus on parlait à cœur trop ouvert et plus on donnait à l'autre des armes pour s'imposer et s'opposer. Il n'était pas question de tout dissimuler, de tromper l'autre. Au contraire, il s'agissait de coopérer, et la coopération demandait un tact que n'avaient ni les taciturnes, ni les bavards, ni les plus francs du collier.

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Jorian Solaris
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Mer 28 Déc - 23:42
Jorian ne cacha pas une légère déception en voyant que la Maîtresse de l’Ordre ne connaissait pas le nom de Sileas Solaris. Après tout, ce n’était peut-être finalement qu’une légende ou alors il était perdu dans les mémoires d’un Ordre plusieurs fois millénaires. Cette femme était érudite et intéressante elle proposait même de se renseigner sur ce bon vieux Maître Sileas. Cette anecdote avait au moins eu le mérite de détendre l’atmosphère qui aurait pu être tendue et même totalement lourde. Désormais, Jorian Solaris pouvait comprendre un peu son hôte, tout du moins il pouvait voir qu’ils étaient au moins sur un même niveau de respect mutuel, il allait donc bientôt pouvoir discuter de choses un peu plus sérieuses. L’officier porta une nouvelle fois son verre de vin à la bouche en hochant de la tête.

-Oh oui, volontiers. Je serai très heureux si vous pouviez retrouver la trace de ce Maître Solaris, cela titillait ma curiosité depuis longtemps. Je ne comprends pas grand-chose à la Force pour être honnête mais j’aime l’histoire et cela me ferait de la lecture si je pouvais disposer de quelques faits sur cet homme qui a bercé mes nuits alors que je n’étais qu’un enfant.


Les histoires du grand-père de Jorian alors qu’il n’était qu’un enfant. Le doux temps béni qui ne reviendrait jamais. Lorsque l’officier se remémorait ses souvenirs d’enfance, tout semblait si loin et si proche en même temps, déformé par le prisme de sa propre perception. Il se souvient du vent qui soufflait dans les tuiles du manoir sur Ylesia les nuits d’hiver ou encore de ces formes inquiétantes et distordues qu’avaient les arbres, nus de toutes feuille à l’automne. Puis il y avait ces histoires de Maître Jedi avec son sabrolaser qui croisaient le fer avec des monstres maléfiques. Bien évidemment, ces souvenirs n’étaient désormais que nostalgie.

Loes de Walleron se comportait de manière extrêmement courtoise, elle était agréable et tout en elle incitait au lien social. C’était presque trop beau et Jorian se dit intérieurement qu’une femme comme cela aurait fait une parfaite espionne : toujours dans la modération, courtoise, classe, jolie et avec de belles manières. Il aurait été difficile de s’en méfier et si elle n’avait pas été vêtue de cette bure blanche d’apparat, on aurait facilement pu la prendre pour une extérieure à l’Ordre Jedi. Rajoutez-lui un uniforme, elle deviendra une Moff Impériale, rajoutez lui des vêtements civils et elle passera pour un fonctionnaire local. Son charisme et ses manières étaient impressionnants et il fallait être honnête, elle dominait cet entretien pour le moment. Ceci dit, elle disposait désormais d’informations personnelles sur le Commandant Solaris, ce n’était pas un mal. Partager une information était un moyen de mieux se connaître, il y avait fort à parier que cette femme dispose de pouvoirs qui dépassaient l’entendement, le jeu était donc biaisé dès le départ. Attrapant un amuse-bouche avec uniquement des légumes, Jorian le mangea délicatement, conservant ses manières.


-Il sera un très grand honneur de savoir cet ouvrage dans une bibliothèque. Quelle meilleure rédemption pour une pièce de collection très ancienne que de servir à nouveau ? Il s’agit là d’un livre, un outil que les anciens utilisaient pour perpétuer la connaissance. La connaissance devrait être éternelle et accessible à tous, Maîtresse de Walleron, c’est mon avis. Je serai ravis à l’occasion de consulter cette bibliothèque, je consacre toujours une partie de mon temps à la recherche pour le compte de l’Organisation du Travail et il me serait très utile de pouvoir consulter vos ouvrages puisque nous travaillons présentement à optimiser l’agriculture sur Eriadu. Bien évidemment, si je me rends dans cette bibliothèque, ça sera en tant que scientifique et non en tant qu’officier de la REPo.


Jorian agrémenta ses paroles d’un sourire, plus sincère cette fois. La botanique et la science étaient des sujets qu’il appréciait par-dessus tout car c’était là-dessus qu’il avait axé sa formation. Une carrière de scientifique qu’il avait de plus en plus de mal à mener pour remplir ses fonctions au sein de la REPo qui était de plus en plus demandeuse de son temps. Malgré cet échange des plus courtois, l’officier savait qu’il allait tôt ou tard devoir revenir sur les sujets qui allaient être un peu plus sensibles. La Maîtresse de l’Ordre était quelqu’un de raisonnable tout du moins Jorian l’avait senti comme tel et il se sentait désormais suffisamment en confiance pour discuter avec elle. Cette ravissante femme était une incitation au dialogue mais ses réels désirs en terme de diplomatie avec l’Alliance étaient toujours très difficiles à saisir. Repoussait-elle volontairement le sujet ou avait-elle des raisons de le faire ? Observait-elle l’officier de la REPo pour mieux le cerner ? Probablement, cela faisait partie du jeu, elle savait -tout comme Jorian- que quelque chose d’important se jouait et sans doute avait-elle compris que ses chances d’avoir un autre interlocuteur de la part de la Triade étaient faibles. Dans tous les cas, il fallait la rassurer sur certains points et en éclaircir d’autres. Jorian prit une nouvelle gorgée de vin.


-Et si vous me parliez un peu de vous, Maîtresse de Walleron ? Vous êtes très loin de l’image que j’avais du Jedi-type. Après tout, ne pensez-vous pas que partager un souvenir est la meilleure preuve de sincérité ?


Jorian sourit à nouveau. Désormais, il voulait savoir comment Loes de Walleron était capable de parler d’elle et ainsi tentait de reprendre un peu d’ascendant sur la situation. Comment cette femme pourrait-elle parler d’elle ? Évoquerait-elle la Jedi ? La femme ou encore la dirigeante qu’elle était ? Se concentrerait-elle sur quelque chose de plus pragmatique afin d’introduire ses aspirations diplomatiques ou ce qu’elle attendait de la Triade ? Cela semblait une bonne accroche et surtout un meilleur moyen pour en savoir plus sur cette Maîtresse de Walleron qui réussissait, il fallait bien le reconnaître, à être extrêmement agréable. Un type de personnalité rarement croisé à la Triade ou encore par Jorian en général, ce qui la rendait intrigante et mystérieuse à ses yeux. Finalement, les deux partis se connaissaient petit-à-petit et un décor se plantait, celui de deux personnes radicalement différentes qui, pourtant, allaient jouer l’existence d’une possibilité de dialogue entre deux régimes que tout opposait au sein de la galaxie.

Jorian but une nouvelle gorgée du fameux nectar...Ce dernier était particulièrement traître et il ne le remarqua qu'à moitié, en fait, il n'avait absolument pas l'habitude de boire et quelques uns de ses verrous mentaux commençaient à se libérer, même s'il gardait cet apparent stoïcisme, si cher à son cœur, qui pourtant détonnait parfaitement avec la chaleur émotionnelle de Loes de Walleron.
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Jeu 29 Déc - 2:04
Le dialogue était bel et bien commencé. Peu importait que les sujets soient personnels pour l'instant, Jorian Solaris et moi nous parlions avec courtoisie, et sans tomber dans le bavardage sur la pluie et le beau temps. Je devais avouer que je ne m'attendais pas à être aussi satisfaite de ce début d'entrevue. Le Commandant semblait plus honnêtement curieux qu'hostile, et je sentais son sentiment de méfiance s'estomper dans un léger début d'ivresse. Il resterait forcément sur ses gardes, et je n'en attendais pas moins de lui, mais son mauvais a priori disparaissait devant cette agréable conversation, ce qui ne pouvait que profiter à notre relation diplomatique naissante.

Solaris me faisait l'effet d'un homme très raisonnable, mais aussi très brillant. Qu'il fût scientifique, finalement, semblait tomber sous le sens. Il n'avait pas des mains de guerrier, cela me sauta aux yeux lorsqu'il s'empara d'un petit four. Il avait un physique entraîné à la discipline et peut-être même au combat, mais il n'avait pas de cals sur les mains, qu'il avait sans doute plus douces que les miennes. Faire virevolter chaque jour un sabre-laser tannait la peau de la paume et des doigts, petit à petit, la rendant plus épaisse, plus sèche, moins souple. Mes mains conservaient toute leur souplesse et mes doigts leur finesse et leur adresse, mais n'importe quel escrimeur expérimenté pouvait repérer les renforcements caractéristiques, stigmates d'un entraînement quotidien de plusieurs décennies.

Je n'étais pas une grande savante. J'avais fait un peu d'histoire diplomatique de l'Ordre Jedi et je connaissais les grandes lignes du reste, pour avoir dû les enseigner aux novices, mais je touchais aux autres disciplines de l'esprit que l'histoire uniquement lorsque j'avais une mission délicate à préparer. Je touchais le minimum syndical en mécanique et en informatique, mais outre ses applications, je n'avais que fort peu de rapport avec la science. Pourtant, je ne pouvais qu'approuver ce que soutenait Solaris : une connaissance accessible à tous, qui rende ceux qu'elle touche capable de raisonner correctement et de comprendre l'univers dans lequel ils vivent.


- Je crois que la plupart des sections de la bibliothèque sont ouvertes à tous les publics, et vous ne devriez pas avoir de mal à accéder aux réserves si vous justifiez d'un projet de recherche, je pense. Et je ne doute pas que vous trouviez dans les fonds de l'AgriCorps des traités agricoles dignes d'intérêt pour Eriadu.

Solaris souriait déjà avec bien plus de sincérité que lorsqu'il m'avait saluée à peine quelques minutes plus tôt. Je sentis sans pouvoir m'en empêcher que le mur qui protégeait ses pensées s'affinait. Bientôt, je n'aurais même plus besoin de le forcer si d'aventure je souhaitais m'introduire dans son esprit. Me concentrant par un réflexe acquis, j'empêchai mon propre être d'aborder celui de mon interlocuteur et de commencer à tisser un lien avec lui dans la Force. Pas encore ! Il fallait que le jeu en vaille la chandelle, et impossible d'en être sûre après quelques phrases échangées. Les liens fonctionnaient dans les deux sens, et même si quelqu'un qui ne sentait pas la Force ne pouvait pas s'en servir, ses éventuelles joies et souffrances me toucheraient. Je ne pouvais pas donner à la Triade de moyen de pression sur moi aussi inconsidérément.

Profitant manifestement de quelques secondes de silence, le Commandant Solaris décida de renverser la vapeur. Jusqu'ici, j'avais mené la danse car je dansais bien plus souvent que lui, mais il commençait manifestement à se faire à la situation. Si la question ne me déstabilisa pas, même si elle était bien plus directe et évasive que celles qu'on pouvait me poser d'habitude, elle m'intrigua. Pourquoi voulait-il donc que je lui parle de moi ? À moins que ce ne fût la première idée qui lui soit venue pour reprendre l'initiative de la discussion, ce qui était possible, il avait probablement une idée en tête. La sincérité… Je ne la tenais pas pour ma part dans le panthéon des vertus. L'honnêteté avait à mon sens une importance bien supérieure, même si peu de gens faisaient vraiment la différence. L'identité entre les pensées et les paroles d'une personne avait peu de valeur pour un Jedi, qui avait les moyens de percevoir les unes et les autres. Bien plus importante était la cohérence entre les deux, les raisons qui poussaient un individu à déformer ou non sa pensée en la formulant.

Néanmoins, je ris avec légèreté à sa mention du Jedi-type. On m'avait bien souvent fait cette réflexion, même si je ne la comprenais pas au début. Pour moi qui en connaissait chaque membre au moins par son nom, l'Ordre Jedi ne répondait pas à un stéréotype. Si le Code nous donnait une ligne de conduite commune, les applications en étaient aussi diverses que les pratiquants. Néanmoins, je m'étais faite à l'idée que beaucoup de gens dans la galaxie considéraient les Jedi soit comme des héros chevaleresques, soit comme des moins renfermés dans leur spiritualité et leur ésotérisme, soit encore comme des guerriers philosophes, parcourant la galaxie pour protéger les faibles et redresser  les torts.


- J'imagine que vous n'avez pas rencontré beaucoup de Jedi, alors, Commandant, car je suis plutôt classique : je suis née avec un don dangereusement merveilleux, je suis devenue à la fois guerrière, guérisseuse, professeur et diplomate, et j'ai une forte tendance à avoir toujours raison. Soit, je ne suis pas encore une vieillarde vivant en ermite, mais cela viendra peut-être un jour !

En disant cela, je souriais toujours. Malgré mes positions bien arrêtées en matière diplomatique, je ne faisais pas partie des Jedi les moins traditionnels, loin de là. Je respectais le Code avec le plus grand scrupule, je connaissais les dangers de l'excès et je tempérais les ardeurs de la jeunesse. J'avais renoncé pour bonne part à mon intérêt privé, ou plutôt que je l'avais fait fusionner à l'intérêt général de l'Ordre et de la galaxie. Peut-être Solaris ne s'attendait-il tout simplement pas à trouver une femme humaine de son âge environ, qui aurait pu être une sœur ou une épouse…

- Quant à la sincérité… Vous savez, la Force permet d'en obtenir des preuves bien plus valable que des mots, mais si c'est important pour vous, je peux vous raconter comment j'ai pris le nom de Loes de Walleron.

Une histoire que je ne pouvais m'empêcher de rendre plus édifiante encore à chaque fois que je la racontais, preuve s'il en était que la sincérité ne rimait pas à grand-chose. Je racontais ma propre histoire avec sincérité, mais elle n'en était pas moins orientée à des fins didactiques plus ou moins conscientes.

- C'était à la fin de l'année 132. Je courrais alors les territoires du nord de l'ancien Empire Fel pour en lier les soutiens et tenter de créer ce qui est devenu plus tard l'Empire en Exil. J'avais 19 ans et j'étais encore la Padawan, l'apprentie, de maîtresse Arr'sil. On m'appelait Louise Dustmade, à l'époque, et je n'avais jamais douté du fait que c'était là mon véritable nom. Et puis on nous envoya sur Taanab, ici, dans ce palais, pour obtenir du Moff Cornelis de Walleron des gages de sa fidélité à la dynastie Fel et des promesses d'aide le moment du rétablissement venu.

Avec le recul, je me demandais souvent comment j'avais pu ne pas sentir le caractère étrange de cette mission. Taanab était loin de l'espace que nous parcourions habituellement, et même si la planète était traditionnellement proche de l'Ordre Jedi, ça n'était vraiment pas une raison suffisante. Maîtresse Arr'sil avait peut-être prétexté qu'il faudrait un soutien agricole aux mondes de la Bordure qui se soulèverait. Je ne me souvenais plus très bien, à vrai dire.

- Tout se déroulait fort bien. On nous avait reçus depuis plusieurs jours et nous n'avions eu aucun mal à accéder au Moff et à son fils héritier Engel, qui avait 22 ans. Tout semblait aller pour le mieux lorsqu'un soir, le gouverneur Cornelis vint me trouver en personne dans les appartements qu'on m'avait donnés. Il me révéla que j'étais sa fille et que j'avais jadis fait l'objet d'un contrat entre l'Ordre Jedi et lui. Il m'avait confié à un Jedi en lui faisant jurer que je lui serais renvoyée une fois ma formation achevée pour décider si je préférais rester la Jedi Louise Dustmade ou bien si j'acceptais de reprendre mon identité de naissance, celle de Loes de Walleron, pour mettre mon pouvoir au service de ma famille et de ma planète.

Aujourd'hui, cette révélation me paraissait si lointaine. J'appréciais grandement mon père et il m'avait beaucoup appris. Quelle bêtise j'aurais faite en le rejetant et en rejetant l'Ordre !

- Je ne sais pas si vous savez quel effet produit la trahison, Commandant, quel sentiment vous avez lorsque l'on ébranle d'un coup les fondements de toute votre existence. Comme tous les jeunes et a fortiori comme tous les jeunes Jedi, je me sentais unique, talentueuse et appréciée, et je découvrais soudain que je n'avais jamais été qu'un atout diplomatique, une valeur, un pion entre les mains indélicates d'une volonté supérieure. Je me rendais compte de l'immense cynisme dont ce Moff et les Jedi, que je tenais pour ma famille, faisait preuve pour me traiter comme une denrée, comme l'objet d'un contrat.

Beaucoup de petites gens tombaient dans ce piège paranoïaque, quand ils se rendaient compte qu'ils ne comptaient que pour 1 dans les recensements, quand leur voix se perdait dans le tumulte d'une multitude d'autres, quand il leur apparaissait enfin que l'intérêt de tous divergeait de leur intérêt particulier.

- J'ai songé à fuir, et puis j'ai réfléchi. Ce n'est pas la sincérité qui m'a fait prendre une décision. Mon père m'avait fait ces révélations sans rien me maquiller, mais cela ne me les rendait pas plus supportable. Non, ce qui me fit changer d'avis, c'est de sentir son esprit ouvert au mien, de ressentir son mélange de détermination, de regrets de m'avoir laissée à d'autres, de bonheur de m'avoir retrouvée, et de comprendre les raisons qui l'avaient poussé à faire ce choix de me confier. Rendez-vous compte : mon propre père m'avait échangée, mais il n'en était pas moins fier de moi, pas moins désireux de me connaître mieux. Je compris qu'il en allait de même pour ma Maîtresse : son affection pour moi n'empêchait en rien qu'elle pût se servir de moi à des fins plus grandes que ma personne, et vice versa.

Arrivant à ce climax didactique, je laissai planer un bref silence avant de donner ma conclusion.

- C'est la première fois que j'ai vraiment ressenti ce que signifiait être une Jedi, une diplomate, et même simplement une habitante de cette galaxie. Je devais accepter que mes actes ne me profitent pas toujours, admettre que je n'étais qu'une parmi d'autres, que tout le pouvoir et le prestige que j'avais reçus par ma seule naissance ne m'appartenaient pas exclusivement. Non seulement je devais mettre ce dont je disposais au service d'autrui, comme je le faisais avec fierté depuis longtemps, mais je n'avais pas le choix, que je ne l'avais jamais eu et que je ne l'aurais jamais, même si je décidais de tout laisser derrière moi, Jedi, Cornelis et diplomatie galactique.

Cette leçon avait sans doute été la plus forte de ma vie, mais j'avais pris conscience rapidement qu'elle ne m'était aucunement propre. Les Épreuves, outre qu'elles testaient les performances brutes du Padawan, lui donnaient aussi bien souvent une bonne leçon de maturité.

- C'est pourquoi j'ai décidé de demeurer dans l'Ordre tout en acceptant mon héritage. Ce compromis me valut la reconnaissance de mon père, la réussite de notre mission et l'adoubement. Au fond, je suis une privilégiée. Peu ont le loisir de choisir leur famille, et parmi ceux-là je doute qu'il y en ait qui puissent faire de cette acte un succès diplomatique dont les retombées affectent des millions de personnes. Voilà ce que je suis, Commandant Solaris : un pion dont les pouvoirs, qu'ils me viennent de la Force, de mes relations ou de mon nom, décuplent les capacités ; mais un pion vivant, qui peut décider seul du meilleur coup qu'il peut jouer.

Je me doutais qu'il trouverait cette conclusion inquiétante, mais elle ne l'était pas. Toute sa vie, le Jedi apprenait à mieux s'autodiscipliner et à sentir la bonne décision. Contrairement aux Chevaliers Impériaux, qui aliénaient leur responsabilité à la volonté de leur maître, chaque Chevalier Jedi était un petit souverain, bien que souverain entre pairs.

- Cette histoire vous convient-elle, ou préférez-vous que je vous en raconte une autre, qui n'a pas de morale ? Je sais que vous devez trouver celle-ci dangereuse, et de fait elle l'est. Les gens de pouvoir sont des gens dangereux, et tous les êtres sensibles à la Force naissent puissants. Cependant, ce sont aussi des gens capables de beaucoup de bien, pour peu qu'ils s'y attellent et se forment à cette honnêteté. L'honnêteté sert de tutrice au pouvoir et c'est à la personne honnête qu'on peut se fier, non à la personne sincère, qui finalement ne dit que ce qu'elle pense sans que ce qu'elle pense n'ait à être bon.

À travers cette petite histoire morale, j'ouvrais grand les portes des choses sérieuses. Je devais faire prendre au Commandant de la REPo, et à travers lui à la Triade, que les Jedi n'étaient pas à prendre à la légère, mais qu'ils entendaient être de précieux alliés plutôt que de dangereux ennemis.

- Mais je vais finir par vous assommer avec mon babil, j'ai la bouche qui s'assèche et l'estomac qui se creuse. Voilà une bonne occasion de me taire un peu.

Ce disant, je m'emparai de mon verre, but une gorgée, puis avalai coup sur coup trois amuse-bouches, ceux qui contenaient du fromage ou de la viande, comme j'avais remarqué qu'il les évitait. Lui éviter le tracas d'inspecter discrètement tous les petits feuilletés pour déceler une trace animale faisait partie de mon rôle diplomatique, après tout.

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Jorian Solaris
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Ven 30 Déc - 0:08
Jorian Solaris écoutait avec une attention croissante l’histoire de la Maîtresse de l’Ordre. Là où il avait envisagé une histoire complètement dénuée d’originalité sur sa vocation au sein de la Force, il avait une réelle histoire avec de vrais rebondissements. Ainsi Loes de Walleron nourrissait ce type de pensées ? Sa comparaison avec un pion arracha un petit sourire en coin au Commandant qui ne pouvait que comprendre ce qu’elle voulait dire. Bien évidemment la discussion était désormais engagée sur quelque chose de complètement différente qui ouvrait directement sur un sujet qui permettrait de discuter dans le sens de cette entrevue. Il fallait reconnaître que cette femme avait des dons certains pour conter et organiser des idées, mais aussi pour convaincre. L’officier saisit un nouvel amuse-bouche entièrement végétarien qu’il savoura de manière plus décontractée cette fois avant de prendre une nouvelle gorgée.

-Bien au contraire, cette histoire soulève des idées et des questions très intéressantes. L’honnêteté ne se définit-elle pas par justement par rapport à un cadre bien strict qu’est la morale et le Bien ? Or vous n’êtes pas sans savoir que le cadre moral varie selon les époques et la civilisation : ce qui est bien pour vous ne le sera pas forcément pour moi et certainement pas pour un Sith. En ce sens, je préfère  de très loin la sincérité, puisque les sentiments eux, respectent certains canons qui sont universels et invariants selon l’époque ou la société, c’est pour cela que la pensée de philosophes antiques est encore capable de nous toucher aujourd’hui. Pardonnez cet élan de romantisme, loin de moi l’idée de vouloir placer le sentiment au-dessus de tout mais dans ce cas il était important pour expliquer ma formulation.


Jorian laissa quelques secondes durant lesquelles il fixait toujours Loes avec un regard perçant. Cette femme était intelligente, c’était une qualité qu’il respectait énormément, une qualité qu’il avait perçu chez Syrielle et qui expliquait pourquoi il l’avait prise comme apprentie. Mais Syrielle n’avait pas ce recul, il lui manquait certaines notions pragmatiques qui expliquait qu’elle ne comprenait pas certains des actes de son ancien mentor, trop naïve, pas assez réfléchie et trop empressée. Loes était éduquée et avait une grande maturité dans ses pensées, aussi l’officier était presque sûr d’être compris.

-Comprendre que nous ne sommes pas tout à fait maîtres de notre vie et que par moment notre sacrifice peut servir un dessein plus grand est en effet un passage nécessaire, une transition vers une certaine sagesse. Cela fait bien longtemps que le concept de main invisible est remis en cause par les penseurs modernes, la guerre actuelle en est la preuve, la satisfaction de nos intérêts personnels ne satisfera pas nécessairement l’intérêt global et vice-versa. C’est une des idées politiques développée par notre Commandant Suprême dans ce que nos détracteurs appellent Triadisme, nous appartenons à un peuple, à une communauté et l’adhésion à cette communauté implique que nous soyons tous prêts à certains renoncements et à un certain don de soi afin d’éviter de commettre des sacrifices trop grands. L’intérêt de l’Entente  ne nie pas l’existence individuelle, mais en contrepartie, l’individu s’engage à ne jamais nier l’influence quotidienne des intérêts de l’Entente. Ainsi la Triade a corrigé la schizophrénie de feu l’Alliance Galactique qui pensait pouvoir maintenir un gouvernement central tout en accordant l’autodétermination aux différents mondes qui la constituaient. Cela a mené  à la fin tragique que vous connaissez...Vraiment, la cohésion n’est possible qu’avec des règles et des objectifs communs. De la même manière, l’autre extrême n’est pas envisageable, les Siths nient toute existence individuelle de leurs soldats par exemple, et les sujets de leur Empire n’ont que le choix de la pensée unique. Ce type de fonctionnement a déjà prouvé ses faiblesses Maîtresse de Walleron, et c’est ainsi que tout système trop autoritaire et autocratique finit : le dirigeants -en l’occurrence le Sith Unique- est renversé et peu à peu le doute s’installe. Croyez-moi Maîtresse de Walleron, il n’y a parfois rien de mal à servir des intérêts supérieurs, le fait qu’il y ait des intérêts supérieurs et généraux est révélateur du fait qu’il existe une société et une société saine est le meilleur remède contre le chaos. Dans le cas où la société est malade, nous pouvons toujours tenter d’essayer de la corriger, et cette dernière affirmation prend finalement tout son sens dans un monde en guerre. Ce qui me permet de développer une idée tout à fait personnelle sur ma foi en l’Entente, là où la plupart de la galaxie est en guerre, nous n’avons utilisé des moyens militaires que contre les hors-la-lois ou ceux qui nous ont attaqué, pour le reste, les signataires de l’Entente nous ont rejoint de leur plein gré, et nous n’avons jamais usé de conquête. La Triade dispose d’une administration et d’une économie fortes et ce sont les moteurs de sa puissance douce...Comme peuvent l’être finalement les principes de votre Ordre.

Au final, tout ce long discours pour terminer encore sur une pensée personnelle, qui je l’espère ne vous offensera pas, je trouve que ce qu’a fait votre père est au contraire très courageux…Il vous a permis de faire un choix sincère et a donc permis à l’essence de ce qu’est votre être de s’exprimer. Je parle bien de courage, car parfois voir les réelles aspirations de quelqu’un et comprendre qui il est vraiment peut être surprises...Qu’elles soient bonnes ou mauvaises.


Jorian but à nouveau une petite gorgée de vin pour marquer la pause. L’officier sourit à Loes, il était désormais suffisamment en confiance pour s’exprimer librement. Son discours pouvait avoir plusieurs niveaux de lecture et était ouvertement parsemé de références à la subtilité entre honnêteté et sincérité, mais également sur pourquoi il avait relié la sincérité avec les souvenirs, ces résurgences de notre être le plus profond.


-J’ai déjà vécu la trahison plusieurs fois dans ma vie. Le cas le plus marquant fut celui de ma femme que j’ai passé des années à chercher et qui pourtant a refait sa vie dans les milieux criminels...Le déchirement fut total et j’ai réellement compris ce que signifiait l’asymétrie dans la considération et le respect mutuel à cet instant là. Tout cela est désormais derrière moi, mais illustre bien ce que la Triade cherche à éviter. L’Entente et a fortiori la REPo sont dans une logique de réaction en fonction des risques. Nous n’avons aucun complexe à mener des opérations militaires contre les populations à risque que sont les Cartels Hutts ou encore les membres du Soleil Noir, car nous savons pertinemment qu’ils seront vecteurs de trahison et de trouble de l’ordre public...Aussi n’avons nous aucun scrupule à considérer ces individus comme les membres d’une armée qui nous aurait déclaré la guerre et menacerait notre ordre public. C’est aussi un point du Triadisme qui est largement critiqué, notamment au sein de l’Alliance Rebelle, mais au final, si on considère uniquement le Soleil Noir, ils ont joué un rôle essentiel dans la dislocation et la chute de l’Alliance Galactique. Ils ont aussi essayé de nous toucher en assassinant le premier Président du Collège Mas Volunka, c’est notre réponse très ferme qui les a dissuadé de nous attaquer à nouveau. Ces opérations contre les hors-la-loi constituent mon activité principale, cela pourrait paraître cruel ou immoral mais croyez-moi, je ne peux que considérer que nos réponses sont appropriées.


Jorian avait évoqué sa femme et sa trahison, une colère sourde s’était à nouveau élevée en lui. La Haine qui le dévorait intérieurement, ce dragon immense et terrifiant avait de nouveau pris possession de son cœur. Même s’il demeurait complètement impassible, l’orage qui bouillonnait en lui était bel et bien là. Un mélange de pensées cruelles et impitoyables envers ces hors-la-loi qu’il amalgamait en une masse informe et homogène, ceux qui avaient enlevé sa femme et avaient corrompu son esprit. Cette femme pour laquelle il n’éprouvait plus rien et dont l’évocation ne laissait en lui qu’un vide affectif laissé par plusieurs années à tenter de la retrouver pour finalement arriver à l’acceptation qu’elle l’avait trahi et qu’elle n’était qu’une traîtresse qui ne méritait pas d’exister. Jorian termina d’une traite son verre de vin, la boisson commençait à lui tourner légèrement la tête et il se rendait compte qu’il n’avait pas suffisamment mangé, aussi jeta-t-il son dévolu sur une nouvelle bouchée constituée exclusivement de légumes.

-Ce qui nous amène à un sujet que nous ne pouvions pas éviter...Celui de la Force. Vous êtes quelqu’un d’intelligent et de raisonnable, Maîtresse de Walleron, et croyez-moi j’ai l’œil pour ce genre de chose. Je vais donc tenter cette fois la prouesse d’être à la fois honnête et sincère avec vous. Vous l’avez dit vous-même, un sensitif naît puissant et un être puissant est potentiellement dangereux. Je rajouterai qu’ici nous parlons de la Force, une sorte de fluide qui a été corrélé à des organites particuliers, les midi-chloriens, mais dont la théorisation scientifique n’est en aucun cas établie. Nous ne pouvons pas expliquer scientifiquement comment les midi-chloriens vous permettent de bouger des objets par exemple. A partir de là, il est très facile de comprendre pourquoi la Triade et l’Entente en général considèrent l’utilisation de la Force comme contre-nature.  Considérons l’histoire de l’utilisation de la Force par exemple, il y a toujours eu des Jedi et des Siths, comme une opposition constante de ce que vous appelez la Lumière et l’Obscurité. Rapidement, ce Côté Obscur est apparu avec les Siths ou encore les Jedi Noirs. Considérant que cela fut un schéma récurrent par le passé, je peux affirmer sans trop craindre de me tromper qu’à partir du moment où un Jedi est formé, il y a une probabilité non-négligeable qu’il se tourne vers ce que vous appelez le Côté Obscur et devienne, de facto, un danger pour la galaxie. Bien sûr, la probabilité de ce passage vers le Côté Obscur est sans doute soumis à plusieurs paramètres : origine, caractère, environnement...Je veux bien retirer de cette liste l’éducation, car je pars du postulat que vous garantissez une instruction exemplaire à vos Padawan. Quoi qu’il en soit, c’est ce glissement vers le Côté Obscur qui a mené à l’apparition de l’Empire Sith ou en tout cas qui a donné la possibilité que ce dernier existe. Un Empire qui nécessitera plusieurs générations pour être vaincu et qui portera les stigmates de son propre fanatisme...Puisque même s’il est vaincu, il faudra gérer les actes de guérillas menés par les Siths Troopers et autres sorciers fanatiques qui ne voudront jamais se rendre et continueront de propager leur idéologie maléfique…

Jorian marqua à nouveau une pause, restant quelques secondes la bouche ouverte, comme bloquée. Le sujet le mettait en colère, pas ce qu’il était en train de dire, mais surtout le fait d’évoquer les Siths. Les Siths étaient les seuls sensitifs avec qui il avait eu contact au front, sur Erinar et il avait vu la brutalité froide des Siths Troopers. Cela faisait ressurgir en lui certaines craintes, des fragments de scènes violentes du front...Les jours qui s’enchaînaient et les actes de barbaries commis par les Siths Troopers mais aussi par la Triade en représailles.

-Comprenons nous bien, cela peut vous paraître surprenant comme propos, mais je ne suis pas en train de faire l’apologie d’une idéologie contre les sensitifs, mais je peine à croire que les Jedi sont tous aussi sages et sûrs de leurs convictions que vous, Maîtresse de Walleron. Je peux considérer des arguments contraires et je les accepte, mais les déterminismes qui gouvernent le passage d’un Jedi formé vers le Côté Obscur m’intriguent car ils sont pour moi nébuleux. Je veux dire, comment pouvez-vous être certaine que cela n’arrivera pas ? Si aujourd’hui vous découvriez par exemple que j’avais une sensibilité à la Force, me formeriez vous ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous permettrait de conclure sur l’éventualité que je serais à termes un Jedi sage ou quelqu’un enclin à sombrer dans les Ténèbres ?


Jorian laissa là la question, attendant une réponse de cette femme qu’il jugeait si sage. S’il n’était pas encore totalement libéré pour que Loes ait accès à son esprit précisément, de nombreux souvenirs de bataille contre les Siths Troopers sur la lune d’Erinar revenaient à lui. La Haine sauvage des Siths et de ce qu’ils étaient, des prisonniers qu’il faisait fusiller sans aucune hésitation en représailles aux massacres commis par les Siths Troopers...
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Loes de Walleron
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Ven 30 Déc - 18:03
Je laissai Jorian Solaris parler, suivre les idées que lui donnaient ma petite histoire. Il y en avait beaucoup, beaucoup, tant et tant qu'il devint un flot intarissable, me parlant de la Triade, de l'Alliance, de la Force, du nécessaire dévouement à un dessein supérieur… Je tâchai de suivre le fil, gardant mes objections dans le fond de ma tête, approuvant d'un signe de tête ou d'un sourire lorsque son discours me paraissait censé. Manifestement, le commandant avait de la suite dans les idées, ce qui n'était pas une mauvaise chose, mais il manquait d'éléments et trahissait son ignorance complète de ce qu'était la Force, ne la voyant que comme un ensemble de pouvoirs magiques aux effets physiques immédiats. Il négligeait ce qui, pour un Jedi du moins, avait le plus d'importance : la méditation dans la Force dotait ses pratiquants d'une perception virtuellement illimitée.

Puisqu'il achevait son exposé par une succession de questions, je saisis l'occasion d'y répondre, après une gorgée de mon verre. Décidément, le +146 était une bonne année pour le vin de Taanab. Me raclant légèrement la gorge, je repris la parole avec un sourire, répondant très directement aux questions de mon invité.


- Eh bien, si vous aviez un potentiel suffisant pour devenir un Jedi, oui, je vous emmènerai sur Hapès et je vous ferais former, si vous le vouliez bien sûr. L'Ordre Jedi de l'Ancienne République ne procédait pas de cette façon et ne recrutait que de très jeunes enfants pour pouvoir les conditionner à une certaine forme de pensée, mais le Grand Maître Luke Skywalker a fait le choix d'accepter à nouveau tous les gens capables de sentir la Force qui voulaient devenir Jedi. L'entraînement sépare ensuite ceux qui sont capables d'assumer le devoir d'un Jedi et ceux qui ne le peuvent pas. Je n'ai aucun moyen de savoir si vous seriez un bon Jedi ou non avant même d'avoir commencé à vous former. Bien sûr, certains passés prédisposent plus que d'autres à une certaine attraction pour ce que nous appelons le Côté Obscur, mais il n'y a pas de déterminisme de ce seul facteur.

La réponse simple était faite, il était maintenant temps de développer les raisons profondes qui manquaient à mon interlocuteur pour bien comprendre ma position.

- Vos questions ne sont absolument pas surprenantes, rassurez-vous ! Ce sont des interrogations légitimes, que même les Jedi continuent de se poser. En réalité, nous ne pouvons pas être certains que l'un des nôtres ne sombrera jamais. Nous ne pouvons que faire en sorte d'en réduire considérablement le risque. Voyez-vous, vous ne considérez la Force qu'à travers ses effets. C'est tout à fait normal de la part d'un scientifique scrupuleux tel que vous l'êtes sans aucun doute : vous prenez les données observables et vous les expliquez par des systèmes théoriques. Je pense tout simplement que la Force échappe à la science parce que la science n'a aucun moyen de l'observer. En fait, la Force n'est pas un objet, ni un phénomène, c'est un mode de perception, même si le nom est trompeur et évoque une force semblable à celles des sciences physiques.

Il me fallait choisir mes mots avec grande prudence. La Force échappait à la conception comme l'eau à des mains ouvertes. On pouvait la toucher, en tirer quelques conclusions, mais pas la saisir. Expliquer l'inconcevable relevait de la poésie et je n'étais guère poète moi-même. Montrer la Force aux étudiants du Temple n'était pas trop difficile car tous comprenaient de quoi je parlais. La faire imaginer à un parfait étranger était une autre paire de manches.

- Décrire ce qu'elle est à quelqu'un qui ne la connaît pas est au moins aussi ardu que de décrire la vue à un aveugle ; plus, certainement. Partons de l'intuition, ou du pressentiment, si vous préférez. C'est un phénomène qui touche à peu près tous les êtres sensibles. Sans qu'on puisse l'expliquer, on a le sentiment qu'un événement s'est produit, se produit ou se produira, qu'on nous observe, qu'on nous suit… Certaines personnes ont plus d'intuition que d'autres, ou des intuitions plus justes. Vous n'ignorez pas que tout être vivant a des midi-chloriens dans ses cellules, en quantité variable. L'intuition n'est rien d'autre qu'une forme de la Force, la plus basique. C'est d'ailleurs ainsi que nous repérons les individus sensibles : ce sont ceux qui savent ce qu'ils ne peuvent pas savoir, qui réagissent à quelque chose que leurs sens classiques ne pourraient pas leur indiquer. En cela, je comprends parfaitement que, pour des gens qui n'ont pas le don, la Force puisse avoir un air de magie, un air d'impossible.

J'étais sur de bons rails, mais il restait encore des éléments délicats à exposer. Je pris quelques fractions de seconde pour peser mes mots.

- L'expression de « sixième sens » est parfois appliquée à la Force, mais je dirais qu'elle est insuffisante. Certes, comme la vue, l'ouïe, le goût, la Force permet de sentir, de percevoir, et peut s'éduquer. Plus on la sollicite, plus elle se développera et s'affinera. Cependant, contrairement aux sens classiques, la Force est… une perception active, disons. Tout ce qu'on perçoit clairement par la Force, on peut agir dessus. Cela, je ne saurais vous dire pourquoi. C'est pour ça que nous enseignons à nos apprentis à sentir ce qu'ils ont déjà perçu par ailleurs, et qu'ils peuvent rapidement soulever de terre une pierre, un datapad, une chaise… Ils savent qu'ils peuvent les déplacer en temps normal et n'ont pas de mal à discerner une force aussi évidente que la gravité, et cela leur semble donc plus… intuitif que de déplacer un chasseur stellaire sans lever le petit doigt, par exemple. La Force, en somme, permet de percevoir clairement des phénomènes qui échappent aux sens habituels, puis d'influer dessus. Nous avons un accès direct aux mécanismes qui régissent le monde, y compris ceux qu'on attribuerait à la raison et qu'identifient les sciences politiques, la sociologie, l'économie, la psychologie même…

La présentation générale avait été moins compliquée que prévue. Toutefois, je sentais les questionnements tambouriner au mur qui protégeait l'esprit du commandant, et je n'avais pas fini d'expliquer les raisons de mes réponses.

- Néanmoins, cet accès direct ne signifie pas qu'il soit inconditionnel, loin de là. Pour sentir tout le spectre complexe des systèmes à l’œuvre dans le monde, le sentir suffisamment pour influer sur des traits, il faut dans tous les cas une très grande habitude de la chose, mais aussi une très grande concentration ou bien une grande force émotionnelle. Ce sont ces différentes voies d'accès qu'on appelle traditionnellement Côté Lumineux et Côté Obscur, même si en réalité il existe autant de nuances que de sensitifs. Néanmoins, schématiquement, le Côté Obscur désigne une relation brute à la Force, fondée sur les émotions fortes qui exploitent le côté le plus actif de notre don. Comme la poussée d'adrénaline peut atténuer la perception de la douleur et décupler les capacités physiques d'un individu en danger, les émotions les plus puissantes peuvent rendre les sensitifs capables instinctivement de choses impossibles. Empiriquement, ils peuvent ensuite les reproduire en reproduisant la situation. C'est pourquoi les Sith cultivent leurs traumatismes, leurs souffrances, leurs colères, leurs haines, leurs hontes, leurs peurs, leurs désirs les plus ardents. Ils les entretiennent, font tourner leur vie autour, et c'est ce qui les rend si puissants mais surtout ce qui en fait un danger public, car chaque action dans la Force, surtout si elle est imprécise, et la précision fait rarement partie des objectifs des Sith, provoque des réactions en chaîne qui peuvent avoir des conséquences cataclysmiques.

J'avais intentionnellement présenté le mauvais revers en premier, pour que le contrepoint n'en paraisse que plus admirable.

- Les Jedi suivent un chemin plus rigoureux, plus difficile, pas moins intuitif mais certainement beaucoup moins instinctif. Nous développons notre perception à travers la méditation, la concentration, en faisant attention aux plus petits détails. Là où les Sith ont souvent une vision très utilitariste de la Force, et ne vénère que la puissance qu'ils peuvent en tirer, les Jedi
se fixent pour objectif d'en tirer une clairvoyance avant toute chose, une perception la moins parasitée possible par leurs propres considérations de ce qui les entoure. La Force est très différente d'un pratiquant à l'autre. Certains la traduisent en symboles, en formes géométriques, d'autres en mélodies, d'autres encore en odeurs, en flux, en liaisons… La personnalité du sensitif influe nécessairement sur la perception qu'il a des choses par la Force, mais les Jedi œuvrent à réduire cette distorsion individuelle et partagent beaucoup ce qu'ils ressentent. Bref, ce que l'on appelle le Côté Lumineux consiste en gros à prêter attention au moindre détail, à accorder une valeur à la moindre chose et à considérer que les plus importantes ne méritent pas mécaniquement un sacrifice de celles qui semblent moins cruciales. Plus un Jedi est avancé dans sa formation, plus il a nette conscience que rien n'est négligeable, méprisable, sacrifiable à la légère. Tant qu'il a ça en tête, le Jedi ne peut pas sombrer, ou en tout cas pas totalement.


Je me doutais que cette idée aurait du mal à passer auprès d'un homme qui venait de me soutenir que le massacre des partisans du Soleil Noir était légitime et nécessaire, mais il s'agissait bel et bien là de l'idéal Jedi.

- Bien entendu, chaque individu a sa propre vision de la justice, et les Jedi ne font pas exception à la règle. Par honnêteté, je voulais dire l'attitude qui découle de cette considération de la moindre existence dans toute équation, du refus de négliger. Si le Nouvel Ordre a abandonné l'éducation à l'ancienne des novices, alors réservés à l'Ordre Jedi dès leur tendre enfance, et a autorisé les relations amoureuses, la fondation d'une famille, courant ainsi le risque que ses Chevaliers se dévouent plus à leurs proches qu'au devoir que leur donne leur formation, c'est parce que Luke Skywalker avait compris l'importance pour un Jedi de vivre en compagnie de gens « normaux », de connaître de près leurs préoccupations et de les partager. Jadis juchés dans leur tour d'ivoire, entraînés dès l'enfance à ne pas faire partie du peu, les Jedi péchaient souvent par une arrogance qui leur valut la quasi-extinction à plusieurs reprises en oubliant que les émotions n'étaient pas des marques de futilité et que les sentiments auxquels ils avaient renoncé gouvernaient la vie des autres. Aujourd'hui, peut-être sommes-nous moins immaculés que ces Chevaliers d'autrefois, mais je pense que nous risquons moins de sombrer car nous sentons nettement que ce qui semble peu importe autant que ce qui semble beaucoup, et si nous sombrons, un être aimé est là pour nous rattraper.

J'étais profondément convaincue de cela. Les Jedi d'antan considéraient que l'amour, au-delà de la compassion, mettait le Jedi en péril, ce qui était vrai, mais ils ne voyaient pas qu'en contrepartie il lui rappelait le véritable sens de la vie, non celui d'un Jedi mais celui de n'importe quel être conscient.

- J'ignore si la nouvelle impératrice des Sith avait chuté avant ou après son départ de notre Ordre, mais ce n'est pas l'enseignement des Jedi qui est responsable de ça. Si elle était restée dans l'Ordre et avait milité pour que nous intervenions dans les affaires de l'Alliance, comme je le voulais, peut-être aurions-nous pu la sauver, peut-être l'Ordre aurait-il pu éviter le carnage de la guerre civile et l'essor d'une nouvelle puissance Sith. C'est en se séparant de ses pairs qu'elle est devenue Darth Akni. La chute d'un Jedi bien formé et bien entouré est une chose extrêmement rare. C'est pour les solitaires les moins bien formés, qui peuvent se perdre dans leur propre pouvoir ou être capturés par les Sith, qu'il faut s'inquiéter. Les jeunes Jedi qui ont quitté l'Ordre pour soutenir l'Alliance sur le champ de bataille, par exemple.

L'image de Nadaai s'imposa dans mon esprit. Je me faisais du souci pour la jeune Cathare après notre dernière rencontre, il y a un an. La guerre l'avait changée, et même si elle gardait pied pour l'heure, je craignais qu'elle ne se batte pour l'Alliance avec trop de passion, une passion qui pourrait lui faire commettre des actes terribles, d'autant qu'elle était certainement l'une des Jedi les plus naturellement puissants de sa génération. J'écartais les sourcils froncés de mon ancienne Padawan de mon esprit. Mes yeux quittèrent le vide qu'ils avaient fixé quelques secondes pour revenir sur Jorian Solaris, et j'eus un autre sourire, plus triste, avant de prendre un petit four.

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Jorian Solaris
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Lun 2 Jan - 13:53
Jorian Solaris écoutait la Maîtresse de l’Ordre avec une attention académique, presque religieuse. Le scientifique avait sorti un petit calepin et un stylo à encre, objets désuets depuis plusieurs millénaires. Il rompait parfois son immobilité pour acquiescer comme pour montrer qu’il avait saisi une idée ou un concept ou alors pour griffonner quelques notes sur son calepin. L’homme groupait ses idées, parfois revenant sur une partie des notes pour les compléter. A aucun moment il n’interrompit Loes ou ne bougea les lèvres pour manifester sa volonté de réaction. La Maîtresse de l’Ordre se montra extrêmement ordonnée et synthétique dans sa réponse et balaya tout le spectre des interrogations de Jorian, précisant certains points au passage. Elle tenta d’expliquer ce qu’était la Force, tout en ne niant pas la difficulté que représentait un tel concept, définissant les limites et les définitions des Côtés Obscurs et Lumineux. Il fallait bien reconnaître que les explications étaient beaucoup plus claires.

Dans la dernière partie de son discours, elle évoqua l’Alliance Galactique et l’intervention qu’auraient pu mener les Jedi pour la sauver, mais aussi Darth Akni, l’Impératrice de l’Empire Sith qui désormais vampirisait la Galaxie. Jorian hocha une dernière fois de la tête, son stylo à plume métallique caressant une dernière fois le papier pour y poser une écriture grossière et baveuse, presque illisible. Lorsqu’elle eut fini, il se contenta de boucher lentement le style et de fermer le calepin qu’il déposa dans une des poches de sa vareuse, avant de la boutonner soigneusement.

Un petit détail, un simple sourire –qui concluait le discours de de Walleron- attira l’attention de Jorian. Ce sourire n’avait rien à voir avec celui que la Maîtresse de l’Ordre durant le début de l’entretien, celui-ci semblait triste, peut-être un peu amer ou nostalgique. L’évocation d’Akni ou de ces Jedi prêt à sombrer dans l’obscurité lui rappelait-elle quelque chose ? Une expérience personnelle ou celle d’un proche peut-être ? Après tout, cela n’aurait pas été étonnant puisqu’elle avait elle-même avoué qu’elle s’était très tôt confrontée à la désillusion de ne pas être aussi spéciale que son statut de Jedi le lui suggérait. Jorian sourit à son tour, un sourire poli et pudique, sans aucun jugement.


-Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous avez un don certain pour la pédagogie. Je crois que j’ai mieux compris ce qu’était la Force, mais aussi la différence entre le Côté Lumineux et le Côté Obscur. Ce qui serait très intéressant à mes yeux serait d’avoir le point de vue d’un Sith et de le comparer avec vous, mais je doute pouvoir aller au bout de ce projet. Dans tous les cas, je constate que votre explication de ce qu’est la Force relève plus de la théologie que des sciences formelles et dures auxquelles je suis habitué. De ce que je comprends, malgré l’assimilation à un concept religieux, la Force a pour particularité de pouvoir se manifester physiquement par le biais de ceux qui y sont sensibles, sans pour autant pouvoir être rationalisée, c’est sans doute pour cela qu’elle est si difficile à décrire ou à comprendre pour les non-sensitifs.


Jorian saisit un nouveau petit four. L’homme était à l’aise avec la Maîtresse de l’Ordre et il saisit la carafe de vin en lui demandant poliment si elle voulait être resservie, puis il se servit à son tour, remplissant son verre. Le vin était excellent et même si le scientifique avait la tête qui tournait légèrement, il restait totalement lucide et capable de raisonner, bien qu’un peu plus enclin à parler. Il laissa passer quelques instants de silence, se massant le menton, marquant ainsi son intense réflexion. L’officier de la REPo en profita pour dégrafer le col de sa vareuse, se laissant un peu plus d’aise avec ce détail formel qui le gênait au plus haut point.


-Je vais être honnête avec vous, Maîtresse de Walleron, ces concepts sont beaucoup plus complexes que je le pensais au premier abord et dépassent de très loin mon champ de compétence. La mission qui m’a été confiée lorsque je suis venu ici est de constituer le rapport le plus complet possible sur les Jedi afin de le présenter au Collège et de statuer enfin si vous êtes une population à risque ou non. Je mentirai si je vous disais que je n’ai pas reçu de conseil voire d’exhortation de la part de certains gradés de la REPo afin que ce rapport vous mette dans la même catégorie que les Siths. L’honnêteté intellectuelle est cependant une vertu que je respecte tout particulière et je dois vous avouer que vous me semblez très différente des Siths. Malheureusement, je manque de recul et de connaissances pour écrire un tel rapport aussi rapidement que si j’avais été un sociologue, un archéologue ou encore un théologien qui aurait été expert sur la question. On m’a bien fait comprendre que je serai votre principal interlocuteur au sein de la Triade et que par conséquent, je ne pourrai pas bénéficier d’aide supplémentaire dans ma tâche. Il est donc fort probable que je doive me documenter par ailleurs et que nous soyons amenés à nous revoir par la suite, afin que je puisse rédiger le rapport le plus complet et le plus juste possible. Je crois que nous aurons beaucoup de sujets à aborder…


Jorian Solaris posa ses mains sur la table avec délicatesse. Son visage était figé dans une expression très sérieuse, presque assimilable à de la préoccupation. L’officier voulait bien faire son travail et il avait décidé de jouer cartes sur table, autant éviter tout faux-semblant, Loes de Walleron connaissait désormais les ordres et les instructions qu’avait reçu son interlocuteur, mais aussi ce qu’il devait faire. Cela n’était pas confidentiel, mais il aurait pu faire le choix de le garder pour lui, justement pour jouer sur une certaine ambiguïté quant aux objectifs réels de la Triade, dans le but justement de faire parler Loes de Walleron. Autant être le plus sincère possible, c’était tout du moins ce qu’il pensait, d’autant plus que la Jedi avait été suffisamment explicite quant aux pouvoirs dont disposaient les membres de son Ordre.


-Ce qui me perturbe dans votre discours, c’est précisément ce que vous avez dit sur Akni. Elle était une Jedi confirmée et pourtant, elle a basculé. D’après vous, ce genre de cas est extrêmement rare, pourtant il suffit de lire les archives pour connaître des cas célèbres, comme celui d’Anakin Skywalker qui bascula très rapidement vers le Côté Obscur. Même si ces évènements sont extrêmement rares, on peut leur concéder un point commun, c’est que dans ces deux cas ils ont eu des conséquences dramatiques et l’avènement d’un Empire dirigé par un ou des Siths. D’autant plus qu’Akni comme Vador avaient la particularité d’être tous deux doués, du moins d’après ce que disent les renseignements dont je dispose. Dans le cas précis de l’Empire Sith actuel, il s’est manifesté extrêmement rapidement et ce que je peine à comprendre, c’est comment tout cela a pu commencer…Je doute qu’Akni en soit la seule instigatrice, tout comme pour Skywalker qui avait trouvé en Sidious un maître qui l’a initié aux doctrines Siths. Les Siths ont aussi plusieurs fois été poussés au bord de l’extinction, voire décris comme éteints et pourtant quand ils se manifestent à nouveau, ils s’organisent rapidement…Une des explications que je vois à cela –et n’hésitez pas à me reprendre si je me trompe- est l’existence d’une population résiliente de Siths. Ce que je peine à comprendre par contre, c’est comment des êtres guidés par leurs passions et incapables de voir autre chose que leurs propres intérêts peuvent s’entendre et respecter la hiérarchie et l’organisation d’un Empire. Si je conçois désormais sans problèmes les valeurs qui fédèrent les Jedi, celles qui permettent aux Siths de former un ordre cohérent sans qu’ils ne s’étripent sont beaucoup plus floues à mes yeux.

Jorian marqua une pause, buvant une gorgée de vin. Il ne masquait pas son ignorance, ni même ses suppositions quant à la naissance d’un Empire Sith. Son interrogation était ici encore très sincère. Il y avait cependant encore un dernier point que Jorian voulait aborder.


-J’émets par contre beaucoup plus de réserves que vous quant à la capacité que vous auriez pu avoir à sauver l’Alliance Galactique de l’absorption par l’Empire Sith. L’Alliance Galactique avait prouvé ses limites et c’est son incapacité à se réformer et à fédérer ses membres sous des objectifs communs qui sont à l’origine de son éclatement. En conclusion, même si les tensions d’une guerre imminente ont accéléré le processus, je pense que l’Alliance Galactique aurait éclaté tôt ou tard puisque la guerre civile était inévitable. Réciproquement, je pense que même sans ces tensions au sein de l’Alliance, les Siths auraient remporté certaines victoires militaires, justement car ils sont entrés sur l’échiquier galactique avec une armée puissante et une réelle volonté de soumettre. J’ai moi-même été au front sur Erinar lorsque les Siths nous ont attaqué, l’année dernière, ce que j’y ai vu dépasse l’entendement, ils n’ont pas hésité à bombarder nos villes et à massacrer soldats et même civils de notre territoire. J’ai réellement compris ce que signifiait la Haine à ce moment-là…Les Siths nous haïssaient profondément et voulaient nous soumettre. Contrairement à l’Alliance Galactique, nous les avons combattu avec violence et de manière cohérente, ce qui a mené à l’utilisation d’une arme de destruction massive à deux reprises, c’est ce qui a poussé l’Empire Sith à finalement se retire, l’Alliance Galactique n’avait ni la puissance politique, ni le courage nécessaires pour pouvoir ordonner une telle réponse à son armée. Au lieu de ça, les dirigeants sont restés impuissants face à la guerre civile démarrait, personne n’ayant donné à l’armée de prendre les mesures fortes et nécessaires, les officiers sont restés spectateurs de la décomposition des institutions alliées et ont laissé les Siths et les gredins du Soleil Noir récupérer des systèmes séparatistes bercés par des illusions futiles de liberté.

Jorian finit là son discours. L'évocation des Siths et du front avaient fait naître en lui à nouveau de la colère et des réminiscences difficiles. Il sourit cependant à Loes, plongeant son regard dans le sien, comme s'il cherchait à lire en son âme.
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Jeu 5 Jan - 13:29
À nouveau, j'écoutai Jorian Solaris me faire part de ses réflexions, acquiesçant lorsque je partageais ses vues ou trouvais son idée bonne, fronçant les sourcils dès qu'une objection me venait soudainement à l'esprit, mais le laissant parler. D'un simple signe de tête et un sourire, j'acceptai sa proposition de resservir le vin, même si je n'avais pas tout à fait terminé mon premier verre. Visiblement, il appréciait le couvert, ce qui ne pouvait que jouer en ma faveur. Je profitai toutefois de ce bref instant pour préciser un point que j'avais déjà abordé.

- La religiosité dont est entourée la Force dépend aujourd'hui beaucoup des individus, et s'avère en grande perte de vitesse depuis un siècle. Par exemple, je ne crois pas à une entité derrière la Force, et je pense que ce que mes semblables prenaient pour des visions divines, des murmures d'esprits, sont en fait tout simplement des intuitions très fortes que la psyché consciente traduit dans des sens classiques pour les rendre compréhensibles, donnant l'impression qu'un message nous arrive d'une entité extérieure. Pour beaucoup, il n'y a plus rien de religieux dans la Force, et les doctrines Jedi forment plus un code de conduite qui enjoint au stoïcisme et à la modération dans l'usage du pouvoir qu'un dogme qui entoure une divinité de rituels et de symboles.

Cela dit, je le laissai reprendre la parole sans plus l'interrompre. L'objectif qu'il m'avoua m'étonna très peu, en vérité. L'administration de l'Entente n'avait pas manqué de me faire sentir le peu d'intérêt qu'elle accordait à mes tentatives de prise de contact. Qu'ils m'aient envoyé le commandant pour me satisfaire, me faire comprendre qu'il n'y avait aucun rapprochement possible et me faire taire une bonne fois pour toute n'était finalement pas du tout une surprise. Je ne pouvais que me réjouir que mon invité fût personnellement intéressé à la chose, comme le prouvait cet aveu. Il comptait procéder différemment de ce que ses supérieurs directs lui avait commandé. Lui qui avait manifestement besoin de reconnaissance, il songeait probablement qu'un rapport détaillé rempli d'informations inédites lui vaudrait de l'avancement ou au moins un peu d'attention. J'avais probablement le moyen de tirer des avantages de cette perspective.

Solaris réfléchissait très vite, formant à partir du peu de données qu'il avait un raisonnement recevable. Je comprenais pourquoi, de scientifique, il était passé dans la police. L'homme était brillant, voire très brillant, et se montrait extrêmement cérébral, certes capable de reconfigurer rapidement ses catégories, mais incapable ne serait-ce que d'envisager de s'en passer. Cela me frappa soudainement : lorsqu'il me parlait de Sith, il me parlait de l'idée qu'il avait des Sith, c'est-à-dire des êtres réduits à la propriété de leur rapport à la Force et au pouvoir en général. Le commandant Solaris voyait le monde comme un État. Tout devenait dans sa tête un objet statistique, un poids à prendre en compte dans le calcul du système complet. Il quantifiait la qualité et évaluait les individus en fonction de critères de distinction, et non de critères de communauté.

Cela expliquait plutôt bien la raison de notre désaccord profond sur la dislocation de l'Alliance. Si le Nouvel Ordre Jedi s'était investi en véritable arbitre et agent souverain du maintien de la paix, il aurait au moins pu tenter de contraindre le gouvernement allié d'adopter une posture plus libérale avec ses mondes périphériques. Jorian Solaris nous considérait encore comme des quantités négligeables, bien plus négligeables que les Sith, et ignorait manifestement tout ce qui concernait notre très vaste réseau de connaissances et de soutiens. Ce n'était pas une impuissance des Jedi qui avait laissé l'Alliance exploser et les Sith émerger de ses bris, mais le manque de coopération qui avait toujours existé entre les membres du Triumvirat. Maître K'Kruhk s'était toujours méfié de l'expansionnisme impérial et de l'ambition de Marasiah Fel, qui entendait en quelque sorte régner sur la Fédération Galactique. Il avait soigneusement évité que l'Empire ne se mêle des affaires alliées, tout en prenant bien garde à ce qu'il n'ait jamais rien à reprocher à l'Ordre ou à l'Alliance et ne puisse pas décider d'intervenir « légitimement ». Les Jedi avaient dû renoncer à favoriser qui que ce fût dans les arbitrages que l'Ordre acceptait. La posture ne manquait pas de logique, mais elle nous avait conduits à l'inaction, à laquelle la renaissance de l'Empire Sith devait autant que les mauvais choix politiques et stratégiques des gouvernements de l'Alliance. Peut-être l'éclatement de l'Alliance était-il inévitable, mais il aurait été possible de faire graviter autour d'elle les républiques satellites moins puissantes qui se créaient, à l'instar de ce que nous étions parvenus à obtenir de Corellia. Si elle avait fait preuve de plus de bienveillance ou de plus de fermeté, l'Alliance n'aurait jamais monté contre elle ses périphéries. Elle aurait même probablement pu empêcher la formation de la Triade en envoyant une escadre importante avant que le régime ne se renforce. C'était l'indécision de l'Alliance, son intervention militaire qui s'était finalement retirée devant les menaces de Stregwel, qui avait donné du crédit à l'Entente à l'échelle galactique. Cette puissance affichée et ce maître faible avaient permis la construction rapide d'une identité nationale, car ces choses émergent toujours du conflit.

Si l'Ordre était intervenu, avait négocié des sécessions partielles et pacifiques comme le Contemplanys Hermi de Corellia, et avait finalement fait admettre au gouvernement central allié qu'ils devaient rebâtir le régime en tenant bien compte que tout système pouvait quitter le territoire à tout moment si son peuple s'estimait lésé, il aurait limité l'éclatement et évité la guerre civile. Si l'Ordre Jedi avait décidé de ne pas laisser partir Veidi Skar'll et de mettre lui-même les mains dans le cambouis au lieu de m'assigner au Temple, il aurait pu empêcher la récupération des frustrations de la Bordure par les Sith. Enfin, ce qui était fait était fait. Le présent importait désormais, car c'était lui qu'on pouvait connaître et sur lequel on pouvait agir. Ne jugeant pas utile de montrer à quel point nous divergions dans l'interprétation des dernières guerres, je pris un ton très poli pour formuler une réponse plutôt évasive.


- Peut-être avez-vous raison, que rien n'aurait pu se passer autrement que cela s'est passé, et qu'il ne sert à rien de se demander « et si ? ».

Après tout, nous pourrions peut-être tomber d'accord en discutant de la situation intergalactique, mais je gardais en vue mes objectifs immédiats et cette certitude que j'avais désormais qu'il fallait que j'intéresse Jorian Solaris personnellement plus que la Triade à travers lui. Ce serait ma seule façon de nous faire accepter et éventuellement de négocier un jour une alliance, ou du moins un pacte de tolérance mutuelle et de non-agression. Je devais l'intriguer, lui parler de ce qu'il ne connaissait pas ou de ce qu'il ne pensait pas que je savais, car il semblait tenir la connaissance en haute estime.

- Toutefois, ne vous y trompez pas, les Sith ne sont pas des monstres de haine et de rage. Beaucoup sont certainement cruels, voire sadiques, et certains ont peut-être même perdu toute trace d'humanité, de compassion ou de sanité d'esprit, comme certains Jedi compensent la perte des fonctions de leur corps par une fusion plus étroite avec la Force. Mais tout comme je ne suis pas le Jedi-type auquel vous vous attendiez mais une femme, avec une famille, des intérêts particuliers, un langage, une pensée et une individualité, chaque Sith est une personne comme vous et moi, et une grande partie est même très sensée. À dire vrai, les Sith ont même sûrement compté beaucoup plus de grands chercheurs en sciences naturelles et « dures » que les Jedi, et au moins autant de grands stratèges. Sans la Force, je ne saurais probablement pas reconnaître un Sith si j'en croisais un, pour peu qu'il n'arbore pas de signes caractéristiques.

Bien des maîtres disaient que la chute était un processus très calme, parfois si calme qu'on ne se rendait même pas compte d'être tombé. Si certains Sith avaient renoncé à toute idée de bien ou de mal, je ne doutais pas que beaucoup continuent à peser le bien-fondé de leurs actions.

- Certains Jedi Noirs sombrent même par attachement farouche à une idée, en cherchant à l'appliquer ou à la réaliser par tous les moyens, en renonçant à exercer leur jugement. Se conformer à une idée, accepter d'y sacrifier des vies, est un comportement qui n'est pas typique des Sith mais qui amènent souvent les sensitifs à en devenir un. C'est sans doute pour cette raison, entre autres, que Maîtresse Veidi Skar'll est devenue Darth Akni. Les vieux Jedi puissants comme elle, issus d'espèces à la longévité exceptionnelle, ont tendance à oublier l'essentiel, la valeur des vies éphémères. Ils oublient de rire et parfois même d'éprouver quoi que ce soit. Forts de leur raison, de leur grande expérience et de leur immersion profonde dans la Force, ils en viennent à se méfier des émotions, à les associer à la précipitation. Certains considèrent les humains et proches-humains comme de mauvais Jedi par nature parce qu'ils les trouvent trop empressés. Leur quasi-immortalité leur fait perdre le rapport au temps qu'a la majorité de la galaxie, tout comme à mon avis les Hutts négligent la vie d'autrui parce qu'elle leur paraît ridiculement brève. En somme, chez les Jedi, ce sont les plus jeunes et les plus vieux qui risquent le plus de négliger ce qui importe au commun. Les anciens, bien plus facilement que les autres, peuvent préférer les idées immortelles à la vie de leurs pairs éphémères.

Je pensais évidemment à Iyanna Arienal, dont je n'étais même pas sûre qu'elle comprît encore ce que le temps voulait dire. Quand on avait plus de mille ans et qu'on voyait le futur presque aussi distinctement que le présent, que valait la vie d'un homme ? Aux yeux de tels êtres, nous devions vieillir et pourrir si vite !

- La fidélité aveugle, la poursuite de grands idéaux, tout cela peut mener au Côté Obscur plus aisément qu'on ne le pense. Vous-même, commandant, vous pourriez probablement faire un bon Sith, pour peu que vous puissiez sentir la Force. Depuis le début de notre conversation, je sens beaucoup de colère en vous, beaucoup de haine, de frustration, mais aussi beaucoup de dévouement, d'application à la tâche, de fierté pour votre propre compétence et le régime que vous servez. Vous êtes un scientifique, vous aimez l'exactitude, l'exhaustivité et les catégories bien définies. Vous tuez lorsque vous jugez que cela sert les intérêts de l'Entente et votre idée du bien. Vous êtes un homme nuancé, complexe. Vous présentez bien, êtes poli, ne semblez pas être enclin à quelque excès que ce soit, et vous pourriez tout à fait être un Sith.

Ce qui pouvait ressembler à une attaque n'était pas gratuit. Je voulais faire comprendre à Jorian Solaris comment un Jedi, et la Maîtresse de l'Ordre en particulier, percevait le monde. Cette nuance omniprésente dans la façon dont je sentais les choses n'était sans doute pas étrangère à mon don d'Empathie. Même dans le pire des ennemis, je parvenais à saisir des mobiles, des raisons qui gouvernaient l'action, et je les comprenais comme si elles avaient été miennes. Cela ne voulait pas dire que je les excusais, loin de là, mais je sentais toujours l'importance et la richesse d'une vie, surtout quand j'y mettais malheureusement fin.

- Je ne vous juge pas, commandant, mais je cherche à vous faire comprendre que personne ne mérite d'office l'oblitération, du moins aux yeux d'un Jedi, pas même les Sith. Toute vie compte, recèle une expérience riche et unique. Si les Sith font appel à leurs passions pour tirer un profit rapide – mais pas nécessairement personnel – de leurs pouvoirs et provoquent ainsi des répercussions très dangereuses, ils ne sont pas pour autant moins des personnes et plus des monstres que vous et moi. Pas tous, du moins. Dans notre histoire, bien des Jedi ont d'ailleurs chuté en jugeant que la destruction des Sith valait bien tout le reste. Vous connaissez sûrement l'histoire du Comte Dooku, qui a quitté l'Ordre Jedi après avoir appris que le Chancelier Suprême de la République était en fait un Seigneur Sith, et qui est devenu son plus fidèle serviteur en jurant de faire émerger un Empire incorruptible.

Je ne détaillai pas plus l'histoire du Comte Dooku. L'homme était un des personnages les plus célèbres de ces deux derniers siècles d'histoire galactique, notamment par l'immense rôle politique et stratégique qu'il avait joué durant les prémices puis le déroulement de la Guerre des Clones. Son influence dépassait de très loin la seule opposition ancestrale entre Jedi et Sith.

- Vous avez raison à propos de la population résiliente des Sith. Plusieurs grands seigneurs ont même théorisé cela, articulant leur puissance à leur nombre. Pendant un millénaire, les Seigneurs Sith n'ont été que deux, ce qui leur a permis de rester cachés, de conserver leur puissance dans l'ombre et finalement de renverser la République. Ils s'entouraient de Jedi Noirs, d'individus répondant à leurs préceptes, mais s'assuraient qu'il ne reste jamais qu'un maître et son apprenti comme Sith en tant que tels. Darth Krayt a transformé la règle en refondant un Ordre Sith dans lequel il érigea l'obéissance au Sith Unique, leur maître, en principe absolu. C'est ce qui permet à l'Ordre de tenir : ce conditionnement à l'obéissance aveugle que subissent les Sith Troopers, mais aussi la vénération que les Sith ont pour la puissance. Darth Akni a tant de pouvoir qu'une très grande partie de son Ordre n'osera jamais ne serait-ce qu'envisager de lui tenir tête. Elle n'a guère à craindre que les autres Seigneurs, mais encore faudrait-il qu'ils désirent le trône et trouvent suffisamment de soutiens pour la vaincre.

L'Ordre Sith tenait tout simplement parce qu'il partageait des objectifs communs et parce que leurs puissances rivales s'annulaient, qu'ils entretenaient un équilibre de la terreur. Tout acte de désobéissance mené à des fins personnels pouvait mener à des châtiments en chaîne. Les Sith savaient que la discipline de l'Ordre était impitoyable et qu'ils risquaient tout au moindre faux pas.

- En fait, je pense que cette théorisation est un symptôme d'une raison plus profonde à cette résilience. Finalement, comme l'Ordre est établi sur une pratique de la Force fondée sur des émotions fortes dont tout un chacun est capable, il n'est pas étonnant qu'il se préserve toujours. Il suffit pour que l'enseignement proprement Sith perdure d'une entité qui transmette le dogme, et comme les Jedi et Sith les plus puissants peuvent faire survivre leur savoir et leur conscience par delà la mort, soit par un pouvoir, soit en créant des holocrons, il est impossible de les effacer. Il y aura toujours des Jedi et il y aura toujours des Sith.

Je n'étais pas la première à faire ce constat. Malgré des périodes de quasi-extinction d'un Ordre comme de l'autre, parfois des deux en même temps, ils s'étaient toujours relevés, certes sous une forme différente, mais sans changements fondamentaux. Sans doute cela était-il dû à la nature des êtres conscients, aux oppositions profondes qui les habitaient, ou bien à l'extraordinaire pouvoir de fascination que ces institutions plusieurs fois millénaires exerçaient sur une bonne partie de la galaxie.

- Mon rôle, en tant que Maîtresse de l'Ordre Jedi, est d'empêcher les Sith de nuire à l'échelle galactique, mais j'ai bien conscience que c'est un combat qui n'aura jamais de fin, qui continuerait même si on lui sacrifiait tout. En revanche, c'est un combat qui mérite bien toutes les alliances, surtout lorsque l'ennemi est dans une position aussi puissante qu'aujourd'hui. Vous avez été honnête avec moi, Jorian Solaris, et je vous en suis reconnaissante. Pour tout vous dire, le reste de l'Ordre ne sait pas qui je rencontre aujourd'hui, de même qu'ils ne savent pas que je serais tout à fait prête à coopérer avec la Triade pour réduire l'influence des Sith. Beaucoup vous sont hostiles par défaut, tout comme votre régime nous est hostile par défaut, et j'aurais dû risquer un refus de mes pairs si je leur avais demandé leur aval, tout comme votre hiérarchie veut que vous bâcliez l'affaire et lui disiez ce qu'elle a envie d'entendre. Les uns ne connaissent rien des autres. Vous et moi sommes, j'espère, la possibilité d'aller au-delà de cette hostilité et de cette ignorance, la possibilité d'une collaboration, ou au moins d'une cohabitation en bonne entente dans cette galaxie.

Enfin, j'annonçai la couleur de l'entrevue, maintenant que je sentais le commandant plus à l'aise et plus personnellement intéressé par qui j'étais. Malgré ma résistance, je sentis dans la Force que mon esprit jetait une première ligne entre le commandant Solaris et moi. Un tel lien était faible et fragile, et je pouvais le rompre immédiatement sans aucun problème, mais j'attendis la réaction de mon invité pour ce faire, fichant mon regard dans le sien tout en prenant une gorgée de vin.

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Jorian Solaris
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Sam 7 Jan - 14:19
Le Commandant prit une gorgée de vin, le liquide était fruité et boisé, il emplit sa gorge, déployant ses saveurs contre son palais. Servir un tel nectar était presque une flatterie et pourtant, il n’aurait jamais reproché cela à son hôte qui était des plus agréables. Loes de Walleron savait parler et savait distraire, elle donnait à Jorian tous ses arguments et les construisait selon un raisonnement logique et implacable. Ainsi l’officier REPo avait plusieurs pistes de réflexion déjà, alors qu’il écoutait avec la même placidité le discours de la Maîtresse de l’Ordre. Travailler avec une femme comme ça aurait été un véritable plaisir, rien ne semblait jamais lui échapper et elle semblait aussi avoir une vision claire sur le passé de la Galaxie, mais aussi sur son avenir. Une sorte d’euphorie monta à l’intérieur de Jorian, il ne sut s’il fallait l’attribuer au vin ou aux proportions que prenaient ces discussions, sans doute à un effet combiné des deux. Il acquiesçait assez régulièrement, fronçant légèrement les sourcils pour finalement sourire légèrement lorsqu’elle lui dit qu’il aurait pu lui-même être un Sith. A aucun moment il n’interrompit son hôte, même lorsqu’elle laissa du temps entre ses explications, il resta de marbre, la laissant développer ses idées et parler durant un long moment. Tout semblait calculé et pesé, la Maîtresse de l’Ordre était quelqu’un de normé et de bien ancré dans la réalité, pas un de ces moines illuminés et sectaires que Jorian s’attendait à rencontrer.

A travers les paroles de Loes prenait vie un univers complexe et subtil, celui de deux Ordres qui s’affrontaient finalement sans jamais réussir à se vaincre. La considération d’une impossibilité totale d’annihilé l’une des deux conceptions de la Force et du monde donna l’espace d’un instant un vertige à l’officier dont les pupilles se dilatèrent légèrement : chaque chose avait finalement sa place en ce monde et toute intervention pouvait sembler vaine. Jorian sourit légèrement en saisissant un petit-four lorsque Loes de Walleron lui fit aussi part de ses propres intentions mais aussi des oppositions qui auraient pu naître au sein de son propre Ordre. L’officier sourit et la laissa terminer.

-Nous sommes donc semblables vous et moi...Nos intentions le sont tout du moins. Une différence fondamentale demeure tout du moins, notre influence respective au sein des organisations que nous servons. Vous avez sans aucune hésitation bien plus de poids et d’autorité que je n’en aurai jamais. Comme je vous l’ai dit précédemment, je suis apatride et la Triade ne m’a pas accordé la citoyenneté, je ne serai jamais considéré de la même manière qu’un citoyen de la Triade et c’est pour cela que je ne monterai pas non plus en grade et que je serai toujours relayé à des tâches subalternes et à un grade intermédiaire. Plusieurs haut-dignitaires de la REPo m’ont fait remarquer à différentes reprises, que je disposais déjà d’un grade trop important par rapport à mon statut de migrant au sein de la Triade. Pour être honnête, ces brimades ne me touchent pas et je préfère me consacrer sur l’essentiel, mais toujours est-il que dans notre cas, cela importe puisque c’est moi qui écrirai ce rapport dont je vous ai parlé.


Jorian but à nouveau un peu de vin, le regard plongé dans le vide, comme s’il réfléchissait. Sa tête pivota lentement, fixant les divers éléments de la pièce luxueuse dans laquelle il était reçu, puis il la releva promptement, fixant à nouveau la Maîtresse de l’Ordre.


-Bien évidemment, cela ne remet pas en cause l’importance fondamentale de ce rapport. La Triade permet de nombreuses alternatives et j’ai la possibilité, comme je vous l’ai déjà indiqué, d’envoyer ce rapport directement au Palais du Collège sur Eriadu ou au Ministère des Affaires Étrangères sur Sluis Van, de cette façon, nous pouvons raisonnablement espérer plus d’objectivité de la part de ceux qui examineront le document. La Triade reste une démocratie et le parti majoritaire au Collège reste très modéré et contre la guerre. Si le Parti Radical de l’Entente qui représente nos extrêmes avait plus de sièges auparavant, il en a perdu à mesure que notre économie se renforçait et que le niveau de vie augmentait. C’est une règle universelle : le vote extrême se développe lorsque le niveau de vie diminue et surtout que les problèmes se multiplient...Comme notre société est désormais florissante, il n’y a pas besoin de désigner un ennemi pour expliquer nos maux. Il est d’ailleurs amusant de constater que les députés du Parti Radical de l’Entente ont été élus dans des régions reculés qui ne sont pas encore touchées par le plan économique de l’Entente, donc dans des lieux défavorisés...Il y a donc fort à croire que ces votes extrémistes disparaîtront à mesure que notre administration normalisera et étendra les plans de soutien économique au sein de l’Entente. Il faut ajouter à cela que notre Commandant Suprême, Ludov Stregwel, n’est membre d’aucun parti et est également populaire chez les extrêmes à qui il donne la parole sans complexe, il s’assure ainsi de leur soutien et les empêche de propager des idées bellicistes. De toute façon, nous avons été confrontés à la guerre l’année dernière et tout le monde chez nous a très bien compris qu’il n’était pas dans notre intérêt d’être en guerre...Même la REPo chez qui les idées sont assez tranchées et radicales.

D’une certaine manière, Jorian trouvait normal de développer des idées sur le système de la Triade, Loes avait fait de la même manière pour l’Ordre Jedi. Mais cela permettrait aussi de faire comprendre à Loes que le système au sein de l’Entente était suffisamment complexe et divers pour permettre à un accord de naître entre les Jedi et la Triade.


-De toute manière, il me faudra tout de même rédiger ce rapport, au moins pour avancer des arguments concrets et solides qui permettront de trancher dans un sens ou dans l’autre, la REPo est puissante, mais elle ne fait pas non plus la pluie et le beau temps, c’est le Collège qui tranchera et ce quel que soit l’avis des responsables de la REPo, dit Jorian en haussant les épaules.

Ainsi les choses furent posées alors que l’officier fixait toujours son interlocutrice avec intensité. Jorian voulait garder son honnêteté intellectuelle, ne pas se laisser influencer, ni par ses supérieurs hiérarchiques, ni par l’Ordre Jedi. Il était tout de même amusant de constater que Loes de Walleron n’avait carrément pas l’avis de ses confrères Jedi.

-Ce que vous dites sur les Siths confirme cependant mes craintes. Quel intérêt aurions nous alors à combattre les Siths si nous savons que nous ne pourrons pas détruire leur idéologie ? Quel est l’intérêt de nous engager dans une chose qui nous dépasse et ne prendra jamais fin ? C’est bien là les questions qu’il faut poser. Votre conception du temps peut trouver source dans la Force, mais nous autres avons des conceptions plus pragmatiques. Je crois de toute façon comprendre que la première chose à faire sera de diminuer l’influence de l’Empire Sith en tant qu’institution, nous ne pouvons absolument pas tolérer que les Siths contrôlent et administrent la moitié de la galaxie. La deuxième difficulté du problème Sith est l’administration de cet Empire, le fanatisme des Siths Troopers et le fait que la population n’ait aucune liberté de pensée peut-être délétère. Je veux dire, il se peut que dans quelques années, la population ait intégré l’Ordre Sith et soit prête à le défendre, aujourd’hui la présence des Siths est un phénomène récent dans les mondes qui ont été conquis par Akni et ses sbires, nous pouvons donc encore compter sur certains mouvements contestataires, même si ces derniers ont rapidement été muselés.

Jorian croisa les bras sur sa vareuse, il réfléchissait encore, intensément. Il aurait aimé parler encore plus librement et était encore en train de se demander s’il était une bonne idée de le faire. L’appât de pouvoir en savoir plus sur ce que voulait dire la Maîtresse de l’Ordre dans ses objectifs était bien trop grand, il se devait d’aller au bout de la question.


-Ce qui me mène à une question concrète : que pouvons-nous réellement faire contre les Siths pour diminuer leur influence ? Je suis tout à fait lucide sur notre situation, la Triade possède une armée très compétente dotée des meilleures technologies, d’une économie solide et d’un bon niveau de vie mais notre espace et notre démographie sont très réduits en comparaison avec celui des Siths, de l’Empire Galactique ou encore même de l’Alliance Rebelle. Il est évident que nous ne pouvons pas nous lancer dans une guerre directe pour arracher les terres des Siths, nous ne tiendrions pas suffisamment longtemps et quand bien même, nous n’aurions pas les moyens de tenir les planètes prises. En fait, une guerre nuirait à notre économie et aussi à l’opinion favorable qu’a notre administration auprès du peuple qui serait rapidement affamé et appauvri. D’un autre côté, toute action de notre part contre les Siths aurait pour conséquence de les rendre hostiles à notre endroit. Ils ne maintiennent une neutralité envers nous que pour deux raisons : premièrement car ils savent que nous disposons d’une arme de destruction massive qui a détruit le contingent qu’ils avaient envoyé contre nous par le passé et deuxièmement ils savent que mobiliser des troupes contre nous reviendrait à découvrir un de leurs fronts. Mais tout cela, je suppose que vous le savez déjà, ce qui me mène à vous demander comment pensez-vous que nous pourrions vous aider à diminuer l’influence des Siths.


L’officier était toujours face à Loes, les mains croisées sur sa vareuse. Loes de Walleron était trop maligne pour ne pas avoir anticipé la position militaire et stratégique de la Triade, elle avait donc probablement une aide précise quant à ce que pouvait lui apporter une alliance avec la Triade dans son combat pour diminuer l’influence des Siths. Jorian but rapidement du vin, par petites gorgées. L’homme maintenait toujours un certain calme extérieur mais l’évocation des Siths avait fait naître en lui une tempête intérieure, un souvenir qui était extrêmement fort et qui serait sans doute désormais totalement perceptible par Loes qui avait créé un lien avec Jorian, ce dernier déjà bien affecté par le vin et par l’intensité du souvenir ne résistait absolument plus.


Flashback, Lune d’Erinar, 157 ABY,

Jorian Solaris considérait la carte holographique qui se trouvait devant lui. Plusieurs officiers supérieurs de la Triade discutaient face à la carte, ils se trouvaient dans une petite pièce envahie par l’odeur âcre du tabac froid et mal éclairée. La pièce était celle d’un bâtiment civil dans lequel la Triade avait établi son QG provisoire. Un Major des Carabiniers était en train de détailler la carte qui désignait un petit village entouré de campagne et une petite rivière.

-...Les Sith Troopers ont réussi à franchir la Résique ce matin et nous savons d’après les rapports qu’ils sont aujourd’hui à six kilomètres de nos positions. Les divisions supplémentaires du Général Vort ont été écrasées par les Siths ce matin, leur stratégie est clairement une stratégie d’encerclement.


Un Général qui devait avoir une soixantaine d’années fumant une cigarette électronique cracha une volute de fumée épaisse et blanche. Petit et chauve, l’homme avait l’œil vif et inspecta la carte.

-Avons-nous une idée exacte du nombre exact de Sith Troopers qui ont franchi la Résique ?

-Non mon Général. Ce qui est sûr, c’est qu’ils disposent de pièces d’artillerie mobiles et de blindés.


-Très bien Major Bloom, merci pour cet exposé très détaillé. Les prédictions du Général Vort étaient erronées, il y a beaucoup plus de Troopers que nous l’avions estimés, si nous continuons sur cette lancée, nous serons vite dépassés. Nous devons absolument réussir à couvrir notre retraite. Commandant Solaris, où en sont la demande de renfort auprès de la REPo et les tranchées de l’ODT ?


Jorian sortit des ténèbres, tenant son calot fermement entre ses mains.

-J’ai renouvelé notre demande auprès du Commissariat Central ce matin, mais leur réponse est toujours la même : les Siths ont installé des batteries anti-aériennes, la flotte ne peut pas fournir d’appui et aucun vaisseau de transport ne peut rejoindre la zone. Aucun groupe de combat des Troupes de Choc n’est disponible...Ils sont tous sur le front Sud, pour appuyer le Général Vort. Concernant l’ODT, les travaux ont été terminés ce matin.


-Très bien, dans ce cas, tout le monde prépare l’évacuation. Quant à vous Commandant, vous resterez ici avec ce qui reste des Division 45a et 45f, vous couvrirez notre retraite, nous vous ferons évacuer vers Veronville lorsque nous aurons tout chargé.

-Mais, Monsieur…

-Il suffit, c’est un ordre, exécution.

L’ordre était tombé, comme un couperet. C’était clairement une mission suicide. Les Siths seraient là d’un moment à l’autre, sans doute le soir même. Le Général voulait éviter qu’ils ne soient surpris pendant qu’ils préparaient leur retraite, il laissait donc une partie de ses troupes pour ne pas découvrir le front, une stratégie plus que discutable quand on savait que les Siths avaient déjà détruit plusieurs divisions, il aurait fallu plus d’hommes. Mais les ordres étaient les ordres et il était clair que le fait que Jorian ne soit pas un citoyen de la Triade et qu’il soit le seul officier de la REPo avait quelque chose à voir dans cet ordre.

Une heure plus tard,

Les Carabiniers étaient tous bien tapis dans la tranchée, en équipement de combat. La longue tranchée ornée de fil de fer barbelé semblait s’étendre jusqu’à perte de vue. Combien y avait-il d’hommes là-dedans ? Jorian n’en savait rien, il savait juste qu’il avait fait positionner les hommes à l’intérieur, comme l’avait demandé le Général et que les officiers supérieurs restants étaient partis quelques minutes auparavant à l’arrière de la tranchée. Ils se trouvaient à l’arrière du petit village, et donc sur une petite colline, les Siths arriveraient probablement dans le village et comprendraient rapidement qu’il était vide. Jorian scrutait le village de ses jumelles, il n’y avait rien, à part le mouvement de la végétation sous la brise glaciale qui commençait à se lever en fin d’après-midi. Normalement les Siths n’auraient pas dû attaquer, c’était ce que le Général avait dit, ils pourraient évacuer à temps, pourtant, il avait assigné ce qui restait de deux divisions pour repousser un éventuel assaut. Un Major s’avança à lui et lui indiqua que tous les hommes étaient en positions, Jorian se contenta d’acquiescer pour finalement se replonger dans le l’inspection du village, il était nerveux, tout simplement car il n’était pas un officier de terrain.

C’est dans la grand-rue qui les vit en premier...La lumière se réfléchissait sur leurs armures noires. Combien étaient-ils ? Jorian ne saurait le dire, il ne pouvait pas tous les voir d’où il était, il y en avait environs une dizaine. Les Troopers entraient dans les maisons pour les inspecter. L’officier observa les hommes en armure noire entrer dans les maisons puis ressortir très rapidement en secouant la tête face à leur supérieur. Ils ne tardaient pas à comprendre que le village était vide. Jorian fit appeler le Major et donna ses ordres, les Carabiniers pourraient tirer dès que les Sith Troopers sortiraient du village. Cela mit encore une bonne dizaine de minutes avant que plusieurs groupes en noir ne sortent du village. Ils ne tardèrent pas à voir le nombre de tous ces hommes, les Troopers étaient nombreux, très nombreux. Il était difficile de croire qu’ils avançaient comme ça sans aucune reconnaissance, ce détail frappa Jorian, mais il n’eut pas le temps de plus se questionner, n’étant lui-même pas un officier de carrière. Ils étaient désormais à portée, Jorian saisit son sifflet et le porta à sa bouche, une série de petits sons stridents se firent entendre en réponse dans toute la tranchée...Le signal. Les tirs de plasma et de blaster ne tardèrent pas à retentir alors que les Troopers tombaient comme de mouches. Le Commandant avait saisi sa carabine à plasma et effectua quelques tirs, réussissant même à toucher un des Troopers. Les Troopers fuyaient, mais ce n’était pas une débâcle, en fait c’était une retraite, sans doute leurs officiers avaient-ils compris que la colline était trop défendue pour qu’ils ne la prennent d’assaut. Jorian saisit à nouveau ses jumelles et observa les hommes en armures noires qui se repliaient pour se mettre à couvert derrière les bâtiments du village. Le Major revint face au Commandant.

-Ils s’enfuient, nous avons réussi à les repousser, mon Commandant. Le Général Han cherche à vous joindre en holocommunication.


Jorian acquiesça légèrement et rejoint un endroit de la tranchée, à quelques mètres, où se trouvait l’holocommunicateur avec le Général. L’homme se tenait droit et on pouvait apercevoir derrière lui des hommes qui chargeaient des caisses dans un blindé.

-Félicitations, Commandant Solaris, vous les avez repoussés. D’après nos renseignements et nos estimations, ils ne sont pas aussi nombreux que nous le pensions. Les Sith Troopers se sont réfugiés dans le village, mais nous avons là une occasion sans précédant de porter un coup fatal aux Siths qui se trouvent dans cette région. Prenez d’assaut le village avec les deux divisions sous votre commandement et écrasez ces Sith Troopers, nous évacuerons après.


-Général, nous n’avons aucune idée de leurs forces réelles, je n’ai pas pu voir s’ils avaient des renforts à l’arrière, les rapports faisaient état de blindés qui…

-Les sondes ont confirmé qu’il s’agissait d’un groupe de combat isolé, leurs pièces d’artillerie et les chars sont restés à l’arrière. La guerre dans les bureaux et dans les salons est terminée pour vous Commandant Solaris, vous donnez l’assaut avec vos hommes dans quatre minutes, prévenez vos officiers et vos hommes, il est temps pour vous de servir l’Entente.

Jorian se mordit la lèvre de colère, il se contenta d’effectuer un salut militaire et de claquer les bottes. Les ordres étaient bien reçus, Han voulait absolument reprendre le village, ce n’était pas prudent. L’officier REPo transmit ses ordres au Major puis quitta son calot pour enfiler un casque qu’il serra bien au niveau de la jugulaire. Jorian n’avait jamais été au front, il n’avait jamais non plus porté de casque. Mais il n’avait plus le choix, il savait mieux que quiconque -pour les avoir faites appliquer- les sanctions que réservait l’Entente aux déserteurs et aux défaitistes. Jorian saisit sa carabine à plasma et en sortit la batterie pour en insérer une autre, armant rapidement la culasse. Il inspecta à nouveau le village, tout était calme, même si ça et là il pouvait apercevoir des bouts d’armures de Sith Troopers qui se positionnaient. Ils savaient sans doute qu’on ne les laisserait pas partir ainsi.

Le bras de Jorian se leva, il l’abattit en soufflant à nouveau dans son sifflet...Une clameur...Un mouvement de masse. Les Carabiniers sortirent rapidement de la tranchée pour se lancer à toute allure vers le village. Jorian suivit le mouvement, il y avait quelque chose d’excitant, de stimulant. Les échanges de tir ne se firent pas attendre, Jorian tirait aussi avec sa carabine...Tirer où ? Sur qui ?  Il ne le voyait pas, les troupes des Siths étaient à couvert, mais il en vit plusieurs s’effondrer alors que les échanges de tirs s’intensifiaient et que plusieurs carabiniers tombaient au sol, raides morts. C’est alors qu’il les vit, lévitant lentement dans les rues étroites...Plusieurs chars antigravité avec leurs gros canons...Han n’avait pas les bonnes informations.

Les bruits retentirent, suivis de gros tirs de blaster qui explosèrent au contact de la terre...Ils étaient pourtant encore loin du village, et Jorian vit plusieurs soldats de l’Entente projetés en l’air en même temps que les mottes de terre et les déflagrations des explosions. Un instant d’hésitation, toute la première vague des assaillants n’était plus qu’une marée de sang, de membres découpés et de débris organiques.

-NE RECULEZ PAS ! NE RECULEZ PAS !


Jorian avançait, hurlant ses instructions et vidant sa carabine à plasma. Il savait mieux que quiconque qu’il avait la responsabilité de l’assaut. Il courait comme un dératé, pris de frénésie alors que plusieurs tirs balayaient le sol autour de lui. Le Major qui courait à côté de lui fut projeté en arrière et il eut juste le temps de se retourner pour constater avec horreur qu’il avait la moitié du visage arraché. Seconde salve...Cette fois les tirs des blindés furent plus nourris. Un des tirs explosa à quelques mètres de Jorian, qui n’eut que le temps de protéger son visage des mottes et des débris humains projetés par l’explosion. Une douleur lancinante lui zébra le bas du ventre, et c’est avec horreur qu’il constata qu’un tir de blaster l’avait touché aussi, sa vareuse était déchirée, et ses viscères pendaient mollement...L’officier s’effondra...Tout était noir. Il se réveillerait un jour plus tard dans un hôpital du front et après trois jours de bacta, il serait renvoyé au front...
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Loes de Walleron
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Dim 8 Jan - 0:34
Le commandant Solaris réagissait d'une manière on ne pouvait plus conciliante. Je l'avais visiblement convaincu que l'Ordre Jedi était un interlocuteur digne d'intérêt, ce qui constituait un grand pas en avant. Peu importait désormais ce que contiendrait son rapport dans le détail, la bonne impression que je lui avais faite y apparaîtrait. Je le laissai m'expliquer quelques principes de fonctionnement interne de l'Entente, relevant avec attention la possibilité qu'il avait de court-circuiter ses supérieurs pour en référer directement aux instances politiques.

Même s'il ne le dit pas, je me doutais qu'une telle initiative de sa part présentait des risques pour sa position, et peut-être même encourrait-il des poursuites pour insubordination. Qu'il ne sût pas qui du Collège ou du Ministère il devrait contacter alors même qu'il était manifestement procédurier montrait bien qu'il empruntait un chemin hors du protocole. Il me faisait voir une ouverture, mais je compris immédiatement qu'elle se refermerait si je n'avais pas une proposition qui en valait la peine.

Les choses sérieuses commençaient plus tôt que je ne l'avais escompté. En l'état, je ne pouvais pas m'engager auprès de la Triade, et sûrement pas à travers quelqu'un de si peu haut placé. Pour toute véritable décision engageant l'Ordre Jedi tout entier, il me fallait l'aval du Conseil, mais je devais avoir la certitude pour le convaincre que l'Entente accepterait au moins des négociations en bonne et due forme. Nous pouvions bien discuter de la manière d'amoindrir la puissance des Sith, mais cela ne nous engageait en rien. Mieux valait présenter les choses sous le meilleur jour possible. Je devais montrer ce que l'Ordre Jedi avait d'avantageux pour la Triade.

Et au juste, qu'est-ce que l'Ordre Jedi avait d'avantageux ? L'Entente interdisait formellement l'usage des pouvoirs de la Force, et ce n'était certainement pas en faisant preuve de nos talents que nous convaincrions les membres du Collège. Non, notre seul véritable atout actuel était notre non-alignement et nos nombreuses relations. Maître K'Kruhk, en tant qu'ancien Triumvir, jouissait d'une aura de majesté non-négligeable dans toute la galaxie. Pour ma part, je connaissais beaucoup de personnalités influentes de tous bords, y compris la fine fleur de la chevalerie impériale, plusieurs ténors du conseil des Moffs, de grands noms de l'Alliance Rebelle… Et puis nous avions la protection et l'oreille de la Reine d'Hapès, monarque d'un îlot galactique à la position stratégique et à l'armée puissante.

Soudain, je sentis un tumulte brutal déferler depuis le commandant Solaris, s'engouffrant dans le lien fragile que j'avais tissé entre lui et moi. En une fraction de secondes, des souvenirs qui n'étaient pas les miens surgirent des tréfonds de mon esprit. La nuit, la frustration, la colère, l'horreur des tirs, des explosions, des corps déchiquetés. L'excitation et la terreur m'assaillirent, à peine diffuses, le temps que je ferme les vannes, ne laissant en moi que des bribes de mémoire.

Physiquement, ma bouche s'était entrouverte et mes yeux écarquillés, mes pupilles dilatées, pendant un très bref instant. Dès que je parvins à faire abstraction de cette cataracte, mon regard se braqua, sévère, sur le commandant qui gardait son air calme, ses mains croisées ne laissant pas paraître le moindre signe de trouble. Pendant quelques instants, je crus avoir affaire à une attaque, ou une menace mentale, mais le commandant n'était pas sensible à la Force et se trouvait bien incapable d'une telle manœuvre. Les liens d'Empathie pouvait laisser passer des impressions vives, et la désinhibition due à l'alcool avait dû faciliter le transfert, mais j'avais rarement éprouvé un souvenir de manière si vivace avec une personne que je n'avais rencontrée qu'il n'y avait que quelques dizaines de minutes, une heure peut-être. Il devait être d'une force inouïe.

Mon invité n'éprouvait étrangement aucune détresse. Refoulait-il farouchement cet événement dans son inconscient ? Ç’aurait pu expliquer qu'il s'échappe si brutalement par la première issue visible. Non, c'était une réminiscence, un rappel brûlant d'un passé douloureux et… très proche. Le commandant Solaris avait combattu les Sith, presque abandonné par sa hiérarchie, et avait vu ses subordonnés se faire éparpiller. Il s'était même vu mourir. J'ignorais s'il avait compris ou non que je pouvais sentir ce qu'il sentait, s'il s'était souvenu de ça pour me le montrer, ou bien s'il ne contrôlait rien – mais l'impassibilité de son attitude rendait cela difficile à croire. Pour la première fois depuis le début de notre conversation, je ne parvins pas à masquer que j'étais déstabilisée.


- Vous… vous avez combattu les Sith, commandant Solaris.

Je dis cette phrase comme si j'avais voulu me convaincre moi-même, avec une hésitation qui ne manquerait pas d'attirer son attention, pour peu qu'il eût quelque chose à faire de mon trouble. Je me ressaisis, donnant à mon visage un air assez grave et à ma voix son timbre habituel, assuré, qui refusait le balbutiement.

- L'Ordre Sith s'est rarement montré capable d'instaurer un régime durable en dehors de son espace originel mais en effet, nous ne pouvons pas le laisser dominer une si vaste partie de la galaxie. Et que faire ? Ni vous, ni nous ne sommes en état de mener une guerre. Vous êtes à l'abri pour l'heure, et nous aussi, protégés par les barrières militaires et naturelles du Consortium d'Hapès, mais l'Empire Sith ne s'arrêtera pas tout seul. L'Alliance est faible et réduite à une bande de mondes dans la Bordure Médiane, l'Empire Fel a une assise puissante mais rien ne dit qu'il ne s'accommodera pas d'une puissance Sith tant que celle-ci n'essaie pas de porter atteinte à son territoire, d'autant que le nouveau monarque est jeune. À moyenne échéance, les Sith s'efforceront de mater tous les régimes mineurs et peu combatifs, comme le Secteur Corporatif, puis ils s'attaqueront à ceux qui ont fait de leur indépendance un symbole, comme Corellia, le Consortium, les Mandaloriens ou vous-mêmes.

Je n'espérais pas effrayer Jorian Solaris. Les lambeaux de mémoire qui m'étaient parvenus m'avaient fait une impression suffisamment forte pour que je puisse le croire aisément impressionnable. Néanmoins, il avait goûté aux méthodes de combat des Sith, et il était en mesure de comprendre que malgré son arsenal magnifique, la Triade n'avait pas la force suffisante pour résister à une guerre en règle contre l'immense Empire du Sith Unique, une fois celui-ci consolidé. En outre, l'Empathie rendrait mon discours plus persuasif à ses oreilles, s'il en était besoin.

- Je vous disais que les Sith étaient des gens comme vous et moi, mais leurs Sith Troopers ont été fanatisés. La dissuasion n'est d'aucun effet sur eux. De la peur, ils tirent leur force. Le défi les attire comme une épave des mynocks. Plus la Triade prospérera, plus ils verront votre existence comme un affront. Vous, un régime à l'espace minuscule, capable de dire non à la monarchie universelle des Sith ! Si, pour le moment, votre stratégie a plus ou moins fonctionné pour les tenir en respect, ça ne pourra pas durer. L'armée Sith réunie peut vous anéantir. Vous tueriez des millions d'ennemis, mais ça ne les arrêterait pas.

Je pensais chacun de ces mots. Si la situation ne bougeait pas rapidement, même ses trous noirs ne protégeraient pas Hapès de la menace. Les Sith traqueraient leurs ennemis, dont nous étions les plus fameux, jusqu'à leur destruction. Avec les ressources quasiment illimitées de plus de la moitié de la galaxie, dont beaucoup de mondes vierges de la Bordure Extérieure, les Sith seraient inarrêtables jusqu'à ce que les premiers troubles politiques viennent enrayer le bon fonctionnement de l'Empire.

- Si j'ai contacté la Triade, c'est parce que j'entends mener rapidement des négociations pour former un glacis protecteur contre les Sith. Son principal objectif serait de donner à l'Empire Fel les intérêts et les moyens de continuer la guerre contre les Sith, de freiner leur expansion. Pour cela, il faut que le conflit avec l'Alliance cesse. Il faut aussi s'assurer que les non-alignés tels que Corellia, Hapès ou les Mandaloriens constituent une alliance militaire de circonstances. Le rôle de la Triade serait avant tout diplomatique. Vous détenez un avantage technologique et économique que plus personne ne peut vous nier. Vous êtes capable de faire pression pour que les régimes acceptent rapidement de négocier entre eux, notamment l'Empire Galactique et l'Alliance, à qui vous fournissez de l'équipement en masse. En menaçant de favoriser l'un ou l'autre, vous pouvez peser très lourd dans les négociations, chose que les Jedi sont incapables de faire seuls pour l'instant.

J'avais révélé à Solaris plus que ce que je comptais lui dire aujourd'hui, mais cela importait peu. Tout ce qui comptait, c'était qu'il parte d'ici avec l'impression que l'Entente et lui-même pouvaient trouver leur compte en coopérant avec les Jedi.

- Qu'est-ce que la Triade a à gagner dans tout cela ? Beaucoup de choses. Déjà, une reconnaissance sur la scène diplomatique intergalactique, ce qui est beaucoup de choses pour un régime jeune qui n'a jamais mené de grandes guerres. Ensuite, en faisant en sorte que l'Empire Galactique et l'Alliance collaborent, la Triade s'assurera que l'Empire Sith soit incapable de détacher suffisamment de troupes pour l'inquiéter durablement. D'un point de vue commercial, vous pourriez perdre des marchés Sith dans l'affaire, mais ce n'est même pas une certitude. Si vous dotez l'Empire Fel d'un avantage technologique, il y a fort à parier que les Sith chercheront à l'acquérir également. Quant à ce que les Jedi peuvent vous apporter… eh bien, nous avons une excellente réputation auprès de l'Empire Fel comme auprès des dirigeants de l'Alliance, et notre appui donnerait aux décisions de la Triade un cachet dont vous ne disposez pas. Ceci d'autant plus que votre régime ne tient pas mon Ordre en haute estime ; notre soutien sera évidemment désintéressé.

Le détail chiffré des affaires de l'Entente avec les différents belligérants m'était inconnu, mais je doutais que l'Empire Sith constituât leur premier client. En outre, l'autorité dont le régime s'était montré capable avec ses propres citoyens saurait lui faire surmonter une baisse des bénéfices commerciaux. De toute manière, la balance commerciale de la Triade devait être pour l'heure considérablement excédentaire. Je finis mon verre de vin, puis esquissai un sourire entendu.

- En somme, commandant Solaris, je veux que la galaxie, face aux Sith, suive un seul mot d'ordre…

Je laissai une pause presque imperceptible, comme un très léger flottement, le moment d'apesanteur au sommet de la parabole.

- Ne pas reculer.

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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Dim 8 Jan - 14:29
Loes de Walleron marqua une pause, elle semblait touchée, comme si quelque chose la troublait. L’officier plissa légèrement les yeux, comme s’il réfléchissait. Ses traits fins et harmonieux n’avaient pas montré de signe d’hésitation depuis le début de la conversation et il était difficile de savoir ou de deviner à première vue ce qui l’avait touché autant. Le Commandant se focalisa sur sa propre phrase. Etait-il possible qu’elle soit capable de lire en lui ? Même s’il n’avait rien montré, le souvenir était bien présent, bien évidemment, il avait évoqué qu’il avait combattu les Siths au front, mais il n’avait pas cité de détail quant aux missions qu’il avait effectué au front. Un souvenir des plus traumatiques que sa première expérience au front, lorsque le Général Anton Han l’avait envoyé mener un assaut contre un village pour couvrir la retraite. Loes savait-elle à quoi cela correspondait ? Une très étrange impression que de se retrouver face à des soldats armés et de se dire qu’il n’y aura qu’un des deux camps qui gagnera...Les règles de la guerre étaient strictes et il était impossible de les distordre.

La suite fut cependant bien plus intéressante en termes de mesures concrètes. Ainsi de Walleron avait des idées concrètes pour combattre les Siths : c’était donc de mener l’Alliance Rebelle et l’Empire Galactique à collaborer par l’entremise des liens commerciaux qui existaient entre ces deux régimes et la Triade, mais aussi d’utiliser les relations des Jedi et leur puissance diplomatique. Ce n’était pas idiot...En fait, c’était tout simplement brillant. Jorian n’était pas un politicien ni un expert en relations galactiques, mais même lui pouvait comprendre que ce qui avait fait le jeu des Siths jusqu’alors était une incapacité des mondes séparatistes à s’entendre, prisonniers de leur passé Allié et des restes d’une administration inefficace. Les Siths avaient donc trouvé un vivier de mondes à absorber. Si les fronts s’étaient stabilisés aujourd’hui, c’était uniquement car l’Alliance Rebelle était désormais contre les deux Empires et qu’il y avait un nombre trop important de puissances non alignées. Faire bloc contre les Siths était une stratégie recevable, mais là-encore, il n’y avait que peu de garantie pour que les choses tournent dans le sens de de Walleron. Malgré cet exposé détaillé et extrêmement logique, la Maîtresse de l’Ordre termina sur une expression étrange, surtout venant d’une Jedi. Les sourcils de Jorian se froncèrent, à nouveau surpris par la formulation qui rappelait de manière surprenante le souvenir qu’il s’était remémoré. Aussi il était clair qu’il devait glisser un mot là-dessus.


-Je sais mieux que quiconque la nature des stratégies Siths. J’ai effectivement combattu l’armée Sith sur la lune d’Erinar l’an dernier, alors qu’ils menaçaient le système d’Eriadu. Je pense qu’Akni voulait prendre notre capitale, et c’est une étrange impression que de combattre sur son propre sol, de savoir qu’aucune retraite n’est possible et que si l’ennemi passe, il n’y aura pas de repli possible. Si les Siths avaient pris Eriadu, la Triade se serait effondrée en quelques mois. J’étais là des premiers instants des opérations jusqu’à la fin...Au début nos hommes ont facilement repoussé les Siths. C’est après que ça s’est corsé, il en est venu d’autres...Des Sith Troopers et des forces spéciales avec des chars et de l’artillerie. Ils nous ont surpris, nous avons perdu 100 000 hommes dans leurs frappes orbitales...Et à peu près autant de civils, des femmes, des enfants, des personnes âgées qui n’avaient rien demandé. Ce n’est pas une façon de mener une guerre. Toujours est-il que nous avons ensuite été en très grande difficulté, nos troupes ont dû reculer, j’ai moi-même été grièvement blessé contre les troupes de Darth Venena qui commandait l’armée Sith sur place. Nous perdions du terrain, c’était la débandade et ce sont nos victoires spatiales qui ont fait la différence, nous avons ensuite pu tendre un piège à Venena et l’abattre...Nous avons pourchassé son armée jusqu’aux confins de la Lune d’Erinar, ils n’ont fui que lorsque nous avons pulvérisé leur base avec le Rayon de Lumière. Dans leur retraite, ils ont redoublé de cruauté, tuant toujours plus de civils que nous ne pouvions pas évacuer. C’était une période terrible….C’est à cet instant que nous avons vu le véritable visage des Siths, mais aussi qu’il est du devoir de toute personne qui aspire à une galaxie libre de les combattre et de les traquer. Ces souvenirs sont terribles pour moi, nous avons tous tant perdu durant cette guerre sans fin...Je suis toutefois certain que ces réminiscences ne sont pas que des mots pour vous et que vous en saisissez très bien tout le sens…


Jorian était resté droit, fixant intensément Loes de Walleron en terminant son discours sur cette idée. Il était difficile de dire s’il avait dit ça car selon lui la Maîtresse de l’Ordre avait aussi sans doute beaucoup perdu durant la guerre ou s’il voulait lui faire comprendre qu’il se doutait que par ses pouvoirs elle avait saisi son souvenir. Dans tous les cas, il lui montrait qu’il n’était pas non plus naïf, il avait vu comment fonctionnaient les Siths, et surtout qu’un affrontement direct avec la Triade serait délétère pour l’Entente. Il voulait cependant appuyer une autre idée pour répondre à certaines idées de Loes de Walleron, selon lesquelles les Siths attaqueraient tôt ou tard la Triade.

-Malgré cet épisode malheureux, nous n’avons pas chômé depuis l’année dernière. Le Collège a mis-en-place de très nombreuses mesures afin de nous protéger contre une nouvelle intrusion Sith dans notre espace. L’ODT a achevé la construction d’un vaste réseau de batteries planétaires capables d’atteindre des vaisseaux qui s’approcheraient de nos planètes, et il est effectif sur tous les mondes de l’Entente, même les plus petits. Nos chantiers navals travaillent en flux tendu pour renforcer nos flottes qui sont stationnées en orbite de nos mondes, en position défensive. Nous avons appris de nos erreurs, car nous savons que si les Siths venaient à débarquer sur un des mondes principaux de l’Entente, nos structures s’effondreraient très rapidement, mais croyez-moi, il n’est pas aisé de passer nos défenses. Notre société se construit petit à petit et nous tentons d’améliorer les points qui peuvent l’être.


Cette démonstration de puissance n’était sans doute pas nécessaire, mais elle avait pour but de montrer à Loes que la Triade évoluait très vite. Les défaites au sol contre les Siths et la grosse menace sur le système d’Eriadu en 157 avait été un avertissement que le Collège et le Commandant Suprême avait su prendre au sérieux. Aucun détail ne devait être laissé au hasard, et c’était une chose que l’administration de l’Entente avait très rapidement compris, d’autant plus que le régime était trop nouveau pour se reposer sur une expérience passée ou un cachet qu’avaient les Jedi par exemple.


-Je reconnais cependant que votre idée de réconcilier l’Alliance Rebelle et l’Empire Galactique est des plus brillantes. Il y aurait là une chance unique de faire front commun contre les Siths et de stopper leur avancée. Si cette idée venait à être adoptée, il faudrait de toute manière que vous puissiez en parler devant nos institutions dirigeantes. Vous vous doutez bien que je n’ai pas les accréditations pour négocier un tel accord, mais j’essaierai de retranscrire au mieux votre idée dans mon rapport sur cet entretien. Si la REPo est par défaut opposée à toute accointance avec vous, les Siths sont une préoccupation majeure de nos services, une telle idée et la possibilité de la mettre en œuvre par le biais de vos relations et de votre expérience sera par conséquent immédiatement considérée. Nous serons sûrs que l’information remontera jusqu’au Collège et aux ministères concernés. De toute manière, si j’ai des retours positifs quant à votre idée, je serai sans doute renvoyé vers vous pour éclaircir vos idées et vous poser des questions précises, mais cela se terminera par des discussions entre vous et les principaux dirigeants de l’Entente. Si cela venait à arriver, cela ne me concernera plus et nous verrons ce qu’il en adviendra. Le seul problème que je vois dans votre idée est le statut actuel de l’Alliance Rebelle, qui s’est forgée sur les cendres de l’Alliance Galactique agonisante. Il est évident que même si les rebelles réussissent à coopérer avec l’Empire Galactique, ils auront de toute manière les mêmes revendications, à savoir récupérer leurs territoires et leur légitimité perdus. Cela risque de poser un gros problème, même si le Commandant Suprême de l’Alliance est un homme sage, ils n’ont plus d’administration et leurs infrastructures sont en ruine...Je ne vois pas comment les Rebelles pourraient restaurer aujourd’hui un régime et une administration viable. Votre idée a pour but de restaurer un Triumvirat amélioré dans lequel vous palliez toutes ses faiblesses en prenant des positions qui seront différentes de celle de Maître K’Kruhk, cela risque fort de fonctionner car nous aurons un ennemi commun à vaincre, mais les accords et la situation géopolitique qui découleraient d’une telle organisation, si elle est victorieuse, reviendrait à revenir à la situation politique aux alentours des années 150, or nous savons que cela a favorisé les Siths. L’Alliance Galactique en tant que modèle, tel que le défendent les Rebelles est une hérésie vouée à l’échec...Nous l’avons vu avant l’éclatement de notre Alliance moderne et aussi avec la République, qui fut un régime analogue. C’est principalement ce contre-argument que vous risquez de rencontrer avec nos dirigeants…

Jorian but un peu de vin pour marquer la fin de son discours. Il voulait absolument montrer à Loes de Walleron qu’il suivait ses idées, mais aussi qu’il était capable de les discuter. Il n’était pas un diplomate, ni un expert en relations galactiques ou encore un historien, mais avec ses connaissances et sa culture générale, il tentait de fouiller l’idée de la Maîtresse de l’Ordre afin de voir jusqu’où elle pourrait la défendre et d’en voir tous les aspects.
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Dim 15 Jan - 2:25
Lorsqu'il fronça les sourcils, je me rendis compte que mes paroles n'avaient pas eu l'effet que j'attendais. Je craignis que mon petit coup d'audace ne l'ait braqué – le Commandant Solaris était un officier de la REPo, dont l'hostilité pour la Force n'était un secret pour personne – mais je ne sentis rien de tel, et il n'en laissa rien voir. Sans doute le vin qu'il continuait de boire l'enjoignait-il à plus de tolérance ou à m'accorder plus de bénéfices du doute… ou bien savait-il très bien ce que je faisais et qu'il en jouait, je ne parvenais pas à le savoir. Quoi qu'il en soit, ses mots mirent de l'ordre dans les bribes chaotiques de souvenirs que j'avais perçus, et je compris plus distinctement ce que j'avais vu. Une bataille contre Darth Venena sur Erinar… J'en avais entendu parler, bien sûr, mais deux cents mille morts… Je n'avais pas imaginé que l'événement avait été si sanglant. Deux cent mille… J'imaginais que le commandant Solaris m'épargnait le nombre de blessés.

Le combat avait dû porter un coup dur aux forces d'élite de l'Entente, en même temps qu'il avait démontré leur détermination. Pour continuer à se battre sur le même théâtre après autant de pertes, il fallait une discipline draconienne, ou une immense ferveur. J'admirais l'optimisme de Solaris mais je ne partageais pas son assurance quant à la capacité qu'avait la Triade à se défendre seule contre les armées Sith. S'ils trouvaient le moyen de consacrer toutes leurs armées à la soumission du régime, ils le balaieraient en quelques jours. Et même s'ils désiraient conquérir les mondes triades pour l'instant, voulant tirer profit de leurs ressources colossales, ils n'hésiteraient pas finalement à les anéantir, pour peu qu'ils se rendent compte que l'annexion était impossible. Ils les raseraient, voire les détruiraient. Toutefois, je ne gagnerais rien à faire remarquer cela à Solaris. Je lui avais déjà montré mon point de vue et je ne souhaitais pas froisser la fierté qu'il avait pour sa patrie d'adoption, tout en espérant qu'il saurait passer outre et reconnaître que la Triade avait besoin d'alliés sur lesquels compter, ne fût-ce que par prudence.

J'acquiesçai donc jusqu'à ce qu'il se mît à parler de l'Alliance. Je pris conscience qu'à ses yeux, elle devait disparaître, et qu'il ne pouvait en être autrement. Il était convaincu, et peut-être n'était-il en cela que l'écho de ses maîtres. Je ne l'espérais pas. À travers l'Alliance vivait une tradition républicaine de plusieurs millénaires, un idéal d'ouverture et de vie en commun, de partage de la galaxie qui ne devait pas s'effondrer. Peu importe que l'une de ses formes politiques fût bancale… La République avaient apporté une paix globale pendant plusieurs siècles dans presque toute la galaxie en cultivant une culture xénophile. Le morcellement galactique entre la monarchie universelle impériale, la soif de domination Sith ou l'insularité xénophobe de la Triade ne constituait pas un projet viable à très long terme pour la pacification de la galaxie.


- Non, je ne compte pas rétablir un Triumvirat, ni œuvrer en ce sens. Il y a vingt ans, je croyais naïvement, à la suite de Maître K'Kruhk, que tenter de faire fusionner deux grands régimes alliés pouvait fonctionner, et la suite a montré à quel point nous nous sommes trompés. Le Triumvirat a mis en rivalité d'influence directe l'Empire Galactique et l'Alliance, les a fait partager des intérêts qui jusqu'alors étaient propres à l'un ou l'autre. On s'attend à beaucoup de choses d'un adversaire notoire, mais on reproche facilement des écarts à un ami proclamé. Chaque conflit mineur entre les deux grands devenait rapidement une affaire d'État, et l'Ordre Jedi, coincé dans des rouages constitutionnels, a vu sa capacité d'action réduire comme peau de chagrin.

Je ne commettrais pas une deuxième fois l'erreur de penser à refonder un régime œcuménique comme l'Ancienne République. Un tel ouvrage était impossible. L'heure était à l'équilibre des puissances, dans lequel les Sith pesaient pour l'heure bien plus qu'ils ne l'auraient dû. Si la Triade rechignait plus devant la perspective des faiblesses de la potentielle future Alliance que devant la toute-puissance Sith, mon travail allait être compliqué, mais je n'allais pas renoncer pour autant.

- Si l'Alliance a échoué ces vingt dernières années, c'est par impérialisme. En entrant en concurrence politique directe avec l'Empire Galactique, elle a été contrainte d'agir comme lui, c'est-à-dire comme un régime expansionniste dont le territoire est l'élément central de la politique. L'Empire vise à s'étendre pour établir l'ordre dans la galaxie. Jusqu'alors, l'Alliance avait été inclusive mais pas invasive, et tenter d'être les deux à la fois l'a détruite en grande partie. La défaite éclair face aux Sith fut la leçon d'humilité dont elle avait malheureusement besoin. En outre, elle a eu un effet bénéfique qu'on ne souligne pas suffisamment : les systèmes qui demeurent dans l'Alliance rebelle constituent le véritable cœur républicain actuel de la galaxie. Eux seuls ont encore conscience de ce que signifie le mot de res publica : c'est la chose publique, c'est-à-dire que le régime se fonde sur l'idée que le territoire est à ceux qui l'habitent, et non l'inverse. Ceux qui n'y croyaient plus se sont rendus à l'Empire Galactique ou aux Sith.

L'idée avait l'air bien gentille, mais elle s'avérait bien plus profonde qu'elle n'en avait l'apparence. Qu'on pensât à la galaxie comme un lieu ouvert, où la question n'était pas qui pouvait l'habiter mais comment ceux qui y résidaient pouvaient l'occuper au mieux, en vivre et la faire perdurer pour les générations suivantes, je trouvais cela bien plus encourageant et digne de combattre que des histoires de frontières et de domination d'un souverain. C'était d'ailleurs mon principal désaccord avec les Chevaliers Impériaux de ma connaissance.

- Ne vous y trompez pas : ce n'est pas dans l'Alliance que je fonde mes espoirs de victoire contre la puissance Sith, mais, comme je vous l'ai dit, dans l'Empire Galactique. Cela dit, le Commandeur Suprême Plo Tan'ith n'a pas pour priorité la récupération des territoires perdus mais la réduction de la menace Sith. Il a pleinement conscience que la composante la plus importante de la république n'est certainement pas son territoire, mais son idéal d'accueil, de paix et de partage de la galaxie entre ses peuples et ses nations. Il a bien conscience que l'Alliance ne pourra survivre à cette guerre que si elle montre à tous la perversité des Sith et qu'elle incarne l'espoir d'y résister. Paradoxalement, ce n'est que dans le renoncement à ses territoires perdus que l'Alliance regagnera son crédit galactique et que des systèmes séparés se joindront de nouveau à elle.

À vrai dire, je voyais l'Alliance comme une entité nomade, une idée plus qu'une forme politique. D'ailleurs, la politique au sens restreint du terme était devenue bien peu de choses face au péril omniprésent, dans ce qui restait du régime. Plo disposait de pouvoirs extrêmement étendus, bien plus que ses citoyens ne le toléreraient en temps de paix. En fait, l'Alliance rebelle ressemblait par bien des côtés à l'Ordre Jedi : itinérante, accueillant quiconque souhaitait en faire partie et respectant quelques impératifs garantissant la cohérence de l'ensemble, et œuvrant avant tout pour que les Sith soient de nouveau cantonnés à leur espace traditionnel.

- Pour tout vous dire, commandant, je ne pense pas que nous en finirons rapidement avec les Sith, et beaucoup de choses peuvent advenir entre temps. En tout cas, la marque de leur conquête restera. Cette fois, ils ne se sont pas seulement attribués l'Empire Fel, ils ont fondé le leur, conquis militairement de très nombreux mondes. Ce qui restera quand la vague aura reflué, si nous parvenons à la faire refluer, gardera les séquelles du choc pendant longtemps, et prendra en compte le danger éternel que représentent les Sith. Je pense que cette épée de Damoclès perpétuelle changera pour longtemps la géopolitique galactique. En tout cas, je ne vois pas comment il ne pourrait pas y avoir d'autres issues qu'un retour à la situation du début de notre décennie.

Si elle voulait se maintenir, l'Alliance allait devoir nouer une nébuleuse d'associations avec ses anciennes parties, et je l'y aiderais avec mes moyens. Toutefois, la situation galactique en serait changée. Je ne croyais pas à un temps cyclique, ni à la répétition de l'histoire. La galaxie était d'une telle complexité et les individus pouvaient y avoir tant d'importance que même lorsque deux situations semblaient comparables, cette apparence ne résistait pas longtemps à l'examen du détail. Toute situation était inédite, et c'était en cela que le jugement des Jedi s'avérait précieux.

- Quant aux infrastructures et à l'administration de l'Alliance… Eh bien disons qu'elle n'a jamais aussi bien mérité son nom d'alliance. Il n'y a plus guère de centralisation, mais il en demeure suffisamment pour entretenir une armée et une flotte communes et puissantes. Le reste est en gros à la charge de chaque planète, mais certaines, comme Bothawui, conservent une administration et des infrastructures qui n'ont rien à envier à certains mondes du Noyau.

Qu'il néglige l'extraordinaire longévité de la République et la qualifie de régime faible me laissait supposer que je ne saurais le convaincre de ses torts avec des arguments rationnels. Jorian Solaris avait foi dans la Triade, dans cette « démocratie » au pouvoir fort, toute entière tournée vers la défense face à tout élément extérieur à part les crédits. Pourtant, le régime était encore bien jeune, et on l'avait menacé de destruction plusieurs fois déjà. Si je n'en niais pas l'intérêt, le mépris qu'il avait manifestement pour l'Alliance n'augurait rien de bon à mes yeux.

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Jorian Solaris
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Dim 15 Jan - 11:14
Jorian continuait d’acquiescer avec un sourire poli. Il écoutait Loes de Walleron, se rendant compte de ses subtilités de langage, réalisant qu’en réalité, elle n’était pas d’accord avec lui. Son discours engagé révélait désormais ce en quoi elle croyait : l’Alliance était finalement une chose en laquelle elle fondait beaucoup d’espoir. C’était une opinion que Jorian ne partageait pas, il avait de la réserve à accorder de la confiance à une Alliance qui par le passé avait trahi ses citoyens, au-delà d’un problème politique, c’était un problème philosophique. L’analyse de Loes sur les problèmes du Triumvirat était juste, mais c’était dans ses conclusions qu’il n’était pas d’accord avec elle : au final l’Alliance avait incarné une sorte de pouvoir faible qui avait effectivement tenté de concilier deux notions, l’inclusion et l’invasion...Mais pour Jorian le problème résidait plus dans les méthodes pour appliquer ces politiques que dans le fait de les adopter. L’Alliance avait échoué dans l’autodétermination, elle s’était effondrée car elle n’avait pas été capable de fédérer les peuples sous une idée. Le fait que Loes s’entête à défendre que les Rebelles étaient les seuls qui étaient capables de comprendre la res publica en était la démonstration la plus probante : les rejetons de l’Alliance et ses idéaux insidieux persistaient toujours, capables de projeter à nouveau la galaxie dans le chaos. Un chaos sans nom, un marasme qui finirait tôt ou tard par happer tout le monde dans une folie qui était finalement pas si éloignée que celle des Siths. Bien évidemment, cela restait une opinion personnelle, et l’Entente n’était pas si opposée que cela à l’Alliance Rebelle, Jorian s’était rendu compte qu’en définitive, il s’était un peu trop laissé aller à des allégations personnelles et en ça, un diplomate officiel aurait fauté. Il avait fauté et aussi se conterait-il de ne pas envenimer la situation ou tenter de convaincre Loes, après tout, elle pensait ce qu’elle voulait. Bien que la petite pique concernant le fait que la seule Alliance pouvait comprendre le modèle républicain le mit un peu en colère.

-Cela n’est qu’une opinion personnelle concernant l’Alliance Rebelle. Son Excellence, le Commandant Suprême Stregwel, a tissé des liens solides avec les Rebelles, il connaît Tan’ith du temps où il était encore Général de l’Alliance. Je ferai donc remonter vos idées, il est très possible qu’au final, elles puissent aboutir, car elles sont réalistes. Je ne suis pas un guerrier, ni un politicien, je ne connais que modestement les subtilités politiques de la Galaxie, mais j’ai beaucoup plus d’affinité avec les chiffres et avec les bilans, je sais donc que de toute manière, tôt ou tard, une coopération entre l’Alliance Rebelle, l’Empire Galactique, la Triade et l’Ordre Jedi serait la manœuvre la plus rentable et la moins coûteuse en temps, en crédits et en hommes. Je ne manquerai pas de souligner cela dans mon rapport à la suite de notre entrevue. Soyez également assurée que nous ferons notre possible pour comprendre la res publica aussi bien que l’Alliance Galactique, seul régime qui semble la comprendre à vos yeux...Mais qui pourtant s’est effondré.


Le regard de Jorian s’était figé dans une expression dure. Une point d’agacement était apparue dans son discours. Etait-ce l’alcool ou alors ce point du discours de Loes l’avait-il plus touché que ce qu’il voulait se l’admettre ? Peut-être, il s’était senti insulté par cette phrase particulière sur l’Alliance, et au final cela ne faisait qu’en sublimer la haine qu’il en avait. Ce régime avait mis la galaxie dans une situation chaotique, elle avait été la pépinière des Siths et pourtant, certains continuaient de voir l’Alliance Rebelle comme la continuité d’un régime de tradition républicaine. Mais cela n’était qu’une illusion des plus puériles pour Jorian. Pour lui l’Alliance Rebelle était le régime le plus mauvais et le plus violent, celui qui pouvait faire la différence entre une galaxie ordonnée et le chaos le plus total. Les Siths avaient déjà gagné tant de territoires et de mondes...C’était une urgence pressante que de réussir à les stopper et au final, Loes avait raison sur un point, il était très possible que l’Entente abonde à terme dans le sens de son projet, pourtant il était difficile pour Jorian de donner du crédit à l’Alliance Rebelle.

L’officier but rapidement une gorgée de vin. Le liquide se répandit dans sa gorge, diffusant ses arômes raffinés. Sur le fond, qu’est-ce qui faisait l’essence d’un bon moment ou du fait qu’on l’appréciait ? A quoi bon se battre pour une galaxie qui finalement s’enlisait toujours plus dans la guerre ? Jorian voyait cette idée revenir peu à peu dans son esprit déjà légèrement embué par l’alcool. Il voyait dans sa pensée le triste reflet de ce qu’il était devenu : une version déformée de ce qu’il avait été. Le parallèle avec Loes était étrangement amusant, elle semblait ne pas avoir modifié sa vision des choses, ou tout du moins ce en quoi elle croyait n’avait pas été altéré. Jorian se racla la gorge avant de poursuivre, d’une voix plus douce et plus apaisée.


-Ne vous méprenez pas sur mon opinion, j’ai expérimenté l’Alliance Galactique de très près puisque j’ai travaillé plusieurs années au sein des Renseignements. J’ai moi-même été un très grand défenseur des valeurs qu’elle a prôné. Mais la fin de l’Alliance, juste avant son effondrement, a été un chaos sans nom. Les ordres ne venaient plus, nous étions simplement spectateurs passifs de la propre déliquescence de ce en quoi nous croyions. Les institutions se délitaient, chacun tentait de prendre ses propres décisions et finalement, l’absence totale de cohésion et de cohérence ont poussé certains à déserter, d’autres comme moi ont tenté d’appliquer la procédure jusqu’au bout. C’est une étrange impression que d’emprisonner un déserteur en attente de jugement sans savoir si les institutions juridiques tiendront jusqu’au lendemain pour venir lui dispenser un procès équitable. Que dire à cette même personne, lorsque ce dernier vous dit que vous le rendez coupable d’un crime envers un système agonisant qui n’existe plus. La vérité, c’est que nous étions tous totalement perdus et que le retour à la réalité fut très difficile. Dans son illusion de l’autodétermination des peuples, l’Alliance Galactique n’a fait que mettre ensemble des peuplades avec des traditions et des modes de fonctionnement différents qui étaient tout simplement incapables de s’accorder. Cela aurait pu fonctionner, mais le mille-feuilles administratif et l’immobilisme de politiciens corrompus et concentrés sur leur carrière ont fait le reste, achevant une bête déjà morte-née, engluée dans ses propres contradictions. C’est simplement cela mon doute envers l’Alliance Rebelle.


Jorian s’était renversé sur son siège, croisant les bras. Il réfléchissait à nouveau, cette fois ce n’était pas de la colère mais de la tristesse qu’il y avait en lui. Il s’efforçait de comprendre ce que la Maîtresse de l’Ordre avait voulu lui dire, mais sur le fond, il ne pouvait s’empêcher de se laisser aller une fois de plus à des opinions personnelles, qui pour le coup n’avaient rien à voir avec celles de sa hiérarchie, mais plutôt avec ce que lui avait vécu. Son visage affichait une expression grave, presque grimaçante, le sujet le touchait, et il était figé dans une mou étrange, qui semblait flotter entre deux émotions, si bien qu’on aurait pu se demander s’il allait pleurer ou se mettre en colère, pourtant il n’en fut rien. C’était aussi pour cela qu’il avait tenu en avant-propos à signaler qu’il transmettrait les opinions et les idées de de Walleron à la Triade et à son administration.


-Ce sont les aberrations de l’Alliance Galactique qui m’ont fait tout perdre : mes parents et toute ma famille ont été massacrés sur Ylesia par les hommes de Rana le Xénope car ils ne voulaient pas le livrer en épices. Notre manoir a été brûlé et pourtant, les hommes des Cartels ont aussi par la même enlevé ma femme. Les institutions Alliées se sont perdues dans une enquête de circonstance. Je suis rentré dans l’armée puis dans les Renseignements après, car c’était à mes yeux un devoir moral, avant de se plaindre, il faut soi-même prouver qu’on est capable d’agir. Lorsque je suis revenu sur Ylesia, plusieurs années après, rien n’avait changé, le Xénope avait même une emprise sur le gouvernement planétaire, perdus dans leurs propres contradictions, les fonctionnaires Ylesians étaient déchirés entre l’obéissance aux ordres du gouvernement central de l’Alliance, les lois locales et pour certains, les crédits du Xénope. Sur Ylesia comme ailleurs, j’ai fait arrêter de nombreux criminels pendant de longues années pour l’Alliance, mais ces deniers ne nous craignaient pas, ils savaient que tôt ou tard, ils reverraient la lumière, le traitement variait selon les mondes dans lesquels ils se trouvaient. Au final quel bilan de tout cela ? L’Alliance s’est effondrée, entraînant avec elle la vie de tous ceux qui croyaient en elle, pour ma part je ne retrouverai jamais mon titre de Baron, ni même la demeure familiale que nous possédions depuis des années. Que devrais-je dire à mon oncle, à ma tante, à mon père...A ma mère, à tous ceux qui ont été massacrés à cause de l’incapacité totale qu’a eu l’Alliance à protéger ses mondes ? Je pourrais accepter cela si j’avais été un cas isolé, mais force est de constater que ce n’est pas le cas. C’est bel et bien l’autodétermination des peuples et des mondes qui a plombé l’Alliance, puisqu’au final tout le monde faisait ce qu’il voulait et il a empêché la mise-en-place d’une conscience collective et le maintien d’un ordre qui aurait pu être profitable à tous. Il a été d’ailleurs très amusant de constater que l’Alliance a menacé la Triade et les initiatives du Commandant Suprême de Stregwel alors que ce dernier lui était toujours fidèle et que ses réformes et initiatives avaient restauré la paix sur Eriadu, Mustafar et Sluis Van...Il aurait simplement fallu parler, mais là-encore l’Alliance s’est trompée d’ennemi, elle a préféré cibler son serviteur tout en tolérant depuis des années une corruption interne inhérente à son fonctionnement. C’est un paradoxe frappant ne trouvez-vous pas ?

Même si la voix de Jorian était toujours douce, il se livrait à un argumentaire un peu plus personnel, dévoilant ainsi témoignage de sa propre expérience et de ce qu’il avait observé au sein des Renseignements de l’Alliance. Il était extrêmement sincère et croyait en ce qu’il disait. Il enviait Loes d’une certaine manière, peut-être était-elle bien plus forte que lui, cette femme dans sa bure blanche avait réussi à garder un certain professionnalisme, peut-être le jugerait-elle mal pour avoir outrepassé l’entrevue et parlé un peu trop librement...Mais après tout, il n’avait aucune occasion de parler avec personne de ce qu’il pensait vraiment, d’un point de vue politique.

-Comme vous le dites, l’Alliance Rebelle se repose entièrement sur l’administration propre à chaque planète, c’était le cas auparavant...Chaque monde était tiraillé entre un pouvoir central -qui vraisemblablement n’existe plus- et son propre pouvoir local, au mépris total de la cohérence qui pourrait exister. Au final, c’est cela que j’appelle autodétermination...Et mal du siècle. Encore une fois, je n’ai rien contre l’idéologie première de l’Alliance puisque j’y ai cru, mais au final, je préfère considérer le bilan et comment cela a été mis-en-place. C’est là que je ne peut adhérer à une telle conception, mais cela dépasse la simple affinité politique, c’est une question morale et métaphysique. Si dans un groupe d’hommes, comme dans le groupe de planète de l’Alliance, chacun commence à appliquer ses propres lois, à poursuivre sa propre vision de la morale et de la justice, eh bien le groupe finira par aller tôt ou tard vers l’éclatement et le chaos. C’est l’allégorie de ce qui se passe au niveau galactique, plusieurs groupes avec des conceptions différentes, certains plus agressifs que d’autres, et menant finalement à des conceptions morales différentes qui mènent à une guerre sans précédant. C’est là que finalement, on peut être en droit de se demander où mène tout cela. Chaque soldat mort sur le front, chaque population déplacée, chaque personne sacrifiée sur l’autel d’une idée plus grande n’a finalement rien demandé, et comme idée de la justice, il y a mieux. C’est là l’idée de Ludov Stregwel, fédérer le peuple sous une administration forte, et maintenir une démocratie forte. Le système n’est peut-être pour le moment pas idéal, car nous devons faire face à des réalités de guerre qui nous mènent à fermer nos frontières et à combattre des ennemis comme les hors-la-loi, mais personne ne peut nier que nous n’avons jamais été en guerre contre personne, jusqu’à présent, nous n’avons fait que nous défendre. Nous avons maintenu l’ordre et notre population ne souffre d’aucune pénurie. Je peux reconnaître cette qualité aussi aux Jedi, puisque vous êtes aussi dans une situation de négociation, mais ce n’est qu’en construisant une administration forte et un but commun que nous réussirons à éradiquer le fléau que sont les Siths...Puisque comme vous le soulignez si bien, pendant que nous discutons et que certains se querellent, ils mettent en place leur propre vision et implantent dans leur peuple des idées avec des méthodes bien moins morales que les nôtres. Et nous ne réussirons à les combattre qu’en démontrant à leur propre peuple leurs excès, du moins tant que cela est encore possible et que leur peuple ne sera pas fanatisé par leurs idéaux contre-nature. Car si je pense que l’Alliance Galactique était un monstre mort-né, l’Empire Sith est un monstre tout à fait viable lui, un prédateur qui se nourrit de nos discordes et de nos contradictions et qui se permettra les pires égoïsmes au mépris de tout ce que la Galaxie civilisée cherchera à construire. Et en ce sens, je reviens à ce que je vous ai déjà dit comme conclusion, il sera du devoir de chaque personne moralement responsable, que de combattre les idéaux impérialistes et totalitaires des Siths. Cela sera sans doute l’objet de mon rapport sur les Siths, que je ferai si je peux les étudier...Comme cela m’a été suggéré par mes supérieurs. Bien évidemment, tout cela n’est que personnel, et je compte beaucoup sur votre intelligence et votre bonne volonté pour dissocier ce qui dans mon discours relève de la politique de l’Entente et ce qui relève de mes opinions personnelles. Vous m’avez convaincu concernant vos aspirations diplomatiques, et je rendrai un rapport préliminaires exposant vos opinions, si vous le souhaitez, je vous enverrai une copie de ce rapport afin de m’assurer qu’il convient bien à vos idées et ce que vous voulez dire. Cela devrait aussi aller dans le sens de nouvelles discussions qui me permettront de conclure sur les Jedi.


Malgré les teintes personnelles du discours, Jorian avait quand même voulu éviter d’embarrasser Loes et voulait également se montrer digne de sa courtoisie et de la maîtrise parfaite qu’avait eu la Maîtresse de l’Ordre envers lui. Un jeu d’équilibriste qui s’était terminé sur la note générale, puisque l’officier ne voulait pas que Loes croit que son rapport serait parasité par ses opinions personnelles, il se voulait objectif et pour le coup respectueux des lois et de l’intérêt général. C’était en cela qu’il se conformait aux idées du Commandant Suprême et de son discours d’investiture sur Eriadu qui reconnaissait l’existence de tout les peuples de la galaxie et leur droit universel à la paix...Mais posait aussi les bases de l’Entente telle qu’elle était aujourd’hui en montrant son administration forte et sa volonté de fédérer son propre peuple qui n’aurait pour but que de préserver son régime et d’œuvrer pour la paix en-dehors de ses frontières, et cela tant que les autres régimes reconnaissaient aussi l’existence de l’Entente...
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Sam 21 Jan - 22:42
Je sentis que mon discours avait irrité le commandant Solaris, pour la première fois depuis le début de notre entrevue. Toujours avec courtoisie, il laissa tout de même poindre une pique acerbe. Bien que j'aie été tentée de lui répondre, je me retins, le laissant se calmer tout en m'exposant les griefs qu'il avait contre l'Alliance Galactique. Je compris rapidement qu'ils étaient personnels. Même si la Triade et l'Alliance avaient eu des déboires, la vexation de Solaris tenait bien plus à sa propre histoire et à ses déceptions personnelles.

Ce serait mentir que de prétendre que son récit ne me toucha pas. Tandis qu'il parlait, je sentis les souffrances et les immenses insatisfactions qu'il avait traversées. Pourtant, il se tenait devant moi au nom de la Triade, un régime à peine né qui le méprisait autant que lui l'adorait. À moins d'un sévère masochisme, Jorian Solaris, sous les airs pragmatiques qu'il se donnait, était un fervent idéaliste. L'ironie de la situation me fit sourire intérieurement. Alors que beaucoup, et peut-être le commandant lui-même, prenaient les Jedi pour des utopistes et l'Entente pour une nation au sens pratique aigu, ses deux représentants en étaient les exacts opposés. J'étais prête à chercher le compromis même avec ceux que nombre de mes pairs considéraient comme des ennemis potentiels,  et Jorian Solaris nourrissait des réticences purement idéologiques, négligeant presque entièrement les causes externes de l'effondrement de l'Alliance en l'expliquant par une supposée « essence » du régime qui le condamnait à l'échec dès son avènement.

Il voulait de l'ordre, de la clarté dans le fonctionnement politique. Pour lui, les inévitables contradictions de principe d'une grande République signaient forcément sa perte. Peut-être était-ce là un effet secondaire de son état de scientifique : il voulait à tout prix pouvoir catégoriser les choses, et faire coïncider intimement la chose et l'idée. Sa haine de la corruption, des brigands, de l'auto-détermination, supposément fondées sur un raisonnement lucide, trahissait à quel point sa vie difficile dans la Bordure Extérieure l'avait marqué. Il désirait ce qui lui manquait : du rangement, de l'ordre, de la discipline. Devant un arbre, Solaris était de ceux qui mettaient des tuteurs et élaguaient les branches pour le rendre plus conforme à la grandeur, à la rectitude et à l'organisation qu'ils en attendaient. Pour ma part, la pratique de la Force me permettait de sentir très clairement tout ce que le chaos apparent d'un arbre touffu, trapu, tordu recelait de beauté et d'harmonie.

Il n'y a pas de chaos, il n'y a que l'harmonie. Cela ne signifiait pas que les Jedi devaient dédier leur vie à conserver un ordre donné, mais au contraire qu'ils devaient refuser l'idée même de chaos et la tentation naturelle de la créature rationnelle à vouloir y mettre un ordre bien souvent néfaste. La Force pouvait sembler nébuleuse, discordante, dérangée, mais l'un des premiers travaux du Jedi étant d'apprendre à la considérer telle qu'elle était et non telle qu'elle aurait dû être, conformément aux connexions faites par la raison. Le Jedi se débarrassait du plus possible de ses biais cognitifs pour comprendre la Force. Ce qu'on appelait « perturbations » n'étaient rien de plus que des phénomènes exceptionnels, dont la gravité ne pouvait être déterminée que par une éthique qui n'avait rien à voir avec la Force.

- Toutes mes condoléances pour votre famille, Jorian.

Ce disant, j'envoyai à mon interlocuteur une vague d'apaisement. Je partageai véritablement un peu de sa peine. L'Empathie ne me permettait pas de faire autrement. J'espérais qu'il ne se formaliserait pas de l'usage de son prénom, que je jugeais plus adapté pour m'adresser à la personne privée.

- Je vous remercie pour votre avis et votre histoire. Ne craignez pas que je vous en veuille ou que je vous suspecte de quelque déformation. Voilà trente ans que je fais de la diplomatie, vous savez, et je sais très bien qu'il faut composer avec la complexité de chaque interlocuteur.

Je n'évoquai pas mon don d'Empathie, ne voulant pas effaroucher cet homme dont l'une des fonctions étaient bel et bien d'empêcher les sensibles à la Force d'utiliser leurs pouvoirs. Je n'osais imaginer ce que la Triade pourrait bien faire à un enfant qui naîtrait avec le même don que moi, un pouvoir dont il ne pourrait pas s'empêcher de faire usage… Peut-être pourrions-nous plus tard signer des accords avec la Triade prévoyant que nous entraînerions ses citoyens trop sensitifs pour que leur don soit ignoré à se maîtriser. C'était rêver pour l'heure, mais plus tard, si les choses tournaient à notre avantage, qui savait…

- C'est la raison pour laquelle je dois partager mon constat avec vous : vous et moi ne poursuivons pas les mêmes objectifs, même s'ils sont tout à fait compatibles. Vous recherchez un ordre qui garantisse la paix civile, et je cherche la concorde qui assure la paix galactique. Je ne voulais pas vous offenser en disant que seule l'Alliance comprenait la res publica. La Triade n'est ni inclusive, ni invasive. Son nom même correspond à un territoire somme toute assez restreint à l'échelle de la galaxie, et elle est xénophobe. Bien sûr, elle n'est en rien spéciste, mais elle intègre avec une très grande difficulté ce qui lui est étranger. Personnellement, je ne peux pas poser le pied dans votre espace sans encourir des peines très lourdes tant que je n'y suis pas conviée par vos dirigeants en personne. Même vous, qui servez fidèlement l'Entente et qui en chantez les louanges, vous n'êtes pas reconnu par elle comme l'un de ses citoyens. Je ne critique pas la position géopolitique et le régime que monsieur Stregwel et des milliards de gens, dont vous êtes, ont contribué à mettre en place. Vous avez raison, votre modèle d'organisation fait de mieux en mieux ses preuves. Néanmoins, vous n'avez pas cette culture politique de tolérance et d'hospitalité qui a caractérisé les formes plus ou moins réussies de la République pendant des siècles.

La république faisait partie de ces choses aux airs de capharnaüm qui conservaient en elle une très grande beauté en ce qu'elle considérait que tous ceux qui voulaient en faire partie le pouvaient. Peu importaient les coutumes, les cultures, les races, les longévités différentes… La République ne connaissaient d'étranger que ce qui la repoussait résolument. Même corrompus ou affaiblis, les différents régimes galactiques de cette tradition n'avaient jamais tourné le dos à cette hospitalité et à cette acceptation de chacun pour des questions de race ou d'origine.

- Ce que je désire, commandant Solaris, c'est que des peuples cessent de se massacrer et de s'imposer les uns aux autres. J'ai tout à fait conscience que c'est une œuvre qui demande qu'on lui dédie tout son temps et qui exige qu'on forme des héritiers pour la poursuivre mais, à l'échelle de ma vie, je peux contribuer à la restauration d'une paix partagée. C'est la seule véritable raison pour laquelle je combats les Sith : ils sont incapables de faire la paix, a fortiori lorsqu'ils sont en position de force. Une fois affaiblis, réduits à leur espace traditionnel, peut-être accepteront-ils de capituler, mais il faut pour cela les vaincre, leur arracher leurs conquêtes et rétablir entre ces mondes libérés une paix durable.

Peu m'importait au fond que l'Empire Galactique en profitât pour s'emparer de la plupart ou que l'Alliance récupérât ses systèmes perdus : je voulais que tout cela se déroulât sans heurts, et sans planter les germes d'un conflit dans un proche futur. Pour cela, il fallait connaître les protagonistes et discuter avec tous, leur faire adopter une culture du compromis.

- Au fond, c'est en cela que j'apprécie la culture politique républicaine, qui favorise toujours la discussion et l'adaptation à l'imposition et à la fermeté. L'erreur de l'Alliance Triumvir, qui s'est effondrée, a été de vouloir être une nation à l'image de l'Empire tout en ne renonçant pas à son fond idéologique ancien. Mais c'est impossible de faire de milliers de systèmes une nation tout en se refusant à l'imposer soit par la force, soit par une politique volontariste et l'incarnation de la nation dans un monarque. Je pense que la solution se trouve dans l'alliance et la discussion de plusieurs nations, autour de préceptes garantissant la paix et la souveraineté de chacun des alliés. L'ancienne République procédait ainsi, même si elle a pêché par trop de bureaucratie. Pour tout vous dire, je pense que la Triade pourrait jouer un rôle majeur dans l'émergence d'une nouvelle alliance galactique de nations diverses. Finalement, y a-t-il actuellement meilleur exemple d'auto-détermination réussie que le vôtre ?

La question était rhétorique et flattait Solaris, mais je la trouvais pertinente. Malgré ses défauts et son très fort protectionnisme économique et politique, la Triade avait indéniablement réussi à s'imposer dans la géopolitique galactique. Bien que son commerce nourrisse pour l'heure la guerre galactique, leur performance dans la recherche scientifique et technique pourrait profiter à l'ensemble de la galaxie.

- Quoi qu'il en soit, je vous remercie pour votre proposition. Je relirai volontiers votre rapport une fois celui-ci rédigé, si vous le souhaitez. J'attendrai une réponse de votre part pour présenter l'occasion d'une discussion entre votre Entente et mon Ordre au Conseil Jedi.

Doucement, je me levai de mon fauteuil, joignant mes mains dans le dos, et marchai jusqu'à la fenêtre du salon. Dehors, les lampadaires anciens en duracier forgé, magnifiques œuvres d'art sculptural de plusieurs siècles, embrasaient la froideur de la nuit. À en juger par le calme des jardins, la guerre semblait absente, comme la nouvelle d'une meurtre passionnel sans conséquence, à l'autre bout de la galaxie. J'eus un petit soupir mélancolique avant de me retourner vers le commandant Solaris.

- Si vous le souhaitez, j'ai fait préparer une chambre pour que vous puissiez passer la nuit ici. Je vous y mènerai le moment venu, si vous le souhaitez.

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Jorian Solaris
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Lun 23 Jan - 21:07
Jorian baissa les yeux à l’évocation de sa famille, une peine que peu de gens auraient pu comprendre, un goulet d’étranglement qui se dessinait autour de sa gorge, la sensation d’être oppressé. Son père avait fait de mauvais choix en s’acoquinant avec le Xénope, sa mère avait été trop effacée et pourtant raisonnable...Ses grands-parents dans leur infinie gentillesse n’avaient pas su voir ni comprendre l’évolution du monde qui les entouraient. Au final, ils étaient tous morts...Lâchement assassinés et au final enterrés dans une stèle anonyme. Ce n’était pas juste et au fond de lui l’officier, ne pouvait s’empêcher de ressentir une peine infinie. Siana, elle aussi il l’avait aimé, mais pourtant la princesse Togruta l’avait trahi, elle avait refait sa vie. La plupart des gens semblaient ne pas avoir de problème à changer le cours de leur vie en changeant leurs opinions et en passant à autre chose...Et pourtant, Jorian avait toujours été invariant, il avait longtemps associé cette attitude à une vertu : c’était précisément ce trait de caractère qui l’avait fait rejoindre la Triade et garder son cap, trahir l’Alliance au profit d’un dessein plus grand, celui d’une galaxie unie et celui d’un projet économique, social et militaire cohérent. En rejoignant la Triade, il avait rejoint la succession de l’Alliance Galactique, une version qui tentait de corriger ses erreurs. Siana, elle, avait préféré rejoindre le monde indépendant et criminel, elle avait fait le choix d’une alternative plus libertaire et pourtant plus chaotique, elle s’était compromise. En pensant à la trahison de celle qu’il avait aimé, Jorian aurait presque eu envie de pleurer de chaudes larmes. Pleurer et exprimer son ressenti réel, à quel point lui-même n’avait jamais bougé de ses positions...Siana ne l’avait pas recherché une seule seconde, à peine sortie des griffes du Xénope -avec qui elle avait probablement négocié- elle avait refait sa vie. Preuve que tout cela n’avait été qu’une farce, une incroyable farce à laquelle Jorian n’avait pas eu les arguments de répondre. Siana allait payer, tôt ou tard, pour son infamie.

L’officier se reprit instantanément pour écouter son interlocutrice. Il ne devait pas céder à des émotions trop importantes, il était après tout dans un entretien officiel. D’une certaine façon, il enviait la Maîtresse Loes de Walleron, cette femme semblait totalement assise sur ses convictions et pourtant elle réussissait à naviguer avec aisance avec les nuances, à comprendre ce qu’était la contradiction, à tenter de ne retenir que le bon de chacun. C’était peut-être cela que d’être un bon diplomate et sans doute d’avoir les cartes en main pour être heureux. C’était peut-être finalement cela la différence entre eux-deux : leur vision du monde, la façon dont ils s’accommodaient des faits. Cette femme semblait avoir vécu plusieurs événements difficiles, pourtant elle continuait de sourire, elle semblait uniquement s’en faire une expérience. C’était donc cela d’être un Jedi ou alors était-ce simplement la marque de Loes de Walleron ? Qui était-elle réellement ? L’espace d’un instant, le scientifique qui sommeillait en lui aurait aimé « disséquer » son esprit pour savoir de quoi il était fait et qui elle était réellement. Bien évidemment, cela était peu probable, il n’y arriverait sans doute pas. Si Jorian avait toujours été très observateur, les gens le trouvaient vite ennuyeux et parfois froid et inaccessible. Une caractéristique qu’il avait toujours eu, sans pourtant jamais comprendre pourquoi on la lui attribuait. Loes était une femme intelligente et avenante et il était évident qu’on ne l’oubliait pas dès qu’on l’avait rencontrée.

Toujours aussi avenante, presque envoûtante, Loes continua de sa voix douce. Il fallait reconnaître que ses arguments étaient convaincants. Le Commandant l’écoutait avec attention, ses yeux plongés dans les siens, sans pourtant montrer de signe d’accord ou de désaccord, avec une attention propre aux académiques. Loes aurait pu être une enseignante, elle-aussi, sa dialectique était parfaite, elle ne se noyait pas dans des théories sans fondement et demeurait sur sa ligne. Sur le fond, ce discours satisfaisait Jorian et même si elle était une sensitive, il voulait y croire. Il voyait une certaine forme d’idéalisme en Loes aussi, cela ne manquait pas de faire écho en lui. Son discours s’acheva en une proposition de demeurer là pour la nuit. Une proposition des plus courtoises qui ne manqua pas de flatter Jorian qui se sentait ainsi considérer.


-C’est avec plaisir que j’accepte votre proposition. Il y a des couchettes dans la navette pour les pilotes, mais il n’y en aurait pas eu pour moi. Cela me permettra de passer une nuit confortable. Je vous remercie pour cette attention.


Jorian inclina légèrement la tête en signe de remerciement à son interlocutrice. Il était effectivement flatté, même si son inquiétude pour le sort des pilotes avait aussi transparu. Son sourire poli et respectueux disparut immédiatement au profit d’un visage envahi par la réflexion alors qu’il se massait à nouveau le menton.

-Je crois que nos buts profonds ne sont effectivement pas incompatibles. En fait, nous sommes tout simplement d’accords sur le diagnostic que nous faisons de la galaxie et de l’état du conflit. La priorité maximale est d’arrêter les Siths, car nous ne pourrons jamais négocier avec eux. En réalité, toute négociation avec les Siths ne serait finalement que retarder l’inéluctable : un conflit avec eux. Sur le fond, ne vous méprenez pas, le Commandant Stregwel et l’Entente veulent uniquement la paix, et à défaut d’avoir pu la maintenir au sein de la Galaxie, ce concept a été appliqué sur le territoire de la Triade, nous avons commencé une nouvelle histoire. Cela fonctionne relativement bien pour le moment, mais nous n’avons encore que peu de recul et la moindre erreur sera fatale, j’en ai bien conscience, et nos dirigeants aussi. Le Commandant Stregwel emploie son énergie avec le Collège et une flopée d’experts afin de pouvoir maintenir la souveraineté du peuple et un niveau de vie décent. La xénophobie et notre « repli » sont un mal nécessaires, des mesures d’urgence qui ont été prises à la suite de l’assassinat du Président Mas Volunka pour éviter une nouvelle crise. Là-encore ne vous méprenez pas, ces mesures ne sont pas doctrinales ou intrinsèques au Triadisme de Stregwel, mais plutôt des lois exceptionnelles d’un état d’urgence dues à un état de guerre. Si la situation venait à s’améliorer, elles finiraient par se relâcher et même disparaître. Et au fond, même si aujourd’hui mon statu au sein de la Triade n’est pas totalement régularisé, je me satisfais pleinement de cet état de fait, car c’est précisément ce que je trouve admirable au sein de l’Entente : pas de passe-droit, l’application systématique des lois et des règles pour le bien de tous. Nous ne vivons pas sous une menace permanente et le système n’est pas déformé par une quelconque nécessité, il est sincère, ses idéaux sont ce qu’ils sont, mais il ne se laissera pas corrompre et il n’y aura pas de surprise. Et cela boucle notre discussion sur la sincérité.


Jorian sourit à cette petite boutade. Il en profita pour manger un autre petit-four aux légumes.


-J’ai envie de vous faire confiance, et je crois que nous sommes tombés d’accord. Je sens que vous êtes sincère. Je vais me documenter et commencer par transmettre déjà vos réflexions et vos propositions à ma hiérarchie, cela leur permettra d’avoir un avis avant le rapport final. Mes supérieurs me reprochent souvent d’avoir une vision trop théorique des choses, et de rendre des rapports avec des analyses fines mais d’être beaucoup moins performant dans mes propositions sur d’éventuelles solutions. Je crois que vous avez une approche des choses très dialectique et que, si je retransmets fidèlement vos propos, cela leur plaira et ils seront capables de vous donner un avis rapide. Je n’ai pas votre érudition ni votre connaissance, comme vous l’avez dit, vous êtes quelqu’un de rompu à la diplomatie, vous faites cela depuis trente ans...Même si pourtant je ne vous aurai pas donné une année de plus et que je vous voyais bien plus jeune que moi.


La remarque fut à nouveau agrémentée d’un petit sourire poli. Jorian était suffisamment en confiance pour parler librement, il venait de faire un nouvel aveu, Loes en effet ne faisait pas plus de trente ans et était dotée d’un physique avantageux et jeune d’apparence. Bien évidemment, cela était du à la Force mais le scientifique n’en savait rien.

-Vous semblez si confiante et si positive, j’aimerais réellement être capable, comme vous, d’être aussi adaptable. J’en suis malheureusement incapable, c’est pour cela que j’ai rejoint la Triade, car pour moi une promesse avait été faite, j’avais fait un serment lorsque j’avais rejoint l’Alliance Galactique et dans ce serment, il y avait un maintient de la paix. C’est lorsque j’ai remarqué que le système et l’institution étaient corruptible que je me suis rapproché de la Triade. Lorsque l’Alliance a franchi le point de non-retour, j’ai accompli ma mission, au mépris le plus total de ma vie personnelle et des liens que j’avais tissé avec d’autres. Je suis toujours resté le même, totalement invariant, lorsque je dis quelque chose, je m’y tiens et cela ne change pas...Jamais...C’est peut-être un défaut mais au final, je crois qu’on ne se refait pas. J’aimerais avoir votre sagesse, mais ce n’est pas le cas, je ne peux me faire une raison sur ce qui n’a pas été et je ne peux m’empêcher d’espérer ce qui pourra être. Nous vivons une période compliquée et vous semblez avoir réussi à ne pas être contaminée par tout cela, tout du moins ne le montrez-vous pas, j’ai pour ma part accepté qu’il faudrait des mesures exceptionnelles. Si vous voulez tout savoir, en fait non, vous devez le savoir, j’ai commis des actes que certains considéreraient comme ignobles, mais ils étaient néanmoins nécessaires et je les assume. Si bien qu’il est très possible que si la Triade venait à être vaincue, le simple fait de porter cet uniforme me mène à une court puis à l’échafaud, mais contrairement à ce que feraient d’autres, même si ce cas de figure venait à arriver, je ne le quitterai pas et c’est vêtu ainsi que j’irai à l’audition, car j’assume ce que je suis et ce que j’ai fait. J’ai été volontaire pour les opérations spéciales dès mon intégration à la REPo, et concernant mon statut on ne m’aurait jamais donné autre chose, mais sachez que je ne fais pas cela par goût, mais car cela doit être fait. J’espère que vous comprendrez ma démarche, si je vous dit cela, c’est pour que vous connaissiez ma position, vous avez été sincère avec moi, je me dois de l’être avec vous.


Jorian ne souriait plus et il avait partagé avec Loes une vérité sombre sur ces « opérations spéciales » de la Triade, sans dire si d’autres y participer ni en quoi elles consistaient, mais cela ne faisait pas réellement de doute. L’officier était réellement nerveux de la réaction de son interlocutrice.
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Jeu 2 Fév - 0:32
Mon invité accepta le gîte que je lui proposais. Agréable surprise, car je pensais que l'envoyé de la Triade, fort procédurier, rentrerait sur Eriadu sitôt son affaire achevée. Qu'il puisse se permettre d'accepter l'invitation était un excellent signe. Il suggérait un minimum de confiance, à la fois dans ma sincérité et dans ma capacité à défendre les lieux en cas d'incident. Néanmoins, alors que je m'apprêtai à lui montrer le chemin de sa chambre et à proposer le même honneur à ces malheureux pilotes qui écopaient de couchettes très inconfortables, il repartit sur nos précédents sujets de conversation, à nouveau intarissable, si bien que je n'eus d'autre choix que de le laisser continuer.

Poliment, j'écoutai son éloge de l'Entente. Même si je ne partageais pas son optimisme à ce sujet, il fallait bien reconnaître à Stregwel une très grande habileté politique. Le Commandeur avait une véritable vision politique et une stratégie diplomatique brillante, bien que je doutasse de la fermeté et la constance de ses principes. Si même la compétence et le dévouement ne constituaient pas un motif suffisant de reconnaissance de citoyenneté, la Triade risquait de se trouver rapidement face à des revendications politiques et des accusations d'oligarchie.

Si le Commandant Solaris pensait bien ce qu'il disait et qu'il ne cherchait pas à me tromper, notre entrevue était un succès aussi franc que possible. Nous seulement il se montrait tout à fait enclin à retransmettre mes propositions en haut-lieu, mais en plus semblait-il m'apprécier à titre personnel, comme en témoignèrent les compliments qu'il me fit assez spontanément. Ce genre de mots étaient légèrement déplacés, mais je n'étais pas femme à m'en formaliser outre mesure, surtout en privé.

En outre, Jorian Solaris embraya rapidement, me parlant de lui. Visiblement, l'homme avait besoin d'une oreille attentive, et il l'avait apparemment trouvée en moi. L'Empathie de Force, couplée à une douce ivresse, produisait facilement ce type de réactions, même contre mon gré. Puisque je ne pouvais l'éviter, j'écoutais toujours mes interlocuteurs avec beaucoup d'attention, toute information pouvant s'avérer utile en diplomatie. C'était cette relation privilégiée avec beaucoup qui avait fait de moi une émissaire de prédilection de l'Ordre jusqu'à ma mise à pied.


- Je vous remercie pour vos compliments, pour les efforts que vous ferez auprès de vos supérieurs concernant notre affaire, et pour l'ouverture d'esprit dont vous faites preuve.

Des remerciements cordiaux ne pouvaient pas faire de tort à cet homme en mal de reconnaissance, trahi, méprisé et déçu tant de fois qu'il s'était forgé une morale du sacrifice qu'il essayait de se justifier. Son argumentaire était maladroit et peu apte à convaincre qui que ce fût, mais il y croyait avec force. Après le flash que j'avais reçu de lui et ce qu'il m'avait confié, je ne pouvais ignorer quel type de sinistres travaux il avait accompli pour son régime. Il n'était guère étonnant qu'il se soit persuadé que la cause qu'il avait embrassé était immense. Seule une immense nécessité pouvait expliquer et peut-être un pardonner ce qu'il avait fait, ne fût-ce qu'à ses propres yeux.

J'avais rencontré bien des personnes cruelles, capables des pires atrocités au nom d'un bien supérieur, mais rarement de cas aussi symptomatiques. Jorian Solaris voulait se dégager de toute responsabilité individuelle. S'il commettait des crimes de guerre, c'est parce qu'il le fallait. S'il exécutait sommairement des hors-la-loi, c'était parce que son serment l'y contraignait. En la Triade, le Commandant voyait plus qu'un régime politique : il suivait une loi presque divine, à telle point qu'il continuerait à la suivre même lorsque tous ceux capables de la faire appliquer aurait disparu…


- Cela dit, être « adaptable » n'est pas difficile. Voyez-vous, Commandant, il suffit en tout temps de réévaluer la situation et de se demander : « Qu'ai-je à ma disposition et que puis-je en faire ? » Ne jamais prendre en compte que ce qui est, et non ce que je voudrais qu'il soit. Toujours considérer qu'une vie vaut mieux qu'une idée. La Force aide beaucoup à cela. Elle clarifie tout et ignore les concepts. À mes yeux, simplicité et complication ne signifient rien, tant que je mets ma raison en retrait. Pour moi, la situation dans laquelle nous nous trouvons est comme toutes les autres : inédite. Comme pour toutes les autres, mon travail est de voir ce qui lui est propre, les enjeux sur lesquels il est possible d'influer. Qu'elle paraisse compliquée ou non n'a aucune importance.

Cette posture, bien qu'en apparence uniquement métaphysique, s'avérait profondément politique. Elle définissait assez bien, à mon sens, la place que l'Ordre Jedi devait occuper dans l'ordre galactique.

- Les régimes forts, les grandes autorités qui poursuivent de grandes visions disent souvent, pour justifier la brutalité avec laquelle ils font se conformer les citoyens à la norme, qu'on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs. Le rôle de l'Ordre Jedi, le mien, est de rappeler en toute circonstance que les gens, même ceux qui semblent les pires, ne sont pas des œufs.

Il y avait dans les êtres sensibles, et plus encore dans les êtres conscients, une qualité immense qu'aucune idée ne pourrait jamais égaler. Chacun de ces êtres était unique et mon travail pouvait en effet se résumer à ce fait : je m'échinais à faire en sorte qu'on ne prît jamais les gens pour de simples variables. Dans le cadre de la science, ce pouvait être profondément intéressant, mais toujours bien moins précis que la perception que donnait la Force. Là où la raison distinguait, séparait, rangeait, la Force montrait la réalité comme un tout insécable et inintelligible.

- Car les mythes, les dieux, les idées, les nations… tout cela va et vient. Certains demeurent longtemps, certes, mais en quoi valent-ils mieux que des gens de chair et de sang, surtout quand leur application ne leur apporte rien de particulièrement bénéfique ? Vous savez, Commandant Solaris, si l'Ordre Sith venait à vaincre militairement le Consortium et traquait notre Ordre à nouveau, je cesserais de porter ces bures. Si je suis prête à donner ma vie pour sauver chaque membre de mon Ordre, qui est ma famille, jamais je ne me mettrais en danger pour l'Ordre comme entité. Ce serait gâcher tout le potentiel dont je dispose pour… pour quoi, au juste ? Un vieux symbole ? Tant que les Jedi vivent, l'Ordre vit. Mais si nous mourons pour lui, il meurt avec nous.

Au fond, j'étais une sorte d'anarchiste, niant à toute autre chose qu'à la vie la possibilité de guider mon action morale.

- Le péril de ce que nous appelons « Côté Obscur » a toujours existé et existera toujours, et c'est pourquoi l'omniprésence des Sith n'appelle pas la radicalité de notre part. Nous devons faire preuve de sérieux, de fermeté, voire de sévérité face à la menace actuelle, à son paroxysme, mais aussi de précision et de délicatesse. Ce que j'essaie de faire, c'est de me servir de la menace des Sith pour rétablir la paix entre tous ceux qu'elle concerne. La libération des mondes conquis par les Sith doit se faire à leur détriment et non à celui de la population. Le but de l'Ordre n'est pas seulement la déroute stratégique et politique du Sith Unique : c'est avant tout son retrait le moins violent possible de toutes les chairs dans lesquelles il a planté ses crocs. Nous devrons sortir de cette guerre avec la galaxie la plus préservée possible, car des champs de ruines s'élèvent toujours de nouveaux dangers, tout comme le sang coule longtemps de la plaie après la morsure.

Exploitant le lien ténu qui commençait à nous connecter, j'essayai de suggérer en Jorian Solaris le sentiment que j'éprouvais, de lui faire sentir, même très faiblement, la manière dont le monde se présentait à moi, fourmillant, palpitant. Je fis cette suggestion avec une grande douceur. J'avais l'habitude de ce genre de manipulation, si bien que le Commandant ne pourrait qu'avoir l'impression que le sentiment venait de lui-même, de son for intérieur. J'ignorais pourquoi il m'importait de faire comprendre à mon invité que ses tueries étaient vaines. Peut-être pourrais-je sauver des vies par ce biais. En même temps, je pourrais aussi déstabiliser le délicat équilibre psychique de cet homme, de même que je pourrais, ce faisant, perdre mon seul lien concret avec la Triade. Je devais faire preuve de tact. La persuasion demandait beaucoup de patience, et il était certain que je ne pourrais rien insinuer en lui d'autre qu'un très léger doute ce soir.

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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Mer 8 Fév - 7:28
L’avis de de Walleron se tenait, son discours était en tout cas suffisamment clair pour susciter de la compréhension de la part de l’officier. Malgré quelques commentaires dont l’objet était à peine masqué –à savoir signifier à Jorian qu’elle avait très bien compris de quoi il parlait lorsqu’il avait évoqué des missions troubles par le passé-, Jorian voulait y croire et avait été convaincu de la bonne foi de la Maîtresse de l’Ordre en ses principes. S’il aurait fallu être fou pour ne pas croire en les propos de cette femme, il n’y avait pas que ça, en effet les êtres qui semblaient parfaitement convaincus ou sincères n’étaient pas forcément dignes de confiance. Non, il y avait autre chose, autre chose que Jorian appelait l’intuition et qui était très important pour l’officier de REPo rompu aux actions policières qu’il était. La Maîtresse Loes de Walleron dégageait quelque chose, et ses propos entraient en résonnance avec les idées de Jorian, menant vers une alternative à toute cette violence qui contaminait la galaxie. Car oui, la liquidation des éléments indésirables n’était pas une tâche agréable, mais elle était nécessaire. Le Commandeur Suprême Stregwel s’était longuement exprimé face à la REPo à ce sujet, même s’il n’avait pas évoqué le sujet directement, il avait développé la notion de devoir envers l’Entente, mais aussi envers une certaine position philosophique juste et le devoir de rétablir la paix. Une alliance avec les Jedi pourrait aller dans ce sens. Même si les avis étaient divergents sur un nombre de points non négligeables, ils pouvaient s’accorder et mener à quelque chose de constructif, Jorian en était convaincu, tout comme il était convaincu que sa hiérarchie pourrait suivre. Il sourit sincèrement.

-Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous avez dit. Les idées, les nations, les mythes et les dieux vont et viennent, nous devons nous conforter dans l’idée d’agir avec justesse. C’est un point capital dans les objectifs de l’Entente. Beaucoup nous ont traités de fanatiques nationalistes lorsque la Triade a durci ses lois, mais nous ne cherchions qu’à nous protéger. Si la guerre a créé des nécessités d’actions immédiates et d’opérations spéciales, mais je suis convaincu qu’une alliance forte entre les régimes et les factions qui défendent un idéal de paix ou au moins d’apaisement dans la Galaxie permettra d’éviter d’avoir recours à ces actions spéciales, ou en tout cas d’en diminuer la fréquence. Nous recherchons en somme la même chose et cela sera un point central de mon rapport, nous ne sommes pas bellicistes et je pense qu’en considérant ces éléments vous pourriez devenir des partenaires de choix. L’unique but du Commandeur Suprême Stregwel et de l’Entente en général est à terme de participer à l’établissement d’accords galactiques qui mettraient fin à la guerre.

Jorian termina son verre de vin avec une dernière gorgée. L’homme était redevenu souriant et détendu. L’opération de Loes était une réussite, tout du moins sur l’émissaire de la Triade qui partageait la vision pacifiste des Jedi. Il était effectivement sincère sur ce point.


-Nous pourrons ainsi libérer les opprimés des Siths. Cette tâche sera sans doute extrêmement difficile et surtout de longue haleine, mais nous aurons plusieurs atouts politiques de notre côté. En ce sens ce projet est réalisable et nous pourrons au moins nous prémunir de ce que vous appelez le Côté Obscur. Et pour terminer, les gens sont effectivement les plus importants dans l’équation, c’est pour cela que je n’abandonnerai jamais mon poste si nos ennemis venaient à gagner et à envahir l’espace de la Triade, car j’ai prêté serment d’une part, mais aussi pour protéger ceux qui ont placé leur confiance en notre régime…Mais aussi car si je suis capturé, je doute que le sort qu’on me réserve soit enviable.

En effet, la REPo n’avait pas une très bonne réputation chez les ennemis de la Triade. Les forces de police étaient en réalité vue comme les pantins du système ou des agents fanatiques qui propageaient les idéaux d’un système autoritaire. Jorian –comme la plupart de ses collègues- ne portait pas grande attention à ces racontars, après tout c’était au service de communication de s’occuper de cela. L’officier se contentait de faire son travail et se disait que les esprits libres finiraient par venir se faire une idée par eux-mêmes, comme le faisait finalement Loes de Walleron dans sa démarche diplomatique.

Finalement, cette mission avait une issue inattendue. Jorian considérait les Jedi comme des êtres sectaires et fanatiques, mais il avait finalement pu voir le contraire. Les choses étaient différentes et elles seraient sans doute acceptées par l’administration et le cercle dirigeant de l’Entente qui recherchait un maximum d’alliés fiables contre le plus gros péril qui les menaçait : les Siths mais aussi le Soleil Noir et les brigands qui vampirisaient le tissue économique de la galaxie.


-Eh bien, je crois que pour le moment, les discussions sont bien engagées. A moins que vous ne souhaitiez ajouter quelque chose, je dispose de toutes les informations nécessaires à faire mon premier rapport et à commencer mon rapport. La procédure suivra son cours et tout cela sera examiné par les composantes de notre administration en charge de la diplomatie mais aussi par le Collège. Je tiens en outre à vous remercier pour votre hospitalité.
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Loes de Walleron
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Re: [+158, Taanab, demeure du Moff de Walleron] Mettons-nous à table [PV Jorian Solaris]
Dim 19 Fév - 14:34
Difficile de dire si ma manipulation avait fonctionné ou non. La culture d'un lien de Force et la suggestion profonde représentaient des travaux à très long terme, et il y avait fort à parier que je ne verrais aucun résultat avant longtemps. Même si j'espérais que ma requête atteignît rapidement les instances dirigeantes de la Triade, je souhaitais m'entretenir à nouveau avec le Commandant Solaris. Il était toujours bon d'avoir le plus de connaissances fiables, de soutiens solides.

Peu importait au fond que nos vues divergent : c'était inévitable de toute façon, mais ça donnait tout son sel à la discussion et à la diplomatie. Il fallait parvenir à faire adopter à l'interlocuteur une décision conforme à ma vision, tout en lui montrant qu'il la prenait pour ses propres raisons, dans son propre intérêt. De ce point de vue, ce premier contact avec la Triade, certes très modeste, s'avérait aussi très réussi – Jorian Solaris le reconnaissait lui-même ! Il allait maintenant falloir faire preuve de patience et de persévérance pour savoir faire fructifier cette voie que je venais d'ouvrir en grand.

Qu'il me vît comme une interlocutrice affable et fiable ne pouvait que jouer en ma faveur. Je semblais avoir dissipé ses soupçons de religiosité excessive et étouffé ses objections sur la dangerosité de la Force. La paix comme intérêt commun constituait un assez vaste programme pour conserver une très large marge de manœuvre, et lui comme moi avions adopté des positions saines de non-ingérence mutuelle. De son côté, il n'avait formulé aucune exigence possible quant à l'organisation de l'Ordre Jedi, et je n'avais pas pour ma part demandé l'ouverture des frontières triades. Peut-être des discussions plus problématiques viendraient-elles plus tard, et je devais m'y préparer, mais pour l'heure nous ne nous demandions pas de concessions, ce qui était fort bon signe en début de négociations.


- Inutile de me remercier pour le gîte, Commandant, c'est tout naturel. D'ailleurs, peut-être vos hommes préféreront-ils aussi de vrais lits aux couchettes de votre navette. Je sais d'expérience qu'il y a plus confortable pour passer la nuit. Nous avons la place pour tout le monde, ici.

Pauvres pilotes ! S'ils devaient se briser le dos sur des paillasses alors qu'il y avait à quelques dizaines de mètres des lits confortables et inoccupés, ils étaient à plaindre. Et s'ils pouvaient garder de leur passage sur Taanab un agréable souvenir, cela n'avancerait que mieux notre affaire.

- Venez, je vais vous montrer votre chambre.

Me dirigeant vers la sortie du salon, je lui cédai le pas sur le seuil, éteignant la lumière et refermant la porte derrière moi. J'irais ranger les reliquats de notre entrevue après. Quittant le salon, je nous menai jusqu'à un l'étage d'une galerie ouverte sur un calme patio. L'aile des invités... Je me rappelais la fois où je l'avais découverte, avec Maîtresse Arr'sil. Cet ancien cloître réaménagé avait gardé ses vertus de tranquillité et avait même acquis une très grande beauté grâce au travail de l'Ithorien Todo Lupaggo, l'horticulteur et jardinier brillant qui s'occupait des serres de Taanab, le trésor national de la planète. Si je me souvenais bien, un membre de sa famille – son « troupeau » - nommé Mossa Lupaggo avait grandement contribué à la restauration écologique d'Eriadu et était un citoyen important de la Triade.

- Vous aimez l'arrangement floral ? C'est l’œuvre de Todo Lupaggo, un Ithorien au talent formidable dès qu'il s'agit de plantes. Le cloître date du temps de l'AgriCorps, mais mon grand-père et mon père l'ont beaucoup rénové.

M'approchant de la balustrade, entre deux fines colonnes, je lui montrai le jardin plongé dans la pénombre, en contrebas. Pour lui permettre de mieux admirer l'ouvrage, je tendis la main et par la Force fis émaner une très douce lumière à quelques mètres en dessous, qui vint illuminer les riches couleurs des plantes que la nuit avait englouties de son bleu vorace. La laissant planer quelques instants, le temps que le Commandant Solaris s'imprègne de la belle image, je repris une marche tranquille vers la chambre préparée à l'intention de mon invité. Dès que je me fus éloignée de quelques mètres, la lumière s'estompa, puis disparut, rendant leur empire aux lueurs des étoiles.

Nous arrivâmes quelques dizaines de secondes plus tard devant la porte de la chambre. Toutes les pièces qui entouraient le patio avaient jadis été les cellules spartiates d'apprentis de l'AgriCorps. Lorsque le gouvernement civil de la planète s'était installé dans les lieux, il avait brisé quelques murs et refait ceux qui restaient pour rendre les lieux aptes à l'accueil de dignitaires étrangers et de visiteurs illustres. C'était dans une chambre de grande qualité que Jorian Solaris allait dormir ce soir, et non pas dans un placard froid comme les jeunes Jedi de jadis. Le luxe métallique n'était pas vraiment de mise sur Taanab, mais tout ce qu'on y faisait pousser était excellent, et cela comptait aussi pour le bois dont on faisait les lits et les fibres que l'on tissait en draps. J'avais même fait équiper le nouveau Temple Jedi d'Hapès d'une literie taanabi.

Ouvrant la porte, je montrai à Jorian Solaris où tout se trouvait. L'ensemble n'était pas immense, mais il y faisait une température idéale, tout était propre, et la décoration consistait en sculptures végétales de goût qui ravissaient l’œil et le nez. Il s'y trouvait un lit, un bureau et une salle de bain : rien qui put concurrencer en services une suite dans un hôtel coruscantii, mais on s'y sentait bien.


- Eh bien voilà, c'est ici que vous dormirez. Si vos hommes préfèrent finalement des lits à leurs couchettes, les deux chambres adjacentes sont à leur disposition. Sur ce, je vais vous laisser.

J'étais de nouveau sur le seuil de la chambre, prête à partir dans mes propres appartements, situés plus au cœur du palais.

- Je ne serai sûrement plus là demain matin, mais mon père vous fera mes adieux. J'ai été très heureuse de vous rencontrer et de discuter avec vous, Commandant. J'attendrai votre rapport avec impatience, et j'espère que nous aurons bientôt l'occasion de nous reparler.

Inclinant le buste et souriant largement, je le saluai.

- Je vous souhaite une très bonne nuit.

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